Photographie (c) Vincent Jacques

 

Notre rencontre avec la mezzo-soprano française Karine Deshayes a eu lieu entre deux représentations parisiennes de Rusalka, un opéra dans lequel elle interprétait le rôle « en pantalon » du petit marmiton.

 

J’ai chanté pour la première fois ce rôle à Lyon avec Francisco Araiza. Le spectacle avait été vu par Hugues R.Gall et James Conlon, ce qui fait que j’ai été engagée à Paris pour participer à la production de Robert Carsen. C’est un petit rôle qui m’a porté chance, alors je le refais avec plaisir !
A l’époque, à Lyon, je ne faisais que des rôles de garçons : l’Enfant, Stéphano, Chérubin, Siebel, le marmiton’

Mais il y a eu aussi une fille-fleur dans Parsifal !
Oui, mais je faisais aussi un page ! Ah, je suis abonnée’ Mais on aime bien changer, vous savez !

Il y a quand même eu, peu après, un vrai rôle féminin : Boulotte dans Barbe-Bleue !
Oui, c’était drôle, ça !

Qu’est-ce qui vous a fait commencer à chanter ‘
Je suis d’une famille de musiciens, j’ai donc baigné dedans depuis toute petite. Mon père est corniste et faisait la musique de scène à l’Opéra de Paris, donc je venais régulièrement aux générales, depuis l’âge de 12 ans.

Alors, quels sont vos grands souvenirs ?
Vous allez rire, mais je me souviens de Michèle Lagrange dans Norma !

Mais ce n’est pas il y a une éternité ! C’était avec Martine Dupuy en 1987 !
Il y a près de vingt ans quand même’ Ça m’a marqué et je me suis dit « pourquoi ne pas faire ça ‘ »

Vous alliez voir les artistes après ?
Juste une fois : je sortais de l’opéra et j’ai vu Régine Crespin, j’ai couru après elle dans la rue. Je lui ai demandé un autographe, j’avais 12 ou 13 ans et elle m’a dit de lui donner mon adresse pour m’envoyer une photo, et elle l’a fait ! Depuis j’ai travaillé avec elle pour le Beatrice et Benedict de Royaumont, c’était une belle rencontre.

Les grands anciens, c’est qui pour vous ?‘
Robert Massard ! il est venu nous voir avec Ludovic Tézier à Toulouse, dans Don Juan, il a fait l’aller-retour depuis Pau en voiture ! Ah, on est soutenus, vraiment’ Il était dans mon jury d’entrée au conservatoire, et il s’est souvenu de moi ! Et puis aussi Régine Crespin, Mirella Freni, Kiri Te Kanawa, Luciano Pavarotti’

Comment avez vous découvert que vous aviez une voix ?
J’ai commencé par faire huit ans de violon, de solfège, un peu d’harmonie, de piano, plusieurs instruments et c’est en cours de solfège qu’on m’a dit « tu devrais essayer de faire du chant ». J’avais seulement 14 ou 15 ans, et c’était une révélation. J’appuyais sur un bouton et ça sortait, alors que le violon, pour créer les notes c’est autre chose ! j’ai trouvé tout de suite une facilité à m’exprimer que je ne possédais pas au violon. On a tous un instrument, il faut le trouver ! En outre, le chant pouvait faire la connexion avec le théâtre.

Vous allez voir du théâtre parlé ?
Oui ! j’aime bien Thomas Bernard. Au but est une de mes pièces préférées. Je suis toujours en relation avec Claudia Stavisky et Michel Raskine, et quand ils montent une pièce à Paris, où j’habite, ils m’appellent et je viens voir ce qu’ils font.

Une expérience de théâtre parlé, ça vous intéresserait ?
Je ne sais pas si j’en suis capable. Par exemple, pour Beatrice et Benedict à Strasbourg, j’avais une peur monstrueuse d’être ridicule dans les textes parlés’ Alors je faisais rire tout le monde. Il paraît que je ressemblais à Catherine Frot (rires). J’attends avec impatience la rencontre avec Michael Haneke pour Don Giovanni.

Vous avez passé plusieurs concours ; vous ont-ils apporté quelque chose ?
Oui ! C’est comme si on passait une audition générale devant tous les directeurs de théâtre. A un moment je me suis dit « je suis dans la troupe de l’Opéra de Lyon, on va m’y oublier ». J’ai même douté, en voyant les autres propulsés par le baroque. Et après, avec le recul, je ne regrette pas, parce que je me suis vraiment formée. Les concours ont été suivis de nombreux engagements. Même après « Operalia », où j’étais finaliste, j’ai quand même eu la Cenerentola à Bordeaux. Le directeur de l’opéra était là. Au concours des « Voix d’or » en septembre 2001, à Metz, j’ai gagné cinq prix ! le Prix Opéra, le Prix Musique Baroque, le Prix du Public, le Prix Adami et le Prix du Directeur du Théâtre. Là, je me suis dit que j’allais m’inscrire au « Voix nouvelles », à « Operalia », etc...

Comment êtes vous devenue mezzo-soprano ‘ Beaucoup de mezzos ont eu des doutes sur leur tessiture, certaines étaient sopranos auparavant, comme Felicity Palmer.
C’est comme ça dès qu’on a une voix intermédiaire, qu’on a pas une voix presque de contralto…
J’ai les aigus d’une soprano, mais le problème c’est que je ne tiens pas la tessiture. Je monte jusqu’au contre-mi bémol en vocalise, mais je ne peux pas rester tout le temps sur « fa, sol, la », parce que ça me fatigue.

Suzanne n’est donc pas envisageable ?
Non, à cause des ensembles ! J’aimerais bien essayer, par contre, Donna Elvira, qui, dans les ensembles, est au milieu, comme Beatrice et Benedict et le répertoire baroque, aussi. De temps en temps, j’entends dire « elle sera soprano dramatique, avec ces aigus ! » Ah bon ‘ Eh bien on verra. Parce qu’il y a des rôles qui me conviennent, dans lesquels je me sens bien. Si j’arrive à chanter les aigus de Cendrillon, c’est parce que le reste du temps je suis dans le medium à me reposer. Jamais je ne ferai une Carmen, ce n’est pas pour moi ! J’ai une voix intermédiaire. J’ai auditionné au Met, il y a un an, et on m’a dit : « aigus trop faciles ! c’est une soprano », et 15 jours après, j’auditionne à Milan, et on me dit que je suis mezzo-soprano, que je dois chanter mozart. On se pose des questions dans ces cas-là’ De toutes façons, ma règle est de chanter clair, petit et devant. Quand j’ai rencontré ma prof actuelle, Mireille Alcantara, elle m’a dit « peu importe, on travaille d’abord le medium, et après on voit ».

L’enseignement vous tente ‘ On sent que vous en êtes capable ?
Je ne sais pas. Je me cherche déjà tellement moi-même, et c’est tellement de responsabilités’ On m’a demandé de participer à des jurys, vous rendez-vous compte, à mon âge ‘ Mais j’espère pouvoir faire partager mon expérience, oui.

Vous voyez des clivages entre les artistes de générations différentes ?
Pour faire un bon enseignant, il faut être disponible, il faut du temps, et pour l’instant je ne l’ai pas, il faut être honnête’ Parfois, des gens dans les ch’urs me demandent des conseils, alors je prends parfois une heure ou deux et on travaille ensemble, sans que je les fasse payer, bien sûr. Même entre chanteurs, on s’aide souvent pour un problème technique ou pour travailler un air, quand on est à l’étranger et qu’on n’a pas notre professeur sous la main. J’ai demandé des conseils à Ludovic Tézier, par exemple.

Il a un peu le rôle du grand frère ?
Oui’ c’est amusant, parce que je chante plutôt Mozart et Rossini, alors que lui, on le demande plutôt pour le « grand répertoire » du XIXème siècle. Par contre, il m’a dit avoir été impressionné par mes vocalises. Je suis obligée de reconnaître qu’il y a une part d’inné dans cette aisance. Même s’il y a une part de travail pour la vitesse vocale, j’avais quand même ça au départ.

Sophie Koch nous disait que le "phénomène" Cecilia Bartoli avait placé la barre de la virtuosité tellement haut que cela avait des répercutions pour toutes les mezzos, aujourd’hui.
C’est vrai. Mais moi ça ne me dérange pas : plus ça va vite, plus j’aime ça !

Ça doit vous aider pour le baroque, même si vous en avez peu chanté.
J’aime autant le baroque français, Montéclair, Rameau ou Lully, que le baroque italien. J’ai fait la Lucrezia de Haendel avec Emmanuelle Haïm, j’ai adoré ! Quelles tragédiennes, ces héroïnes de cantates ! La Mort de Lucrèce, la Mort de Didon, c’est superbe ! et ça change des rôles de petits garçons ou de soubrettes.

Rêvez-vous alors de certains rôles ?
Tant que je peux refaire Cenerentola, un rôle que j’adore, dans lequel je suis vraiment bien, je serai heureuse, mais j'aime aussi chanter d’autres rôles rossiniens (Rosina, Isolier) et mozartiens (Dorabella, Sesto). Dans mon récital au Capitole, en février 2004, j’ai choisi un air de la Donna del lago, pour changer ! Dans la partition de Cenerentola, j’ai vu que la création avait eu lieu un 25 janvier, et c’est ma date de naissance ! C’est un signe !

Un signe de quoi ‘ que vous êtes la réincarnation de la créatrice du rôle ‘ (rires)
Non ! (rires) Que je suis née pour aimer ce rôle ! Et puis le père de Rossini était corniste, comme le mien !

Ça vous intéresse de connaître l’histoire des compositeurs, des créateurs de rôles ?
Oui, je me renseigne, notamment pour tous les rôles de Haendel, pour ses cantates, qui ont souvent été écrites pour la même personne, sur mesure.
Je regarde souvent le parcours de certaines chanteuses, pour voir ce qu’elles ont chanté et à quel moment de leur carrière. J’adore par exemple Ann Murray. Tous ses Rossini, ses Mozart, ses Haendel. Ses Cendrillon...

...à Salzburg avec Araiza !
…évidemment ! et justement, nous en parlions, elle a fait une Donna Elvira...

...avec Muti, dans la production de Strehler. Elle a aussi chanté beaucoup de mélodies. Vous en travaillez beaucoup ?
Je regrette de ne pas avoir assez de temps. Quand on doit monter les trois Mallarmé de Ravel, les trois Mallarmé de Debussy, cinq Brahms ou la Chanson d’Eve, qui dure une demi-heure, si on n’a pas un mois avant, ce n’est pas possible. Depuis mi-décembre 2004, j’ai enchaîné les productions, je n’ai pas eu de vacances. Je travaille toujours la mélodie, je fais d’ailleurs la Chanson d’Eve à Royaumont. Ça, c’est un de mes rêves, enregistrer la Chanson d’Eve, avant de ne plus pouvoir la chanter, avant que je sois une vieille chanteuse avec la voix qui bouge’ (rires)

Il ne faut pas se mettre à la mélodie quand on n’a plus de voix, comme c’est arrivé parfois…
Stéphane Degout et moi sommes d’accord : la mélodie est vraiment plus difficile que l’opéra. On est nus devant le piano. Et puis faire passer un texte symboliste, ce n’est pas toujours facile…
A l’Opéra de Lyon, ce qui était bien c’était qu’on devait monter un récital avec piano chaque saison, que l’on donnait en concert. Un gros travail, mais très intéressant, avec Ruben Lifchitz, qui nous coache toujours.

Avez-vous reçu des propositions farfelues ?
J?ai une voix de mezzo-soprano aigu, et on m’a proposé Marguerite, de la Damnation, l?Italienne à Alger, Jocaste dans Oedipus Rex. On me propose Isabella parce que j?ai fait Rosina, mais l?Italienne c?est beaucoup plus grave et les autres rôles sont encore trop larges pour moi.

C’est par ignorance qu’on vous propose ces rôles ?
C’est parce qu'on veut me faire plaisir. La Damnation d’accord, mais attendons que la voix s’épanouisse ! Charlotte, aussi. Parce que j’ai de l'aigu, il faudrait y aller sans réfléchir, mais il y a aussi du grave dans Charlotte ! et ce qui est formidable, c?est que j'arrive à en parler et avec mon agent et avec ma prof de chant.

Avec quels autres artistes aimeriez-vous collaborer ?
Avec Riccardo Muti, le travail était extraordinaire. Tous les soirs il venait dans notre loge pour nous saluer et prendre de nos nouvelles ! Ça aide à bien chanter. J’aimerais beaucoup retravailler avec lui sur un autre projet, après la reprise salzbourgeoise de la Flûte Enchantée ! Le chef qui dirige la reprise de Rusalka, Jiři Bĕlohlávek, est magnifique également.

Et les metteurs en scène ?
J’adore travailler avec Robert Carsen, et il m’a dit qu’il aimerait bien aussi retravailler avec moi, je suis flattée ! j’ai beaucoup aimé aussi Brigitte Jacques-Waieman, avec qui j?ai fait Don Giovanni à Toulouse. J’aime bien les metteurs en scène très précis, mais aussi ceux qui laissent une grande liberté, et Robert Carsen mélange les deux, ce qui permet une collaboration réelle. J’ai également de très bons souvenirs avec Jorge Lavelli, Graham Vick, Nicolas Joël, Elsa Rooke, Stéphane Grogler...

Quand vous voyez des gens de votre âge qui quittent le milieu comme Alexia Cousin, ça vous inspire quoi ?
De la peine. J'adorais la voix de cette fille, j'ai chanté plusieurs fois avec elle, y compris en récital, et je n'ai pas très bien compris son malaise. Elle ne devait pas se sentir très bien dans ce milieu, mais je me dis « quel gâchis ! » Quel potentiel elle avait ! C’est très triste.

Mais ce métier est tellement dur que ça peut s’expliquer, non ?
Peut-être que c’est dur à supporter, car elle a commencé jeune. Et puis quand on voit ce qu’on lit sur les forums…
Il y en a un qui écrit toujours que j’ai trente cinq ans !
On lit des choses, parfois…

Les gens sont sûrs de savoir ceci ou cela, comme Martine Dupuy qui a appris qu’elle était devenue libraire...
Moi j’ai appris que j’étais enceinte ! ou encore que j'avais été formée dans une école de chant à Londres. C’est drôle ! Les amis me téléphonent, étonnés d’avoir lu tout cela, pour vérifier…

Finalement, il n’est pas nécessaire d’être une star hollywoodienne pour qu?on colporte des bruits sur vous !
Plusieurs fois on m’a demandé si j’étais de la famille de Natalie Dessay, alors que ça ne s’écrit pas du tout pareil. On est venu me voir aux essayages de costumes à Bordeaux, dont elle est originaire, pour me le demander?

Vous croyez en ce qu’on appelle les familles d’artistes ?
Oui, j’y crois assez.

Et dans la vôtre, à part Stéphane Degout, qui y a-t-il ?
On se connaît depuis longtemps avec Stéphane, c’est un fidèle qui ne rate pas l’occasion d’envoyer un TOÏ TOÏ pour une première. Nous avons la même conception du métier, nous nous entendons bien. Je me suis très bien entendue avec Ludovic Tézier. Natalie Dessay m?a beaucoup soutenue, c'est elle qui m'a dit de me réinscrire au concours « Voix Nouvelles 2002 ». Patricia Petibon aussi, qui m'a appelée pour participer à son CD « French touch », et puis pour son concert au Trianon. Je suis aussi très amie avec Rolando Villazon, nous avons des souvenirs de parties de « UNO » mémorables ! Sans oublier Martine Mahé, Delphine Haidan, Paul Gay...

Il y a des familles de chanteurs, y a-t-il des spécificités qui différencient les publics, qui font qu’on se sent plus proches de certains que d’autres ?
A Salzbourg, les gens viennent beaucoup nous voir à la fin, ils sortent des photos gigantesques, on se demande où ils les ont trouvées. Même sur mon site (www.karinedeshayes.com), il y a des gens qui m’écrivent, des Japonais qui veulent savoir comment on prononce mon nom, des gens qui me suivent et qui m’envoient des messages vraiment très gentils ! Ils savent parfois mieux que moi le programme de ma saison...

Natalie Dessay dit toujours « pour mes projets demandez à mes fans, ils savent mieux que moi... »
Quand les gens viennent me voir, ça ne me dérange pas du tout. Il y en a d’autres qui n’aiment pas trop... Quand ça devient trop lourd, je comprends. A Salzbourg, j’ai fait la connaissance d’Anna Netrebko, nous étions au restaurant et il y avait sans arrêt des gens qui la dérangeaient pour une photo, pour un autographe. Les gens la suivent dans la rue et c’est la seule à avoir un garde du corps, jusque dans sa loge. Moi, à ce point-là, je ne pourrais pas. Ne serait-ce que ce que fait Patricia Petibon, je ne le pourrais pas. J’aurais vraiment du mal à aller chez Ruquier.

Y a-t-il de jeunes chanteurs, dans le public, qui viennent vous voir ? Vous êtes d’un abord plus facile que certaines cantatrices?
Oui, bien sûr, on me demande conseil pour les études, pour choisir un prof, alors je leur dit que j’ai eu un très bon professeur, mais qu’une seule technique d’apprentissage ne convient pas à tout le monde. Le CNSM m’a réussi. J’en suis sortie meilleure que quand j’y suis entrée. Mais tout dépend sur quels professeurs on tombe… et du rythme qu’on doit supporter, entre les cours d’anglais et d’allemand, les choeurs, les ensembles, la classe d’accompagnement, les oeuvres contemporaines…

Vous y avez appris l’italien pour chanter l’opéra ?
Toutes mes études de langue se sont faites en effet au Conservatoire, ou avec des coaches. Au départ je n’étais pas très douée en langues, ce n’était pas mon point fort. Mais j’ai l’oreille musicale, alors je suis assez forte pour imiter, pour « faire le perroquet ». Le Prince de Rusalka, Miroslav Dvorsky, qui parle tchèque, m’a dit que j’avais un très bon tchèque ! A Lyon, on avait un coach de langue avec lequel on travaillait tous les jours de la semaine pendant un mois !

Est ce que ce n’est pas, inversement, un risque que d’avoir cette faculté d’imitation ? Ne risque-t-on pas de reproduire ce qu’on entend au disque et de perdre son originalité ?
Peut-être, mais je travaille très peu en écoutant des disques, juste pour la mémoire, dans les ensembles par exemple.

Vous n’êtes pas discophile ?
J’achète pas mal de disques mais je les écoute par périodes, en fait. Et pas seulement des disques de musique classique.

Qu’est-ce que vous aimez en dehors du classique ?
Ça m’arrive d’écouter des chansons d’Aznavour, du jazz à la Diana Krall, des musiques de film, aussi : In the mood for love... j’écoute un peu de tout.

Ça, c’est un changement apporté par votre génération : avant les chanteurs restaient plus dans leur répertoire?
Oui, peut-être.

Seriez-vous prête à chanter autre chose que du classique, un jour ?
Je ne sais pas? Un jour, pour rigoler, j’ai participé à une chanson du rappeur Passi, dans un de ses albums… C’est une petite improvisation. Je suis même citée comme « arrangeur » ! Une après-midi passée dans un studio, pour rire ! Passi, MC Solar, j’aime bien ça, mais pas le rap plus dur.

L’opéra est tellement violent, il faut se calmer avec du rap ! Toujours en dehors de l’opéra, allez-vous au cinéma ?
Oui, assez souvent, j’aime beaucoup ça.

 

 

Photographie (c) Vincent Jacques

 

Il y a une vraie génération de chanteurs cinéphiles... Y a-t-il un rôle de cinéma que vous auriez aimé jouer ? Beaucoup ?
Alors là oui, je ne saurais pas choisir !

Le dernier film qui vous ait touchée ?
De battre mon coeur s’est arrêté, d’Audiard. Mais ce qui me fait ou me faisait pleurer, c’est, Gladiateur, Le patient anglais, Out of Africa? Les grandes épopées ! La musique a un très grand rôle dans ces films, ça compte beaucoup.

Des films comme Out of Africa doivent une grande partie de leur succès à la musique.
Oui, ou comme les Star Wars, Superman ou E. T. : j’adore John Williams! Même dans Rusalka ou dans certains opéras de Puccini, on entend des bouts de mélodies qu’on retrouve dans certaines musiques de film.

Ce sont des compositeurs contemporains des début du cinéma...
Et souvent les gens connaissent des mélodies qui viennent de l’opéra mais qu’ils associent à un film ou une publicité?

Comme les enfants qui, il y a 15 ou 20 ans, chantaient l’air de la Reine de la Nuit dans les cours de récréation, parce que c?était utilisé par une publicité pour une marque de riz?
Quels sont vos projets immédiats ?

Cenerentola à Bordeaux en novembre, Rosina à Avignon en décembre, Prezillosa dans la Forza del destino, Venus dans Venus et Adonis et puis Zerlina à Garnier, après l’avoir chanté à Toulouse avec Ludovic Tézier, c’était vraiment un bonheur ! Ensuite, un concert de musique espagnole à Liège avec le philharmonique dirigé par Louis Langrée. Mes retrouvailles avec William Christie sont prévues pour une tournée au printemps.

Vous n'avez pas de projets très lointains ? Vous ne pouvez pas encore en parler ?
J?ai d?ores et déjà signé pour la reprise de Zerlina à Garnier. Deux opéras me proposent Nicklausse ; Isolier dans le Comte Ory, une version concert de Roméo et Juliette de Berlioz, les Nuits d’été. Bien sûr, il y a la reprise de la Flûte Enchantée à Salzbourg l’été prochain avec Muti. J’y serai en même temps que Stéphane Degout, qui y chantera Guglielmo. L’été dernier, il y avait Sophie Koch, mais je ne l?ai même pas croisée, nos emplois du temps étaient incompatibles. Il y avait aussi Paul Gay qui chantait le Baron Douphol dans La Traviata, et Xavier Mas en Premier Prêtre : il y avait une bonne ambiance !

Merci beaucoup de votre gentillesse et à bientôt dans les salles !

 

Site officiel de Karine Deshayes : www.karinedeshayes.com (On peut y entendre des extraits de récital.)

 

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