ODbiens : qui vient d'une famille d'amateurs d'opéra ?

D'ou tu viens, pourquoi t'es là et autres civilités.
Iphigenie42
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Re: ODbiens : qui vient d'une famille d'amateurs d'opéra ?

Message par Iphigenie42 » 09 juin 2020, 18:22

Je ne viens pas d une famille amateur d opéra. Ma mère écoutait des symphonies et de la chanson. A l'adolescence, j ai été baignée dans le rock, la pop, le disco.
Je crois même que pendant longtemps je n ai pas aimé les voix d opéra jusqu'au film Amadeus. Et là ça a été la grande révélation de mon parcours.
J avais commencé à apprendre le chant puisque je faisais du théâtre. ( Je chantais faux) . Mais après Amadeus j ai appris le chant pour l opéra car c était le spectacle total : chant, musique, théâtre, danse...
J ai commencé à voir des spectacles en salle et à emprunter des disques à la médiathèque. Et un jour j ai entendu à la radio l Ave Maria de Schubert par Jessye Norman et Orfeo par Kathleen Ferrier. Un autre choc.
Ma culture s est construite au fur et à mesure des spectacles et des disques. Quand je découvrais une voix, j essayais de trouver tous les enregistrements.
Pendant longtemps je n ai pas aimé la voix de Gallas jusqu'à ce que je vois des extraits d opéra et de concerts à la télévision et là j ai compris, j ai senti, même si ça n est pas ma chanteuse préférée dans tous ses rôles.

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aroldo
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Re: ODbiens : qui vient d'une famille d'amateurs d'opéra ?

Message par aroldo » 21 juin 2020, 20:40

Moi je viens d'une famille dans laquelle la musique était extraordinairement peu présente ! Aucune musique. Nous avions un piano et nous prenions des cours, comme ma mère avant nous, mais davantage pour des raisons sociales qu'esthétiques. Du côté de mon père, en Calabre, ils étaient très pauvres, ça m'étonnerait qu'ils aient eu une connaissance de la musique lyrique, en tout ça, ça n'a jamais émergé. Ma mère a l'inverse était d'un milieu très petit bourgeois, des fonctionnaires et des cadres, et très cultivé, donc on connaissait les noms à connaître, les chanteurs et les œuvres, parce que "tout le monde connait ça". Et de temps en temps, on allait au théâtre ou à l'opéra (mon grand-père aurait vu une fois un Henri VIII de Saint-Saëns … j'imagine que c'est vrai parce que ça ne s'invente pas, mais je suis resté sidéré. A Rouen, je crois, mais je ne sais pas pourquoi j'ai cette idée en tête).
Bref, on sentait bien qu'il n'y avait aucune connexion sensuelle ou émotionnelle avec la musique. A 13 ans, lors d'un gala de danse (!) j'ai entendu le gloria de la Messa di Gloria de Rossini, ça a été une révélation, comme un monde qui s'ouvrait. J'ai pataugé (avec l'aide attentive de mes parents, je dois dire qui ne ménageaient pas leurs efforts) avant de comprendre ce que j'aimais vraiment (c'est à dire, avant tout, la voix). Dans ma petite ville de province, il y avait peu de concerts (même si mes parents m'ont immédiatement abonné au peu qu'il y avait !) et en fait, très vite (et ça ne m'a jamais quitté), je me suis pris d'une passion pour les disques, que je préfère au concert live (oui, je sais ….) : je passais des heures à la bibliothèques à choisir mes prochaines écoutes, à dévorer les avant-scènes d'opéra et les disquaires de ma ville me donnaient des catalogues que je conservais amoureusement et dans lequel je découpais mes jaquettes favorites. Aujourd'hui, d'ailleurs, l'achat de disque est resté compulsif :lol:

Premier opéra vu : Carmen.
Première grande salle : Vienne (Salomé avec Zampieri et Terfel en 98)
Ensuite je suis allé à l'opéra de Rennes (abonnement jeune) où j'ai vu beaucoup de choses et arrivé à Paris j'ai fait la démarche d'aller assez souvent à l'opéra, l'histoire de dire que j'avais vu en vrai tel ou tel chanteur. Mais pour moi, mon plaisir premier passe par le disque. Je me considère donc comme un peu à part, de ce point de vue.
l'enlevement de Clarissa a été un des évènements de ma jeunesse.

valery
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Re: ODbiens : qui vient d'une famille d'amateurs d'opéra ?

Message par valery » 28 juin 2020, 10:21

Intéressant de lire tous vos témoignages.
Pas de grands mélomanes dans ma famille, hélas (voir la fin de mon message) ! Mais comme je chantonnais tout le temps, paraît-il, mes parents m'ont mis au solfège et au piano vers mes sept ans et offert 2 disques : La Flûte enchantée et Le Barbier de Séville racontés aux enfants.
Ils m'ont ensuite inscrit dans une Maîtrise juste avant mes dix ans. En plus du répertoire choral, Roger Thirot (un formateur de voix d'enfants) m'a fait apprendre le rôle d'Yniold, un des 3 garçons de La Flûte enchantée, un des petits frères de Charlotte dans Werther. C'est grâce à lui que j'ai chanté sous la direction de Malgoire, le soprano solo du Te Deum de Charpentier, du Pange Lingua de Campra, des Vêpres de Monteverdi (que nous avons aussi enregistrées).
J'ai le souvenir que peu avant la mue, R. Thirot m'a fait bosser une partie très coton (Le Miroir de Jésus de Caplet) qu'on devait donner à Radio Luxembourg sous la direction de Louis de Froment. Je trouvais qu'on n'était pas du tout prêts et le jour du départ, on a appris que le concert-enregistrement était annulé : ouf !
Mon professeur de piano, lui, avait fréquenté toute sa vie les salles parisiennes. Sa riche discothèque m'émerveillait et ses partitions d'opéra encore plus ! Il avait presque tous les opéras de Gounod, Massenet. J'ai passé des heures à écouter des disques microsillons puis CD avec lui.
Si on ajoute qu'un ami de la famille m'a proposé un abonnement à l'Opéra pendant 1 ou 2 saisons, j'ai eu de la chance de croiser toutes ces personnes.
Je remercie donc mes parents d'avoir eu, au départ, le bon réflexe, et je remercie cet ami, mon professeur de piano, Roger Thirot et le maître de chapelle Jehan Revert de m'avoir éduqué dans cette passion.
Des années plus tard, j'ai traîné mes parents voir Lucia au Teatro Real ou au Staatsoper de Vienne, Turandot ou Die Fledermaus au Volksoper, Roméo et Juliette ou Les Contes d'Hoffmann au Staatsoper, Cendrillon au Liceo, les comédies musicales du Chatelet et des concerts symphoniques/concertants, mais rien n'y a fait, la mélomanie n'est pas une maladie contagieuse.

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Re: ODbiens : qui vient d'une famille d'amateurs d'opéra ?

Message par jerome » 28 juin 2020, 11:47

valery a écrit :
28 juin 2020, 10:21
la mélomanie n'est pas une maladie contagieuse.
C'est une évidence et il est bon de faire cette salutaire piqure de rappel ...

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Re: ODbiens : qui vient d'une famille d'amateurs d'opéra ?

Message par srourours » 28 juin 2020, 19:10

Mes parents sont mélomanes et musiciens et on fait de la pratique amateure de la musique le centre de gravité de leur existence. Ils ont créé leur propre ensemble auquel mes deux frères et moi avons participé. Ensemble perdu au fin fond de la Normandie qui a pour vocation de défricher du répertoire peu joué ou inconnu...ma maman a commencé par la flûte puis sur le tard s'est mise au cor jusqu'à obtenir à 60 ans passés son premier prix de conservatoire. Elle joue également dans une harmonie municipale et un quintette. Mon papa joue du violoncelle de de la contrebasse. Mon grand frère est violoncelliste professionnel, mon petit frère après avoir fait parti de groupe de musique électronique de premier plan s'est consacré à son autre passion la cuisine (il est chef adjoint dans un grand palace parisien, notre autre grande passion étant le vin...).
Moi, après un premier grand choc artistique, Vengerov dans le concerto de Tchaikovsky avec Gergiev à la baguette, j'ai fait commencé par le violon. Suite à l'obtention de mon premier prix de conservatoire, j'ai voulu faire autre chose et il ne restait que le chant comme discipline où les inscriptions étaient ouvertes...j'ai commencé le chant un peu par hasard mais j'adorais l'opéra. Nos parents nous emmenaient beaucoup au concert: grands souvenir d'opéra enfant King Arthur et l'ange de feu, puis ado la juive à Bastille, en orchestre Boulez dans Malher à la philar de Berlin etc...
Mon père, médecin, est issu du milieu ouvrier rouennais. Son amour de la musique vient d'un prof qui leur a fait écouter Pelleas, le grand choc artistique de son enfance, puis il passait ses week-end chez un disquaire qui le laissait écouter pendant des heures le grand répertoire. Il n'a de cesse d'écouter de la musique et de se passionner pour les répertoires peu defrichés. Il écoute autant l'opera que la musique de chambre et le répertoire symphonique. Ma maman écoute peu de musique, elle préfère la pratiquer.
J'écoute davantage de symphonique que d'opera mais je me déplace pour les deux.

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Re: ODbiens : qui vient d'une famille d'amateurs d'opéra ?

Message par Loge Arythme » 05 juil. 2020, 11:18

Ma réponse directe à cette question est : non , je ne viens pas d'une famille d'amateurs d'opéra . Mais je tiens à nuancer immédiatement . La peinture et le théâtre tenaient le haut du pavé artistique dans la famille , mais la musique était présente à tous moments , et dans tous ses aspects , l'opéra parmi d'autres .

Du côté de mon père elle était porteuse de joie de vivre . Il chantait Trenet , Rossi , Mariano , en même temps qu'il évoquait les tournées Karsenti et les opérettes de l'opéra d'Oran sa ville natale . Du côté de ma mère , c'est plutôt la nostalgie qui dominait , lorsqu'elle fredonnait les airs d'opéra russe (Dame de Pique , Onéguine, ...) que sa propre mère chantait dans sa Pologne natale . Pour mon frère ainé , c'était le jazz . Et moi j'allais un peu des uns aux autres avec à l'appui nos quelques vinyls et … France Musique (dont Antoine Golea et Jacques Bourgeois étaient les divinités tutélaires) .

Mon approche de l'opéra a suivi le chemin commun balisé par Callas et Mozart . Avec quelques fulgurances ici et là : « Prince Igor » en décembre 1969 par le Bolchoï à Garnier -mon premier opéra en salle- (des places obtenues par miracle au fond du poulailler , grâce à une amie proche des cercles de la danse ) . Ensuite l'opéra au cinéma – LA révélation fut « La Flûte Enchantée » de Bergmann en 1976 (on ne disait pas « Zauberflöte » dans le « grand » public) , Losey (Don Giovanni en 1979) , Zeffirelli (Taviata en 1983) , Syberberg (Parsifal en 1983) . Malgré quelques exceptions (un « Cosi fan Tutte » au TCE en 1983) , l'audition en salle restait pour moi un rêve inaccessible car réservée à une élite sociale et fortunée dont nous ne faisions pas partie . Et je n'avais aucun goût pour les queues nocturnes quoique conviviales le long des façades des maisons d'opéra .

Enfin Bastille , internet , les transports aeriens et les TGV pas chers vinrent , et savamment « coaché » par mon épouse , j'ai pu suivre un programme méthodique de rattrapage (récemment couronné par une admission à Bayreuth) , – et pour lequel la participation à ce blog tient lieu de contrôle continu :wink: :wink: - .

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Re: ODbiens : qui vient d'une famille d'amateurs d'opéra ?

Message par altini » 11 juil. 2020, 06:41

Longue histoire. Du côté de ma mère rien! Mais elle a aimé écouter ses contemporains: Bacquier, Kraus(grâce à moi bien sûr) et surtout Crespin qu'elle a eu le plaisir et l'émotion de rencontrer dans les coulisses d'Avignon et qui lui a donné une belle photo dédicacée.
Du côté paternel . Ma grand-mère était pianiste accompagnatrice. Mon grand-père a été chef d'attaque des ténors à l'Opéra-comique jusqu'en 55. Il était très ami avec des barytons comme Pierre Nougaro ou Charles Cambon. Mais je n'ai jamais pu parler opéra ni évoquer des souvenirs. La guerre et ses blessures l'avaient privé d'une carrière de soliste .
Mon père a commencé une carrière de choriste chez Yvonne Gouverné (voir WIki). Il aimait les "belles" voix de ténor et de baryton. Moins les voix féminines. Le dieu de la maison était Georges Thill. J'ai écouté en boucle les disques de Poncet, Borthayre, Bianco, Jaumillot achetés par mon père (Guillaume Tell ou Faust par ex.). Je suis tombé dingue de Rigoletto avec Gedda, Mc Neil, Grist que j'ai dû écouter 500 fois.
Découverte de l'Opéra en live au début des années 60 à l'Opéra d'Avignon, en famille ,de Cav/Pag avec Botiaux ( bonjour JdeB), Blanc, Finel, , Couderc ,Rigoletto comme par hasard et Hérodiade avec Botiaux et Dens. J'ai toujours un 33t de Botiaux que mon père adorait. Puis calme plat et au milieu des années 70 découverte d'Orange tout seul (Vickers), de Callas (achat de La Traviata de Milan). Et Raymond Duffaut devient directeur de l'Opéra d'Avignon. Je l'ai accompagné de longues et belles années . Et c'est moi qui ai ramené et abonné mon père à l'Opéra d'Avignon.
La boucle était bouclée.

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