Orff- Carmina Burana- P. Daniel- Bordeaux- 20/06/2019

Représentations
Répondre
Avatar du membre
JdeB
Administrateur ODB
Administrateur ODB
Messages : 21014
Enregistré le : 02 mars 2003, 00:00
Contact :

Orff- Carmina Burana- P. Daniel- Bordeaux- 20/06/2019

Message par JdeB » 18 juin 2019, 06:28

Paul Daniel, direction musicale
Annick Massis, soprano
Galeano Salas, ténor
John Brancy, baryton

Orchestre National Bordeaux Aquitaine
Chœur de l'Opéra National de Bordeaux
Maîtrise Java Jeune Académie Vocale Aquitaine
Salvatore Caputo, chef de choeur

Bordeaux, Auditorium, le 20 juin 2019.

Pour conclure la saison symphonique bordelaise, si profuse, Paul Daniel, qui commente toujours les ouvrages qu’il dirige avec un humour très british qui fait mouche et un enthousiasme communicatif, avait mis à l’affiche deux ouvrage adorés du public, la symphonie en ut d’un Bizet de 17 ans , dans l’ombre portée de ses grands ainés germaniques (Schubert et Mendelssohn) et Carmina Burana.

Relisons le titre complet de l’œuvre célébrissime de Carl Orff (1895-1982) pour mieux en saisir l’ambition et la visée merveilleuse: Cantiones profanae cantoribus et choris cantandae comitantibus instrumentis atque imaginibus magicis ou Poèmes de Beuern : chants profanes pour solistes et chœurs devant être chantés avec instruments et images magiques. C’est Michel Hofmann, ami d’Orff, amateur de latin et de grec, qui choisit et organise les 24 poèmes sur les plus de 300 découverts au début du XIXème siècle dans l’abbaye bavaroise de Benediktbeuren, d’où le nom donné à cette sélection de poèmes. Tout tourne autour du grand axe de la Fortune : ô Fortune, comme la lune tu es variable, toujours croissante et décroissante… chante le chœur à l'alpha et à l'oméga de l’œuvre.

Nous entendons ce soir la version pour deux pianos, timbales et percussion conçue par un élève de Carl Orff, Wilhelm Killmayer

Grand spécialiste de l’ouvrage, Paul Daniel impressionne par sa concentration, sa précision au laser et sa totale maîtrise des rythmes lancinants, quasi-obsessionnels, qui portent cette vaste cantate scénique à l’impact irrésistible. Il fit swinguer cette partition des années 1930 qui emprunte parfois au jazz avec un brio indéniable où ricochent avec une vivacité de cascade les couleurs profuses et les timbres vivifiants.

La défection de Julie Fuchs nous a permis de retrouver la trop rare Annick Massis, incroyable de pureté stratosphérique, au timbre lumineux que le temps traite en gentleman, à la naïveté tendre et sans mièvrerie. Celle de Pene Patti nous a permis, quant à elle, de découvrir le jeune ténor mexicain Galeano Salas, en troupe à Munich, dont la courte intervention laisse deviner un fort potentiel et une voix suave, parfaitement verticalisée, et une timidité touchante tandis que le baryton John Brancy, malgré quelques très belles notes sombres, est trop unidimensionnel. Il incarne parfaitement la sagesse virile mais pas la nostalgie ni le second degré et manque un brin de projection dans les moments où le chœur l’accompagne à fort décibels.

Saluons l’excellence des vents et l’homogénéité de tous les pupitres galvanisés par leur chef titulaire et la ferveur des masses chorales.

Ce grand succès de billetterie fut aussi un grand succès artistique et un triomphe pour tous mais le bis réclamé avec insistance ne fut donné, et avec quelle ampleur, que le lendemain, pour la Fête de la musique, dans le cadre d’une version abrégée avec baryton comme seul soliste et pléthore de choristes amateurs se mêlant aux professionnels.

Jérôme Pesqué
"Si tu travailles avec un marteau-piqueur pendant un tremblement de terre, désynchronise-toi, sinon tu travailles pour rien." J-C Van Damme.
Odb-opéra

Avatar du membre
JdeB
Administrateur ODB
Administrateur ODB
Messages : 21014
Enregistré le : 02 mars 2003, 00:00
Contact :

Re: Orff- Carmina Burana- P. Daniel- Bordeaux- 20/06/2019

Message par JdeB » 22 juin 2019, 09:16

Je viens de publier ma critique ci-dessus.
"Si tu travailles avec un marteau-piqueur pendant un tremblement de terre, désynchronise-toi, sinon tu travailles pour rien." J-C Van Damme.
Odb-opéra

Répondre