Le Barbier de Séville- Campanella/Serreau - ONP mars-avr '10

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zoeyok
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Le Barbier de Séville- Campanella/Serreau - ONP mars-avr '10

Message par zoeyok » 30 mars 2010, 19:33

Il reste 2 représentations possibles avec quelques places à acheter (sur internet).

Je ne connais absolument personne dans cette productions, sauf les mes de Coline Serreau.

Peut-être est-ce la reprise de 2009 ou quelqu'un peut-il me dire ce que vaut ce spectacle ?

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collargol
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Message par collargol » 30 mars 2010, 22:25

:D Superbe vas-y la distribution est jolie et chante bien (bémol pour A. Rinaldi un peu en deçà du reste au niveau vocal) bcp de gags rajoutés, lecture de l'œuvre qui ne se prend pas la tête et n'intellectualise pas tout (ça repose parfois!!)
Magnifique cessa di piu resistere à la fin M.Siragusa mercredi dernier à la générale était très en voix.
Direction très contrastée piani, crescendi, comme les accélérations sont franchement accentués (on aime ou pas ) mais attention très nette de la part du Maestro Campanella pour ne pas couvrir la scène.
Je sais bien que d'aucuns diront tt le contraire de ce que je déclare ici mais je le dis bien fort: TRES AGREABLE SPECTACLE!!!
C'est en effet la reprise de 2009 mais perso je ne m'en lasse pas car ils rajoutent tjrs des trucs

zoeyok
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Le Barbier de Séville - ONP

Message par zoeyok » 31 mars 2010, 07:20

Je n'arrive pas à trouver l'éventuel fil de 2009 sur ce Barbier à l'ONP !

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Message par jean-didier » 19 avr. 2010, 09:08

Très agréable après-midi hier pour cette reprise du Barbier. J'y allais sans beaucoup d'enthousiasme (après l'avoir vue 4-5 fois) mais la qualité du plateau a largement réveillé mon intérêt.

Karine Deshayes s'est améliorée depuis les représentations de cet automne. La vocalisation est très aisée et plus accomplie (il n'y a plus ces zones savonnées). Le grave n'est pas très sonore mais l'aigu très puissant jusqu'au contre-ut dièse ! Une nouveauté aussi, le contre-ut brillant qui conclut l'acte 1 avec Siragusa. Finalement tout ça annonce une bien belle Elena en juillet surtout dans une tessiture plus haute que Rosina finalement.

Antonino Siragusa royal dans le comte, de TRES loin le meilleur qu'on ait eu dans cette production (normal aussi, c'est le premier ténor rossinien qui ait été engagé !). Pas de variations dans son air d'entrée bizarrement mais un air final flamboyant. A un moment j'ai cru (et espéré) qu'ils avaient retiré la mise en scène beaufissime du maillot de foot mais non il l'a bien fait, ça n'intervient qu'à la dernière variation de son air !

Dalibor Jenis insolent de santé vocale se ballade dans l'écriture de Figaro, réussissant même à chanter certaines vocalises du rôle (vocalises qui sont normalement systématiquement savonnées par les interprètes surtout sur le vif).

Je pense aussi qu'Alberto Rinaldi est le maillon faible de la production du fait d'un impact vocal réduit. Son air "A un dottor della mia sorte" est raté car on ne l'entend absolument pas dans la partie rapide : juste un aboiement pour marquer le début de la phrase et après plus rien, on n'entend que l'orchestre (qui pourtant n'est pas fort).

Paata Burchuladze très sonore : une authentique basse avec tout le charisme qu'on attend de Basilio. Si lui pour le coup n'a pas la souplesse lui permettant de vocaliser (Buona sera) il nous gratifie d'un beau sol à la fin de la Calunnia.

Le numéro de Jeannette Fischer dans son air m'agace à force de le voir (et ce n'est pas forcément très classe aussi ...) malgré tout je me suis laissé avoir !! Vocalement c'est très satisfaisant.

La direction de Campanella si elle est dynamique (encore que, la Calunnia était beaucoup trop lente et a perdu beaucoup d'impact) est toujours entachée de ces coquetteries insupportables : ces descescendo / crescendo dans les passages forte, qui donnent l'impression de vouloir faire de la finesse là où il n'y en a pas, c'est grotesque. Rossini est un génie mais au niveau orchestration il n'y a pas à chercher midi à quatorze heure.

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Message par chantal » 19 avr. 2010, 11:11


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Message par Dapertutto » 19 avr. 2010, 11:29

Globalement d'accord avec jean-didier

j'étais à cette représentation mais j'ai été bien plus convaincu par deshayes que par les autres chanteurs. Siragusa était vraiment excellent. J'ai trouvé Dalibor Jenis moyen surtout par ses tics nasaux. Souvent c'était mal placé et dans le nez. Bref pas toujours agréable. Rinaldi manquant totalement d'agilité (inaudible dans son air). Burchuladze très bien j'aurais aimé voir le crescendo de la calumnia plus accentué mais c'est un détail.

Très bonne direction de Campanella, contrairement à jean didier, j'aime bien ces "coquetteries". Sans parler d efinesse je trouve que ça donne un peu plus de refiel à certaines passages de la partition.

La mise en scène est une vraie réussite si on exclu la trivialité footbalistique de la fin qui n'apporte rien (ce qui est surtout navrant c'est qu'en plus Siragusa ne sache pas jongler avec un ballon).
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Message par raph13 » 19 avr. 2010, 11:43

J'y étais pour la représentation du 14 avril.

C'était la 1ère fois que je voyais cette production : on passe une agréable soirée, malgré quelques dérapages (le "sketche" de Berta durant son air, et surtout la mise en scène ridicule pour le "Cessa di più resistere", ça sent vraiment le meublage à 100 km !)
Pourtant le public semble ravi... Ce qui m'a surtout surpris, c'est la propension des gens à s'esclaffer au moindre petit gag, ils ne doivent pas souvent rire dans la vie !

Côté distribution, Karine Deshayes est pour moi la grande triomphatrice de la soirée. Si la voix est un peu étouffée dans le registre grave, les aigus sont impressionnants! Son registre aigu est en effet très puissant et surtout très étendu pour une mezzo, avec des contres-ut et même un contre-ut dièse, comme l'a souligné jean didier, qui ne lui font pas peur !
La vocalisation, si elle n'a pas toute la souplesse et la facilité de consoeurs telles que DiDonato ou Genaux, reste très satisfaisante. J'ai regretté qu'elle n'ait pas inséré de cadence à la fin de "Contro un cor".
Scéniquement elle est impeccable. J'ai hâte d'entendre son Elena !

A ses côtés, j'ai trouvé Antonina Siragusa encore plus nasal qu'à l'accoutumée (si c'est possible :twisted: ). Il semble également lui aussi gagné par le syndrome des "aigus pris par en dessous", un effet qui m'agace tout particulièrement.
Si son grand air est assumé crânement, le manque de séduction du timbre et surtout son comportement façon "coq de basse-cour" me le rendent peu sympathique et m'empêchent d'accrocher pleinement à ce qu'il fait.

En Figaro, Dalibor Jenis fait montre d'une voix puissante et longue, quoiqu'un peu engorgée.
J'ai pour ma part trouvé qu'il savonnait allègrement les passages virtuoses de la partition, mais son énergie et sa bonhommie font de lui un barbier attachant et crédible.

Le point faible est en effet Alberto Rinaldi qui propose un Bartolo médiocre, à la projection faible et dont la voix est maintenant réduite à sa trame, ce qui est normal lorsqu'on sait qu'il a débuté à la Scala en... 1966 !

Autre vétéran, Paata Burchuladze est un Don Basilio à la voix en meilleure santé, aux aigus sonores et percutants, même si la vocalisation est très sommaire.

Je ne m'attendais pas à retrouver Jeannette Fischer en si bonne forme vocale : son air est très bien chanté, avec des variations dans l'aigu qui sont les bienvenues.

La direction de Bruno Campanella, bien qu'enjouée, ne m'a pas plus emballée que ça, j'ai trouvé notamment que les fameux crescendi rossiniens étaient attaqués trop forts pour vraiment faire leur effet.
RAS sur les choeurs et les comprimari, tous forts bons.

En somme, une très bonne soirée de répertoire qui m'a permis de mesurer toute l'étendue du talent de Karine Deshayes, que je n'avais entendue qu'en Preziosilla.
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Message par Dapertutto » 19 avr. 2010, 16:44

Tout à fait d'accord sur Karine Deshayes avec raph13.

J'ai remarqué une nette progression de sa Rosina par rapport à celle de Nancy il y a deux ans. Plus assumée elle se permet des virtuosité qu'elle n'osaient peut-être pas (la présence d'un chef plus rossinien l'a certainement aidée). De même je trouve que techniquement ses progrès sont très grands (aigus mieux placés notamment). N'est-ce pas ça qu'on appelle l'expérience?

Mais je te trouve assez dur sur Siragusa. Certains aigus sont parfois pris par en dessous (surtout au premier acte), mais il maîtrise bien son instrument. Son coté agaçant se dissipe assez vite, il n'est pas cette sorte d'Almaviva un peu niais totalement dépendant de Figaro. Après pour ce qui est de la qualité même de la voix n'est pas Florez qui veut...
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Message par JdeB » 20 avr. 2010, 08:06

Dapertutto a écrit :Tout à fait d'accord sur Karine Deshayes avec raph13.

J'ai remarqué une nette progression de sa Rosina par rapport à celle de Nancy il y a deux ans. Plus assumée elle se permet des virtuosité qu'elle n'osaient peut-être pas (la présence d'un chef plus rossinien l'a certainement aidée). De même je trouve que techniquement ses progrès sont très grands (aigus mieux placés notamment). N'est-ce pas ça qu'on appelle l'expérience?

Mais je te trouve assez dur sur Siragusa. Certains aigus sont parfois pris par en dessous (surtout au premier acte), mais il maîtrise bien son instrument. Son coté agaçant se dissipe assez vite, il n'est pas cette sorte d'Almaviva un peu niais totalement dépendant de Figaro. Après pour ce qui est de la qualité même de la voix n'est pas Florez qui veut...
Moi je préfére Siragusa à Florez. Sur le strict plan technique je reconnais la supériorité du ténor péruvien, mais il m'ennuie beaucoup alors que siragusa me charme par sa personnalité, son charisme et son timbre.
"Si tu travailles avec un marteau-piqueur pendant un tremblement de terre, désynchronise-toi, sinon tu travailles pour rien." J-C Van Damme.
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Message par Dapertutto » 20 avr. 2010, 09:04

JdeB a écrit :
Dapertutto a écrit :Tout à fait d'accord sur Karine Deshayes avec raph13.

J'ai remarqué une nette progression de sa Rosina par rapport à celle de Nancy il y a deux ans. Plus assumée elle se permet des virtuosité qu'elle n'osaient peut-être pas (la présence d'un chef plus rossinien l'a certainement aidée). De même je trouve que techniquement ses progrès sont très grands (aigus mieux placés notamment). N'est-ce pas ça qu'on appelle l'expérience?

Mais je te trouve assez dur sur Siragusa. Certains aigus sont parfois pris par en dessous (surtout au premier acte), mais il maîtrise bien son instrument. Son coté agaçant se dissipe assez vite, il n'est pas cette sorte d'Almaviva un peu niais totalement dépendant de Figaro. Après pour ce qui est de la qualité même de la voix n'est pas Florez qui veut...
Moi je préfére Siragusa à Florez. Sur le strict plan technique je reconnais la supériorité du ténor péruvien, mais il m'ennuie beaucoup alors que siragusa me charme par sa personnalité, son charisme et son timbre.
Quand je parle de qualité même de la voix, je veux parler l'agilité et de la facilité dans l'aigu. Or la voix de Siragusa me semble moins agile et facile dans l'aigu que celle de Florez. Ce qui n'enlève rien à son timbre et à son charisme. Florez a une voix et une technique difficilement égalable dans ce répertoire. Pour le reste (timbre, interprétation, charisme) c'est une autre paire de manches, cela dépend de l'appréciation de chacun.
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