Rossini - Le Voyage à Reims - Benini - Monte-Carlo -23/11/05

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Message par tuano » 24 nov. 2005, 23:39

La scène a l'air minuscule ! J'aime bien ces photos. Ces couleurs flashy ne me change pas beaucoup de ce que j'ai vu ce soir dans l'autre salle Garnier.

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PaoloAlbiani
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Message par PaoloAlbiani » 25 nov. 2005, 09:43

Le scène, comme la salle, de Garnier (à Monte Carlo), ne sont pas très grandes. Il me semble que la salle a une capacité de 700 ou 800 personnes.

C'est une salle superbe.

Merci à EdeB pour le compte rendu radiophonique... en attendant celui de son z'époux... :wink:. Cela me fait regretter de ne pas l'avoir écouté. :crybaby:

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JdeB
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Message par JdeB » 26 nov. 2005, 19:18

PaoloAlbiani a écrit :Le scène, comme la salle, de Garnier (à Monte Carlo), ne sont pas très grandes. Il me semble que la salle a une capacité de 700 ou 800 personnes.
552 exactement. Cette salle sublime est située à l'intérieur du Casino.
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Message par Christopher » 29 nov. 2005, 21:14

Bon et bien puisque personne n'a encore fait de compte-rendu, je me lance ...mais je vous préviens, je ne suis pas assez connaisseur de l'oeuvre ni des voix pour vous donner multitudes de détails critiques. je vous fais donc part de mes impressions brutes (je ne suis pas un littéraire), ce sera toujours mieux que rien, je l'espère en tout cas.

je précise que c'est la première fois que j'allais à l'opéra de Monte-Carlo et sachant que la salle Garnier rouvrait après de longs travaux de restauration, que j'allais voir une oeuvre rarement jouée de Rossini que j'adore, et en plus avec la très belle distribution annoncée dont ma diva chérie....bref de quoi saliver d'avance mais aussi de trembler avec la menace de grève de train du début de la semaine et la crainte qu'un retard (il avait neigé entre Dijon et Valence) me fasse louper le début. enfin, je suis bien arrivé à Monaco à 18h30 (après 6 heures de TGV direct), juste le temps de me changer pour revêtir mon beau costume et mes chaussures vernies pour être de la fête.

La Salle : c'est évidemment une palais Garnier en miniature dans toute sa splendeur d'ors fraichement reluisants. on retrouve tout à fait l'esprit de la riche décoration de la célèbre salle parisienne, bref c'est un enchantement. en regardant la scène, le côté droit de la salle donne directement sur la mer, il y a des fenêtres et les rideaux se ferment lors de l'extinction des lumières.
Le lendemain, en plein jour, je suis allé voir la façade extérieure côté mer : les mosaiques sont splendides et ce batiment a bien de l'allure, perché au dessus de la mer. quelle situation exceptionnelle pour ce théatre. Voilà bien un endroit que tout mélomane lyrique se doit de connaitre.

le décor :

au lever de rideau, le décor s'annonce élégant et réjouissant (pour moi en tout cas). d'une couleur monochrome gris, il se présente en double étage avec dans le fond en haut, une terrasse avec balustrade arrière.
deux murs venant à l'avant découpent l'espace scènique en 3 parties. la réflexion que je me suis faite c'est que les places les plus chères bien centrées sont parfaitement dans l'axe principale du décor et que ceux ayant des places de dernière catégorie sur les côtés , avec la vue en biais, vont avoir une partie bien coupée de ces espaces scéniques et notamment ne voient pas le fond du décor.
dans la partie centrale, au fond, 2 élégantes colonnes soutiennent la balustrade et encadrent la porte d'entrée principale de cet hotel. de part et d'autre de cette porte principale, d'autres portes entourées de miroirs et ornées au-dessus d'élégants bas reliefs. les murs intérieurs séparant l'espace scénique sont ajourés à claire-voie avec des passages ouverts . les murs latéraux externes sont munis de portes coulissantes. le tout coiffé d'un vrai plafond, dont les angles présentent des bas-reliefs, le détail qui fait un raffinement. Un dispositif savamment conçus pour manoeuvrer de nombreux déplacements variés compte-tenu des nombreux personnages de cet ouvrage. cela rend extrèmement vivant le plateau scénique.

les costumes :

si le décor est monochrome, les couleurs du spectacle sont apportées par les costumes. d'ailleurs, voyez les photos que Jérôme à mis en ligne, c'est flagrant. ces costumes sont forts élégants, dans l'esprit de l'époque de la Restauration . les femmes ont des robes aux coupes variées mais toujours avec la même patte couture, le même type de tissu , le détail commun que l'on retrouve (désolé, ç'est difficile à expliquer, il faut les voir pour s'en rendre compte). les hommes militaires arborent de fort belles casaques colorées assorties de casques très décoratifs. tout cela tape à l'oeil avec chic et élégance ; c'est l'harmonie totale avec le décor, une atmosphère de scène parfaitement réussie.

la mise en scène : la suite viendra prochainement (vous permettez, je fais une pause)

les chanteurs : idem

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Message par EdeB » 29 nov. 2005, 21:23

:D :clap: La suite, la suite !!

PS : je pense que J. postera son compte-rendu en fin de semaine. On est un peu débordés en ce moment...

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Message par Martine » 29 nov. 2005, 22:16

La suite, la suite, la suite :clap: Je suis sur des charbons ardents :!:

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Message par JdeB » 03 déc. 2005, 12:25

Gioacchino Rossini - Le Voyage à Reims

Image
Photos (c) Opéra de Monte-Carlo

Opéra de Monte-Carlo - Salle Garnier

Inva Mula : Corinna
Sara Mingardo : La Marquise Melibea
Patrizia Ciofi : La Comtesse de Folleville
June Anderson : Madame Cortese
Raul Gimenez : Le Chevalier Belfiore
Rockwell Blake : Le Comte de Libenskof
Marco Vinco : Lord Sydney
Ruggero Raimondi : Don Profondo
Filippo Morace : Le Baron de Trombonok
Manuel Lanza : Don Alvaro
Bàlint Szabò : Don Prudenzio
Martial Defontaine : Don Luigino
Delphine Gillot : Delia
Oana Andra : Maddalena
Cornelia Oncioiu : Modestina
Walter Barbaria : Zefirino
Enrico Maria Marabelli : Antonio

Choeur de l'Opéra de Monte-Carlo (Kristan Missirkov)
Orchestre Philharmonique de Monte- Carlo
Maurizio Benini, direction



Retrouver la salle Garnier de Monte-Carlo, rendue à ses fastes à la faveur d?une rénovation exemplaire, était pour moi un bonheur longtemps attendu et l?occasion de me remémorer les riches heures du mandat de John Mordler que j?ai vécues dans l?exaltation de mon adolescence. Comment oublier la découverte, au tournant des années 1980 et 1990, de R. Alagna dans Bohème et Traviata, de C. Bartoli dans un Barbier aux côtés des vétérans G. Bacquier et de Barbieri et S. Verrett en Norma, puis un peu plus tard, la production légendaire de Rake?s progress dans les décors sidérants de David Hocney, R. Raimondi en chevalier à la triste figure, le premier Hamlet de Thomas Hampson, L. Valentini-Terrani dans Italiana et Oedipus Rex, P. Domingo en Paillasse le jour de son anniversaire ?
Un autre concert mémorable, pour la fête nationale de 1995, avait réuni une pléiade de stars qui, initialement, devaient proposer des extraits du Viaggio à Reims?K. Ricciarelli, L. Valentini-Terrani, L. Cuberli, L. Serra, L. Nucci, E. Dara, N. Ghiaurov, W. Matteuzzi avaient finalement interprété des extraits de Rossini sans rapport avec cette ?uvre.

Il a donc fallu attendre une décennie pour que ce petit chef d??uvre jubilatoire soit créé sur le Rocher à l?occasion d?une autre fête nationale coïncidant, cette fois, avec les cérémonies d?intronisation du nouveau prince souverain ce qui donna lieu dans l?air finale de Corinna à une nouvelle version encomiastique à la gloire d?Albert II de Monaco.

L?affiche, digne de l?événement, était totalement inédite, riche de prises de rôle et de débuts in loco. Seuls PL Pizzi, véritable pilier de l?ère Mordler au cours de laquelle il signa des mises en scène fort réussies de Traviata, Carmen, Italiana, Cenerentola, Turco, Moise et Pietra di Paragona, et R. Raimondi qui chanta in loco Don Quichotte et Fiesco (Don Pasquale et Philipe II hors-les murs) faisant figure d?habitués.

Unique rescapé de la production légendaire de la recréation mondiale à Pesaro, Ruggero Raimondi compose ici un Don Profondo plus automnal et mélancolique qu?à l?ordinaire, une figure de mondain désenchanté grisant son ennui au champagne et pratiquant l?humour comme une ironie du désespoir. La voix conserve quelques belles couleurs et une bonne projection, le métier est sidérant et l?air "Medaglie incomparabili" fait mouche à coup sûr.

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Rockwell Blake apparaît lui aussi bien loin de son zénith vocal et trémule parfois. Son entrée en scène et le duo "Di che son reo ? ", un peu fâchés avec la justesse, sont compensées par un "Non pavento alcun periglio" servi avec maestria.

Pour les autres artistes, sauf erreur, il s?agit de prises de rôles.

June Anderson, belcantiste émérite, minaude beaucoup dans le rôle de l?aubergiste à cran qu?elle joue d?abord dans le plus pur style opérette désuète. Sa palette de couleurs s?est appauvrie et sa projection manque d?impact mais sa science de la vocalise est un véritable bonheur.

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Avec une vivacité de cascade, Patrizia Ciofi se taille un beau succès même si elle maîtrise moins bien le style rossinien que la cantilène bellinienne. Son hymne à la frivolité et son émotion devant son chapeau retrouvé sont irréssitibles.

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Sara Mingardo chante Melibea dans son arbre généalogique, celui de la musique baroque flamboyante, avec une musicalité exemplaire et un grain rare.

La Corinna émouvante d?Inva Mula ne lui cède en rien sur ce plan là. Sa voix très pure, son superbe legato et la précision de laser de ses acrobaties vocales réjouissent vivement.
Son duo avec Raul Gimenez s?inscrit comme l?un des points culminants de la soirée.
Le ténor campe classe mais sans arrogance un aristo exaspérant et séduisant en diable? La voix est quasiment aussi belle qu?avant, et quel style !

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Marco Vinco ne fait pas oublier les splendeurs de Samuel Ramey, mais son "Ah! Perche la conobbi ? ", superbement accompagné à la flûte, en impose.

Les autres comparses sont excellents sauf Cornelia Onciu qui a du mal à se faire entendre du cinquième rang d?une salle de 552 places.

Image

Maurizio Benini fait la part belle à l?ironie et à la distanciation virevolte avec précision à la tête d?un orchestre de très haut niveau.
Le spectacle de PL Pizzi ne révolutionne certes pas l?art de la scène mais séduit par son élégance de camée classique, son sens du détail raffiné, sa science des couleurs. Remarquons le clin d??il fait à la production légendaire de son vieux complice Luca Ronconi lorsqu?il offre à P. Ciofi une entrée en scène dans une baignoire-brouette.
Un grand moment de fête et de faste sans rien qui pèse ou qui pose.
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Message par Christopher » 03 déc. 2005, 12:48

Merci Jérôme, j'ai tellement de plaisir à revivre cette magnifique soirée.

j'espère que les prochaines saisons seront ausi exhaltantes que celles que tu évoques car j'ai hâte de retourner dans cette magnifique salle Garnier que j'ai adorée.

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Message par JdeB » 03 déc. 2005, 13:17

De nouvelles photos viennent d'être substituées à celles qui illustraient mon compte-rendu ci-dessus (Elles avaient été déjà publiées en début de fil)
"Si tu travailles avec un marteau-piqueur pendant un tremblement de terre, désynchronise-toi, sinon tu travailles pour rien." J-C Van Damme.
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Message par Montfort » 03 déc. 2005, 13:55

Bravo pour ce compte rendu (bien illustré) : j'adore cette oeuvre et j'aurais du casser ma tirelire pour faire le voyage (Question : est-il difficile de réserver des places à l'opéra de M-C ?).
Y aura-t-il une retransmission ou DVD ?

Quelqu'un ira-t-il voir le "Voyage" du Marinsli au TMP qui est entouré d'une flatteuse réputation ?

Montfort
Eccomi alfine in Babilonia

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