Tchaïkovski - La Dame de pique - Ráth / Py - Nice - 02-03/2020

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valery
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Tchaïkovski - La Dame de pique - Ráth / Py - Nice - 02-03/2020

Message par valery » 01 mars 2020, 08:33

György G. Ráth : direction musicale
Olivier Py : mise en scène
Daniel Izzo : assistant à la mise en scène et chorégraphie
Pierre-André Weitz : décors et costumes
Bertrand Killy : lumières

Oleg Dolgov : Hermann
Alexander Kasyanov : Tomsky /Zlagator
Serban Vasile : Yeletski
Artavazd Sargsyan : Chekalinsky
Nika Guliashvili : Sourine
Christophe Poncet de Solages :Tchaplitski/ Maître des cérémonies
Guy Bonfiglio : Naroumov
Marie-Ange Todorovitch : la comtesse
Elena Bezgodkova : Lisa
Eva Zaïcik : Pauline / Milovzor
Nona Javakhidze : la gouvernante
Anne-Marie Calloni : Prilepa et Masha

Orchestre Philharmonique de Nice
Choeur de l'Opéra de Nice (dirigé par Giulio Magnanini), Choeur de l'Opéra de Toulon (dirigé par Christophe Bernollin) et Choeur d'enfants de l'Opéra de Nice (dirigé par Philippe Négrel)

Nouvelle coproduction des Opéras de Nice, Toulon, Marseille et Avignon.

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Nice, le 1er mars 2020

Olivier Py a voulu accentuer la noirceur de cet univers en pleine déréliction : structure grise, vitres brisées comme si nous étions au lendemain d’un siège, crâne de vanité sur le sol, cercueil. La couleur cendre domine les éléments et les costumes, depuis le gris clair des uniformes au ciel plombé par l’orage de la première scène. On l’aura compris, pas de couleurs dans ces vies courant vers l’abîme.

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La mise en scène laisse un sentiment mitigé. A son actif, une vision dostoïevskienne de l’œuvre et une direction d’acteurs précise et fouillée, les chanteurs n’étant pas livrés à eux-mêmes. Tel un double de Hermann, un danseur, souvent travesti et dansant sur pointes, parfois rejoint par deux acolytes (Gleb Lyamenkoff, Fabio Prieto Bonilla et Jackson Carroll très sollicités), évoluent presque continuellement autour du héros. Là où la mise en scène peut irriter, c’est lorsque la noirceur semble parasitée par le burlesque, voire le grotesque : la comtesse fume le cigare, se paye un gigolo, l’apparition de la tsarine est remplacée par les pitreries de nos danseurs, l’un en robe, les deux autres en singes. L’apparition de ces danseurs figurants opère à plusieurs reprises comme un « décrochage » : assiste-t-on à La Dame de pique, au Lac des cygnes chorégraphié par Matthew Bourne ou à un spectacle du ballet Trockadero ?

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Musicalement, cette Dame de Pique offre bien des attraits. Les seconds rôles sont particulièrement importants dans cet opéra et jouent plus que les utilités. Ainsi Artavazd Sargsyan et Nika Guliashvili constituent-ils de solides Chekalinsky et Sourine, aiguillonnant Hermann et le poussant vers sa chute. Alexander Kasyanov en impose par sa stature (il dépasse tous ses collègues d’une tête) même si son Tomsky reste légèrement en retrait. Plus menu que ce dernier, Serban Vasile chante à ravir, notamment son magnifique air de l’acte II. La Pauline d’Eva Zaïcik interprète avec classe son duo avec Lisa puis sa mélancolique romance, tous deux accompagnés par l’orchestre et le piano. Quant à la comtesse de Marie-Ange Todorovitch, elle est tout simplement parfaite. L’air de Grétry « Je crains de lui parler la nuit » est un des moments forts et glaçants de la représentation.

Oleg Dolgov est un Hermann convaincant, tant scéniquement que vocalement, la voix est agréable, loin de celle de certains ténors poussifs en fin de carrière parfois distribués dans le rôle, et la tierce aiguë est particulièrement percutante. Elena Bezgodkova est une Lisa touchante dont la voix juvénile n’en conserve pas moins de belles ressources pour les épanchements les plus lyriques.

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Les forces chorales des Opéras de Nice et de Toulon fusionnent dans un bel ensemble, même quand ils sont cantonnés à chanter derrière les fenêtres brisées de ce théâtre à l’abandon.
La direction de György G. Ráth lors de cette deuxième représentation nous a paru élégante. D’une part, elle permet à l’Orchestre Phiharmonique de Nice de briller (et de quelle manière !) : le travail des bois (cor anglais, flûtes et basson notamment) et des cordes est remarquable. Autre atout, elle demeure attentive aux chanteurs, ne les mettant jamais en difficulté. On aimerait juste un rien de fougue supplémentaire, un peu moins de sagesse dans les passages les plus romantiques.
Les lecteurs d'ODB pourront se faire une idée de cette coproduction (à l'initiative de la Région Sud) à Toulon fin avril, à Marseille début octobre, ou à Avignon fin octobre.

Valery Fleurquin

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Re: Tchaïkovski - La Dame de pique - Ráth / Py - Nice - 02-03/2020

Message par Christopher » 01 mars 2020, 16:51

Spectacle bien décevant le décor lugubre ne sert pas l'oeuvre. Je n'accroche pas sur ce qu'il y a à voir. Hommage de la tsarine saboté par les phantasme de Py. La scène du bal est inexistante. J'ai hué au baisser de rideau avant l'entracte. Les voix par contre sont tout à fait correctes heureusement.

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Re: Tchaïkovski - La Dame de pique - Ráth / Py - Nice - 02-03/2020

Message par Oylandoy » 03 mars 2020, 17:39

Photos Dominique Jaussein
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Re: Tchaïkovski - La Dame de pique - Ráth / Py - Nice - 02-03/2020

Message par Ange_de_feu » 08 mars 2020, 23:17

Pierr-André Weitz semble aimer ces couleurs noir-gris, car ce sont les couleurs, quelques-fois avec des ajouts d'autres couleurs, qui dominent toutes les scénographies qu'il produit pour Py. Ce serait une véritable surprise s'il se décidait pour une gamme différente.

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Re: Tchaïkovski - La Dame de pique - Ráth / Py - Nice - 02-03/2020

Message par Christopher » 09 mars 2020, 06:27

Sa Carmen n'était pas en noir gris ni ses Huguenots à Strasbourg. Mais sa dame de pique est très terne et lugubre pour moi c'est une mise en scène ratée et ennuyeuse surtout avec un décor insignifiant. Énorme déception.

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