Offenbach - Les Contes d'Hoffmann - Elder/Carsen - OnP - 01/02/2020

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Offenbach - Les Contes d'Hoffmann - Elder/Carsen - OnP - 01/02/2020

Message par HELENE ADAM » 25 janv. 2020, 17:12

Les Contes d'Hoffmann
de Jacques Offenbach
Opéra fantastique en un prologue, trois actes et un épilogue (1881)
Livret :Jules Barbier

Direction musicale : Mark Elder (Pierre Vallet - 2 fév.)
Mise en scène :Robert Carsen
Décors :Michael Levine
Costumes :Michael Levine
Lumières : Jean Kalman
Chorégraphie : Philippe Giraudeau
Dramaturgie : Ian Burton
Chef des Choeurs : José Luis Basso

Orchestre et Choeurs de l’Opéra national de Paris


Olympia : Jodie Devos
Giulietta : Véronique Gens
Antonia : Ailyn Pérez
La muse, Nicklausse : Gaëlle Arquez
Une voix : Sylvie Brunet-Grupposo
Hoffmann : Michael Fabiano
Spalanzani : Rodolphe Briand
Nathanaël : Hyun-Jong Roh
Luther, Crespel : Jean Teitgen
Andrès, Cochenille, Pitichinaccio, Frantz : Philippe Talbot
Lindorf, Coppélius, Dapertutto, Miracle : Laurent Naouri
Hermann : Olivier Ayault
Schlemil : Jean-Luc Ballestra

Du 25 janvier au 14 février 2020

Fil de la reprise précédente de la production Carsen
https://www.odb-opera.com/viewtopic.php ... es#p296774
Lui : Que sous mes pieds se déchire la terre ! que sur mon front éclate le tonnerre, je t'aime, Élisabeth ! Le monde est oublié !
Elle : Eh bien ! donc, frappez votre père ! venez, de son meurtre souillé, traîner à l'autel votre mère

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Re: Offenbach - Les Contes d'Hoffmann - Elder/Carsen - OnP - 01/02/2020

Message par HELENE ADAM » 25 janv. 2020, 22:11

Mise en scène toujours fascinante pour une Première très enlevée et réussie jusqu'à présent (fin de l'acte d'Antonia)
Judie Devos éblouissante et excellente Gaelle Arquez
Lui : Que sous mes pieds se déchire la terre ! que sur mon front éclate le tonnerre, je t'aime, Élisabeth ! Le monde est oublié !
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Re: Offenbach - Les Contes d'Hoffmann - Elder/Carsen - OnP - 01/02/2020

Message par HELENE ADAM » 26 janv. 2020, 09:24

Séance du 25 janvier

L'intelligence et la beauté esthétique de la mise en scène de Robert Carsen garde intacte toute sa part de magie et de féérie des sens après tant d'années de bons et loyaux services. Elle aurait même tendance à se bonifier sans doute en comparaison avec toutes les mises en scène vues (ou revues) depuis sa création. Personne ne sait illustrer avec autant de talent et d'intelligence, ce théâtre dans le théâtre, ce chef d'oeuvre du très prolifique Offenbach, pour en faire goûter tous les aspects et en faire autant de surprises délicieuses.
Du plateau nu du prologue où sort du plancher ce long et interminable bar, qui montre que nous sommes déjà dans un monde semi-imaginaire, tandis que la "scène" du Don Giovanni en cours se déplace latéralement et lentement devant nos yeux déjà charmés, des déambulations formidables du choeur (justement ovationné ce soir) durant le Kleinzack, jusqu'au retour de ce plateau nu avec le final musical et la disparition progressive d'Hoffmann et de sa muse redevenue muse dans un halo de lumière, tout est réussi.
Je retiendrai personnellement pour avoir été émue jusqu'aux larmes hier soir, le magnifique et tragique acte d'Antonia avec sa scène d'opéra et sa fosse d'orchestre sur le plateau de Bastille, le jeu entre les deux fosses, le final joué par les instruments du plateau dirigés par le chef de la fosse (la vraie) bref ce jeu d'ombres et de lumières entre la réalité et la fiction, le rêve et le cauchemar qui sont tout simplement géniaux.
Mais tout se tient d'un bout à l'autre et offre aux chanteurs/acteurs (choeurs et instrumentistes compris) une formidable implication qu'ils ont tous eu à coeur de magnifier pour un soir qui n'était pas tout à fait ordinaire et où le public vibrait à l'unisson des artistes avec une ferveur plutôt rare à Bastille.
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Saluons également la direction de Elder, qui ne m'a pas toujours convaincue mais qui, hier soir, était en phase avec l'oeuvre, lui conférant une certaine délicatesse l'éloignant radicalement de certaines lectures un peu "flonflon" que j'ai déjà entendues et qui la trahissent.
Petits décalages avec les choeurs à la fin de l'acte d'Antonia qu'il a rapidement "rattrapé" avec habileté mais un ensemble plutôt sans faute et très intéressant musicalement.
Finalement, j'apprécie toujours de découvrir des aspects mal explorés (par moi) dans une oeuvre que j'ai beaucoup entendue.
Je l'ai dit, les choeurs étaient exceptionnels, on ne peut que les féliciter comme l'un des acteurs essentiels de la représentations, jouant, dansant, chantant avec un talent incroyable.
Le reste du plateau vocal n'est pas exempt de critiques mais il avait l'avantage d'être équilibré vocalement et de montrer d'évidentes qualités scéniques très enthousiasmantes.
Je retiendrai d'abord la muse/Nicklausse de Gaelle Arquez qui, tout au long de l'opéra, nous donne du très beau chant, très expressif (quel timbre magnifique), capable de beaucoup de nuances et de colorations différentes, très présente sur scène et décidément incontournable parmi les mezzo bonnes comédiennes et chanteuses hors pair. Sa voix remplit sans problème le volume de Bastille et elle impressionne et séduit en permanence.
Laurent Naouri se joue avec beaucoup de facilité de ses quatre rôles successifs, Lindorf, Coppélius, Dapertutto et Miracle, changeant son style vocale avec son apparence, et montrant une fois encore, son aisance sur scène, la qualité incroyable de sa diction (je dis "incroyable" parce que je la trouve d'un naturel rare) et la belle projection d'un timbre toujours aussi beau.
Un peu plus de nuances à propos de Philippe Talbot, qui de ma place en fond de parterre, a quelques soucis pour se faire entendre et c'est de tous ses rôles (Andrès, Cochenille, Pitichinaccio, Frantz), celui de Frantz qu'il chante sur la scène dans la scène, donc en hauteur, qu'il réussit le mieux. Mais son talent de comédien fait merveille dans l'ensemble de l'opéra. Il est juste un tout petit peu victime de l'acoustique de Bastille et de ses mystères...
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Jodie Devos est une Olympia pétillante et remplie de charme, qui "exécute" ses airs périlleux sans le moindre problème, très à l'aise dans la mise en scène de Carsen (particulièrement inventive et drôle dans cet acte) et s'impose comme une grande, très grande interprète.
Véronique Gens est une Giulietta d'une très grande élégance, grande classe et charme fou, dont la voix, un peu en retrait dans la barcarolle, chantée au milieu des sièges mouvants du théâtre donc en fond de scène, éclate dès qu'elle vient à l'avant du plateau. Très belle prestation, très bien incarnée.
L'Antonia d'Ailyn Pérez m'a un tout petit moins convaincue, j'ai trouvé le timbre plus uniforme et moins riche en harmoniques que ceux de ses deux rivales mais globalement c'était très bien chanté et sa confrontation avec sa mère -la voix impressionnante de Sylvie Brunet-Grupposo- absolument dramatique comme il se doit, un grand moment musical.
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Reste le rôle-titre et le surinvestissement de Michael Fabiano qui déploie beaucoup de talents de comédiens, rentrant littéralement dans le personnage, se dépensant sans compter sur scène (à tel point qu'il en perd sa perruque lors de l'acte d'Olympia), incarnant l'ivresse du personnage avec une force de conviction qui se transmet au public très rapidement. Côté chant, c'est un peu plus problématique. Son ténor est de moins en moins lyrique et il lui manque du legato. C'est un peu rude, un peu heurté et parfois très approximatif quant à la justesse, alors que par ailleurs, malgré un timbre un peu ingrat, il montre dans certains passages, une belle capacité à nuancer son chant. Bref c'est inégal mais c'est un peu à l'image habituelle de Fabiano et s'il emporte l'adhésion, c'est sans doute parce que sa très forte personnalité "marque" le rôle d'une empreinte intéressante.
Les autres rôles sont fort bien tenus avec beaucoup de justesse et du beau chant là aussi. Une excellence uniforme incontestable pour les petits rôles de Spalanzani ( Rodolphe Briand), Nathanaël ( Hyun-Jong Roh), exceptionnels Luther puis Crespel de Jean Teitgen (sous employé !), Hermann ( Olivier Ayault) et incroyable Schlemil de Jean-Luc Ballestra.
Précisons également que la diction de tous et toutes en français va de l'excellence (Naouri, Devos, Arquez) à l'acceptable (Fabiano, Perez), et que, pour l'essentiel, les sous-titres sont superflus.

Bref beaucoup de bonheur pour une soirée très enjouée.
Belles ovations au rideau pour toutes et tous.

Photos Opéra de Paris

et
PS : photo prise aux saluts, désolée je n'ai pas le talent de David et j'étais très au fond du parterre... :wink:
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Re: Offenbach - Les Contes d'Hoffmann - Elder/Carsen - OnP - 01/02/2020

Message par Il prezzo » 26 janv. 2020, 10:59

Vivement mardi, pour cette xieme vision de ces Contes carseniens magnifiques.
En espérant que le retour au turbin d'hier soir pour les troupes grévistes de l'opera n'ait pas été qu'une trêve...

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Re: Offenbach - Les Contes d'Hoffmann - Elder/Carsen - OnP - 01/02/2020

Message par paco » 27 janv. 2020, 00:07

HELENE ADAM a écrit :
26 janv. 2020, 09:24
(à tel point qu'il en perd sa perruque lors de l'acte d'Olympia)
J'adore :lol: Un petit côté Monty Python ...
La calvitie de Fabbiano, vaste sujet ;-)

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Re: Offenbach - Les Contes d'Hoffmann - Elder/Carsen - OnP - 01/02/2020

Message par HELENE ADAM » 27 janv. 2020, 00:14

paco a écrit :
27 janv. 2020, 00:07
HELENE ADAM a écrit :
26 janv. 2020, 09:24
(à tel point qu'il en perd sa perruque lors de l'acte d'Olympia)
J'adore :lol: Un petit côté Monty Python ...
La calvitie de Fabbiano, vaste sujet ;-)
C'est ce que j'adore chez lui malgré le fait qu'il n'est pas absolument "classique" selon les normes du chant. Il a une aisance et une présence sur scène phénomènale, il perd sa perruque, un autre la ramasse et lui rend, il s'en fout, il continue son show, il est dans son rôle à 150% et cela le rend follement sympathique (enfin pour moi :D ). Et pourtant... que d'entorses au rôle... :mrgreen:
C'est le Hoffmann de Fabiano quoi... 8O
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Re: Offenbach - Les Contes d'Hoffmann - Elder/Carsen - OnP - 01/02/2020

Message par VivaLaMamma » 06 févr. 2020, 11:01

Représentation du dimanche 2 février

Quel plaisir de retrouver cette magnifique mise en scène, à l'intelligence rare, et fourmillant de détails !
Un travail superbe, qui met en valeur le plateau impressionnant de Bastille et l'un des spectacles les plus réussis de cette salle à mon sens.

J'ai beaucoup aimé le Nicklausse de Gaëlle Arquez, voix pulpeuse et séduisante, diction impeccable, avec une belle extension dans l'aigu. On aimerait plus de voix de poitrine dans les graves, trop discrets, mais c'est le mal du siècle pour les voix féminines que cette peur de poitriner...
Elle est très à l'aise sur scène même si son physique radieux (quelle superbe femme !) ne rend pas très crédible son travestissement (mais j'étais au 2e rang, l'illusion est peut être meilleure de plus loin).

Laurent Naouri, loin des basses histrioniques, campe des diables tout en retenue, de froid calcul et d'une morgue glaçante.
Là aussi, diction au rasoir et, si je n'ai jamais beaucoup aimé son timbre, c'est vocalement très bien, avec une extension appréciable dans l'aigu (sol dièse inclus à la fin de "Scintille diamant").

Prestation mitigée pour Michael Fabiano : si l'engagement est louable (mais frise trop souvent le "too much"), vocalement le bilan est assez contrasté. Il essaye de nuance mais bascule quasi systématiquement en voix de fausset, et l'extrême aigu forte est souvent trop bas, et attaqué de façon "braillée" peu agréable à l'oreille. Huées isolées aux saluts.

Jodie Devos fait un tabac avec son numéro hilarant de poupée nympho. La voix est un peu petite pour cette grande salle, et j'ai trouvé que les variations manquaient parfois de folie, mais c'est de la belle ouvrage, dans la continuité de son très réussi album Offenbach.
Aylin Perez est une Antonia touchante, malgré un timbre assez passe-partout. Aigu solide, avec un beau contre-ré à la fin du trio mais trille inexistant.
Peu audible dans la barcarolle, Véronique Gens est en difficulté dans l'aigu (un canardé lors du duo avec Hoffmann, et un raté et terminé en play back derrière son éventail pendant le septuor...) ; dommage car elle est scéniquement une courtisane hautaine et parfaitement crédible.

Seconds rôles très bons et tous impliqués ; Philippe Talbot est très drôle mais peine parfois à se faire entendre ; et la diction de Hyun-Jong Roh est une véritable bouillie, qui fait tâche à côté de celle de l'ensemble du plateau.

Unique représentation pour le chef Pierre Vallet, à qui on pardonnera donc des décalages et une direction précautionneuse, manquant de vigueur. Orchestre en belle forme cependant et chœurs survitaminés.

Salle archi-comble et enthousiaste !

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PlacidoCarrerotti
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Re: Offenbach - Les Contes d'Hoffmann - Elder/Carsen - OnP - 01/02/2020

Message par PlacidoCarrerotti » 06 févr. 2020, 11:02

Apparemment, la sono était encore en grève !
"Quand on se cogne la tête avec un livre et que ça sonne creux, cela ne veut pas dire que le livre est vide". (Otto Klemperer)

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Re: Offenbach - Les Contes d'Hoffmann - Elder/Carsen - OnP - 01/02/2020

Message par VivaLaMamma » 06 févr. 2020, 11:24

J'oubliais de préciser qu'un message enregistré a été diffusé avant le début de la représentation.
Quelques huées éparses mais applaudissements majoritaires.

ivopera
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Re: Offenbach - Les Contes d'Hoffmann - Elder/Carsen - OnP - 01/02/2020

Message par ivopera » 06 févr. 2020, 15:30

Quelques huées éparses ???? Euhhhhh on était pas là le même soir :):) A la fin du message quand ils disent vouloir assurer la représentation pour préserver l'équilibre économique (ce dont ils se contrebalancent puisqu'ils annulent encore aujourd'hui), les applaudissement étaient majoritaires mais certainement pas au début.

Salle assez froide hier (peu d’applaudissement), une centaine de personnes qui quittent la salle à la fin du 3ème acte ayant visiblement peu conscience qu'il restait un épilogue.. Soirée magique pour moi car le spectacle est magnifique de bout en bout. Olympia très agréable même si on est loin des débuts de Dessay. Fabiano hyper engagé et globalement supérieur à de nombreux autres Hoffman que j'ai eus sur cette même scène. Son aigu est effectivement un peu bas et les nuances manquent ici ou là. Très beau Naouri mais asssez tendu dans son scintille diamant que j'ai trouvé plutôt raté. Antonia magnifique. Giulietta assez fade. Niklausse est effectivement superbe de bout en bout (et à tous points de vue)

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