Offenbach - la Périchole -Minkowski/Gilbert- Opéra royal de Versailles - 12/2019

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Offenbach - la Périchole -Minkowski/Gilbert- Opéra royal de Versailles - 12/2019

Message par Loïs » 17 déc. 2019, 15:11

Aude Extrémo : La Périchole
François Rougier : Piquillo
Alexandre Duhamel : Don Andrès de Rebeira
Eric Huchet : Don Miguel de Panatellas
Anas Seguin : Don Pedro de Hinoyosa
Sebastian Monti : Premier notaire
François Pardailhé : Deuxième notaire
Olivia Doray: Cousine Guadalena, Dame d'honneur Manuelita
Julie Pasturaud: Cousine Berginalla, Dame d'honneur Frasquinella
Marie-Thérèse Keller: Dame d'honneur Ninetta
Adriana Bignagni Lesca: Cousine Mastrilla, Dame d'honneur Brambilla

Chœur de l’Opéra National de Bordeaux
Les Musiciens du Louvre
Marc Minkowski Direction musicale
Salvatore Caputo Chef de chœur
Romain Gilbert Dramaturgie et mise en scène
Mathieu Crescence Scénographie et costumes
Émilie Valantin, Jean Sclavis Marionnettes
Lila Meynard, Bertrand Couderc Lumières

Reprise de la production de Bordeaux (octobre 2018), qui avait fait l'objet d'un -remarquable- enregistrement, avec un changement dans la distribution : Piquillo

Pour rappel le CR de JdeB:
https://www.odb-opera.com/viewtopic.php ... =perichole

Pour clôturer l'année en beauté avec Offenbach (deuxième session dans 15 jours avec Barbe bleue à Marseille) et aussi parce que comme disait Allais : "Ce n'est pas parce que les Malais sont laids, les Portugais gais, les Colombiens biens, que les Espagnols sont gnols".

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Re: Offenbach - la Périchole -Minkowski/Gilbert- Opéra royal de Versailles - 12/2019

Message par Loïs » 19 déc. 2019, 22:41

"Il est où le bonheur ? Il est où ? "
Surement pas dans le vaisseau amiral de la flotte lyrique en France qui vient de se saborder mais en Français et en "petit " avec ce magnifique Fantasio à Favart ou à Versailles dans cette étincelante reprise de la Périchole.
Deux heures magiques pour oublier les temps actuels et s'immerger dans un esprit festif.

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Re: Offenbach - la Périchole -Minkowski/Gilbert- Opéra royal de Versailles - 12/2019

Message par Oylandoy » 19 déc. 2019, 22:49

Fantasio ou Fortunio ?
la mélodie est immorale
Nietzsche

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Re: Offenbach - la Périchole -Minkowski/Gilbert- Opéra royal de Versailles - 12/2019

Message par Loïs » 19 déc. 2019, 23:01

Oylandoy a écrit :
19 déc. 2019, 22:49
Fantasio ou Fortunio ?
Oups :oops:

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Re: Offenbach - la Périchole -Minkowski/Gilbert- Opéra royal de Versailles - 12/2019

Message par Loïs » 20 déc. 2019, 11:04

Je ne vais pas reprendre toute la présentation de JdeB écrite pour la première série en 2018 (il vient d’y en avoir une seconde il y a quelques jours à Grenoble) et ce d’autant plus que l’enregistrement qui s’ensuivit fut un succès immédiat et est devenu une référence voire la référence discographique (discographie malheureusement orpheline de son interprète majeure : Jane Rhodes).
Tout au plus je rappellerai le choix musical de Minkowski, sa Périchole « idéale», en puisant dans les deux versions de 1868 et 1874 : acte I de 1868, acte II de 1868 jusqu’au numéro 14, puis on bascule en 1874 pour la prison (ce qui offre son air à Piquillo) et on continue dans l’acte III de 1874 expurgé des numéros 19 à 21 (notamment le trio de la prison, le chœur des soldats et l’ariette des cousines) ce qui compacte et punche le final, l’essentiel ayant été dit et écrit avant.

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Alors continuons avec Minkowski : cette œuvre, comme tout Offenbach maintenant, lui appartient, il y est au meilleur et il était visible que les musiciens s’amusaient dans la fosse à suivre ce tempo et cette énergie. Après des années de crincrin, Offenbach reçut ses lettres de noblesse de la baguette de Plasson (et Lombard d’ailleurs pour la Périchole) mais à vouloir trop en montrer la qualité musicale, ces enregistrements se révèlent un peu trop rigides et grandiloquents. Avec Minkowski nous retrouvons la verve et le tourbillon offenbachien, d’autant plus que ses choix de chanteurs sont indiscutables (souvenons-nous de la Périchole ou de la Belle Hélène de Plasson).

Une production c’est aussi évidemment un metteur en scène : Romain Gilbert situe l’action dans un décor (simplifié) et des accessoires de cabaret ce qui n’est pas vraiment original mais fonctionne très bien, notamment pour l’accessorisation (on garde l’essentiel, l’esprit des choses et l’imagination s’amuse). Il utilise l’image de la marionnette sous toutes ses formes : du chœur d’ouverture pendu comme des marionnettes manipulées par le pouvoir (comme quoi le temps et les latitudes ont changé !), aux ombres chinoises en passant par les classiques utilisées par Piquillo et Périchole en doublure de leurs différents couplets. Pour autant contrairement à certains metteurs en scène qui, quand ils ont une idée, torturent l’histoire et la contorsionnent afin de l’adapter à cette idée du début jusqu’à la fin et ad nauseam; ici rien de tel : il s’agit de rappels réguliers, comme un fil rouge et une unité d’action.
Bien entendu pour ce genre de spectacle, les gags doivent ponctuer la soirée et ils ne manquent pas comme du sel savamment dosé avec deux mentions spéciales pour Don Andrés "sorti par la porte des cuisines" qui a enfilé un grand tablier mais a oublié son pantalon ce qui nous vaut une vue imprenable sur ses fesses quand il se retourne et le rat qui égaie la prison (et les changements de décor).

Aude Extrémo tient le plateau du début jusqu’à la fin (et comme son personnage tire et manipule ses partenaires masculins) ; elle s’y promène vocalement. La performance n’appelle que des éloges mais nous le savions déjà depuis l’enregistrement. J’ai noté quelques évolutions cependant. Son chant un tantinet trop sérieux parait comme bousculé par le tempo dans l’air de la lettre et « mon Dieu que les hommes sont bêtes » (attention il s’agit de nuances et je me plains la bouche pleine) mais l’air de la griserie est incontestablement supérieur à la première version et révèle un sommet d’interprétation tout comme le « tu n’es pas beau, tu n’es pas riche » qu’elle taille en bijou vocal (ses piani aigus sont d’une sensualité incroyable).
Le triomphateur de la soirée sera pourtant Piquillo. On craignait le retrait de Barbeyrac mais Rougier balaie tout regret : il est Piquillo par l’exact format vocal et la parfaite maitrise stylistique et interprétative de ce répertoire : sa jouissance et totalement partagée. De plus certainement motivé par la volonté de faire sa place, il ne lésine pas sur les aigus rajoutés (y compris lors du bis aux saluts) et comment s’en plaindre devant une telle aisance ? Au final on se dit que la Périchole qui a déjà connu Barbeyrac a bien raison de chanter « tu n’es pas beau, tu n’es pas riche,…tes gestes sont ceux d’un saltimbanque dont on rit….. et pourtant je t’adore brigand ». Mais le public n’avait pas « honte à l’avouer ».
JdeB qualifait la prestation de Duhamel « d’hénaurme ». Tout est dit : il reprend la marotte de Bacquier et Lafont et porte plus encore que la Périchole le spectacle sur ses -larges- épaules. La voix n’est évidemment pas en reste et son « sans en souffler rien à personne » tient de l’horlogerie tant le rythme est dosé.
Enfin trois cousines qui tiennent la route et ne sont pas des choristes poussées dans leurs retranchements ou de vieilles rougnes en denier tour de piste. Elles ont chacune leur personnalité et leur voix et savent tirer du peu que la partition leur offre ce qu'il faut pour briller et attirer l’œil et l’oreille du public : un régal (idem quand elles deviennent Dames d’honneur rejointes par Keller toujours présente à l’appel et impeccable).
Un régal aussi chez les messieurs. Imaginez : Huchet en premier chambellan ! La publicité « ce n’est pas Versailles ici » se confirme : quand nous y sommes c’est le grand luxe. Et son comparse Seguin ne pâlit pas à ses côtés (ah ce génial contre-chant qu'ils entonnent lors du final sur les « maris récalcitrants !!!) tout comme les deux notaires qui savent tenir leur place.

La Périchole est mon Offenbach préféré. Vu que nous rentrons dans la période des résolutions, je serai reconnaissant à vie à cette équipe pour le bonheur prodigué et m’oblige à ne plus en dire que du bien à l’avenir (mais bon, ce sera facile, je ne me souviens pas d’avoir jamais dit du mal d’eux :wink: )

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Re: Offenbach - la Périchole -Minkowski/Gilbert- Opéra royal de Versailles - 12/2019

Message par jmc » 21 déc. 2019, 18:06

Pour ceux qui iront demain à l'opéra Royal, je signale l'ouverture exceptionnelle des salles Napoléon de l'attique du midi
du 20 décembre au 5 janvier :santa: .

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