Mozart- Requiem - Currentzis- Châtelet- 27/10/2019

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JdeB
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Mozart- Requiem - Currentzis- Châtelet- 27/10/2019

Message par JdeB » 25 oct. 2019, 10:03

Introitus: Requiem aeternam, chant grégorien

Konstantinos Pringos – « Exedysan Me Ta Imatia Mou »
Chœur MusicAeterna Bizantina
Adrian Sîrbu, soliste

Mozart – Requiem (KV. 626)

Sandrine Piau – soprano
Paula Murrihy – mezzo-soprano
Sebastian Kohlhepp – ténor
Evgeny Stavinsky – basse

Orchestre MusicAeterna
Chœur MusicAeterna
Teodor Currentzis – direction musicale

Théâtre du Châtelet, 27 octobre 2019.


Image

Pif Gadget pour les morts-vivants

Le Requiem de Mozart ne connaîtra sans doute jamais la paix. S’il est une œuvre qui, dès 1791, a suscité les fantasmes, c’est bien la messe des morts commandée par le comte Walsegg en mémoire de son épouse bien aimée Anna. Dès janvier 1792, la concomitance de la mort de son compositeur et la typologie de son œuvre laissée inachevée enflamma l’imagination du public et poussa la presse de l’époque à faire de la copie (de manière plus que fantaisiste) sur ce hasard bien romantique. Toutefois, le cercle proche de Mozart connaissait l’identité du commanditaire—ce qui implique que Mozart le connaissait aussi très probablement !—et une conspiration du silence s’établit assez rapidement pour que Constanze Mozart n’ait pas à rembourser l’avance financière déjà concédée par le comte. Il était alors de la première importance de laisser croire à ce dernier que l’œuvre était bien en majeure partie de la main de Mozart… De plus, le secret promis à Walsegg (qui souhaitait d’autant plus demeurer anonyme qu’il fit passer le Requiem pour sa propre composition auprès de son orchestre, comme ses employés le révélèrent bien après) poussa Constanze à empiler mensonges sur approximations, ce qui rend encore certains éléments de la chronologie assez incertains. Quoi qu’il en soit, les contemporains surent assez vite que cette Messe des Morts avait été composée par Mozart. Pour Mozart, également : une version (laquelle ? de quelle longueur ? on ne sait) de ce Requiem fut sans doute exécutée pour ses obsèques, le 10 décembre 1791 à la Michaelerkirche. Le propre orchestre de Walsegg ne jouera la partition reçue en février 1792 que le 14 décembre 1793 en l’église paroissiale de Wiener Neustadt, bourg situé non loin des domaines du comte. Délai sans doute explicable par la nécessité de faire venir des cornistes de Vienne.

En effet, parmi les énigmes du Requiem, certaines n’ont toujours pas été résolues : pourquoi donc Mozart inclua-t-il des cors de basset dans son instrumentarium, alors que l’orchestre de Walsegg à Wiener Neustadt n’en possédait pas ? Si Mozart avait envisagé de recycler l’œuvre à la cathédrale Saint-Etienne de Vienne dont il était alors vice-Kapellmeister (en attendant le décès du titulaire… qui mourra quelques mois après lui !), la même difficulté aurait pu se poser : les cors de basset étaient absents de la Hoffkapelle, et de plus, Joseph II avait banni l’emploi des clarinettes de la musique religieuse viennoise…

Un Requiem pas si inachevé que ça…

Ce qui est plus sûr, en revanche, c’est la part de Mozart dans la composition de l’œuvre. Le manuscrit autographe de Mozart consiste en l’Introitus/Kyrie, la Sequentia et une partie de l’Offertorium. À part le Lacrymosa dont on ne possède que les huit premières mesures, tous les mouvements sont intégralement notés pour les parties vocales et la basse. Mozart n’a orchestré complètement que le tout premier mouvement, mais il a cependant indiqué pour le restant de sa partition les idées thématiques de l’orchestre, indiquant les points de ruptures ou d’enchaînements principaux, ainsi que les principales couleurs de l’orchestration, procédant comme il le faisait usuellement pour ses esquisses les plus complètes. Connaissant l’orchestre qu’il envisageait, le remplissage des manques n’était alors pour lui qu’une tâche technique, puisque la structure de l’œuvre était déjà indiquée.
De son côté, après l’abandon de Joseph Eybler, Süssmayr orchestra le Requiem entre le Kyrie et la fin de l’Offertorium, puis il compléta le Lacrymosa et composa le Sanctus et l’Agnus Dei/Communio, intégrant probablement des esquisses laissées par Mozart. Ses déclarations ultérieures sur son rôle réel, tout comme les récits des derniers moments de Mozart, enjolivés par la légende en marche, doivent être pris avec beaucoup de recul. Ainsi, le Lacrymosa n’est sans doute pas la dernière partie de la partition composée par le compositeur, et le récit de Mozart fondant en larmes sur son lit de malade en chantant ces mesures doit être reçu avec une bonne dose d’incrédulité, les témoins supposés ne se montrant pas toujours fiables par bien d’autres aspects… (Cependant, pour les béotiens qui auraient oublié cette tarte à la crème de la culture classique, une rupture radicale est introduite dans le concert.)
Et, pour ce qui est de la chronologie de la composition, à la suite d’Alan Tyson qui a analysé en détail les papiers utilisés par Mozart, on peut seulement avancer que le premier type de papier a été utilisé pour l’Introitus, presque tout le Kyrie et la Sequentia, du Dies Irae à la première page du Recordare. (Le même papier a été utilisé pour Die Zauberflöte, la cantate maçonnique KV. 623 et une esquisse pour le Requiem, le fameux Amen). Le second, acheté par bloc au début et à la fin de 1791, a servi pour noter la dernière page du Kyrie, la seconde page du Recordare et toute la fin de l’autographe. (Soit Mozart a composé la fin du Kyrie après avoir écrit le Recordare, soit il s’est mélangé les pinceaux dans ses piles de papier vierge… De plus, cela prouverait que cet Amen ait été composé après l’achèvement de La Flûte enchantée, mais avant la composition du Rex Tremendae.)

Le statut inachevé de l’œuvre (qui ne l’est donc pas tant que cela, inachevée…) est devenu une machine à fantasme pour tout compositeur ou musicien qui se respecte. Compléter ce que Mozart n’avait pas eu loisir de noter sur ses portées devient ainsi un défi que peu ont eu la sagesse d’écarter, la dernière tentative médiatique étant celle de Pierre-Henri Dutron. Car, concomitante à l’envie de tremper sa plume dans l’encrier de Mozart, est celle de décrier le travail fait par Süssmayr. De quel nom d’oiseau le malheureux n’a-t-il pas été affublé ! Si on ne sait vraiment ce que Mozart lui transmit comme instructions (s’il le fit vraiment en détail, d’ailleurs !), et s’il n’a évidemment ni le métier, ni la technique aboutie de son aîné, ni sa connaissance immense de la musique de son temps, il nous a transmis l’état le plus proche historiquement parlant des idées mozartiennes. (Il faut noter que les deux exemples de contrepoint dans la complétion de Süssmayr sont ainsi probablement la preuve qu’il s’est appuyé sur les esquisses laissées par Mozart… quand il put les interpréter. La fugue de l’Amen envisagée par Mozart aurait eu une ampleur que son continuateur fut incapable de mettre en œuvre… Par ailleurs, Mozart a incorporé des réminiscences haendéliennes, mais aussi un mouvement de Wilhelm Friedemann Bach, probablement des éléments de la Messe des Morts de François­Joseph Gossec, du Requiem de Michael Haydn et de celui inachevé de Florian Gassmann, le maître de Salieri, ce qui corrobore les liens entre Mozart et le cercle d’amateurs éclairés du baron van Swieten).

Les notes, mais pas l’esprit…

Ces interrogations de spécialistes semblent bien éloignées de l’optique du chef d’orchestre grec. Conservant la version de Süssmayr (on a pourtant cru y entendre certaines retouches de Franz Beyer), Teodor Currentzis cherche avant tout à surprendre (choquer ?) le chaland en cherchant manifestement à faire du neuf avec du vieux. Si c’est son optique, c’est totalement réussi : on a rarement entendu un Requiem qui soit aussi éloigné de l’esprit mozartien.

Passons sur l’insertion de plain-chant en Introitus, puisque la pratique était encore usitée du temps de Mozart (bien qu’il reste encore apparemment à étudier comment les réformes de Joseph II eurent un impact sur ces pratiques à Vienne), mais cette approche ne va pas jusqu’au bout de sa logique. Toutefois, la présence de chants traditionnels orthodoxes (interprétés avec charme) relève ici du gadget et de l’opération de remplissage, le concert durant une petite heure.

C’est à un Requiem façon hachis parmentier que l’on assiste. Tempi précipités, quitte à risquer la sortie de route (on assiste à un ou deux dérapages magistraux) ; martelage désossant de manière assumée la partition avec une fausse originalité ; tronçonnage irritant des scansions sous-jacentes en autant de piétinements en staccato inamovible, heurtant volontairement la ligne de chant, en une verticalité sèche qui en rompt systématiquement les élans ; étalement sirupeux, comme du Chopin sous amphétamine, de l’Introitus laissant place à un Kyrie qui tape et se cogne en se désarticulant, façon bande son de film d’horreur ; hâte qui se fait ensuite précipitation et trébuche en avalant le discours, ou à l’inverse ralentissements étirés jusqu’à la rupture, démantibulant l’architecture de l’œuvre ; pianissimi très très accentués, forte criards comme les couleurs flashy de l’orchestre (qui en devient vulgaire) ; tout dénature la partition en un « toujours plus » rempli d’une vacuité vertigineuse.

Que ce soit les violons surexcités comme des grillons gorgés de soleil, les éructations des cordes hystériques, le chœur (pourtant excellent) qui gronde en des embardées qui lorgnent vers la musique russe traditionnelle, et s’éloignent d’autant plus du souci de clarté de la partition, on est bien loin de l’idéal mozartien dont la violence réelle reste toujours bridée en une tension coruscante. Ici, les tous les éléments constitutifs de la Messe des Morts échappent à la fusion souhaitée, font des embardées sauvages et s’impriment dans l’oreille comme des éclats dont la mosaïque cherche encore son motif. C’est la Mesnie Hellequin qui est de sortie… Cette manipulation émotionnelle revendiquée, suscitée par ces heurts réitérés et ces contrastes énervés finit par lasser. Certes, c’est efficace. Mais le fondu et la subtilité de l’écriture mozartienne encore si prégnante dans l’orchestration de Süssmayr est totalement atomisée.

Ce n’est que lors de l’introduction des chanteurs solistes que la musique reprend un peu ses droits. Du quatuor, Sandrine Piau, à la voix hélas recouverte d’un léger voile durant toute la première partie du concert, est la seule à connaître vraiment son Mozart sur le bout des notes. Musicalité, sensibilité, pudeur caractérisent un chant stylistiquement superbe. Le contraste en est d’autant plus cruel pour les autres (Evgeny Stavinsjky a tendance à faire du « gros son » et réfrène avec peine son sonore instrument), hormis Sebastian Kohlhepp, suave à souhait, mais fréquemment hors style.

Ce Galli-Bibiena (mal) copié par Basquiat, à l’obscurité revendiquée, n’a pourtant rien des abîmes métaphysiques d’un Soulages. Et pourtant, ça marche, si l’on en juge par l’hystérie d’applaudissements qui accueille les musiciens aux saluts.

Ce n’est pas si grave après tout, Mozart s’en remettra. Il en a subi bien d’autres…

Emmanuelle Pesqué

N. B. : les éléments sur l’histoire du Requiem sont tributaires des travaux des Dr. Christoph Wolff et David Black.
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Re: Mozart- Requiem - Currentzis- Châtelet- 27/10/2019

Message par David-Opera » 25 oct. 2019, 10:06

Avec insertion de chants orthodoxes, selon France Musique ce matin.

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Re: Mozart- Requiem - Currentzis- Châtelet- 27/10/2019

Message par HELENE ADAM » 25 oct. 2019, 12:02

Si c'est la même "version" que celle donnée à Salzbourg il y a deux ans, c'est... surprenant 8O
Lui : Que sous mes pieds se déchire la terre ! que sur mon front éclate le tonnerre, je t'aime, Élisabeth ! Le monde est oublié !
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Re: Mozart – Requiem – Currentzis – Châtelet – 27/10/2019

Message par Efemere » 25 oct. 2019, 16:24

David-Opera a écrit :
25 oct. 2019, 10:06
Avec insertion de chants orthodoxes, selon France Musique ce matin.
Ce seront des chants byzantins traditionnels, avec le Chœur MusicAeterna Byzantina (créé en 2018), qui, bizarrement, ne figure pas dans la distribution sur le site du Théâtre du Châtelet (ici).

N.B. : la veille, le samedi 26 octobre à 15 h, Teodor Currentzis et les chœurs MusicAeterna et MusicAeterna Byzantina donneront un concert intitulé Misterio, des œuvres occidentales et byzantines pour chœur, à la Sainte Chapelle – concert apparemment pas ouvert au public.
Comme je viens de l'indiquer ici et ici, ce sera retransmis le 26 octobre par Arte Concert à 15 h, et également sur un écran sous la canopée du Westfield Forum des Halles de Paris, à 15h30, 17h et 18h30.

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Re: Mozart- Requiem - Currentzis- Châtelet- 27/10/2019

Message par Piero1809 » 25 oct. 2019, 19:20

Je suis très curieux de lire le ou les comptes rendus de ce concert.

Les quelques commentaires de ma part qui suivent sont de pure forme.

De nos jours, l'intangibilité de l'oeuvre d'art est un principe dument respecté. Curieusement l'inachèvement du Requiem de Mozart ouvre une brèche dans laquelle s'engouffrent des acteurs très divers.
D'abord il y eut Süssmayer et Eybler à qui on demanda d'orchestrer les parties esquissées par Mozart et de composer les parties manquantes. Eux avaient au moins l'excuse d'être des familiers de Mozart, mieux informés que quiconque des dernières volontés du compositeur.
De nos jours des musicologues mécontents du travail de Süssmayer et consorts, s'affairent à recomposer ces parties sur d'autres bases, au mieux des esquisses authentiques inédites de Mozart, mais aussi la recherche de motifs consensuels ou de lieux communs mozartiens.
On nous promet maintenant d'insérer des chants liturgiques orthodoxes. Peut-être cela fonctionnera.

A mon humble avis, on ne refait pas l'histoire. Il faut nous contenter de ce que Mozart nous a laissé, complété par ceux qui étaient le mieux placés pour le faire. Après tout, cet Agnus Dei composé par Süssmayer-Eybler n'est-il pas bouleversant? Il l'est tellement en vérité que je me suis demandé si les élèves, ayant eu eu accès aux dernières pensées musicales du maître, ne les avaient pas pieusement transcrites...

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Re: Mozart- Requiem - Currentzis- Châtelet- 27/10/2019

Message par HELENE ADAM » 27 oct. 2019, 20:55

Currentzis a un vrai sens de la mise en scène au-delà de ses propositions musicales.
La salle (rénovée) du théâtre du Châtelet est plongée dans le noir, scène comprise, et les choeurs de musicAeterna byzantin s'élèvent depuis les amphithéâtres supérieurs de droite puis de gauche pour la première partie de ce qui s'intitule "Requiem de Mozart"/Teodor Currentzis et qui se décline donc, selon le programme imprimé de la manière suivante:
- Introitus : requiem aeternam, chants grégoriens
- "Exedysan me ta Imatia Mou" de Konstantinos Pringos
- Messe de requiem en ré mineur (KV 626) de Wolfgang Amadeus Mozart.

Pour le Requiem de Mozart à proprement parler, cela se passe sur la scène, formation resserrée typique de l'orchestre et des choeurs de MusicAeterna, toujours très impressionnants, jouant debout en longue robe noire, tout autour de leur chef charismatique.
Le Requiem est lui-même séparé en deux parties (jusqu'à l'Offertoire d'une part, puis le Sanctus/Benedictus/Agnus dei, autrement dit ce qui a été rajouté par Süßmayr), deux parties au milieu desquelles s'insère le chant byzantin de Pringos (avec son beau soliste Adrian Sirbu).
C'est bizarre mais sommes toutes, ce n'est pas ce qui m'a le plus gênée.
C'est dans Mozart lui-même que je ne m'y retrouve pas et avec une oeuvre aussi célèbre (et aussi souvent entendue) que son Requiem, c'est assez déroutant.
Jusqu'au Tuba mirum (non compris) c'est du Mozart sauce Currentzis : survitaminé, à un rythme d'enfer, avec des tempi saccadés et rapides qui font davantage songer à l'interprétation d'une danse que d'une messe des morts, avec dans l'introit, des coups d'archet à contretemps des chants, bref une sorte de course effrénée que j'ai trouvée assez étrange, excitante mais sans être convaincante.
Ensuite, avec l'intervention des quatre solistes (tous excellents, je ne détaille pas), on revient à Mozart : un beau Tuba Mirum très solennel, un "Rex" qui sonne et tonne comme il se doit,etc. La course reprend quand même avec le Confutatis puis le Lacrymosa mais c'est beaucoup moins excessif qu'au début (ou alors on s'habitue :wink: ).
Après l'interruption byzantine, les trois derniers morceaux sont à nouveau survitaminés, avec des échanges entre l'orchestre et les choeurs sidérants de rapidité et de précision, des solistes qui parfois peinent à suivre le rythme et le style lyrique que Currentzis leur impose, mais globalement un final éblouissant de virtuosité... mais qui n'a plus vraiment à voir avec Mozart...
La salle (pas remplie...) a ovationné les chanteurs, puis les choeurs et l'orchestre pour finir en standing ovation pour Teodor Currentzis.
Je suis sortie impressionnée mais pas convaincue...
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Re: Mozart- Requiem - Currentzis- Châtelet- 27/10/2019

Message par RV » 27 oct. 2019, 21:30

Quelques mots sur ce concert ou plutôt cette cérémonie puisque je crois que c'est ce que voulait en faire Currentzis et d'ailleurs l'atmosphère était exactement la même qu'à l'occasion de son requiem de Verdi la saison dernière à la Philharmonie. Ce que je rajouterais à ce qu'a écrit Hélène, c'est la très grande cohésion des pupitres de l'orchestre et du choeur, tous ces musiciens et chanteurs jouent et chantent à l'unisson. Concernant les rythmes, je ne partage pas tout à fait les sensations ressentis par Hélène. Le début du Requiem a été donné sur un tempo plutôt lent qui m'a semblé reflété la douleur. Tout s'est accéléré par la suite mais avec, pour ma modeste perception, beaucoup d'âme. Encore une fois, j'ai eu tout au long du concert la sensation de participer à une cérémonie religieuse. Par contre, autant j'ai apprécié les chant grégorien et byzantin donnés avant le Requiem autant j'ai été très gêné par l'insertion du chant byzantin au milieu dudit Requiem et j'ai vraiment du mal à comprendre quelles ont pu être les intentions de Currentzis. Le public a adoré offrant à Currentzis et à ses troupes une standing ovation prolongée.
Ce concert m'a aussi permis de voir et d'apprécier le théâtre qui a été très bien restauré avec un seul petit bémol concernant le petit foyer qui longe le grand ou, comme il faut quand même être un peu moderne des peintures moches se retrouvent sur un des murs. Enfin, le petit foyer (je ne me souviens pas de son nom) qui est adjacent au grand foyer a un plafond qui vaut le déplacement de par ses magnifiques gypseries.
Pour terminer un cri de colère concernant la façon dont les musiciens étaient installés sur scène. Les spectateurs qui comme moi se trouvaient assis dans les premiers rangs d'orchestre ne voyaient bien que les dos des musiciens, un peu mieux le chef et les solistes.

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Re: Mozart- Requiem - Currentzis- Châtelet- 27/10/2019

Message par EdeB » 27 oct. 2019, 22:11

Je viens de publier mon compte rendu en tête de ce fil.
Une monstrueuse aberration fait croire aux hommes que le langage est né pour faciliter leurs relations mutuelles. - M. Leiris
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Re: Mozart- Requiem - Currentzis- Châtelet- 27/10/2019

Message par Piero1809 » 28 oct. 2019, 09:00

Merci RV et Hélène Adam pour vos commentaires.
Merci Emmanuelle Pesqué pour cet exposé très informatif qui donne un certain nombre de données essentielles pour comprendre la genèse de cette messe de Requiem et pour votre point de vue sur cette version.
Décidément, l'ultime oeuvre de Mozart suscite toujours des initiatives fantaisistes et des discussions passionnées.

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Re: Mozart- Requiem - Currentzis- Châtelet- 27/10/2019

Message par RV » 28 oct. 2019, 13:05

C’est amusant de constater que les très nombreux spectateurs qui ont fait une très longue standing ovation à Currentzis et à ses troupes et votre modeste serviteur n’ont pas vu le même spectacle qu’EDB et c’est la première fois dans ma longue carrière de mélomane qu’un ou une critique me traite d’hystérique (ce qui n’est pas bien grave! Pour terminer, je veux insister sur le fait qu’en matière de musique pour les spectateurs tout est affaire de perception et qu’il il n’y a pas de mauvaise ou de bonne perception même si les « sachants «  ont tendance à arriver à un spectacle avec un bagage qui les rend moins ouverts à des propositions musicales que l’on pourrait qualifier d’atypiques et si j’étais critique, je serais ravi de voir un public sortir enthousiaste d’un concert même si je n’approuve pas les choix du chef d’orchestre.

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