Verdi - la Forza del destino - Luisotti/Auvray - ONP- 06-07/2019

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Re: Verdi - la Forza del destino - Luisotti/Auvray - ONP- 06-07/2019

Message par philipppe » 04 juin 2019, 12:19

fomalhaut a écrit :
04 juin 2019, 11:49
Très pertinent !
La Forza del Destino est bien l'un des plus mauvais opéras de Verdi.
Ou a-t-il été cet argument, pourquoi l'a-t-il mis en musique et pourquoi a-t-il persisté ?

fomalhaut
je ne suis pas du tout d'accord, c est une trés belle oeuvre, le livret est très interressant au delà des péripéties qui te parraissent idiotes. non seulement pour la façon dont il permet à la musique de se deployer, mais aussi pour ce qu'il dit de la guerre comme pretexte bienvenu pour assouvir sa propre violence, comme pretexte pour amasser de l'argent... c'est assez terrible, c'est trés fascinant à relire à notre époque. Et derrière cles scènes de violence et de guerre, il y a la voix douce et sublime du peuple affamé , victime innocent, que Verdi et son librettiste peignent à touches délicates. on pourrait citer encore d'autres choses passionantes sur cette oeuvre.

Ce qu'en avait fait Kusej à Muncih était laid mais bien pensé, montrant pas mal de ces aspects.

il me semble que c'est une des oeuvres trés "éthique" de Verdi.

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Re: Verdi - la Forza del destino - Luisotti/Auvray - ONP- 06-07/2019

Message par Snobinart » 04 juin 2019, 14:22

Heureusement que Lois écrit au premier degré, sinon on ne saurait quoi penser.

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Re: Verdi - la Forza del destino - Luisotti/Auvray - ONP- 06-07/2019

Message par Loïs » 04 juin 2019, 14:54

Snobinart a écrit :
04 juin 2019, 14:22
Heureusement que Lois écrit au premier degré, sinon on ne saurait quoi penser.
ben tu sais faut pas trop creuser profond chez moi :prop:

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Re: Verdi - la Forza del destino - Luisotti/Auvray - ONP- 06-07/2019

Message par zigfrid » 04 juin 2019, 15:11

:-o 8-O

(ouaip surtout que tu trouves qu'i puritani c'est moche) ( :2guns: )

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Re: Verdi - la Forza del destino - Luisotti/Auvray - ONP- 06-07/2019

Message par Bernard C » 04 juin 2019, 15:35

Loïs a écrit :
04 juin 2019, 14:54
Snobinart a écrit :
04 juin 2019, 14:22
Heureusement que Lois écrit au premier degré, sinon on ne saurait quoi penser.
ben tu sais faut pas trop creuser profond chez moi :prop:
Cette discussion est ardue.

Bernard
Aretha Franklin remplace Pavarotti dans Nessun Dorma
https://youtu.be/k33sINjn9o0

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Re: Verdi - la Forza del destino - Luisotti/Auvray - ONP- 06-07/2019

Message par Loïs » 05 juin 2019, 00:05

Alors pour ceux qui sont arrivés à l’entracte parce que :
-ils n’avaient pas fini leur dessert aux Grandes Marches
- ils étaient bloqués dans les embouteillages et pleurent que Sainte Geneviève protégea les Parisiens des Huns alors qu’actuellement rien ne les protège d’Hidalgo
- ils connaissent déjà la Forza et on zibé la première partie
Vous n’avez presque rien raté avec deux actes qui ont autant de mouvements que l’encéphalogramme de Ciotti et de séduction qu’une photo de Boutin. Mais maintenant on s’accroche car se profile du lourd (et je ne parle pas du physique de Léonora car Bastille pour brouiller les pistes a embauché deux bombes)


Troisième Acte, en Italie (comme chez Offenbach les deux pays sont frontaliers)
Croyant Leonora morte, Alvaro est parti pour la guerre (« engagez vous » qu’ils disaient ») .
En bon ténor, tout tourne dans le vide de sa boite crânienne et pauvret il n’assume pas le passé (n’est pas Balkany qui veut) et hulule à la lune son désespoir (au passage on apprend qu’il descend du Grand Inca ce qui pose quand même mais sera toujours regardé par la famille du Marquis de la même façon que Camilla hier a regardé Trump ou moi quand je découvre une limace dans ma salade). On a beaucoup goisé sur cet air réputé inchantable : « la vita é inferno ».
L’erreur est de le penser physiquement ce qui génère souvent un concours de décibels plus ou moins contrôlés dans un style ouvertement dépoitraillé. Un petit format (JK) a su prouver récemment de manière éclatante à Munich que c’était avant tout une question de technique (et de souffle pour tenir jusqu’aux aigus finaux avec un rythme ascensionnel que l’on retrouvera dans Radamès). Moralité après un tel exploit on a retrouvé Enrico 75 affalé en pamoison au fond d’une loge du Stattsoper. Il ne faut pas oublier l’héritage belcantiste toujours présent chez Verdi (et surtout ne pas le voir en précurseur des véristes) : le secret est dans la coloration de chaque note (écoutez le professeur Bergonzi) et vous comprendrez que le souvenir de papa Donizetti accompagne toujours Giuseppino même dans les opéras tardifs.
Débarque le frérot mais évidemment ils ne se reconnaissent pas !?! (j’ai vraiment besoin de faire un commentaire ?) et tombent dans les bras l’un de l’autre en se jurant une amitié éternelle et plein d’autres choses dégoulinantes (aussi rapide que dans une back room : je pense que l’indien marche à voile et à vapeur et que le Carlo ne s’intéresse pas qu’à ses chèvres castillanes)
Y a une bataille toujours aussi bien traitée ( !) musicalement chez Verdi (on se croirait dans Macbeth, vous avez le temps de faire un aller retour aux toilettes) d’où Alvaro revient mortellement blessé (enfin c’est ce qu’il croit mais il reste deux actes à meubler, en gros il s’est coupé avec une enveloppe et comme tous les mecs il hurle à la mort). Il fait jurer à son nouveau pote à la vie à la mort de chercher dans ses effets une lettre et la brûler sans la lire (je vous rappelle qu’il est ténor).
Ok c’est con comme idée et on imagine sans peine la suite mais là Verdi nous pond une de ses plus extraordinaires pages (Posa et Carlo ont une sacrée concurrence) : « Solenne in questa ora ». Vous vous retrouvez les yeux mouillés et l’âme soulevée. Sublime.
Retour au Carlito qui a un côté très féminin en lui quand même : on lui dit je te donne une boite et tu l’ouvres pas . Un vrai mec obéit. Une gonzesse en parle pendant trois plombes et évidemment finira par l’ouvrir (pas la peine de gueuler, c’est pas moi qui est inventé Pandore).
Le côté masculin de Carlito permet quand même de rendre tout cela écoutable avec une des plus grandes scènes de baryton jamais écrites. Malheureusement je vais encore faire la gueule demain car j’ai été élevé avec Cappuccilli (en alternance avec Zancanaro et Nucci) et depuis je ne vois que des nains, alors que les dieux ont déserté la scène (avec une seule exception -mais laquelle- Tézier).

Le moment est venu de rendre hommage au plus grand des barytons verdiens et pour lequel j’ai poussé mes dieux lares sur la commode de ma chambre pour dresser sa photo devant laquelle j’allume une bougie tous les soirs : Leonard Warren.
In the middle of Act II (as given at the Metropolitan), the duet for Mr. Warren and Mr. Tucker, ‘Solenne in quest’ ora’ brought another crescendo of applause and bravos. Mr. Warren then was left onstage alone to sing the recitative that begins ‘Morir! Tremenda cosa!’ (‘To die! Tremendous moment!’). How ominous this phrase was to prove! Mr. Warren continued into the superb aria that follows, ‘Urna fatale’ (‘Oh fatal pages’), and he had never seemed in better form as his remarkable voice rode the long legato phrases and soared excitingly through the cadenzas to the climactic high notes. At the end, he stood quietly until the shouts of approval had died away. Moving to stage left he completed his next few lines of recitative and then fell forward heavily, as if he had tripped.
Roald Reitan, as the Surgeon, entered, singing his single phrase, ‘Lieta novella, e salvo’ (‘Good news I bring you, I saved him’). No response came from Mr. Warren, as Thomas Schippers, the conductor, waited with upstretched arms to bring the orchestra in.
Uncertainty and wonder gripped everyone for a few seconds, and the audience stirred uneasily. Mr. Reitan then went quickly over to Mr. Warren, knelt by his side. The audience did not know that Mr. Reitan raised Mr. Warren's head slightly, that the stricken baritone uttered faintly the word “Help!” and then went limp. The audience was only aware of Mr. Reitan's looking anxiously into the wings and at Mr. Schippers, and of a voice in the auditorium saying clearly, “Bring the curtain down!”
Raymond A. Ericson (Musical America)
Tébaldi, immensissime Leonora, sa partenaire (habituelle) ce soir là ne chantera plus jamais la Forza.

Le médecin du camp entre et lui apprend que son ami est sauvé. Carlo exulte : il pourra se venger

Et effectivement au tableau suivant : Alvaro, rétabli, est rejoint par Carlo qui lui révèle sa véritable identité et le provoque en duel mais les deux hommes sont rapidement séparés.
Ne voulant pas encore tuer un Vargas, Alvaro décide de prendre le voile (non mais je rêve).
Je ne peux pas décrire la musique de ce tableau , je n’en garde pas le moindre souvenir ce qui est quand même un signe (soit je devais ronquer soit j’essayais de lutiner la ravissante chose blonde qui place au balcon du ROH) . Ah si : ça commence par l’impayable « rataplan » (non je ne parle pas du chien quoique cela vole aussi haut). Jamais la fameuse phrase de Rossini parlant de Verdi (à l’issue de la première d’Atilla) n’est aussi pleine de sens : « Verdi compose avec un casque sur la tête ». Cet air se place dans le trio de tête des airs les plus cons jamais composés. Avantage pour Preziosilla (chez moi on appelle ça même pas une cagole mais une cagolasse) : qu’elle sache chanter ou pas, on ne verra pas la différence.

Bon : second entracte mais ne vous éparpillez pas (juste un second éclair de Pradier ou vous confisquez à la vieille assise à côté de vous son paquet de bonbons qui vous fait hérisse le poil depuis le début) : le dernier acte justifie les escarres que vous commencez à avoir

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Re: Verdi - la Forza del destino - Luisotti/Auvray - ONP- 06-07/2019

Message par PlacidoCarrerotti » 05 juin 2019, 07:31

Je ne suis pas fan de Ramon Vargas mais de là à vouloir le tuer...
"Quand on se cogne la tête avec un livre et que ça sonne creux, cela ne veut pas dire que le livre est vide". (Otto Klemperer)

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Re: Verdi - la Forza del destino - Luisotti/Auvray - ONP- 06-07/2019

Message par Loïs » 05 juin 2019, 08:09

PlacidoCarrerotti a écrit :
05 juin 2019, 07:31
Je ne suis pas fan de Ramon Vargas mais de là à vouloir le tuer...
DON ALVARO (entrando con la spada sguainata)
È questo ancora sangue d'un Vargas.

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Re: Verdi - la Forza del destino - Luisotti/Auvray - ONP- 06-07/2019

Message par PlacidoCarrerotti » 05 juin 2019, 08:24

Loïs a écrit :
05 juin 2019, 08:09
PlacidoCarrerotti a écrit :
05 juin 2019, 07:31
Je ne suis pas fan de Ramon Vargas mais de là à vouloir le tuer...
DON ALVARO (entrando con la spada sguainata)
È questo ancora sangue d'un Vargas.
Ramon Vargas est-il un cas ?
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Re: Verdi - la Forza del destino - Luisotti/Auvray - ONP- 06-07/2019

Message par micaela » 05 juin 2019, 09:06

Cet opéra serait considéré en Italie comme un terrible "porte poisse" (voir dans le fil "destins tragiques" à propos de Warren).
Sinon, Loïs parle de Donizetti, mais Verdi semble ici surtout sous l'influence de Meyerbeer (celui des Huguenots, où on trouve déjà un Rataplan).
Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Pensée shadok

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