Medea au Châtelet, juin/juillet 2005

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Xavier
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Message par Xavier » 01 juil. 2005, 12:03

bajazet a écrit :
Xavier a écrit :Pas de procès d?intention carissimo !
Ma remarque était globale et ne te visait pas individuellement, cher Xavier.
mais dans son message précédent bajazet a écrit : Berlioz avec une voix réduite aux 2/3 ? [...] Moi je trouve qu'elle devrait s'en tenir à quelques madrigaux de Monteverdi ? enfin, si elle peut encore maintenant que la craie a explosé.

Je suis très frappé par le fait que la majorité des jugements sur Antonacci ne parlent que de medium, d'aigu, de justesse, etc.
Je dois être un peu parano :wink:


Par ailleurs :
bajazet a écrit :Antonacci est une Médée si extraordinaire que même ses aigus font peur.
Et voilà !
bajazet a écrit :Enfin, sur la caractérisation du personnage : la Médée de Hoffmann et Cherubini est-elle conçue comme "un monstre" ? J'en doute. L'accent mis sur l'épouse trahie et douloureuse est évident dans l'?uvre même, et il n'y a pas de scène infernale comme dans la tradition (et comme il y en a chez Mayr). Avec le recul, je me demande de plus en plus si l'option "sorcière" de Callas dans le rôle n'est pas trop monolithique à certains moments.
Faudrait savoir !

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Ruggero
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Message par Ruggero » 01 juil. 2005, 12:11

tuano a écrit :Maheureusement, j'ai trouvé qu'il n'y avait que son aigu qui faisait peur. La sorcière, elle, m'a paru bien inoffensive.
tu es myope? tu avais oublié tes lunettes? et tes jumelles? tu étais à l'amphi?
rien que dans sa voix, elle est effrayante.
L'opéra semble voué à être le dernier refuge du besoin de la beauté artistique en toc.
(Bernard Shaw, 1898)

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Message par tuano » 01 juil. 2005, 12:19

Oui je suis myope (voir smiley ci-dessus) mais j'avais mes lunettes et j'étais au parterre.

Je n'ai pas dit qu'elle n'était pas effrayante, j'ai dit qu'elle m'avait paru bien inoffensive.

Depuis une semaine, j'ai vu d'autres chanteuses autrement plus charismatiques : Denia Mazzola dans Cavalleria Rusticana et Anja Silja dans L'affaire Makropoulos. Elles avaient la chance de travailler avec de vrais metteurs en scène d'opéra.

Contrairement à toi qui l'a découverte récemment, je pense être conscient de quoi Anna Caterina Antonacci est capable : sa Rodelinda et son Agrippina en faisaient la plus grande chanteuse-actrice du monde. J'aimerais qu'elle ne perde plus son temps avec Kokkos.

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Message par Ruggero » 01 juil. 2005, 12:23

peut-être...
L'opéra semble voué à être le dernier refuge du besoin de la beauté artistique en toc.
(Bernard Shaw, 1898)

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Message par philou » 01 juil. 2005, 12:25

Tuano, tu n'aimes pas Kokkos, et c'est bien sûr ton droit. Mais il peut se montrer un directeur d'acteur inspiré : Antonacci en Cassandre a marqué les mémoires. ET dans les Bassarides, tout le plateau était superbement dirigé.
Bon, evidemment, hier soir........

tuano
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Message par tuano » 01 juil. 2005, 12:40

philou a écrit :Tuano, tu n'aimes pas Kokkos, et c'est bien sûr ton droit. Mais il peut se montrer un directeur d'acteur inspiré : Antonacci en Cassandre a marqué les mémoires.
Ce n'est pas grâce à Kokkos ! Quand j'ai vu cette Cassandre, je me suis dit qu'Antonacci était une tragédienne qui donnait sans doute une idée de ce qu'était Callas sur scène (je déteste les comparaisons avec Callas mais je n'ai pas pu m'en empêcher) mais aussi qu'elle n'avait jamais été aussi mauvaise comédienne sur une scène parisienne. Seuls son talent personnel et sa plastique irréprochable faisaient d'elle une Cassandre visuellement fascinante et bouleversante. Cependant, elle ne savait pas trop quoi faire de ses bras et ses déplacements n'étaient pas particulièrement musicaux. On était deux crans en dessous de sa Rodelinda dans le même théâtre.

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Message par violetta » 01 juil. 2005, 12:41

Eh bien pour ma part mon bilan de la soirée est très largement positif, et j'ai eu le sentiment d'assister à une soirée d'exception, malgré des défauts indéniables mais qui n'empêchaient pas le spectacle d'être une réussite.
- Premier point très positif (pour moi) : la découverte de l'oeuvre et du compositeur, que j'ignorais tous deux. J'ai trouvé la musique admirable et l'oeuvre tout à fait remarquable, avec des réminiscences de Mozart, Gluck, et des signes annonciateurs du bel-canto. Je vais m'empresser d'en acheter une version au disque.
- deuxième point très positif : la performance scènique et vocale d'Antonacci, que j'ai trouvé fascinante, et toute en finesse. Elle ne joue pas la méchante sorcière, mais une femme avec ses hésitations et déchirements. CEla rend son passage à l'acte à la fois crédible et effrayant. Vocalement, c'était magnifique de subtilité et de force, avec un contrôle impressionnant de l'instrument vocal, et une interprétation de tous les instants. Le rôle pourra être muri mais je trouve l'interprétation déjà mémorable. C'est sûr que la voix est mise à rude épreuve, mais le rôle veut ça je pense.
- enfin, point globalement positif : la mise en scène classique, épurée, mais forte néanmoins; Rien de révolutionnaire mais on peut se concentrer sur le drame et la musique, et il y a une très belle évolution esthétique du premier au dernier acte.
- le point faible : le reste de la distrib', notamment le ténor, en décalage su rle plan vocal et surout interprétatif ; un vrai piquet qui déclamait ses lignes sans qu'on y croie une seconde ...
Enfin, à signaler une magnifique présence de Sara Mingardo qui a triomphé dans son air sublime.
J'ai passé une soirée fantastique.
Et je peux vous dire que Madame Crespin elle-même a beaucoup aimé, notamment Antonacci qu'elle admire beaucoup. Cela restera une grande soirée pour moi de c epoint de vue aussi, de l'avoir rencontrée avec son accent inimitable.

J'encourage tous ceux qui hésitent à y aller ne serait-ce que pour cette musique magnifique : (même si on a connu Pido en meilleure forme).

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Message par philou » 01 juil. 2005, 12:56

Xavier a écrit :


Je serai beaucoup plus sévère que la plupart des autres au sujet de Sara Mingardo et paradoxalement pour les mêmes raisons pour lesquelles Philou, par exemple, l'a aimé. C'est vraiment une voix d?opéra "baroque" ! J'entends par là une petite voix, qui n'a rien "sous la pédale" et qui phrase très joliment son air avec une voix qui n'en est plus une mais qui lui permet de jouer sur la dynamique, aidée en cela par un accompagnement orchestral très réduit. C'est une technique, je dirai plutôt un truc hélas très courant. Von Otter, par exemple, l'utilise beaucoup depuis qu'elle n'a plus de voix ; c'est d'ailleurs en partie pourquoi elle chante surtout du baroque depuis quelques années. L'ennui c'est que dans les vraies parties dramatiques, tous les récitatifs soit l'essentiel du rôle de Neris en l?occurrence, avec un vrai orchestre en face, la chanteuse est aux abonnés absents.

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Voilà un point de débat intéressant cher Xavier !

Contrairement à toi, je ne pense pas qu'une voix baroque doive être, ou soit, une petite voix !
C'est une conception qui a longtemps prévalu au début de la révolution baroque, mais qui a maintenant pratiquement disparu. On peut chanter du Bach, du Rameau et du Monteverdi, avec une grande voix bien ample et avec du vibrato. C'est juste stylistiquement qu'il faut adapter la ligne vocale, et pas du tout dans la puissance à mon sens. D'ailleurs beaucoup de très grandes voix ont chanté ou chantent encore du baroque, de Jessye Normann en son temps, à Antonacci aujourd'hui, en passant par Groves, Lloyd....
Je n'ai pas remarqué que Mingardo avait un défaut majeur de projection. De là où j'étais, à l'amphi, on l'entendait même très bien !
C'est étonnant que tu parles de l'aspect dramatique des récitatifs, et du fait qu'on l'entendait moins là-dedans. C'est peut-être aussi parce que ceux-ci sont de Franz Lachner, un admirateur de Wagner qui a plutôt trahi que respecté la musicalité cherubinienne selon moi, que Mingardo était noyée à ces moments précis !
Certes, Cherubini n'est pas un baroqueux. Mais il est avec Gluck l'héritier direct d'une tradition qui lui est très proche dans le temps (Rameau est mort en 1764) : sa musique est d'un clacissisme pur qui doit beaucoup au phrasé de ses prédecesseurs. L'articulation souple et allégée de Mingardo, que tu lui reproches, est pour moi au contraire le signe d'un respect de la partition. Si Gardiner avit été au pupitre, c'est toutes les les phrases d'orchestre qui aurait sonné comme cela. A la place, on a eu droit à une sorte de sous-Berlioz. Voilà aussi pourquoi Antonacci devait chanter si fort.....

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Message par abaris » 01 juil. 2005, 13:11

philou a écrit :
Pour répondre à Bajazet, je verrai plutôt dans le rôle une Neves, une Frittoli, une Maroccu, une Mattila, ou en deuxième choix une Malfitano, une Papian, une Mesheriakova.....
Mon dieu, ACA doit vraiment être épouvantable ....

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Message par philou » 01 juil. 2005, 13:16

abaris a écrit :
philou a écrit :
Pour répondre à Bajazet, je verrai plutôt dans le rôle une Neves, une Frittoli, une Maroccu, une Mattila, ou en deuxième choix une Malfitano, une Papian, une Mesheriakova.....
Mon dieu, ACA doit vraiment être épouvantable ....
Tu m'as mal compris. Je pense juste que toutes celles que j'ai cité ont un format vocal plus adéquat pour le rôle. Je préfère mille fois le timbre et la qualité vocale d'Antonacci à celle de Papian, mais pas dans Medea. Et puis j'ai bien dit qu'il s'agissait d'une deuxième choix !

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