Les Huguenots - Liège - juin 2005

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ironstyling
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Message par ironstyling » 18 juin 2005, 22:47

a suivre

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lachlan
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Message par lachlan » 20 juin 2005, 09:39

Hélas! Mille fois hélas! Je suis sorti de l'ORW après la représentation du 19 avec une grosse déception.

En fait de Grand Opéra, on nous a infligé une sorte de Highlights des Huguenots. 3 minuscules petites heures avec des rabotements épouvantables qui enlève vraiment toute la magie du genre.

Calmons-nous.

Parlons des choses positives. Première bonne impression, un orchestre sous la direction bienheureuse de Jacques Lacombe. Rien à redire à l'aune de mes connaissances de l'oeuvre. Respect des sonorités et des tempi, superbes solistes, lyrisme et romantisme bien dosés, équilibre fosse-scène. On est loin des approximation de Metz et c'est tant mieux.

Les costumes de Varda sont flamboyants. Heureusement serais-je tenté de dire car c'est la seule qui nous restitue l'esprit du Grand Opéra, palliant une absence de mise en scène et fesant office de décors.

Les choeurs (surtout masculins) ne sont pas toujours à la fête (un comble pour des francophones), quqnt au jeu des lumières, ils sont le moins que l'on puisse dire absent de la trame psychologique.

Les tableaux se succèdent rapidement (un peu plus vite que l'on ne le souhaiterait), parfois avec fracas comme dans le duo Raoûl/Marguerite. C'est agaçant mais on s'y fait contre mauvaise fortune bon coeur...

La distribution est en-deçà de tout. C'est même franchement catastrophique.

La palme de la médiocrité revient sans conteste au Marcel de Jatic. Rugueux, sans hargne, aux couleurs fades et sans sonorités ni aucune musicalité. Sa chanson huguenote est un modèle académique insipide, inodore et incolore, aussi mauvais que le milkshake fraise que dans un moment de faiblesse j'ai eu la folie d'acheter au Quick du coin.

Combiné à un Saint-Bris campé par un Rouillon rouillé, ça donne des tunnels sans voix et sans éclats d'une morosité affligeante comme dans le 3è acte. Rouillon a un timbre franchement désagréable, des phrases qui manquent cruellement d'amplitude et j'en passe.

Si le Maurecert de l'indéboulonnable Graus s'en sort mystérieusement, c'est parce que ce n'est évidemment pas lui que l'on attendait au coin du tournant.

Au milieu d'un champs de ruine, une oeuvre si charcutée qu'elle suscite l'émoi et la consternation, ce n'est même pas au chirurgien du ROH que l'on a fait appel, mais au boucher hallal de la Rue d'Aschot!

Il y a quand même de petites consolations. L'Urbain de Marie-Belle Sandis, premier rayon de soleil avec sa délicieuse cavatine. C'est que le Raoûl de Ragon a mordu sur sa langue pour son 1er examen de passage. Plus blanche que la blanche hermine est affligé d'un vibrato incontrôlé, avec des suraigus certes stables mais qui sont loin de l'idée que l'on peut se faire d'un ténor lyrique romantique. Effet d'émulation? Lors du duet de la scène du bandeau, on assiste à une métamorphose avec une Annick donnant la réplique supplime: Ah! Si j'étais coquette qui nous fait oublier sa laborieuse contribution d'entrée de scène O beau pays de la Touraine. Le format de la voix requis est si particulier que je ne m'avancerais pas à le juger mais l'impression finale reste cependant mitigé. Les aigus restent laborieux malgré un réel sens musical. Le phrasé est onctueux, la présence idiomatique.

Mais Annick reste incontestablement la Reine de la soirée, volant la vedette à une Valentine qui laisse perplexe. Barbara Ducruet a le soufle un peu court. Sa romance au début du 4è acte a des accents surfaits. Difficile encore d'être ému dans son intervention dans la Conjuration. Les aigus sot bas, elle se réserve pour le grand duo. Sa cavatine monte d'un cran mais les aigus restent instables, le médium châtié, l'effet est pompier. On quitte le registre romantique pour l'esbrouffe. Personne n'est dupe. Hélas! Mille fois hélas. D'autant que le Raoûl semble être arrivé à maturité après avoir macéré entre 2 eaux.

Reste le Nevers de Henry qui aura fourni une prestation presque égale, une ovation mérité... sans plus pour cette production qui a raté son rendez-vous.

L.

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Catherine
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Message par Catherine » 20 juin 2005, 13:03

Permettez moi de pousser un grand coup de gueule au sujet de ces Huguenots. J'en suis sortie furieuse.

On peut discuter des mérites respectifs de untel ou untel pendant des heures. Par exemple Massis ne m'a pas éblouie, service minimum, suraigus piqués chantés à l'octave inférieure, mais j'ai bien aimé Barbara Ducret (pas Ducruet, Lachlan, ça c'est dans Gala).

Mais une chose est indiscutable, c'est le respect dû au compositeur, MERDE !

- Blanche Hermine réduite à un seul couplet
- Pif paf pouf idem (à notre grand soulagement, quand on sait comment le premier a été exécuté, à tous les sens du terme)
- Duo Raoul Marguerite réduit à la portion congrue (le plus court de toute l'histoire depuis la création des Huguenots)
- Duo Marcel Valentine carrément supprimé (encore une fois, c'est peut-être mieux avec cet abominable Marcel)
- L'élégiaque "Ah viens" du duo Raoul Valentine supprimé, alors que ce devrait être le grand frisson
- coupure habituelle : toute la première partie du cinquième acte
- scène de transition entre la vision de Marcel et la scène finale passé à la trappe
- un Urbain charmante et bien chantante, mais mezzo, à qui l'on distribue la version pour soprano, alors que la version mezzo, avec rondeau, existe, total, toutes les variations vers l'aigu mutilées...


MAIS C'EST DU FOUTAGE DE GUEULE !!!!

Comme a dit mon voisin, ce ne sont même pas des highligts, car généralement ceux-ci sont les airs et les duos, pas les récitatifs, et là nous avons eu l'inverse, la sauce et pas le plat !

valery
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Message par valery » 20 juin 2005, 13:21

Je sais: je préfère entendre des Huguenots tronqués que rien du tout, c'est clair.
Mais si la partition est amputée de la sorte, je sens que ça va m'énerver...

A Bilbao Allemandi (un grand chef ce monsieur, soit dit en passant) nous avait offert plus de 3h30 de musique (je ne compte pas l'entracte).

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lachlan
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Message par lachlan » 20 juin 2005, 14:01

Et dire que je ne lis même pas Gala.

J'avais peur d'oser égratiner Annick. Le fait que Iron nous la déifiée m'avait impresionner et puis il reste sa Maguerita d'Anjou, un petit bijoux. Mais franchemement, je n'ai hué personne mais je suis parti dès la tombée du rideau. Le public d'après ce que j'ai pu constater n'avait d'yeux que pour Annick.

Triste fin de saison.

L.

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Xavier
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Message par Xavier » 20 juin 2005, 14:07

CES HUGUENOTS SONT UN SCANDALE !!!

D'accord pour donner Les huguenots avec des coupures mais couper, voire supprimer presque tous les morceaux principaux (airs, duos, finales) pour donner tous les récitatifs et toutes les scènes, c'est quoi cette idée à la con !!!

Alors, c'est clair, on comprenait très bien l'action, mais dès que celle-ci était suspendue pour laisser les protagonistes chanter, bref, dès qu'on allait entendre la substance de l'opéra de Meyerbeer, hop hop ! on passe à la suite.

Le pire a été acompli avec le duo Valentine-Marcel, un bout du récitatif et on s'en va 8O J'en n'ai pas cru mes yeux ni mes oreilles.

Et qu'on ne me dise pas que le chanteur distribué dans le rôle de Marcel était sans doute incapable de chanter correctement ce morceau : pourquoi l'avoir engagé alors même que c'était un parfait inconnu ??? Ils ne passent pas d'auditions à Liège ? Et pourquoi n'a-t-il pas été remplacé par Philippe Kahn (le très bon Marcel de Metz), par exemple ou par qui que ce soit d'autre au moins capable de chanter les notes ? Si on me réponds qu'il avait le physique du rôle, je mords !!! :taz:

Et l'autre Ragon, à quoi ça sert de faire le malin en cloquant le suraigu avec Massis à la fin de l'acte II pour carotter la montée (Ah viens !) qui conclue la partie lente du duo du IVième acte ?!

Même Massis ! A quoi ça sert de se faire proclamer sur tous les forums La Massis, l'Artiste Colorature (avec majuscules s'il vous plait !) pour ne même pas chanter les deux strophes de son air, ni celles de sa cabalette (alors que bien sûr la péripétie qui les relie est donnée complète !!!). C'est pas Iron qui nous avait dit que ses variations étaient originales ? C'est sûr : les piqués à l'octave du dessous, personne n'avait osé le faire...

Si j'ai applaudi volontiers quelques morceaux, comme la bénédiction des poignards, très réussie, je suis parti à la fin avant les saluts : j'aurais tué quelqu'un ! :gun2:

Seule maigre consolation, des passages parmis les plus beaux ont beau ne pas avoir été donnés, le public était ravi et très heureux d'entendre cette oeuvre.

Ca n'excuse en rien le traitement indigne influgé à la partition mais prouve au moins que, même donnés dans de très mauvaises conditions, Les huguenots ont du succès.

N'est-ce pas le signe des chefs-d'oeuvres ?

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Message par Geoffroy » 20 juin 2005, 14:10

Xav, ces notes piquées dont Catherine et toi fustigez l'octaviation, sont-ce les deux contre-Ré à la fin de la cabalette ? Si oui, ils ne sont pas écrits.

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Message par tuano » 20 juin 2005, 14:11

Xavier a écrit : Même Massis ! A quoi ça sert de se faire proclamer sur tous les forums La Massis, l'Artiste Colorature (avec majuscules s'il vous plait !) pour ne même pas chanter les deux strophes de son air, ni celles de sa cabalette (alors que bien sûr la péripétie qui les relie est donnée complète !!!). C'est pas Iron qui nous avait dit que ses variations étaient originales ? C'est sûr : les piqués à l'octave du dessous, personne n'avait osé le faire...
C'est pas ça que fait Caballé en studio ? (je n'arrive pas à imaginer ce que ça donne)

Le truc à voir en ce moment, c'est donc les Puritains à Berlin, pas ces Huguenots ? :wink:

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Message par lachlan » 20 juin 2005, 14:25

Honnêtement, c'est un non-évènement mais ça je l'aurai parié et d'ailleurs j'avais publiquement exprimé mes réserves à l'annonce de la production! Encore, on nous a épargné M. Pleyer. :? 8O :x :cry:

L.

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Message par bajazet » 20 juin 2005, 14:25

Xavier a écrit :Si j'ai applaudi volontiers quelques morceaux, comme la bénédiction des poignards, très réussie, je suis parti à la fin avant les saluts : j'aurais tué quelqu'un ! :gun2:
Après le massacre de la St-Barthélemy, celui de la St-Xavier est à l'étude (technique du pâté liégeois).

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