Verdi - Aida - Muti/Neshat - Salzbourg - 08/2017

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HELENE ADAM
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Re: Verdi - Aida - Muti/Neshat - Salzbourg - 08/2017

Message par HELENE ADAM » 14 août 2017, 09:11

Lucas a écrit :
14 août 2017, 08:55
abfab a écrit :
13 août 2017, 21:48
En live Meli a une très bonne projection, ce qui est assez surprenant. Il est deux fois plus puissant que Kaufmann à ce niveau.
C'est inexact. J'ai entendu les deux sur scène mais cela se vaut et on les entend, l'un et l'autre tout à fait correctement dans un théâtre à l'italienne.

Quant à Domingo entendu lui aussi à deux reprises au début des années 90, il ne faut quand même pas délirer : c'était à peine plus puissant que Kaufmann et j'ai le sentiment que beaucoup l'idéalisent de ce point de vue. En revanche, oui, Pavarotti, c'était largement deux fois plus puissant que Domingo et je n'entendais que lui dans Un bal masqué à la Bastille. Peut-être même un peu trop tant il couvrait tous ses partenaires y compris Millo. Naturellement très beau timbre, diction parfaite et sobriété stylistique étaient au rendez-vous. En revanche, côté nuances : nada!
Sur la fin, c'était un peu le problème de Pavarotti (mais je sens que je suis sur un terrain "tabou" :mrgreen: ) : une énorme puissance mais plus beaucoup de nuances (ce qui n'était pas le cas plus tôt dans sa carrière).

La puissance de Domingo me parait souvent aussi exagérée ici mais bon, comme tout mélomane le sait, la puissance ne fait pas tout (sinon il faut préférer le Radamès de Yusif Eyvassov sans hésiter une seconde, de ce côté là il est "nanti"). Ce n'est même pas l'essentiel du moment qu'on entend le chanteur et j'ai déjà dit que la petite musique sur "JK inaudible" n'était pas très sérieuse sauf à penser à un phénomène d'hallucination collective des spectateurs qui remplissent systématiquement les salles dès qu'il est annoncé dans une distribution et des critiques par la même occasion (jusque dans la lointaine Australie où il triomphe en... Parsifal).

Ce qui fait l'essentiel pour moi c'est l'interprétation, le style du chant et la technique vocale au service d'un rôle et d'une musique.
J'ai remarqué que Meli (indépendamment de sa puissance donc...) interprétait un Radamès tout en nuances, largement supérieur de ce point de vue à celui d'Alvarèz (et aussi à celui, assez catastrophique d'Anonenko entendu l'an dernier à Bastille). Ce qui lui manque (et ne manque pas à JK de mon point de vue) c'est la capacité à passer du registre amoureux au registre guerrier, à changer de façon de chanter pour traduire l'émotion.
Il est difficile de comparer Meli et JK, leurs répertoires ne se superposent qu'épisodiquement et finalement, cela a peu d'intérêt.
Pour en revenir à Méli, ma critique à son égard est toujours la même, en fait : trop lisse, trop peu "engagé"; trop peu "rentre dedans". Un bon élève, que j'apprécie quand je l'entends mais qui ne me procure guère d'émotions. Hélas.
Lui : Que sous mes pieds se déchire la terre ! que sur mon front éclate le tonnerre, je t'aime, Élisabeth ! Le monde est oublié !
Elle : Eh bien ! donc, frappez votre père ! venez, de son meurtre souillé, traîner à l'autel votre mère

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Re: Verdi - Aida - Muti/Neshat - Salzbourg - 08/2017

Message par Lucas » 14 août 2017, 09:13

JdeB a écrit :
14 août 2017, 09:00

J'ai une expérience inverse (cf mon post plus haut) mais j'en viens à penser qu'il n'y a pas grande sincérité dans ce que tu écris ...
Naturellement quand on n'est pas d'accord avec toi, on manque forcément de sincérité ...

Et pourtant Domingo, je l'ai entendu dans Otello à la Bastille et le 1er acte de La Walkyrie à Garnier et la voix n'avait rien d'immense et je maintiens : c'était, à peine plus puissant que Kaufmann. En revanche, Pavarotti, cela dépotait, c'est indiscutable.
HELENE ADAM a écrit :
13 août 2017, 13:49
La fusion entre Méli et Netrebko, hier, était l'une des grandes faiblesses de l'Aida de Salzbourg à mes yeux..ar Netrebko créée rarement la moindre alchimie avec son partenaire, depuis qu'elle ne chante plus avec Villazon... AMHA, on peut le vérifier avec son autre partenaire de prédilection, Piotr Beczala).
C'est très bien vu, Hélène. Netrebko chante dans son petit coin sans tenir compte de ses partenaires et c'est notamment à cela qu'on reconnait ou non une grande artiste. Finalement, comme tu l'as souligné, c'est avec le Villazon de la grande époque que la mayonnaise prenait le mieux car le ténor mexicain l'obligeait à sortir de ses gonds.

Il est essentiel dans un opéra qu'une alchimie se dégage entre le ténor et la soprano. Cette alchimie, on la trouve dans le duo Kaufmann/Harteros ou Grigolo/Yoncheva. Avec Netrebko, rien de tout cela et on s'ennuie ferme.

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Re: Verdi - Aida - Muti/Neshat - Salzbourg - 08/2017

Message par JdeB » 14 août 2017, 09:17

Tu sais je suis là presque tous les jours depuis presque 15 ans donc si je n'aimais pas la contradiction, je me serais suicidé depuis fort longtemps ! :lol:

Le 1 acte de Walkyrie à Garnier pour les 25 ans de ses débuts in loco, en décembre 1998, Domingo était très malade et a bien failli annuler. Il a chanté aussi de larges extraits de Samson. J'y étais aussi. Idem pour Otello à Bastille mais c'était 8 ans auparavant.

Pour les dates précises, je renvoie à mon dossier.
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Re: Verdi - Aida - Muti/Neshat - Salzbourg - 08/2017

Message par Lucas » 14 août 2017, 09:21

JdeB a écrit :
14 août 2017, 09:17
Le 1 acte de Walkyrie à Garnier pour les 25 ans de ses débuts in loco, en décembre 1998, Domingo était très malade et a bien failli annuler. Il a chanté aussi de larges extraits de Samson. J'y étais aussi. Idem pour Otello à Bastille mais c'était 8 ans auparavant.

Pour les dates précises, je renvoie à mon dossier.
J'ignorais l'existence des problèmes de santé de Domingo à Garnier mais dans, Otello, il n'était pas malade et ce n'était pas particulièrement puissant alors que j'avais réussi à me déplacer au 10ème rang d'orchestre. En revanche, musicalement, c'était fort beau et je trouve dommage qu'on réduise trop souvent un chanteur à sa puissance de feu. Si l'Otello de Domingo m'a semblé majeur, ce n'est pas par son volume mais par la vraie musicalité qu'il mettait dans un rôle qu'il avait, une fois n'est pas coutume, beaucoup approfondi.

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Re: Verdi - Aida - Muti/Neshat - Salzbourg - 08/2017

Message par JdeB » 14 août 2017, 09:24

L'acoustique du dixième rang d'orchestre n'est pas bonne à Bastille. A cette époque là elle était même mauvaise mais depuis des solutions ont été apportées

Tout à fait d'accord avec toi sur l'Otello de Domingo, son meilleur rôle avec Paillasse, Don José, Siegmund et Hermann
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Re: Verdi - Aida - Muti/Neshat - Salzbourg - 08/2017

Message par Lucas » 14 août 2017, 09:51

JdeB a écrit :
14 août 2017, 09:24
L'acoustique du dixième rang d'orchestre n'est pas bonne à Bastille. A cette époque là elle était même mauvaise mais depuis des solutions ont été apportées
Moi, j'aime bien et j'ai le souvenir d'un Boccanegra de Hvorostovsky peu audible au 1er balcon. Je m'étais déplacé à l'entracte et, toujours au 10ème rang d'orchestre, c'était magnifique et je penserai toujours que le grand vaisseau de la Bastille n'est vraiment pas adapté à l'opéra.

Petite anecdote pour la route : à mon grand désespoir, je n'avais pas de place pour cet Otello et les revendeurs échangeaient le ticket à un prix d'or très au-delà de ma bourse d'étudiant. Et puis, en faisant le tour de la Bastille, j'ai remarqué qu'un câble de télévision sortait discrètement d'une sortie de secours restée entrebâillée. J'ai naturellement remonté le fil d'Ariane pour déboucher au milieu de l'orchestre. J'ai, ensuite, pris un air détaché pour m'installer à une très bonne place et ne l'ai pas regretté ...

Quant au Wagner/Saint-Saens à Garnier, j'y étais allé avec une amie complètement fan de Domingo qui voulait absolument le rencontrer! Je lui dit : "Alex, c'est une soirée de l'AROP et cela risque d'être compliqué mais si tu veux avoir une chance, met ta plus belle robe et je sortirai un costume assez chic pour l'occasion". Après le spectacle, il y avait naturellement un cocktail dont l’accès était surveillé par des vigiles aussi agréables qu'une porte de prison pour prendre les billets d'invitation. De ce fait, nous avons adopté notre air le plus snob et sommes passés devant eux sans nous abaisser à leur fournir le fameux "Sésame, ouvre toi" ... que nous n'avions pas. Et cela a marché! Nous arrivons donc enfin dans la salle de réception où Domingo discutait avec des amis et je vois, devant mes yeux médusés, cette folle d'Alex courir vers Domingo pour l'embrasser tout en lui lâchant dans un espagnol qu'elle avait courant : "Mi querido Pladido, como estas?". Après un grand moment de solitude, Domingo a du se dire : "soit, c'est une folle (et il avait raison), soit je l'ai rencontrée quelque part et je ne m'en souviens pas". Il a opté pour la seconde solution et Alex ne lui pas lâché les baskets pendant 1/4 d'heure. Pour ma part, un peu embarrassé, j'ai assisté discrètement à cette scène surréaliste avant de demander au ténor d'avoir la gentillesse de me dédicacer le livret du coffret d'Otello dirigé par Chung. Quant à cette folle d'Alex, elle a réussi à obtenir son numéro de téléphone et une audition!

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Re: Verdi - Aida - Muti/Neshat - Salzbourg - 08/2017

Message par JdeB » 14 août 2017, 09:58

Alex, c'était une chanteuse, non ? Un temps amie d'une certaine Nathalie M, cousine d'un toréador fameux ? J'ai assisté à la scène que tu décris au cours de ce cocktail !!!
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Message par Lucas » 14 août 2017, 09:59

JdeB a écrit :
14 août 2017, 09:58
Alex, c'était une chanteuse, non ? Un temps amie d'une certaine Nathalie M, cousine d'un toréador fameux ? J'ai assisté à la scène que tu décris au cours de ce cocktail !!!
Banco!

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Message par JdeB » 14 août 2017, 10:05

Quand on parle de microcosme ! :D 8) :lol:

la fameuse Alex avait comme stratégie "soyons amie avec les stars" je l'avais pour ma part rencontrée pour la première deux ans auparavant à Nîmes où elle attendait Natalie Dessay qui chantait dans notre bonne ville Lakmé. Elle était dans tous ses états et elles ont beaucoup parlé du professeur JP Blivet. Elle avait apporté des cadeaux pour le bambin de 2C jouant là aussi le grand numéro de la connivence.

Elle a réussi à monopoliser l'anti-diva malgré l'insistance de Monsieur Dessaix père qui voulait que sa fille assistât au cocktail.

Je l'avais raccompagnée ainsi que Nathalie Manfrino à la gare car elles ne connaissaient pas la ville.

J'avais demandé à Alexandra sa tessiture "Je suis assoluta ! " m'avait-elle répliqué :lol:

Le jour de ce cocktail à Garnier elle avait remis à mon amie loris son dossier de candidature à Operalia, non ? Je crois que la date limite de candidature était largement passée ce qui lui fut signifié "Et alors ?! puisque Placido vient d’accepter ma candidature ! " avait-elle asséné à la permanente du concours sur un ton péremptoire et méprisant. J'avais raconté à Loris ce que j'avais vu à Nîmes

je ne pense pas qu'elle ait fait carrière malgré son culot incroyable.
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Re: Verdi - Aida - Muti/Neshat - Salzbourg - 08/2017

Message par Lucas » 14 août 2017, 11:34

JdeB a écrit :
14 août 2017, 10:05

je ne pense pas qu'elle ait fait carrière malgré son culot incroyable.

Alex est une femme très sympathique mais vivant dans une bulle, un peu déconnectée du réel. Il ne faut donc pas prendre ses remarques comme de la prétention mais plutôt comme le reflet de l'inconscience de la jeunesse.

C'est dommage car le matériau vocal était fort beau mais il lui manquait la discipline qui lui aurait notamment permis de controler un vibrato envahissant et uniquement imputable à des carences techniques. Pour ce faire, Domingo l'a orientée vers Mirella Freni mais le contact a été difficile tant la franchise et la rigueur de la soprano italienne ne convenaient pas à son caractère.

Sinon, je te laisse imaginer sa tête le jour du mariage de Nathalie M ...

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