Berlioz - Les Troyens - Nelson - vc - Strasbourg - 04/2017

Représentations
jeantoulouse
Ténor
Ténor
Messages : 698
Enregistré le : 27 mai 2012, 23:00

Re: Berlioz - Les Troyens - vc John Nelson -Strasbourg-04/2017

Message par jeantoulouse » 16 avr. 2017, 15:17

Suite...
Spyres sans se situer sur les mêmes cimes que ses deux partenaires féminines ne démérite pas. Une voix élégante,souple,un timbre dont les passages les plus aigus accentuent le caractère un brin nasillard, un engagement plus lyrique que dramatique.Le duo d'amour avec Di Donato le voit à son meilleur,permettant de goûter "ivresse" et "extase infinie".Dans ces moments là où le sublime de la partition est porté par le sublime de l'interprétation (orchestre en apesanteur,chanteuse en état de grâce), l'opéra devient une expérience de vie unique.

jeantoulouse
Ténor
Ténor
Messages : 698
Enregistré le : 27 mai 2012, 23:00

Re: Berlioz - Les Troyens - vc John Nelson -Strasbourg-04/2017

Message par jeantoulouse » 16 avr. 2017, 15:27

Compte rendu plus composé demain pour tenter d'analyser les choix de John Nelson et son exceptionnelle construction de l'espace sonore.
Pour dire aussi l'exceptionnelle qualité de la prononciation et de l' intelligibilité du français de Di Donato et de Spyres, la beauté de la langue de Berlioz servie par tous admirablement
Et raconter les petites anecdotes qui ponctuent nécessairement un concert de cette durée.

Avatar du membre
Michel
Alto
Alto
Messages : 330
Enregistré le : 03 mars 2003, 00:00
Localisation : Nancy (France)
Contact :

Re: Berlioz - Les Troyens - vc John Nelson -Strasbourg-04/2017

Message par Michel » 16 avr. 2017, 16:59

Je suis 100 % en accord avec les premières impressions rapportées par jeantoulouse. J'ai tellement aimé que j'y retourne demain après-midi...

Avatar du membre
Remigio2
Alto
Alto
Messages : 353
Enregistré le : 28 mai 2005, 23:00
Contact :

Re: Berlioz - Les Troyens - vc John Nelson -Strasbourg-04/2017

Message par Remigio2 » 16 avr. 2017, 17:49

Pour des questions pratiques, ça nous emmène à quelle heure tout ça ? À demain !

R.
"Qu'on parle de vous, c'est affreux. Mais il y a pire : c'est qu'on n'en parle pas !" Oscar Wilde

Avatar du membre
kirby
Alto
Alto
Messages : 318
Enregistré le : 14 déc. 2004, 00:00
Localisation : Paris

Re: Berlioz - Les Troyens - vc John Nelson -Strasbourg-04/2017

Message par kirby » 16 avr. 2017, 17:54

J'ai la même question !!
Fin à quelle heure ?

Avatar du membre
Martine
Basse
Basse
Messages : 4092
Enregistré le : 03 mars 2003, 00:00
Contact :

Re: Berlioz - Les Troyens - vc John Nelson -Strasbourg-04/2017

Message par Martine » 16 avr. 2017, 18:05

kirby a écrit :
16 avr. 2017, 17:54
J'ai la même question !!
Fin à quelle heure ?
Fin prévue à 20h00. Faut compter 20 min de plus minimum comme hier soir.

Avatar du membre
Michel
Alto
Alto
Messages : 330
Enregistré le : 03 mars 2003, 00:00
Localisation : Nancy (France)
Contact :

Re: Berlioz - Les Troyens - vc John Nelson -Strasbourg-04/2017

Message par Michel » 16 avr. 2017, 18:46

Je confirme. Version très complète avec les ballets :
- Hier soir, début à 19h et sortie de la salle vers minuit 15
- Demain, début à 15h donc fin prévisible vers 20h15-20h20

Si vous venez en train, attention. C'est au Palais de la Musique et des Congrés, un peu excentré. Donc prévoyez au moins 30 mn de transfert (je ne sais pas s'il y a un tram direct depuis la gare)

Avatar du membre
Remigio2
Alto
Alto
Messages : 353
Enregistré le : 28 mai 2005, 23:00
Contact :

Re: Berlioz - Les Troyens - vc John Nelson -Strasbourg-04/2017

Message par Remigio2 » 16 avr. 2017, 19:35

Merci ! RDV prévu à l'entracte pour les distingués ODBiens ?

R.
"Qu'on parle de vous, c'est affreux. Mais il y a pire : c'est qu'on n'en parle pas !" Oscar Wilde

jeantoulouse
Ténor
Ténor
Messages : 698
Enregistré le : 27 mai 2012, 23:00

Re: Berlioz - Les Troyens - vc John Nelson -Strasbourg-04/2017

Message par jeantoulouse » 17 avr. 2017, 10:50

La difficulté sera d’éviter le dithyrambe et les adjectifs trop laudatifs (deux occurrences d’exceptionnel dans mes réactions à chaud) pour essayer de traduire les émotions et d’analyser les qualités d’une interprétation.

Le travail construit par John Nelson témoigne d’une compréhension intime de la partition de Berlioz, qui emprunte au génie épique de Virgile, à la noblesse d’un Gluck, à la profondeur lyrique de Shakespeare. Plusieurs thèmes tissent le livret et l’œuvre musicale. Ceux, historiques et mythiques, de la destruction d’une cité et d’une civilisation (Troie), du destin d’un peuple exilé (les Phrygiens), de la construction d’une ville nouvelle (Carthage), de l’élévation d’un autre pôle de civilisation (Rome). Ceux, plus intimes et universels à la foi, de la séparation, du deuil, de l’espoir, du renouveau pour chacun des héros et humbles citoyens qui souffrent de ces bouleversements. Il faut donc à la fois pour les interprètes et pour le chef donner force et puissance à la fresque historique, chair et émotion aux drames humains. Ce double défi est totalement relevé dans la conception et la réalisation proposée par John Nelson. Il soulève les forces orchestrales pour évoquer la ruine de Troie avec une efficacité dramatique qui fait vivre à la fois la naïveté des Troyens abusés et la véhémence des combats victorieux des Grecs. On s’étonne à chaque instant du rapport inverse entre l’économie du geste du chef, l’amplitude ô combien mesurée des bras, la modestie apparente de son comportement face à un orchestre et à des chœurs colossaux (250 participants) et le déchainement obtenu, la fureur des éléments déclenchés, la puissance d’évocation des heurts et des pleurs. S’il fallait choisir un moment du spectacle, je prendrais l’acte IV, le moins dramatique de l’œuvre. L’épisode musical dit de « la chasse royale », l’orage, la marche, la danse des esclaves deviennent sous la baguette du chef américain des « instants musicaux », pleins de rythme, de couleurs, de saveurs qui loin de ralentir l’action l’irriguent, lui donnent une vibration, une poésie qui saisissent chacun : on sourit à l’évocation bienheureuse des solistes dodelinant de la tête dans un abandon savoureux de tout contrôle de soi pour vivre de l’intérieur le balancement en effet entrainant de cette somptueuse musique. Et après un septuor rêveur où à l’évidence « tout n’est que paix et charme autour de nous » », l’orchestre tapisse la nuit d’étoiles pour proposer sur un tapis de velours une « Nuit d'ivresse et d'extase infinie » qui restera pour ceux qui ont eu la chance de la vivre un grand souvenir où s’abolit la pesanteur du temps. Il faut dire un mot des beaux effets obtenus par le chef dans la mise en place des solistes d’une part ( émouvant Hylas de Stanislas de Barbeyrac, parfait de ligne, dans son évocation nostalgique du pays aimé, devenu « instrumentiste au cœur de l’orchestre), d’une partie des chœurs en fond de salle d’autre part, et surtout des cuivres qui imposent une quadriphonie dont les ingénieurs du son qui enregistrent la représentation pour un CD à paraitre devront tenir compte… Tout est ici pesé, mesuré, avec un art que je nommerais classique, sans rien de froidement analytique, sans rien de pesamment romantique, où l’esbroufe est bannie, où tout concourt à la grandeur et à l’émotion.
Les chœurs – dont je déplorerais (sans la liberté de blâmer etc.. » le manque de mordant dans certaines attaques et une articulation parfois un peu molle – ont la fougue, la dignité, la puissance qui conviennent et il faut saluer la cohérence et la cohésion de ces trois phalanges multiples fondues pour cette belle circonstance.
Faut-il revenir sur les solistes ? Oui, pour dire la noblesse de Jean Teitgen dans ces rôles « cachés », l’élégance et la distinction de chant de Hanna Hipp, tendre sœur de Didon, le bel Ascagne de Marianne Crebassa dont la présentation (« Auguste reine, un peuple errant et malheureux ») demeurera un modèle de clarté et de netteté, le puissant Narbal de Nicolas Courjal dont les craintes sur l’avenir de Carthage plongent dans les abysses d’une voix expressive, le plus fragile mais élégant Iopas de Cyrille Dubois… Et quel talent ils déploient tous pour faire vibrer et chanter la noble langue de Berlioz. Stéphane Degout confirme la beauté d’une voix, la distinction d’une incarnation, la subtile émotion d’une caractérisation, et je ne sais quel charme viril qui font de son Chorèbe un personnage tragique, profondément humain, amoureux passionné et victime même de son amour pour Cassandre.
Un peu effacé (ou prudent ) dans son récit du I, l’Enée de Michael Spyres convainc dans ses « Inutiles regrets » ( on ne lui fera pas grief de quels sons moins aboutis) et, on se plait à le répéter, dans un duo d’amour extatique où font merveille une voix suave, une technique accomplie (respiration, souffle, articulation, sens de la ligne) et l’attention admirative qu’il porte à sa partenaire.
La mort de Cassandre marque la soirée. Lemieux, qui sait dompter un tempérament que l’on sait bouillant, canalise sa fièvre pour bouleverser sans pathos : ayant ôté à l’entracte son grand collier doré, la tragédienne qu’elle sait être impose dignité et force morale. Mais chacune de ses interventions précédentes avaient su convaincre par l’excellence d’une diction, la puissance d’une voix aux couleurs très travaillées, la construction d’un personnage douloureux, le respect scrupuleux de la ligne musicale. Une grande incarnation.
Pour Joyce Di Donato, ce concert est une prise de rôle. La réussite s’avère complète. On a entendu des timbres plus immédiatement flatteurs. Mais connait –on chant plus abouti, technique mieux contrôlée, projection aussi engagée, une telle science du souffle, une tel art pour donner à chaque mot son intensité dramatique, à chaque son sa couleur la plus subtile, à chaque phrase sa courbe noble et ardente ? La parution du disque permettra de mieux analyser cette prestation. Mais dans les conditions du concert , tout séduit, tout envoûte, tout transporte. Sa fureur tranchante , ses imprécations d’une violence inouïe, tout comme sa tendresse, sa fierté de reine, ses peurs, ses pudeurs qu’une voix au contrôle parfait traduit avec toujours une élégance qu’ici encore, faute de mieux, je nommerais « classique ».

Grandeur, noblesse, élégance, émotion : voilà les maitres mots d’une interprétation d'ensemble magnifique. John Nelson à la fin d’innombrables et ferventes ovations, brandit la partition de Berlioz pour que nos applaudissements aillent in fine au compositeur. Juste et belle modestie devant tant de beauté.

Ariodante13
Messages : 11
Enregistré le : 24 mars 2016, 23:48

Re: Berlioz - Les Troyens - vc John Nelson -Strasbourg-04/2017

Message par Ariodante13 » 17 avr. 2017, 20:22

Merci pour ce beau compte rendu que je partage entièrment ayant été moi même présente samedi soir. Une grande soirée marquée par les interprétations de Joyce DiDonato, qui démontre, une fois encore combien elle sait être convaincante et habitée par le rôle qu'elle interprète : colère, tendresse, musicalité et prestation en français impéccable. magnifique prise de rôle. Marie Nicole Lemieux, certainement au mieux de sa forme a offert une Cassandre d'une grande intériorité et d'une grande beauté. La soirée dans son ensemble valait à coup sûr le voyage.

Répondre