la Dame de Pique (Bastille, mai-juin 2005)

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Message par Friedmund » 30 mai 2005, 11:59

lyricomaniaque a écrit :J'étais en effet au second balcon... Quand le coeur parle, j'arrive en général à très bien me faire entendre (dans les deux sens : j'ai crié mon bonheur à M. Galouzine !) ! Qu'au moins mes cours de chant aient servi à cela !!!!

J'ajoute que je ne suis pas un forcené des huées ou des sifflets. Quand je le fais (cf. un autre fil sur la question) c'est vraiment qu'il y a gâchis volontaire. Ce chef a fait voler en morceaux un beau plateau, et a réduit le chef-d'oeuvre du compositeur à de la guimauve en bouillie. Et là, je ne peux que dire "Non !" (et à plus de 55 %).
Bon, et bien j'étais celui qui répondait par bravo en écho de la galerie cheque fois que tu huais :lol: Je te trouve dur: je ne peux être que d'accord avec toi sur le fait que cela manquait de nerf et de tension, tempi vraiment lents, mais d'un autre côté il y avait une vraie recherche de finesse et de transparence (David parlait des bois à juste titre), et les coups de griffes qui se détachaient de tel ou tel pupitre au milieu de cet écrin sonore n'étaient pas dénués parfois d'un vrai poids dramatique.

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Message par lyricomaniaque » 30 mai 2005, 12:29

Mais c'est formidable ! J'adore la confrontation à l'altérité et chacun a le droit de s'exprimer dans une salle !! Loin de moi d'en prendre ombrage !

Par contre, puis-je ajouter que
il y avait une vraie recherche de finesse et de transparence
me semble être le grand argument avancé pour défendre Gergiev dans Otello - et justifier ainsi une lecture franchement très contestable et dramatiquement plate.

Par ailleurs,
les coups de griffes
, je trouve que cela fait mal... :lol:

Dernier point : cher Tuano, je répondais en fait au post précédent ; le temps que ma réponse apparaisse, et tu avais ajouté le tien !!! Je souscris à 100 % - je suis obsédé apr les pourcentages aujourd'hui, allez savoir pourquoi... - à ce que tu as écrit !

Et bien entendu, il n'y a pas d'"objectivité" en art... Le mot, placé entre guillemets, n'était qu'un substitut à un mot impossible à trouver ! Désolé !

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Message par David-Opera » 30 mai 2005, 12:42

lyricomaniaque a écrit : Et bien entendu, il n'y a pas d'"objectivité" en art... Le mot, placé entre guillemets, n'était qu'un substitut à un mot impossible à trouver ! Désolé !
Désolé ? y a pas de raison. 8)

Si ce chef n'est jamais incisif dans les passages ou on l'attend n'as tu pas aimer au moins certains passages? Une lenteur et une accentuation des bois au début qui renforce le côté mystérieux du récit ; Les frémissements des violons pendant l'intervention de la comtesse .............

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Message par olaf » 30 mai 2005, 13:06

tuano a écrit : Disons que ses nombreux enregistrements ont une notoriété et une distribution assez limitée en France (et en Belgique ?).
Pourtant il est depuis longtemps invité de l'Orchestre National de France et de l'Orchestre de Paris. Il a d'ailleurs enregistré le gigantesque, à tous les sens du terme, concerto pour piano, choeur d'hommes et orchestre de Busoni avec le National de France et son épouse la pianiste Viktoria Postnikova (CD Erato) .
Ce chef possède d'ailleurs un répertoire gigantesque et incroyable : une intégrale de toutes les édtions des symphonies de Bruckner, l'oeuvre symphonique d'Enesco, les symphonies de Nielsen, il est aussi l'un des rares chefs russe à maîtriser son Berlioz !
Il est connu pour son inconstance, sa phobie des répétitions et pour son égo démesuré. Un jour face au Concertgebouw d'Amsterdam, il déclara : "vous êtes l'un des meilleurs orchestres du monde, moi je suis l'un des meilleurs chefs du monde, ce n'est pas la peine de répéter" et il congédia les musiciens. Qui ne l'invitèrent plus jamais!!!
Cependant, il est capable d'habiter des oeuvres dans des tempis d'une extrême lenteur.
J'étais à cette première samedi soir, et j'ai été fasciné par cette direction. Certes il faut passer les premiers instants où tout parait décharné et sec, mais au fur et à mesure la tension s'installe et la magie opère. Sa gestique est phénoménale, quelle maîtrise, quelle économie de gestes !!
Rien à redire sur le niveau vocal, et sur cette mise en scène qui est navrante.
O.

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Message par abaris » 30 mai 2005, 13:13

David-Opera a écrit : Je ne sais pas si l?on a déjà entendu Hasmik Papian à Bastille mais alors quelle présence !
Oui, elle a interprété Mathilde dans Guillaume Tell de Rossini en 2003 (fort mal d'ailleurs).
David-Opera a écrit : J?ai également beaucoup aimé les graves de la Pauline de Ekaterina Sementchuk et la comtesse « glaciale » d?Irina Bogatcheva (on n?a pas toujours un si beau phrasé pour ce rôle là).
Personne à part David ne nous parle de Pauline.
S'agissait-il vraiment de Sementchuk, l'ONP ayant depuis longtemps annoncé son remplacement par Christianne Stotijn ?

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Message par David-Opera » 30 mai 2005, 13:21

abaris a écrit : Personne à part David ne nous parle de Pauline.
S'agissait-il vraiment de Sementchuk, l'ONP ayant depuis longtemps annoncé son remplacement par Christianne Stotijn ?
C'était bien Christianne Stotijn (j'ai relevé son nom sur l'affiche dans les étages mais ensuite j'ai utilisé le programme papier que j'ai chez moi et qui date du début de saison).

Je trouve toujours fascinant une telle voix sombre chez cette jeune chanteuse charmante scéniquement.
Son passage sur scène est bref mais elle a eu de beaux applaudissements au rideau final.

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Message par tuano » 30 mai 2005, 14:25

Normalement, Pauline chante beaucoup : elle a un magnifique duo au second tableau du premier acte, un air tragique et très beau qui suit et bien sûr le divertissement mozartien lors de la fête mais je crois que dans la version "de" Lev Dodin, c'est Hermann qui interprète Daphnis !

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Message par abaris » 01 juin 2005, 09:32

Deuxième représentation, hier soir, de la reprise de la Dame de Pique à la Bastille, une production parmi les plus controversées de l?ère Gall, saluée cependant par certains comme une très grande réussite.

Selon moi, cette production signée Lev Dodine est effectivement, globalement, plutôt réussie.
Le concept ? Hermann, dans un hôpital psychiatrique, revit le drame - est passionnant pour qui est prêt à accepter la trahison du livret. Le concept ne fonctionne pas toujours, le premier tableau du II notamment, sombre dans la confusion. Mais il y a d?extraordinaires moments dans cette production : la scène de la chambre de la comtesse, celle de la « caserne » notamment.
Ajoutons que les décors de cette production n?ont rien du sommet de laideur dépeint par certains. Les hôpitaux psychiatriques ne sont d?ailleurs pas des endroits attrayants.
Plus discutables sont les arrangements avec la partition, qui consistent à confier à certains interprètes des interventions écrites pour d?autres.
Une production radicale donc, que l?on peut à bon droit rejeter en bloc, mais qui constitue un véritable travail de théâtre.

Après un discutable Otello sur cette scène, Vladimir Galouzine est très convaincant, si ce n?est superbe. Après une entame délicate, avare de nuances, le chanteur campe un Hermann incandescent, électrisant, traduisant remarquablement la folie du personnage. Il faut dire quand même que le registre aigu lui pose quelques problèmes : c?est souvent trop bas et « tubé ». Mais il ne faut pas bouder son plaisir devant une telle prestation
Ludovic Tézier est un Yeletski divin, somptueux de timbre et souverain de phrasé.
Christianne Stotijn, dotée d?un très beau timbre, est une Pauline aussi ravissante physiquement que vocalement. Nikolaï Poutiline est un Tomski vocalement fatigué, l?aigu étant assez pénible. La comtesse de Irina Bogatcheva chante très correctement mais on a vu incarnations plus saisissantes.
Les petits rôles sont tous bien tenus et les ch?urs sont satisfaisants.
Reste le cas Hasmik Papian. L?arménienne a beau être solide de la quinte, elle n?est et sera jamais qu?une médiocre chanteuse vériste, à l?indigence technique à pleurer, uniquement soucieuse de projeter le son le plus fort possible, sans se soucier de la moindre notion de ligne ou de phrasé. Sa Lisa, souvent hurlée, est des plus pénibles. L?actrice, qui se contente souvent de chanter les bras levés, n?est pas plus convaincante. Il est triste de constater qu?il y a eu des spectateurs pour acclamer cette piètre chanteuse .

La direction de Gennadi Rozhdestvensky a divisé les ODBiens. Disons que l?on est partagé entre réserves et satisfactions. La lenteur des tempis est un peu pénible, qui tend à distendre le discours, à menacer la cohésion des ensembles et des ch?urs et surtout à rendre un peu plats certains passages privés du dramatisme nécessaire.
Mais la lecture du chef russe est souvent fascinante : la gestique est effectivement extraordinaire, la dynamique impressionnante. Surtout, Rozhdestvensky tire de son superbe orchestre d?extraordinaires sonorités, s?attachant à mettre en valeur certains détails instrumentaux, mettant judicieusement l?accent sur les cuivres, prépondérants dans l?écriture tchaikovskienne.

Une reprise réussie d?une très honorable production de l?ère Gall, qui a permis de faire oublier le piteux Boris du mois dernier, en une saison où le
s reprises réussies n'ont pas été légion.

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Message par abaris » 06 juin 2005, 07:57

Cette reprise de la Dame de Pique ne mobilise pas les foules ODBiennes. Pas plus d'ailleurs, que le public de l'ONP : de nombreuses places étaient libres dans la salle. Cette désaffection du public commence à être inquiétante.
C'est dommage, car vendredi soir, V. Galouzine, en grande forme, était un Hermann absolument admirable, encore meilleur qu'au cours de la représentation précédente. On peut employer le même adjectif pour le prince Yeletski de Ludovic Tézier. H. Papian, qui atteint des sommets de laideur vocale, est malheureusement une Lisa catastrophique.

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Message par philopera » 06 juin 2005, 08:09

abaris a écrit : Reste le cas Hasmik Papian. L?arménienne a beau être solide de la quinte, elle n?est et sera jamais qu?une médiocre chanteuse vériste, à l?indigence technique à pleurer, uniquement soucieuse de projeter le son le plus fort possible, sans se soucier de la moindre notion de ligne ou de phrasé. Sa Lisa, souvent hurlée, est des plus pénibles. L?actrice, qui se contente souvent de chanter les bras levés, n?est pas plus convaincante. Il est triste de constater qu?il y a eu des spectateurs pour acclamer cette piètre chanteuse ..
La première et unique fois que je suis allé à Orange, c'était en 99 pour Norma ; je m'attendais à un moment magique ( j'avais la performance de Montsy dans la tête) et je suis tombé sur .....Hasmik Papian ;Ce fut une des plus terrible soirée lyrique de mon existence ( exarcerbée par la deception certainement :evil: :evil: ); ceci dit Papian a fait un triomphe :cry:, c'est donc que j'ai certainement très mauvais gout

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