Blanchard. Motets à Grand Choeur-JM Andrieu-Montpellier-25/07/2016

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Blanchard. Motets à Grand Choeur-JM Andrieu-Montpellier-25/07/2016

Message par JdeB » 30 juil. 2016, 09:58

Concert Blanchard

Magnificat
De profundis
In Exitu Israël (reconstitution de Jean-Marc Andrieu)

Anne Magouët (soprano), François-Nicolas Geslot (haute-contre), Bruno Boterf (ténor), Alain Buet (baryton), Chœur de chambre Les Eléments, orchestre Les Passion, dir. Jean-Marc Andrieu.

Montpellier - Opéra Comédie, 25 juillet 2016

Longtemps, trop longtemps, la musique vocale en France avant la Révolution se résumait à la triade Lully-Charpentier-Rameau. Depuis quelques décennies, les compositeurs du long règne de Louis XV (1715-1774) suscitent l’intérêt des ensembles spécialisés. Citons parmi les plus importantes exhumations le Scylla & Glaucus de Leclair, les Troqueurs et l’Hercule mourant de Dauvergne, les œuvres du Narbonnais Mondonville (Titon et l’Aurore), celles de Montéclair dont Jephté ou de Boismortier comme le Don Quichotte chez la duchesse donné ici-même l’an dernier. Dans le domaine de la musique sacrée, on a aussi redécouvert, par exemple, le Te Deum de Colin de Blamont ou bien la Messe des Morts de Gossec écrite en 1760.

Il restait à remettre en lumière Antoine (dit Esprit) Blanchard (Pernes-les-Fontaines, 28 février 1696-Versailles, 10 avril 1770). Fils d’un médecin, natif de la région d’Avignon, il rentre dans la maîtrise de la cathédrale Saint-Sauveur d’Aix-en-Provence à l’âge de huit ans, à l’instar d’un Jean Gilles ou d’André Campra avant lui. En 1717, il est nommé maître de musique de la basilique Saint Victor à Marseille. De 1720 à 1721, il travaille quelques mois à la cathédrale de Toulon. En 1732, il devient maître de musique de la cathédrale de Besançon où JJ Rousseau sollicite en vain quelques leçons auprès de lui. La même année, son motet Cantate Domino … quia mirabilia est chanté au Concert Spirituel.
Le 31 mars 1734 il est nommé à la cathédrale d’Amiens.
Son motet Laudate Dominum quoniam bonus est donné devant Louis XV en 1737 sur les recommandations de Campra. En juin 1738, il succède à Nicolas Bernier au grade de “sous-maître » de la Chapelle Royale aux côtés de Gervais, Campra et Madin, poste qu’il occupera jusqu’à sa mort. Il devient aussi « maître des pages de la chambre”.
En 1764, il est ennobli et reçoit le Grand Cordon de l'Ordre de Saint Michel.
En 1768 il dirige son De profundis pour les funérailles de la reine Maria Leszcinska. Il meurt deux ans plus tard.

Bernadette Lespinard lui consacre sa thèse en Sorbonne« La vie et l'œuvre d'Antoine Blanchard, contribution à l'étude du grand motet sous le règne de Louis XV » en 1977.

Son œuvre, riche de 43 Grands Motets, demeure cependant à redécouvrir tant elle est fort peu jouée. Lors des Grandes Journées de Versailles à l’automne 2007 consacrées à la musique sous Louis XV, aucune de ses pièces n’a été programmée.

Le Grand Motet ou Motet à Grand Chœur est la figure de proue de la musique française depuis Bouzignac et Moulinié. Composé sur un texte sacré en latin, psaume ou cantique, il associe solistes vocaux, choristes et orchestre et fait alterner soli et parties chorales.

Ce soir, Jean-Marc Andrieu en a choisi trois : le Magnificat de 1741, le De Profundis qui date de l’année précédente et un In exitu Israël plus tardif composé en 1749. Il y voit la synthèse de « l’héritage de Delalande « et de « l’influence italienne ».
Le concert de ce soir, malgré un temps fort réduit de répétition, est une réussite et va faire l’objet d’un disque à paraître en novembre prochain.

Saluons d’abord le chœur de chambre des Eléments composés ici de quatre voix féminines et d’une douzaine de voix d’hommes, excellent comme à l’accoutumée.
Parmi les solistes, tous idoines et aguerris à ce style, la palme revient à François-Nicolas Geslot, haute-contre au chant ductile et brillant.
Dans l’écrin idéal de l’Opéra-Comédie, Jean-Marc Andrieu dirige ces trois Motets en expert et avec l’enthousiasme qui le caractérise. Ce n’est pas par hasard s’il a baptisé son ensemble, aujourd’hui trentenaire, Les Passions. Il en exalte la théâtralité, toute latine, et la spiritualité vivace avec une belle probité et une énergie communicative.

Jérôme Pesqué.

Site de l'orchestre baroque Les Passions : http://www.les-passions.fr
"Si tu travailles avec un marteau-piqueur pendant un tremblement de terre, désynchronise-toi, sinon tu travailles pour rien." J-C Van Damme.
Odb-opéra

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