Verdi - La Traviata - Mariotti/Jacquot - ONP - 05-06/2016

Représentations
Avatar du membre
JdeB
Administrateur ODB
Administrateur ODB
Messages : 21843
Enregistré le : 02 mars 2003, 00:00
Contact :

Re: Verdi - La Traviata - Mariotti/Jacquot - ONP - 05-06/2016

Message par JdeB » 21 juin 2016, 10:16

HELENE ADAM a écrit :
JdeB a écrit : Demuro commence très bien mais ne tient pas la distance en effet.
Demuro ne tient pas souvent la distance :cry: , c'est l'une de ses faiblesses principales. C'était exactement la même chose pour sa Traviata ici même il y a deux ans avec Damrau et Tézier (il s'était écroulé pendant le duo avec Tézier comme il a littéralement "fondu" hier soir pendant le duo avec Domingo au lieu d'être stimulé par la chance de se confronter à un "lion" de cette envergure). Il est très bon dans les rôles courts à l'inverse (le chanteur Italien récemment dans le Rosenkavalier de Bastille).
Tout à fait d'accord. Il faut l'entendre dans de petites salles où il a moins la pression. Il fut excellent à Limoges aux côtés de la Violetta de V. Gimadieva (distribution digne de Bastille donc)
Sur le strict plan dramatique, perdre ses moyens dans la confrontation avec le père, c'était très intéressant.
"Si tu travailles avec un marteau-piqueur pendant un tremblement de terre, désynchronise-toi, sinon tu travailles pour rien." J-C Van Damme.
Odb-opéra

Avatar du membre
raph13
Basse
Basse
Messages : 3024
Enregistré le : 03 déc. 2005, 00:00
Localisation : Paris

Re: Verdi - La Traviata - Mariotti/Jacquot - ONP - 05-06/2016

Message par raph13 » 21 juin 2016, 13:21

Retour sur la soirée d'hier soir.
Placido Domingo inoxydable, avec une projection qui en remontre à ses partenaires et un instinct scénique inimitable. Bien sûr, il y a quelques défauts: le souffle parfois court, les fins de phrases pas très propres et la ligne de chant hâchée. Mais il dégage une telle force et une telle émotion !
Cependant, je ne pense pas que Germont soit le rôle qui mette le plus en avant ses "qualités" actuelles; je l'avais préféré en Boccanegra.
Et il reste toujours le problème de la couleur vocale, envers et contre tout celle d'un ténor, ce qui fait qu'il semble plus être un rival potentiel pour Alfredo plutôt que son père.

Francesco Demuro, souvent en délicatesse avec la justesse et aux coups de glotte incessants semble perdre ses moyens au fur et à mesure de la soirée, et frôle l'accident vocal au dernier acte. Je ne comprends pas que l'on distribue ce chanteur dans une salle de l'envergure de Bastille où il est constamment obligé de forcer.

Irina Lungu connaît un peu le même problème lors des moments dramatiques où elle doit pousser pour passer l'orchestre, le vibrato se développant alors dangereusement; elle est plus à l'aise dans les passages élégiaques. Après un premier acte compliqué et aux vocalises bousculées, elle dessine une Violetta touchante grâce à son timbre sombre, avec de très beaux piani aigus mais un jeu parfois trop excessif et qui manque de subtilité.

J'ai de nouveau apprécié la direction énergique et fouillée de Michele Mariotti, malgré quelques décalages avec la soprano (bien compréhensibles étant donné le remplacement de dernière minute).
« L’opéra est comme l’amour : on s’y ennuie mais on y retourne » (Flaubert)

Avatar du membre
JdeB
Administrateur ODB
Administrateur ODB
Messages : 21843
Enregistré le : 02 mars 2003, 00:00
Contact :

Re: Verdi - La Traviata - Mariotti/Jacquot - ONP - 05-06/2016

Message par JdeB » 21 juin 2016, 14:54

raph13 a écrit :Retour sur la soirée d'hier soir.
Placido Domingo inoxydable, avec une projection qui en remontre à ses partenaires et un instinct scénique inimitable. Bien sûr, il y a quelques défauts: le souffle parfois court, les fins de phrases pas très propres et la ligne de chant hâchée. Mais il dégage une telle force et une telle émotion !
Cependant, je ne pense pas que Germont soit le rôle qui mette le plus en avant ses "qualités" actuelles; je l'avais préféré en Boccanegra.
Et il reste toujours le problème de la couleur vocale, envers et contre tout celle d'un ténor, ce qui fait qu'il semble plus être un rival potentiel pour Alfredo plutôt que son père.

Francesco Demuro, souvent en délicatesse avec la justesse et aux coups de glotte incessants semble perdre ses moyens au fur et à mesure de la soirée, et frôle l'accident vocal au dernier acte. Je ne comprends pas que l'on distribue ce chanteur dans une salle de l'envergure de Bastille où il est constamment obligé de forcer.

Irina Lungu connaît un peu le même problème lors des moments dramatiques où elle doit pousser pour passer l'orchestre, le vibrato se développant alors dangereusement; elle est plus à l'aise dans les passages élégiaques. Après un premier acte compliqué et aux vocalises bousculées, elle dessine une Violetta touchante grâce à son timbre sombre, avec de très beaux piani aigus mais un jeu parfois trop excessif et qui manque de subtilité.

J'ai de nouveau apprécié la direction énergique et fouillée de Michele Mariotti, malgré quelques décalages avec la soprano (bien compréhensibles étant donné le remplacement de dernière minute).
Sur Domingo et sa couleur vocale qui l’identifierait à un rival d'Alfredo : tu dis cela comme si tu parlais d'un disque. A la scène, il n'y pas de doute. Il compose d'ailleurs un Germont beaucoup plus paternel et bonhomme, très compassionnel aussi, que rigide et sévère. De plus, je n'ai jamais trouvé le timbre de Placido très ténorial, c'est d'ailleurs sa spécificité.

Moi qui était près de la scène, je n'ai pas trouvé le jeu de Lungu excessif, bien au contraire. Ni son timbre sombre, un peu corsé, oui, mais pas sombre (sauf comparé à celui de Ciofi)

oui, il donne toute sa mesure dans Simon mais on ne peut pas comparer les deux rôles qui n'ont pas du tout la même ampleur
"Si tu travailles avec un marteau-piqueur pendant un tremblement de terre, désynchronise-toi, sinon tu travailles pour rien." J-C Van Damme.
Odb-opéra

Avatar du membre
zigfrid
Baryton
Baryton
Messages : 1512
Enregistré le : 14 janv. 2009, 00:00
Contact :

Re: Verdi - La Traviata - Mariotti/Jacquot - ONP - 05-06/2016

Message par zigfrid » 21 juin 2016, 15:39

comme ralph, je trouve que la voix de lungu manque de luminosité. et de science des piani. ajouter à cela un vibrato démesuré et des aigus métalliques, et vous avez une chanteuse qui à mon avis n'en a plus que pour 5 ans. je vous présenterai mes humbles excuses le 21 juin 2021 s'il y a lieu. :D

Avatar du membre
JdeB
Administrateur ODB
Administrateur ODB
Messages : 21843
Enregistré le : 02 mars 2003, 00:00
Contact :

Re: Verdi - La Traviata - Mariotti/Jacquot - ONP - 05-06/2016

Message par JdeB » 21 juin 2016, 15:41

Pourquoi voit-on se multiplier sur ODB le nom de Ralph pour désigner Raph13 (sans l) ?

Et pourquoi Violetta, rongée par le mal atroce qu'elle sait fatal, aurait-elle une voix lumineuse, fraiche, coulant comme le lait de la tendresse humaine ?
"Si tu travailles avec un marteau-piqueur pendant un tremblement de terre, désynchronise-toi, sinon tu travailles pour rien." J-C Van Damme.
Odb-opéra

Avatar du membre
JdeB
Administrateur ODB
Administrateur ODB
Messages : 21843
Enregistré le : 02 mars 2003, 00:00
Contact :

Re: Verdi - La Traviata - Mariotti/Jacquot - ONP - 05-06/2016

Message par JdeB » 21 juin 2016, 15:45

zigfrid a écrit :comme ralph, je trouve que la voix de lungu manque de luminosité. et de science des piani. ajouter à cela un vibrato démesuré et des aigus métalliques, et vous avez une chanteuse qui à mon avis n'en a plus que pour 5 ans. je vous présenterai mes humbles excuses le 21 juin 2021 s'il y a lieu. :D
je le note sur l’agenda d'ODB !
"Si tu travailles avec un marteau-piqueur pendant un tremblement de terre, désynchronise-toi, sinon tu travailles pour rien." J-C Van Damme.
Odb-opéra

Avatar du membre
raph13
Basse
Basse
Messages : 3024
Enregistré le : 03 déc. 2005, 00:00
Localisation : Paris

Re: Verdi - La Traviata - Mariotti/Jacquot - ONP - 05-06/2016

Message par raph13 » 21 juin 2016, 15:56

JdeB a écrit : Sur Domingo et sa couleur vocale qui l’identifierait à un rival d'Alfredo : tu dis cela comme si tu parlais d'un disque. A la scène, il n'y pas de doute. Il compose d'ailleurs un Germont beaucoup plus paternel et bonhomme, très compassionnel aussi, que rigide et sévère. De plus, je n'ai jamais trouvé le timbre de Placido très ténorial, c'est d'ailleurs sa spécificité.

Moi qui était près de la scène, je n'ai pas trouvé le jeu de Lungu excessif, bien au contraire. Ni son timbre sombre, un peu corsé, oui, mais pas sombre (sauf comparé à celui de Ciofi)

oui, il donne toute sa mesure dans Simon mais on ne peut pas comparer les deux rôles qui n'ont pas du tout la même ampleur
Oui, physiquement on est bien d'accord qu'il est parfaitement à sa place mais vocalement, le timbre a une couleur trop claire pour être celui d'un baryton Verdi, et la facilité avec laquelle il chante les aigus de Germont renforce cette impression pour moi.
Lungu a eu quelques gestes et postures trop "torturés" à mon goût, ainsi qu'une lecture de la lettre manquant de sobriété.
Pour la couleur du timbre, c'est peut-être aussi l'émission assez "rentrée" (je ne sais pas trop comment expliquer!) qui donne ce côté assombri à la voix.
« L’opéra est comme l’amour : on s’y ennuie mais on y retourne » (Flaubert)

Avatar du membre
zigfrid
Baryton
Baryton
Messages : 1512
Enregistré le : 14 janv. 2009, 00:00
Contact :

Re: Verdi - La Traviata - Mariotti/Jacquot - ONP - 05-06/2016

Message par zigfrid » 21 juin 2016, 16:22

oui c'est "couvert"

Avatar du membre
HELENE ADAM
Hall of Fame
Hall of Fame
Messages : 14290
Enregistré le : 26 sept. 2014, 18:27
Localisation : Paris
Contact :

Re: Verdi - La Traviata - Mariotti/Jacquot - ONP - 05-06/2016

Message par HELENE ADAM » 21 juin 2016, 16:35

raph13 a écrit :
JdeB a écrit : Sur Domingo et sa couleur vocale qui l’identifierait à un rival d'Alfredo : tu dis cela comme si tu parlais d'un disque. A la scène, il n'y pas de doute. Il compose d'ailleurs un Germont beaucoup plus paternel et bonhomme, très compassionnel aussi, que rigide et sévère. De plus, je n'ai jamais trouvé le timbre de Placido très ténorial, c'est d'ailleurs sa spécificité.

Moi qui était près de la scène, je n'ai pas trouvé le jeu de Lungu excessif, bien au contraire. Ni son timbre sombre, un peu corsé, oui, mais pas sombre (sauf comparé à celui de Ciofi)

oui, il donne toute sa mesure dans Simon mais on ne peut pas comparer les deux rôles qui n'ont pas du tout la même ampleur
Oui, physiquement on est bien d'accord qu'il est parfaitement à sa place mais vocalement, le timbre a une couleur trop claire pour être celui d'un baryton Verdi, et la facilité avec laquelle il chante les aigus de Germont renforce cette impression pour moi.
.
Justement moi c'est ce qui m'a fascinée, retrouver Domingo ténor (qui a toujours eu une voix un peu sombre très caractéristique et superbe de ce fait à mon oreille en tous cas), au milieu de Domingo baryton, c'était... incroyablement renversant. Du coup il campait un Germont totalement inédit, mais très convainquant, la classe des grands, ceux qui procurent les plus grandes émotions inattendues...
Lui : Que sous mes pieds se déchire la terre ! que sur mon front éclate le tonnerre, je t'aime, Élisabeth ! Le monde est oublié !
Elle : Eh bien ! donc, frappez votre père ! venez, de son meurtre souillé, traîner à l'autel votre mère

Mon blog :
https://passionoperaheleneadam.blogspot.fr

Avatar du membre
mowglie
Baryton
Baryton
Messages : 1109
Enregistré le : 30 nov. 2004, 00:00
Localisation : PARIS
Contact :

Re: Verdi - La Traviata - Mariotti/Jacquot - ONP - 05-06/2016

Message par mowglie » 22 juin 2016, 11:25

HELENE ADAM a écrit :
raph13 a écrit :
JdeB a écrit : Sur Domingo et sa couleur vocale qui l’identifierait à un rival d'Alfredo : tu dis cela comme si tu parlais d'un disque. A la scène, il n'y pas de doute. Il compose d'ailleurs un Germont beaucoup plus paternel et bonhomme, très compassionnel aussi, que rigide et sévère. De plus, je n'ai jamais trouvé le timbre de Placido très ténorial, c'est d'ailleurs sa spécificité.

Moi qui était près de la scène, je n'ai pas trouvé le jeu de Lungu excessif, bien au contraire. Ni son timbre sombre, un peu corsé, oui, mais pas sombre (sauf comparé à celui de Ciofi)

oui, il donne toute sa mesure dans Simon mais on ne peut pas comparer les deux rôles qui n'ont pas du tout la même ampleur
Oui, physiquement on est bien d'accord qu'il est parfaitement à sa place mais vocalement, le timbre a une couleur trop claire pour être celui d'un baryton Verdi, et la facilité avec laquelle il chante les aigus de Germont renforce cette impression pour moi.
.
Justement moi c'est ce qui m'a fascinée, retrouver Domingo ténor (qui a toujours eu une voix un peu sombre très caractéristique et superbe de ce fait à mon oreille en tous cas), au milieu de Domingo baryton, c'était... incroyablement renversant. Du coup il campait un Germont totalement inédit, mais très convainquant, la classe des grands, ceux qui procurent les plus grandes émotions inattendues...
C'est le seul père Germont qui me passionne . D'habitude les parties du père Germont m'ennuient sauf quand c'est Domingo, comme quoi ...
Gruss mir die Welt

Répondre