Poulenc - Dialogue des Carmélites - Rhorer/Py - TCE 12/2013

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Re: Poulenc - Dialogue des Carmélites - Rhorer/Py - TCE 2013

Message par Piem67 » 11 déc. 2013, 09:30

voilà qui est réjouissant.
De ce que j'en comprends, Rohrer dirige un peu comme Nagano dans sa version CD, "à la cistercienne" (ce qui convient donc parfaitement à l'œuvre - j'aimerais d'ailleurs bcp que Leyla nous précise en quoi Poulenc voulait réviser cette orchestration.......), et Petitbon est convaincante, alors que son récent CD Poulenc avec Jarvi laissait craindre le pire (pour moi, c'est insupportable ce qu'elle fait dans le Stabat Mater et le Gloria).

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Re: Poulenc - Dialogue des Carmélites - Rhorer/Py - TCE 2013

Message par paco » 11 déc. 2013, 09:34

Snobinart a écrit :
Et Koch/Marie qui reste dans le public, débout droite et digne à regarder ses sœurs mourir...
Saisissant en effet, je me demande si beaucoup de spectateurs s'en sont aperçus car Koch n'est pas éclairée à cet instant, elle reste dans l'obscurité de la salle. Elle était très dense dans cette posture, on la sentait complètement habitée du drame qui se déroulait sur scène

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Re: Poulenc - Dialogue des Carmélites - Rhorer/Py - TCE 2013

Message par Leyla » 12 déc. 2013, 01:18

Piem67 a écrit :
Leyla a écrit :
Piem67 a écrit :
Leyla a écrit : cet opéra dont Poulenc avait prévu de revoir l'orchestration.
ah, quelles sont tes sources ?...

Denise Duval.
mais encore ?... Est-ce dans un livre ? Phrase exacte ?...
J'en ai souvent parlé avec elle. Je ne sais si Hervé Lacombe le mentionne dans sa biographie.

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Re: Poulenc - Dialogue des Carmélites - Rhorer/Py - TCE 2013

Message par Piem67 » 12 déc. 2013, 05:23

Mais cela ne nous dit pas dans quel sens il aurait "révisé" cette orchestration. As-tu des détails ?

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Re: Poulenc - Dialogue des Carmélites - Rhorer/Py - TCE 2013

Message par JdeB » 12 déc. 2013, 09:15

Leyla a écrit :
Piem67 a écrit :
Leyla a écrit :
Piem67 a écrit :
Leyla a écrit : cet opéra dont Poulenc avait prévu de revoir l'orchestration.
ah, quelles sont tes sources ?...

Denise Duval.
mais encore ?... Est-ce dans un livre ? Phrase exacte ?...
J'en ai souvent parlé avec elle. Je ne sais si Hervé Lacombe le mentionne dans sa biographie.
Cela m'aurait frappé mais je vais relire les passages consacrés aux Dialogues
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Re: Poulenc - Dialogue des Carmélites - Rhorer/Py - TCE 2013

Message par Piem67 » 12 déc. 2013, 16:58

JdeB a écrit : Cela m'aurait frappé mais je vais relire les passages consacrés aux Dialogues
ah c'est sympa, merci ! Ca m'intrigue (et m'étonne) beaucoup cette histoire...

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Re: Poulenc - Dialogue des Carmélites - Rhorer/Py - TCE 2013

Message par Isotta » 12 déc. 2013, 18:07

Piem67 a écrit : Petitbon est convaincante, alors que son récent CD Poulenc avec Jarvi laissait craindre le pire (pour moi, c'est insupportable ce qu'elle fait dans le Stabat Mater et le Gloria).
oui, c'est une épouvante ce qu'elle fait dans ce disque, mais je trouve qu'elle est de toute façon super maniérée (le plus souvent), mais si elle fait moins la maline dans le role de Blanche, tant mieux

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Re: Poulenc - Dialogue des Carmélites - Rhorer/Py - TCE 2013

Message par paco » 12 déc. 2013, 18:12

Sa Blanche est très personnelle, vraiment digne d'admiration tant elle a travaillé les contrastes de couleurs dans la partition. Le 1er acte notamment, avec les sons cristallins glacés qu'elle produit, traduit très bien le caractère illuminé du personnage.
De plus, elle chante le tout avec une aisance technique qui fait qu'on ne se rend plus compte de la difficulté de la partition, on a devant nous un personnage qui se consume, habité, pas une chanteuse qui joue

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Re: Poulenc - Dialogue des Carmélites - Rhorer/Py - TCE 2013

Message par Piem67 » 12 déc. 2013, 18:23

Je me demande si, Leyla, tu ne confonds pas avec la composition des interludes orchestraux que Poulenc a réalisé APRES la création milanaise... (et qui ne figurent donc pas dans l'enregistrement de Dervaux)...

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Re: Poulenc - Dialogue des Carmélites - Rhorer/Py - TCE 2013

Message par Tom » 12 déc. 2013, 18:45

J'ai aussi entendu dire que Poulenc avait toujours regretté de ne pas avoir pu revoir l'orchestration des Dialogues, qu'il jugeait, avec l'expérience de plusieurs représentations, trop lourde, contraignant les chanteurs à privilégier la puissance au détriment de la diction.

C'est vrai que chaque fois que j'ai vu les Dialogues, il y avait de gros problèmes d'équilibre. C'était moins le cas au TCE (Générale) , mais le directeur a mentionné le rétablissement de la fosse dans sa dimension d'origine, rendant possible la production des Dialogues, et je ne sais pas bien de quoi il parlait. Peut-être la fosse est-elle désormais plus profonde, expliquant les moindres problèmes d'équilibre. En tout cas Rohrer ne m'a pas frappé par son attention au plateau. Au contraire, j'ai senti les chanteurs sur des œufs, dans la peur du décalage avec un chef qui ne les regardait quasiment jamais -Rouillon s'est décalé et n'a pas fini sa phrase, Petibon est rentrée trop tard, car elle devait se retrouver et il ne l'a pas attendue...

Pas forcément convaincu par l'approche de Py que j'ai trouvée trop décousue, du fait de l'utilisation des interludes pour des tableaux vivants assez didactiques et laborieux dans leur mises en place. Là où Delunsch les utilisait pour raconter le contexte de l'œuvre, développer les personnages, montrer ce que le texte ne dit pas et qu'on a besoin de savoir pour bien comprendre (le texte était au départ pensé pour un film). Le spectacle y gagnait en cohérence, en lisibilité, les personnages en profondeur. Là, on ne comprend pas grand chose, et au final, très peu d'émotion lors de la scène finale, où l'on voyait les chanteuses sortir tranquillement de scène par le fond.

Triomphatrices de la soirée pour moi, Koch et Gens. La première mère Marie idéale, l'autorité, la grandeur, la noblesse, la chaleur et la tendresse dans un médium chaud et enveloppant. Tout y était, un vrai bonheur. Gens, sublime de timbre et de diction (j'ai absolument tout compris, et ce n'est pas un mince exploit dans cette tessiture meurtrière, même si elle opte pour la version basse dans la scène de la prison, certains aigus étant octaviés, mais c'est une version possible), magnifique de liberté et de simplicité, d'humanité, sa scène de la prison m'a tiré les seules larmes de la soirée. Son affrontement avec Mère Marie était le point fort de la soirée, dommage qu'il n'ait pas été plus explicité par la mise en scène.
Petibon aurait pu être au même niveau de sublime, n'eussent été ses maniérismes baroques, sons droits et ports de voix ramistes, dommage, mais la performance restait spectaculaire et émouvante.
Insupportable, la prieure éructante de Plowright, dans un français caricatural et outré, et avec des lambeaux de voix, tout ce qu'il ne faut pas faire dans ce rôle. Magnifique Rouillon, Lehtippu sans vraie couleur et coinçant beaucoup. J'ai eu droit à Piau muette, mais Liliana Faraon a très bien assuré dans la deuxième partie, même depuis la coulisse, ce que j'ai trouvé assez minable d'ailleurs. Parce que c'est une choriste, elle ne chantait que pour aider les solistes, qu'ils entendent les répliques de Constance,et non pour le public, pas très classe.

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