Cherubini - Médée - Rousset/Warlikowski - TCE - 12/2012

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Neil
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Message par Neil » 11 déc. 2012, 12:35

Ruggero a écrit :
calbo a écrit :
Calaf a écrit :
calbo a écrit :Je suis désolée, mais un metteur en scène que ce soit Warlikowski ou Tcherniakov ou n'importe qui d'autre n'a pas à réécrire un livret ou des dialogues pour les "adapter" à son gout personnel; c'est ce qui me déplait le plus profondément en plus de cette manie détestable de la modernisation à tout crin.
Pour ce qui est de Médée, les dialogues ont sans cesse été réécrits depuis la création, puis mis en musique, puis traduits, puis réécrits par d'illustres inconnus. Et ce mélange de versions, qui ne respecte pas l'original, est depuis longtemps ce que l'on acclame sous le nom de Médée. Cette production revient à la version d'origine, en retouchant simplement les dialogues : cela fait longtemps, quoi qu'on en dise, qu'on avait eu une version aussi fidèle de Médée. Pourquoi ne pas être allé plus loin, et ne pas avoir rétabli les dialogues d'origine ? La question peut se poser, mais des reproches aussi virulents sur une prétendue trahison de l'oeuvre me semblent très exagérés.
Je suis virulente parce que je trouve choquant de mettre des mots comme bite pute salope sperme et autres termes du même acabit dans la bouche des personnages. Quelqu'un s'est il demandé si dans l'antiquité les gens utilisaient ces mots et s'ils les connaissaient seulement? Non bien sur. Je préfère passer pour une "puritaine insatisfaite" pour reprendre les termes lus plus hauts et tirés de twitter que de tenir des propos hypocrites sur le génie supposé de cette production.
Relis Aristophane (entre autres) , parce que là, en plus de passer pour une "puritaine insatisfaite", tu passes pour une ignorante...
:lol: Absolument.

Si l'on se souvient que le public du Parsifal mis en scène par Warlikowski n'avait eu besoin pour se déchaîner que d'un extrait sublime et muet de Rosselini, l'on comprend qu'invoquer la "trahison" n'est qu'une laborieuse tentative d'auto(justification.

Thelxinoe
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Message par Thelxinoe » 11 déc. 2012, 14:07

Interview de Warlikowski chez Altamusica:
http://www.altamusica.com/entretiens/do ... erRef=4643

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PlacidoCarrerotti
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Message par PlacidoCarrerotti » 11 déc. 2012, 15:22

Neil a écrit :
Ruggero a écrit :
calbo a écrit :
Calaf a écrit :
calbo a écrit :Je suis désolée, mais un metteur en scène que ce soit Warlikowski ou Tcherniakov ou n'importe qui d'autre n'a pas à réécrire un livret ou des dialogues pour les "adapter" à son gout personnel; c'est ce qui me déplait le plus profondément en plus de cette manie détestable de la modernisation à tout crin.
Pour ce qui est de Médée, les dialogues ont sans cesse été réécrits depuis la création, puis mis en musique, puis traduits, puis réécrits par d'illustres inconnus. Et ce mélange de versions, qui ne respecte pas l'original, est depuis longtemps ce que l'on acclame sous le nom de Médée. Cette production revient à la version d'origine, en retouchant simplement les dialogues : cela fait longtemps, quoi qu'on en dise, qu'on avait eu une version aussi fidèle de Médée. Pourquoi ne pas être allé plus loin, et ne pas avoir rétabli les dialogues d'origine ? La question peut se poser, mais des reproches aussi virulents sur une prétendue trahison de l'oeuvre me semblent très exagérés.
Je suis virulente parce que je trouve choquant de mettre des mots comme bite pute salope sperme et autres termes du même acabit dans la bouche des personnages. Quelqu'un s'est il demandé si dans l'antiquité les gens utilisaient ces mots et s'ils les connaissaient seulement? Non bien sur. Je préfère passer pour une "puritaine insatisfaite" pour reprendre les termes lus plus hauts et tirés de twitter que de tenir des propos hypocrites sur le génie supposé de cette production.
Relis Aristophane (entre autres) , parce que là, en plus de passer pour une "puritaine insatisfaite", tu passes pour une ignorante...
:lol: Absolument.

Si l'on se souvient que le public du Parsifal mis en scène par Warlikowski n'avait eu besoin pour se déchaîner que d'un extrait sublime et muet de Rosselini, l'on comprend qu'invoquer la "trahison" n'est qu'une laborieuse tentative d'auto(justification.
Ce n'est pas parce qu'on disait pute merde bite au XVIIème siècle qu'on trouve les mêmes termes dans les tragédies de Racine :wink:
- J'ai fait mon chemin et ma fortune dans les arts.
- Vous les cultivez, monsieur ?
- Pas si bête! je les exploite !
(La Sirène, Auber & Scribe)

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Neil
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Message par Neil » 11 déc. 2012, 16:13

PlacidoCarrerotti a écrit :
Neil a écrit :
Ruggero a écrit :
calbo a écrit :
Calaf a écrit :
calbo a écrit :Je suis désolée, mais un metteur en scène que ce soit Warlikowski ou Tcherniakov ou n'importe qui d'autre n'a pas à réécrire un livret ou des dialogues pour les "adapter" à son gout personnel; c'est ce qui me déplait le plus profondément en plus de cette manie détestable de la modernisation à tout crin.
Pour ce qui est de Médée, les dialogues ont sans cesse été réécrits depuis la création, puis mis en musique, puis traduits, puis réécrits par d'illustres inconnus. Et ce mélange de versions, qui ne respecte pas l'original, est depuis longtemps ce que l'on acclame sous le nom de Médée. Cette production revient à la version d'origine, en retouchant simplement les dialogues : cela fait longtemps, quoi qu'on en dise, qu'on avait eu une version aussi fidèle de Médée. Pourquoi ne pas être allé plus loin, et ne pas avoir rétabli les dialogues d'origine ? La question peut se poser, mais des reproches aussi virulents sur une prétendue trahison de l'oeuvre me semblent très exagérés.
Je suis virulente parce que je trouve choquant de mettre des mots comme bite pute salope sperme et autres termes du même acabit dans la bouche des personnages. Quelqu'un s'est il demandé si dans l'antiquité les gens utilisaient ces mots et s'ils les connaissaient seulement? Non bien sur. Je préfère passer pour une "puritaine insatisfaite" pour reprendre les termes lus plus hauts et tirés de twitter que de tenir des propos hypocrites sur le génie supposé de cette production.
Relis Aristophane (entre autres) , parce que là, en plus de passer pour une "puritaine insatisfaite", tu passes pour une ignorante...
:lol: Absolument.

Si l'on se souvient que le public du Parsifal mis en scène par Warlikowski n'avait eu besoin pour se déchaîner que d'un extrait sublime et muet de Rosselini, l'on comprend qu'invoquer la "trahison" n'est qu'une laborieuse tentative d'auto(justification.
Ce n'est pas parce qu'on disait pute merde bite au XVIIème siècle qu'on trouve les mêmes termes dans les tragédies de Racine :wink:
Sans doute. Qu'on soit choqué par ces vocables alors que l'oeuvre est aussi intrinsèquement crue et violente m'étonne tout de même.

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PlacidoCarrerotti
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Message par PlacidoCarrerotti » 11 déc. 2012, 18:07

Je suis sorti un peu déçu par la mise en scène de ce spectacle : ce n’était pas l’abomination à laquelle je m’attendais (l’horreur était ailleurs, j’y reviendrai dans un autre post).

Warlikowski a voulu rendre Médée actuelle : en conséquence, il a trahi l’ouvrage et c’était inévitable.

En effet, la référence de la Médée de Cherubini, c’est le théâtre classique (même si, sur le plan historique, ce mouvement littéraire est antérieur).

Je copie-colle Wikipedia :

« La tragédie se définit alors d'abord par son sujet et ses personnages. Une pièce tragique se doit d'avoir un sujet mythique ou historique. Ses personnages sont des héros, des rois ou du moins des personnages de la très haute noblesse. Le style adopté doit être en accord avec la hauteur de ceux qui profèrent le texte. La plupart des tragédies sont écrites en alexandrins et elles respectent toujours un style élevé. ( …) Comme dans le théâtre antique, la tragédie a une fin morale. Elle doit permettre aux spectateurs de s'améliorer sur le plan moral en combattant certaines de leurs passions. À la suite d'Aristote, on considère que la tragédie doit inspirer « terreur et pitié » face au destin de héros broyés par les conséquences de leurs erreurs. Ces deux sentiments doivent permettre aux spectateurs de se désolidariser des passions qui ont poussé les héros à agir et donc de ne pas les reproduire eux-mêmes. Par ailleurs, les théoriciens classiques ont repris à Aristote la notion de catharsis qui signifie approximativement purgation des passions. L'idée est qu’en voyant des personnages animés de passions violentes, les spectateurs accompliront en quelque sorte leurs propres passions et s'en libéreront ».

Boileau et quelques autres ont également défini des règles plus ou moins respectées qui fixent encore le cadre : « La règle de bienséance :
Conformément au respect de la vraisemblance, de la morale, l'acteur ne doit pas choquer le spectateur (pas de présence de sang sur la scène). De ce fait violence et intimité physique sont exclues de la scène. Les batailles et les morts doivent se dérouler hors scène et être rapportés aux spectateurs sous forme de récits ».

Notre époque est triviale : impossible de respecter cette règle de bienséance.

Que signifie être déchiré entre ses désirs et ses devoirs : rien aujourd’hui « on est libre » avant tout.

Médée : presque une victime ; on la traite de sale arabe, on la viole en tournante, ses enfants se détachent d’elle quand papa les emmène à la salle de sports .. Massacrés ? C’est bien mérités ! « Il n’y a pas de victimes innocentes » (Carlos, le terroriste, pas le chanteur).
Les assassins sont les vraies victimes, leurs victimes sont les salauds : c’est tout à fait moderne.

Les gens s’expriment mal, sont violents, grossiers : c’est moderne.
Le côté « gore » : moderne.

Il en résulte une production assez forte (on aurait pu imaginer plus « trash ») qui tient sa promesse de modernisation et qui, de manière conséquente, est une absolue trahison.
- J'ai fait mon chemin et ma fortune dans les arts.
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Message par Bruno92 » 11 déc. 2012, 21:17

Un avis :

Télérama:
http://www.telerama.fr/musique/avec-la- ... atc=INT-60


Deux retours sur les événements de la soirée :

International Herald Tribune (en anglais) :
http://rendezvous.blogs.nytimes.com/201 ... paris-mde/

Les inrocks :
http://www.lesinrocks.com/2012/12/11/ar ... -11330713/

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Message par CharlieBrown » 12 déc. 2012, 00:01

oh mon dieu, les dialogues reportés dans les inrocks sont d'un ridicule!!! actuels? actuels pour les enfants de bourgeois torturés! ridicule!
Le principe est simple : une vibration du tonnerre avec une résonance maximum...
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Message par Bruno92 » 12 déc. 2012, 05:03


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Message par raph13 » 12 déc. 2012, 07:40

CharlieBrown a écrit :oh mon dieu, les dialogues reportés dans les inrocks sont d'un ridicule!!! actuels? actuels pour les enfants de bourgeois torturés! ridicule!
On notera aussi le titre "représentation du Médée de Warli", comme s'il était le compositeur :roll:
« L’opéra est comme l’amour : on s’y ennuie mais on y retourne » (Flaubert)

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Message par tuano » 12 déc. 2012, 08:18

Il a réécrit les dialogues.

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