Bizet - Carmen - Acocella/Roels - Rouen - 09/2012

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pingpangpong
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Message par pingpangpong » 09 oct. 2012, 19:09

:clapping: et avec mes plus vifs remerciements....
Enfin elle avait fini ; nous poussâmes un gros soupir d'applaudissements !
Jules Renard

tangosir
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Message par tangosir » 10 oct. 2012, 01:03

J'ai assisté à la dernière représentation de Carmen et il est vrai qu'entre la première et la dernière les choses peuvent bouger. Par exemple, je ne partage pas votre déception concernant Don José. Je l'ai trouvé fragile et bouleversant, surtout au dernier acte. Par contre, Zuniga n'a pas bougé il est toujours aussi "désespérément mou", comme vous dîtes.
Même si j'ai trouvé que la mise en scène manquait effectivement de punch parfois et d'approfondissement concernant les scènes parlées, je ne l'ai pas du tout trouvée incohérente. Les soldats casques bleus évoquent clairement les balkans en temps de guerre et, dans ce cas, les denrées les plus basiques deviennent des trésors (on fait du marché noir avec du sucre et de la farine). J'ai trouvé que c'est ce que racontaient ces nippes de contrebande. Ce sont des vêtements de base dont ils sont tous habillés d'ailleurs, comme des ballots parachutés par les ONG.
Et puis j'ai au contraire beaucoup aimé l'idée du bouquet de Micaëla. Micaëla certes n'assiste pas à la fleur jetée mais elle assiste au monologue de Don José qui dit avoir été ensorcelé avec cette fleur par cette sorcière de femme. Pour récupérer son Don José elle met le paquet avec son gros bouquet, je ne trouve pas que ce soit une idée saugrenue, je la trouve même assez poétique.

L'idée des enfants non plus ne me semble pas inintéressante, même si la réalisation de la scène par les enfants manque un peu de conviction c'est vrai. Les enfants reproduisent, pour s'amuser, des scènes de cruautés et d'humiliation auxquelles ils sont confrontés quotidiennement. Ils jouent aux petits soldats, tout simplement. ça rappelle tristement les sévices qui ont été commis dans une certaine prison d'Abu Ghraib. Dramaturgiquement, c'est une idée qui teint la route je trouve ("dramaturgiquement" et non pas "dramatiquement" que vous utilisez souvent à tort dans vos commentaires. Dramaturgiquement=selon l'art de raconter des histoires; dramatiquement=tragiquement )

Bref, je voulais juste, pour mon premier commentaire posté, défendre la mise en scène que, contrairement à vous, j'ai trouvée plutôt juste, subtile et bien vue même si dans la réalisation, tout n'est pas toujours hyper bien porté par les chanteurs, c'est vrai.

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pingpangpong
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Message par pingpangpong » 10 oct. 2012, 06:50

tangosir a écrit : Les soldats casques bleus évoquent clairement les balkans en temps de guerre nippes de contrebande. Ce sont des vêtements de base dont ils sont tous habillés d'ailleurs, comme des ballots parachutés par les ONG.
Et puis j'ai au contraire beaucoup aimé l'idée du bouquet de Micaëla. Pour récupérer son Don José elle met le paquet avec son gros bouquet, je ne trouve pas que ce soit une idée saugrenue, je la trouve même assez poétique.

Dramaturgiquement, c'est une idée qui teint la route je trouve ("dramaturgiquement" et non pas "dramatiquement" que vous utilisez souvent à tort dans vos commentaires. Dramaturgiquement=selon l'art de raconter des histoires; dramatiquement=tragiquement )
Tout ceci méritait d'être dit;merci, donc.
Cependant les choses et les intentions du metteur en scène manquent de cohérence.
Les Balkans collent avec les casques bleus mais le matador non.
Ce dernier, impossible à escamoter, même si F.Roels refuse toute localisation géographique, nous évoque la péninsule ibérique ou l'Amérique du Sud.
Pour le bouquet, ce que tu dis tient la route. Elle met le paquet, d'accord. On a peut-être trop tendance à chercher des messages appuyés alors que parfois il s'agit, pour le spectateur, de combler les non-dits que le metteur a volontairement semés, et ce spectacle en est un exemple.Mais le "coup des fleurs" me semble, dans ce cas sacrément lourd. Si Jose ne comprend pas le message c'est qu'il est vraiment aveugle !
Enfin elle avait fini ; nous poussâmes un gros soupir d'applaudissements !
Jules Renard

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Message par tangosir » 10 oct. 2012, 08:27

pingpangpong a écrit : Mais le "coup des fleurs" me semble, dans ce cas sacrément lourd. Si Jose ne comprend pas le message c'est qu'il est vraiment aveugle !

Ah ça c'est bien le drame de l'oeuvre. Don José n'est pas aveugle, il est éperdument amoureux de Carmen. Et rien, ni personne ne pourra l'en détourner.
Que ce soit à l'acte 1 avec sa lettre ou à l'acte 3 avec son énorme bouquet, Micaëla, à 2 reprises brave tous les dangers pour retrouver son Don José. Ce gros bouquet symbolise l'amour irrationnel que Micaëla porte à Don José et qui n'a d'égale que celui que Don José voue à Carmen. Micaëla a gravi la montagne encombrée de ce bouquet déraisonnablement énorme pour venir le reconquérir. Ce n'est pas réaliste, c'est de la poésie, c'est une image symbolique et théâtrale. Elle est capable de tout par amour, comme Don José, comme Carmen. Le rejet de Don José est un jeu de miroir qui renvoie au rejet de Carmen. Et l'image finale que vous évoquez, je suis d'accord avec vous, elle fait perdre de la force à l'image de Carmen gisant dans son sang mais elle raconte cette Micaëla en bout de chaîne de ce jeu de massacre amoureux. En fait je trouve que dans cette mise en scène, Micaëla est vraiment traitée et renforcée. Elle est souvent un personnage secondaire, un peu misérable, un peu faible et pleurnicheuse. La scène avec le guide dans la montagne je ne m'en souvenais plus parce qu'elle est souvent coupée par les metteurs en scène, mais c'est une scène où nous voyons Micaëla dire : "je reste ici, je n'ai pas peur". Elle est pleine de courage parce que sous l'emprise de son amour pour Don José. Du coup son air "je dis que rien ne m'épouvante" a pris un tout autre sens pour moi. Je ne l'avais jamais entendu comme cela.

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Message par CharlieBrown » 10 oct. 2012, 08:51

L'intervention finale de Micaëla a cela de gênant qu'elle est interprétable de trop de manières différentes ; voulait-elle menacer José, se tuer devant Carmen, tuer Carmen? Tuer José comme il a tué Carmen? Il aurait été tellement plus subtil de la faire paraître avec un couteau qu'elle dissimule dans son dos, l'image eut été bien plus belle et forte.

Ceci étant, ça n'a en rien gâché pour moi la puissance de la scène finale, et j'ai encore des frissons en pensant à la (très) belle Carmen de Vivica Genaux lançant "Laisse-moi PASSER" avec ses graves puissants. J'espère que ce sera aussi excellent à Versailles.

Oui, Micaëla bénéficie pas mal de la version avec dialogues ; dommage que la voix ne suive pas dans les airs (aigus tirés voire bas, phrasé hasardeux). Le programme annoncé un Don José renforcé également, je trouve ça moins vrai, et de toutes façons, son personnage d'amoureux fou perdu, perdu dans cet amour qui l'éloigne de sa mère, perdu dans la montagne puis perdu dans sa rage, est assez clair sans les dialogues. Quel dommage que Florian Laconi se cripe autant ; on est souvent gêné pour lui alors que les moyens vocaux sont là.
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Message par Saint-Antoine » 12 oct. 2012, 09:38


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Message par Bruno92 » 12 oct. 2012, 12:48

Saint-Antoine a écrit :Le Monde :

http://www.lemonde.fr/culture/article/2 ... _3246.html
en accès payant :cry:

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Message par CharlieBrown » 12 oct. 2012, 13:06

Il y a aussi une critique sur forumopera qui je crois a écrite avec les pieds après avoir écouté avec les fesses.

http://www.forumopera.com/index.php?mac ... eturnid=54
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Message par Saint-Antoine » 12 oct. 2012, 14:17

Je partage tout à fait l'avis de Forum Opéra, et ce n'est pas moi qui ai écrit l'article... juré promis.

Les rôles de Carmen et de Don José rendent les critiques relativement tous d'accord...

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Message par CharlieBrown » 12 oct. 2012, 14:30

Saint-Antoine a écrit :Je partage tout à fait l'avis de Forum Opéra, et ce n'est pas moi qui ai écrit l'article... juré promis.

Les rôles de Carmen et de Don José rendent les critiques relativement tous d'accord...
Je suis en profond désaccord sur les rôles de Carmen et Micaëla ; notamment, pour la première, ce sont ses graves qui m'ont particulièrement plu, et qui sont critiqués dans l'article. Par contre, le vibrato de Genaux, c'est une donnée invariable, certes. Quant à Micaëla, je préfère ne pas aborder ce qui a par trop heurté mes écoutilles.

Également, dire que les musiciens sont parfaits dans la première partie, alors que les cuivres jouent FFF et gâchent notamment l'ouverture...
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