Concert Kissin / Poga- Montpellier- 16/07/2019

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JdeB
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Concert Kissin / Poga- Montpellier- 16/07/2019

Message par JdeB » 19 juil. 2019, 08:50

Pēteris Vasks
Lauda

Franz Liszt
Concerto pour piano n°1

Serge Prokofiev
Symphonie n°5 en si bémol Majeur op. 100

Evgeny Kissin piano
Orchestre Philharmonique de Radio France
Andris Poga direction

Montpellier, le Corum, 16 juillet 2019

Longtemps Evgeny Kissin a été, au côté de Fazil Say, l'enfant chéri du festival où il a débuté en 1995 et s'est produit presque chaque été de 2000 à 2009. Il est venu comme pianiste, bien évidemment, mais aussi comme récitant lors d'une mémorable soirée de juillet 2007 dédié aux poèmes yiddish (il en connaît 200) et russes (il en a appris 300 !) avec Gérard Depardieu déclamant les mêmes poèmes dans notre langue.

De retour après une décennie d'absence, il nous revient avec Liszt qui donna lui-même entre 1826 et 1844 une dizaine de concerts en Occitanie à Nîmes, Montpellier et Toulouse et où un peintre local fit le premier portrait que l'on connait de lui.

Kissin s'inscrit ici dans la lignée on ne peut plus idiomatique de Claudio Arrau, élève de Martin Krause, un des derniers disciples du maître, pour une lecture dense et grave, très intériorisée mais pas ascétique pour autant, portée par une virtuosité jamais gratuite et vivifiante et un vrai raffinement sans ostentation.
Il nous offrit deux Valses de Chopin et de Brahms et une pièce de son cru Tango dodécaphonique un peu dans la manière de F. Say, lui aussi compositeur à ses heures.

Andris Poga donna sa pleine mesure dans Lauda (1987) de son compatriote P. Vasks, composteur letton né en 1946, dans l'ombre portée de Turandot et de Mahler avec un zeste de Barber.

Il brilla surtout dans une œuvre de la fin de la Seconde Guerre mondiale chantant selon son auteur "l’homme libre et heureux, sa force, sa générosité, et la pureté de son âme", la cinquième symphonie de Prokofiev, où il insuffla un vrai souffle épique et la bravoure désirée, qui permit aux bois et aux cuivres des éclats et des suavités de grand luxe, et souleva un climax d'immenses cascades éclairées de la lumière triomphante des forces enténébrées.

Il nous offrit en bis une pièce de Sibelius, étoile du Nord s'il en est.

Jérôme Pesqué
"Si tu travailles avec un marteau-piqueur pendant un tremblement de terre, désynchronise-toi, sinon tu travailles pour rien." J-C Van Damme.
Odb-opéra

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