Récital Hampson - Bozar, 24/09/2004

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lachlan
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Récital Hampson - Bozar, 24/09/2004

Message par lachlan » 24 sept. 2004, 12:27

Public moins « glamour » ce soir-là au Bozar de Bruxelles, rangs clairsemés? L?austérité apparente d?un Thomas Hampson et l?aridité des leider de Wolf n?ont pas convaincus les admirateurs de la « Dalida de l?opera » , ce qui paradoxalement renforçait le caractère presque intimiste de cette rencontre dans l?une des plus grande salle de concert classique de la capitale.

Accompagné par Wolfram Rieger, une 1ère partie de programme consacré aux leider. Deux approches du genre : Wolf et Listz. On connaît grace précisément à la constance de ce genre de récital l?attrait de Wolf pour le lied auquel il consacra du reste « toute » son ?uvre. Sur des textes d?Eduard Mörike qu?il su traduire avec un sens musical profond et presque exarcerbé.

Je retiendrai en particulier « In der Frühe » qui dès l?entré en matière révèle la touche reconnaissable entre toute du baryton Américain. Sens du phrasé, puissance de la projection, tonicité incomparable des aigus et suavité galbé de graves alanguis.

Un tel dépouillement d?artifice force l?admiration et on se dit dès lors que la soirée va être très belle.

Elle allait être exceptionelle autant qu?inattendue !

Dans les mêmes extraits de « Gedichte », on passera de la mélancolie à une jovialité pétillante, la voix se veut profonde, ferme. Une ligne de chant sans faille et une diction impressionnante.

Chant déclamatoire , chant prosodique servi par une palette de nuances couvrant un large registre de tonalités et une complicité totale entre l??uvre et le concertiste.

Dans un dialogue qui se veut toujours plus intime pour ne faire plus qu?un, un seul couac dans ce foisonnement de vers, un trou de mémoire? Qui lui en tiendra grief ?

Avec Litsz, on aborde une autre conception du lied. Les paroles glissent sur la musique, s?entortillent et sont comme sublimés en filigrane d?une mélodie qui prédomine.

Sur les textes de Heinrich Heine, « Im Rhein, im schönen Strome » aux graves soyeux avant le morceaux de bravoure du redoutable (par sa longueur mais immanquablement tronquée hélas !) « Die drei zigeuner ».

Où l?impression que 3 voix se succèdent, les graves soyeux; le registre de l?aigu en cressendo... Piani, forte et fortissimo. L?intonation est parfois un peu juste mais l?exercice de toute beauté.

En seconde partie de programme, une langue plus familière, l?Anglais? Et un triomphe prévisible !

Textes chosis depuis l?incontournable Walt Whitman qui commence à être bien connu en Europe grâce précisément à ces solites américains et des auteurs plus confidentiels pour nous je pense : Eduard Mac Dowell, Charles Naginski, Burleigh mais aussi des airs traditionnels dont le fameux « The Nightingale » sous des arrangements de Shaw et que l?on devine plus aisément dans la bouche d?un autre Tom? (Allen).

Une « berceuse » de Paul Hindermith, le « To what you said » de Bernstein qui révèle si explicitement la nature gay de Whitman ; la cadence martiale des « Memories of Lincoln » de William Neidlinger sur un texte encore de Whitman. Dommage que le texte sera tronqué.

Les splendides accents toniques du « Beat ! beat ! drums ! - blow ! bugles ! blow ! » répétés à chaque strophe donnait une vision hiérartique aux mémoires.

« O shades of night - O moody, tearful night !?

Le timbre devient alors plus velouté?

« O Captain ! my captain! Our fearful trip is done??

Soie.

Et l?artsong s?achève dans le tintement du glas, la voix se détache et glace d?émotion les âmes les plus revêches.

Tom achève son progamme sur un genre encore plus américain, « Shenandoah », belle balade que l?on imaginerait volontiers dans un film d?Otto Preminger et le célèbre « Boatmen?s Dance » qui s?accompagnerait davantage à l?accardéon qu?au piano avec ses accents jazzy envoûtants?

Deux bis seulment dans la même veine et une démonstration pleine d?humour et de gaité pour achever une soirée très agréable.

L.

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Message par olaf » 26 sept. 2004, 16:52

J'ai aussi assisté à cette soirée. Je n'ai pas grand chose à ajouter aux propos de Lachlan. Je suis parfaitement d'accord avec lui sur l'excellence du concert . Le style, l'émotion et le talent au service des compositeurs. Les Wolf étaient magnifiques. Je ne connaissais pas les lieder de Liszt dans l'ensemble c'est une belle découverte, surtout "Die drei Zigeuner", lied d'une inventivité fascinante et d'une incroyable émotion. La deuxième partie du récital était aussi magique avec ses oeuvres connues et peu connues. Deux bis dont le toujours drôlatique "I Bought Me a Cat". Juste quelques réserves sur le pianiste Wolfram Rieger, travail en finesse certes mais qui manquait un peu de présence et de style dans les Liszt et quelques songs
Un peu trop de tousseurs aussi et trop peu de public pour un artiste de cette trempe....

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Message par lachlan » 27 sept. 2004, 08:37

olaf a écrit :J'ai aussi assisté à cette soirée. Deux bis dont le toujours drôlatique "I Bought Me a Cat".
Dommage que nous ne nous sommes pas croises... J etais seul! I bought me a cat, je cherchais encore le titre...

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