Haendel - Amadigi di Gaula - E Lopez Banco, Montpellier 06

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Haendel - Amadigi di Gaula - E Lopez Banco, Montpellier 06

Message par JdeB » 28 juil. 2006, 16:00


Georg Friedrich Haendel
Amadigi di Gaula


Opéra en trois actes HMV 11
sur un livret de Giacomo Rossi d'après A. Houdar de la Motte.
(Version concert )

Maria Riccarda Wesseling : Amadigi
Elena de la Merced : Oriana
Sharon Rostorf Zamir : Melissa, Orgando
Jordi Domenech : Dardano
Martins Zvigulis : ténor
Andris Gailis : bass

Al Ayre Espanol
Eduardo Lopez Banzo, direction

Festival de Radio France et Montpellier Languedoc-Roussillon, le 27 juillet 2006


Ce sera diffusé en direct sur France Musique à 20 heures.
Présentation : Anne-Charlotte Rémond
En direct de l'Opéra Comédie à Montpellier et en simultané avec l'Union Européenne de Radio.

Le livret ne se trouve pas (encore ?) traduit dans la base de données régulièrement alimentée par Jacky, mais on peut trouver une version italienne du texte en ligne :
http://www.radio.rai.it/radio3/radio3_s ... madigi.pdf

EdeB
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Odb-opéra

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Message par JdeB » 05 août 2006, 17:10

GF Haendel : Amadigi

Opéra en trois actes HMW 11 (1715)
Livret de Giacomo Rossi d?après A. Houdar. de la Motte « Amadis de Grèce »
Version de concert

Maria Riccarda Wesseling : Amadigi
Elena de la Merced : Oriana
Sharon Rostorf Zamir : Melissa, Orgando
Jordi Domenech : Dardano
Martins Zvigulis : ténor
Andris Gailis : basse
Al Ayre Español Orquestra
Eduardo López Banzo: direction
Montpellier, Festival de Radio France, Opéra-Comédie, le 28 juillet 2006


Avant que le succès sans pareil du Roland furieux et de la Jérusalem délivrée ne l?éclipse, l?Amadis de Gaule a joui d?une grande fortune artistique. Cervantès y voyait le plus grand des romans de chevalerie. A la fin du XVI ième siècle un Trésor des livres d?Amadis, véritable synthèse française de ce grand cycle chevaleresque ibérique, connaît vingt éditions, la dernière en 1606, et s?impose comme un manuel de civilité au même titre que le Courtisan. Il prolonge jusqu?à l?orée du classicisme sa pédagogie aulique et sa fonction d?école de l?expression élégante des sentiments raffinés et des bonnes tournures de la correspondance galante. Les romans-fleuves de la préciosité, le Polexandre de Gomberville en tête, ont pris aux Amadis le goût de l?extravagance des aventures, leurs géants et leurs monstres, un certain mépris de la vraisemblance historique et géographique, un certain sens désinvolte du relâchement et de l?éclatement dans l?organisation de la trame. Dès la mort d?Henri IV, les personnages d?Amadis ne peuplent plus que les ballets, comme celui de la Sybille de Pansoust en 1645. Amadis a succombé aux attaques des moralistes et à la vogue des épopées italiennes : Saint François de Sales vitupère contre la « pestilente lecture des Amadis » et l?évêque romancier, Le Camus, fustige à son tour « cette horrible pile d?Amadis?cheval de Troie de tous les romans ». C?est la tragédie lyrique qui lui redonne sa chance, grâce à Quinault et Lully, en 1684. Toutefois, ce n?est pas dans cette ?uvre que Haendel va puiser son inspiration mais plutôt du côté de l?Amadis de Grèce de Houdar de la Motte mis en musique par Destouches en 1699.

Si cet opéra de 1715 s?est imposé en Allemagne, il fait encore figure de véritable rareté en France malgré la production scénique, fort mal chantée, montée à Favart il y a 10 ans et un concert beaucoup plus récent à Beaune.

Le festival de Radio France nous a donné la chance d?entendre l?ensemble baroque « qui monte » Al Ayre Espanol Orquestra, naguère simple formation chambriste devenue orchestre baroque à part entière sous la houlette de son chef Eduardo Lopez Banzo. Il faut louer la grande justesse des cors, la vivacité de tous les pupitres, le sens des contrastes et des couleurs du maestro.

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Maria Riccarda-Wesseling, qui vient de se tailler un beau succès dans Iphigénie à Garnier, ne parvient pas à traduire l?éclat et la fougue du Beau ténébreux et réussit plus les passages cantabile et élégiaques que les moments de pure pyrotechnie vocale où l?écriture une peu trop basse du rôle l?handicape. On se dit que le beau contralto de Marie-Nicole Lemieux, présente dans la région et sous distribuée dans la Jeanne au bûcher comme dans Lucia, aurait été plus adéquat.

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Elena de la Merced, bien connue en Espagne, est une fine musicienne mais sa palette de couleurs est limitée. Son suraigu aussi.

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Sharon Rostorf-Zamir, une soprano israélienne formée en Afrique du Sud qui a chanté le rôle de Melissa l?an dernier dans le cadre du célèbre festival Haendel de Halle, a fait sensation. Très investie dans son rôle d?enchanteresse maléfique, elle captive par son timbre rare aux reflets d?argent et, plus en encore, par sa technique superlative qui lui permet d?accomplir des prodiges dans la vocalisation rapide et l?émission de pianissimi éthérés dignes de ceux de Montserrat Caballé. On se réjouit que son mari, par la magie d?internet, ait pu suivre en direct la retransmission à l?autre bout de la Méditerranée et partager son triomphe. Espérons que sa carrière, handicapée par le décès prématuré de l?agent israélien qui l?a découverte, prenne son essor.

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Le contre-ténor Jordi Domènech qui possède son rôle à la perfection et charme par son timbre de cuivre et de miel, la netteté de ses traits virtuoses et l?impact de sa projection, constitue l?autre très bonne surprise de la soirée.

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Pour aller plus loin :

Eugène Baret, De l'Amadis de Gaule, et de son influence sur les moeurs et la littérature au XVIe et au XVIIe siècle, Paris, 1853, réedition, Slatkine, 1970

Juan Manuel Cacho Blecua, Amadís : heroísmo mítico cortesano, Madrid : Cupsa, 1979, 439 p

Sylvia Roubaud-Bénichou, Le roman de chevalerie en Espagne : entre Arthur et Don Quichotte, Paris : H. Champion, 2000, 404 p

Les Amadis en France au XVIe siècle, [Paris] : Éd. rue d'Ulm, 2000, 220 p.

Rafael M. Mérida Jiménez, "Fuera de la orden de natura" magias, milagros y maravillas en el Amadís de Gaula, Kassel : Ed. Reichenberger, 2001, XI-444 p.

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Photographies © Marc Ginot /Festival de Radio France et de Montpellier 2006
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