Alcina / Tamerlano - C. Rousset - Amsterdam, 10/05

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EdeB
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Alcina / Tamerlano - C. Rousset - Amsterdam, 10/05

Message par EdeB » 05 nov. 2005, 12:26

Haendel : Alcina (1735) et Tamerlano (1724).

Amsterdam, Stadsschouwburg (De Nederlandse Opera)
Les 25 octobre (Alcina) et 26 octobre (Tamerlano) 2005.

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Alcina : Christine Schäfer
Ruggiero : Silvia Tro Santafé et Jacqueline Poppelaars (sur scène)
Bradamante : Marijana Mijanovic
Morgana : Ingela Bohlin
Oberto : Cassandre Berthon
Oronte : Jeremy Ovenden
Melisso : Olivier Lallouette
(Astolfo : Istvan Kisch)

Tamerlano : Matthias Koch et Bejun Mehta (sur scène)
Bajazet : Bruce Ford
Asteria : Sandrine Piau
Andronico : Patricia Bardon
Irene : Kristina Hammarström
Leone : Lars Arvidson
(Zaida : Jennifer Hanna)

Choeurs du De Nederlandse Opera (Winfried Maczewski)
Les Talens Lyriques
Christophe Rousset, direction

Mise en scène : Pierre Audi
Décor et costumes : Patrick Kinmonth
Lumières : Peter van Praet



Le Stadsschouwburg d?Amsterdam reprend durant quelques semaines, en alternance, ces deux productions de Haendel qui ont été données à Drottningholm en 2000, 2002 et 2003 dans des distributions un peu différentes. Certains aménagements scéniques ont du être pratiqués, la conformité de ce théâtre à la machinerie XVIIIe d?époque ayant des contraintes difficilement transposables? mais les spectacles restent globalement les mêmes, à l?exception des décors qui ont du apparemment être reconstruits, et de quelques évolutions sur le plateau (par exemple, certaines apparitions d?Alcina qui se faisaient initialement par des trappes ont été chorégraphiées différemment).

Difficile de scinder ce diptyque passionnant ?qui se prêterait merveilleusement bien à une double édition DVD ; la trilogie Monteverdienne de Pierre Audi venant enfin d?être éditée, on espère que ce projet-ci verra un jour sa concrétisation-, même si les deux ?uvres que séparent une dizaine d?années sont de tonalités entièrement différentes. L?une est une "magie", un "enchantement" qui se passe à ciel ouvert, l?autre, essentiellement politique, est confinée dans un palais, prison aussi mentale que physique?. Mais le metteur en scène a tissé tant de liens et de correspondances entre les deux ouvrages, qu?il est désormais difficile de parler de ces deux productions en les dissociant. Le va-et-vient rapproché entre les deux est par ailleurs absolument captivant, même si l?on peut être inquiet de l?endurance demandée aux musiciens de fosse, mis à contribution pratiquement tous les soirs?
Ces correspondances sont subtiles : utilisation remarquable de la lumière et récurrence de certains signes comme l?utilisation du siège du pouvoir, lieu de mort ou de tentative d?usurpation. Ou plus criantes : envolée des châssis lorsque les yeux des protagonistes se dessillent et qu?ils voient littéralement "l?envers du décor", comme un retour de la raison ou l?approche de la mort; déploiement de la gloire de nuages peints -dans laquelle n?apparaît paradoxalement aucune divinité puisque les dieux sont bien absents de ces drames. Réponses en échos spéculaires et faux-semblants ne sont-ils pas au coeur même de ce qu?on appelle baroque ? Les effets scéniques mis en ?uvre ici renvoient à la dilatation fantasmagorique du temps musical en soulignant l?envoûtement produit par la partition. Notons aussi le côté très élaboré des déplacements des protagonistes, qui font que le soliste semble s?adresser soit à son souci, soit à son rêve.

Pour le Tamerlano, si les rondes-bosses des colonnes et les faux marbres de Drottningholm ont laissé place aux corniches vert Nil et si le style Galli Bibiena revisité a été remplacé par des rigueurs architecturales plus piranésiennes, la sensation d?enfermement propre à la tragédie est bien là. Dans ce lieu indéterminé, antichambre de palais ou salle du trône figurée par un siège rustique qui se prête à toutes les violences symboliques de la part du sultan déchu (qui trône sur l?emblème dérisoire du pouvoir de son vainqueur apparent). Ce huis clos ne trouvera son échappatoire paradoxale que dans la nudité de bois brut clair révélée par l?envol des portants, qui laisse toute latitude à la résolution du drame dans sa brutalité.

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Le décor d?Alcina, invitation au repos sous les frondaisons d?une île enchantée, s'accorde plus à celles des rives de Cythère selon Watteau qu?à un échafaudage de palais simulé, tant dans l?esprit des victimes de l?enchanteresse que dans celui des spectateurs. Cet escamotage apparent de la féerie (à machines) ?ce qui avait été parfois reproché à la production lors de la création, le public s?attendant à voir fonctionner à plein la machinerie de Drottningholm, oubliant opportunément que les véritables fastes d?antan n?ont jamais vraiment réinvesti les lieux !- cache une mise en abyme judicieuse. Au moment où s?ouvre le théâtre, Alcine est devenue pleinement et humainement femme; sa magie semble se réduire alors à ses charmes de femme séduisante, relayés par les jeux de sa cour (imaginaire ?). Ce qui l?entoure n?est plus alors que l?émanation de son être, sur le modèle des vieilles légendes indoeuropéennes qui ont donné naissance au concept de "double corps du roi", théorie politique qui reste majeure au XVIIIe siècle. Sa solitude et sa défaite finale n?en paraîtront que plus cruelles... L?altération brutale des décors, écroulement et chute chez l?Arioste, trouve ici un nouvel avatar dans ce changement à vue qui est également retournement psychologique. Le délitement d?Alcina se poursuivra jusqu?aux tréfonds du théâtre. Cette image forte n?est-elle pas également l?incarnation de ces grandes machines théâtrales qui font rêver en dépit de leur mensonge, loin du prosaïque quotidien ?

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Il est vrai que Pierre Audi a choisi de traiter l??uvre comme un nouveau marivaudage mâtiné de Crébillon fils, avec la cruauté et le désespoir sous-jacents qui caractérise ce théâtre, bien loin des porcelaines de Sèvres que l?on nous présente si souvent. Il aurait pu trouver un frein visuel à cette ambition dans la beauté des costumes, dont la perfection formelle risquerait de divertir l?attention de l?intensité de sa direction d?acteur, n?était la maîtrise de son approche. Les figures présentées à nos yeux semblent sortir des pages du recueil Julienne des Figures de différents caractères et d?Etudes dessinées d?après nature... publiées l?année même de la création de l?opéra de Haendel. L?impression de gravure à l?eau-forte est parfois accentuée par les éclairages un peu rasants, sous forme de clairs obscurs, qui creusent les ombres et éclairent un pli de vêtement, accentuent l?arrondi d?un bras, la torsion dorsale d?une station qui semble fallacieusement au repos. Mais cette beauté est animée par le trouble du désir qui circule, plus ou moins inavoué, plus ou moins inassouvi, jusque dans les abandons voluptueux et les pulsions brutales difficilement corsetées sous le vernis des bienséances.

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Le livret de Tamerlano, dérive très fidèle de sa source française initiale, Tamerlan ou la mort de Bazajet, de Jacques Pradon (1675), est centré sur les variations émotionnelles et les calculs politiques des personnages. Ici, le choix de direction d?acteurs apparaît plus classique, presque minimaliste, pour qui ne prête pas attention à ses nuances, ses lignes de force et à la superbe chorégraphie des corps et des âmes. Les personnages sont murés dans leurs mensonges, dans leurs calculs orgueilleux et leur égoïsme foncier. Seuls Asteria et Tamerlano gardent leur liberté de mouvement ; lui, fort de son pouvoir, se réfugie dans une violence autoritaire, elle, mue et torturée par sa douleur, reste éternellement éloignée de son amant par l?ombre de son père, qui les sépare même après son trépas (Une magnifique dernière image.)

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La convention -parfois contraignante pour les metteurs en scène- de l?air de sortie, trouve ici l?une de ses plus belles incarnations Comme je l?ai déjà mentionné, la circulation des corps et leurs errances donne lieu à des images fortes (Alcina traversant la scène de part en part, de portant en portant, à la recherche de son amant qui lui échappe?) tandis que se déploie le chant. La sortie n?a jamais vraiment lieu, l?action scénique s?enchaînant dans une vive urgence (au détriment des applaudissements pour les airs de bravoure), dans un enchevêtrement d?affects contradictoires incarnés par les corps des chanteurs, quand les voix des autres laissent libre cours aux nuances du texte. Ces contrepoints, soulignements et réfutations, créent une rhétorique visuelle contemporaine qui s?approprie les signes extérieurs du baroque (tel qu?on le comprend de nos jours), et qui revivifie de l?intérieur les codes du genre, tout en restant très lisible pour le spectateur.

La mise en scène ne prend franchement ses aises avec le livret que dans le finale d?Alcina, qui redonne une victoire paradoxale à la magicienne ; car si elle est défaite (et s'empoisonne) devant la coalition de ses vainqueurs (dont Oronte, qui se retourne de manière assez inexplicable contre la s?ur de son amante, et qui passe d?ailleurs cette dernière au fil de son épée?), si sa cruauté se débride au grand jour lorsqu?elle poignarde furtivement Astolfo sous les yeux d?Oberto (dont le rôle a été restitué dans cette version de la production), elle n?en demeure pas moins triomphante. Ses adversaires sont défaits, rendus à leur amertume et à leur solitude ; elle demeure, immortelle, éternellement fascinante. Car l?Arioste précise bien, qu?à sa profonde douleur, elle ne peut mourir.

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Christophe Rousset, qui n?a pu exporter avec lui la totalité de ses Talens lyriques (la lecture attentive du programme laisse apparaître les noms de quelques éléments exogènes qui ont l?air autochtones, mais qui se sont très bien fondus dans l?ensemble), est un habitué de ce répertoire haendélien. Il a donné plusieurs fois ces opéras en France avec diverses distributions, ce qui permet de constater une évolution dans son approche fouillée de la partition. Certes, les tempi restent appréciablement très vifs, sans doute un peu plus que la plupart des lectures de ces ?uvres, mais ce n?est jamais de la précipitation (sauf pour la ritournelle du "Di?, cor mio", abordé à un train d?enfer, puis ralentissant en cours d?air pour ménager la chanteuse !) : l?articulation est toujours impeccable, la précision de mise, les couleurs moirées, et la sensualité à fleur de peau, avec son sens du théâtre et une inventivité toujours surprenante pour l?écriture des da capo. La virtuosité brillante et l?énergie bouillonnante ne sont pourtant jamais brouillonnes et permettent une gradation des affects, par un savant mélange d?intensité, de pudeur et de "lâcher prise" émotionnel qui confine à la plus grande émotion. (" Ah, mio cor" et "Mi restano le lagrime" bouleversants, "Vivo in te?" et "Cor di padre?" inouïs.) Le pupitre des cordes, mené par Stéphanie Paulet fait preuve d?une vaillance et d?une virtuosité à toute épreuve tout du long des deux soirées, avec un son qui sait se faire évanescent comme de la dentelle de Malines ou brillant et moelleux comme du velours épais. Exceptionnel continuo assuré par certaines des pierres angulaires des Talens, comme Atsushi Sakaï au violoncelle et Stéphane Fuget au second clavecin, le premier instrument étant également tenu par le chef. Certains des airs semblent ainsi mettre à nu l?âme des protagonistes, avec un tel soutien qui sait être tendre autant que percutant, caresse ou scalpel sans merci.
Pourtant l?acoustique de ce théâtre ne nous a pas semblé toujours idéale, surtout quand les chanteurs s?éloignaient du proscénium. De plus, nous avons eu l?impression, le premier soir, que l?orchestre peinait un peu à prendre ses marques, avec un son un peu blanc pour l?ouverture d?Alcina, et que le "son Talens lyriques" ne se mettait réellement en place qu?au cours de la troisième scène de ce premier acte. Problème heureusement résolu, comme nous l?avons constaté par la suite, aussi bien en salle qu?à travers la retransmission radio pour le Tamerlano.

Il faut dire que les défections en série et les bouleversements de dernière minute ont sans doute modifié un peu la donne... Qu?on en juge plutôt ! C Schäfer, victime d?une mauvaise grippe, assurait crânement son rôle depuis le début des représentations, mais un voile passager sur la voix laissait entendre par endroit qu?elle n?était pas encore complètement remise. Alice Coote, pressentie pour le rôle de Ruggiero, fut remplacée au dernier moment (dans la fosse) par Silvia Tro Santafé, qui releva fort bien le gant, et Jacqueline Poppelaars, l?assistante de P Audi, qui connaissait parfaitement la mise en scène et poussa le professionnalisme jusqu?à articuler le texte, se chargea des évolutions scéniques?
Christine Schäfer ne correspond pas forcément au format que l?on imagine à tort idéal pour la magicienne : si on attend une Karina Gauvin, on ne peut qu?être surpris? Sa fée est infiniment plus séduisante, enchanteresse, touchante avec un rien de perversité fragile qui la rend d?autant plus affolante. La voix (quand elle parvient à se chauffer et donner sa pleine mesure), est proprement fascinante par la variété de l?expression et les variations infimes dont elle colore sa ligne de chant. C?est de l?ouvrage au petit point, comme une marqueterie précieuse, un ouvrage d?art qui demande une attention autre qu?un coup d??il distrait. La magicienne s?est bien faite femme, et cette transformation est d?autant plus éclatante dans le somptueux, glaçant, médusant, pétrifiant "Ah, mio cor", où l?on voit la propagation des fissures sur le marbre et la moisissure envahir les fresques? comme dans une redite musicale de la séquence la plus connue de "Fellini Roma"? On ne l?oubliera pas de sitôt, tout comme la fulgurance hagarde de sa scène d?invocation manquée.
Sa rivale, Marijana Mijanovic m?a un peu déçue, mais il est vrai que je n?aime pas trop son timbre... Elle est pourtant tout à fait à sa place, irréprochable dans sa partie, mais il lui manque un soupçon de rage et de désespoir qui rendrait plus sensible à son incarnation du personnage. Le dernier air de Bradamante, que j?ai toujours trouvé redondant, a été heureusement décalé, car il gomme ainsi l?image de la matrone soumise à l?ordre moral pour laisser place à l?amoureuse trahie, plus émouvante.
Ingela Bohlin réhabilite le personnage de Morgana, souvent sacrifié : elle fait de la fée en second une coquette un brin perverse mais qui garde le goût du jeu et de la dérision, contrairement à sa soeur. La voix s?oppose avec bonheur à sa souveraine de s?ur, même si elle est parfois un peu "soubrette".
Cassandre Berthon est un Oberto androgyne à souhait et touchant dans sa naïveté. Jeremy Ovenden fait passer la souffrance réelle du personnage, son exaspération et sa jalousie maladive qui le pousse à un geste irrémédiable ?dans la mise en scène d?Audi- avec talent et conviction. Le Melisso d?Olivier Lallouette est sagace et ironique, somptueux dans son air unique et plus ambigu qu?il n?y parait. La mise en scène lui permet de montrer ses talents d?acteurs, et de composer un personnage, qui, s?il est presque muet, n?est pas un précepteur croupion.
Les excellents ch?urs de l?opéra d?Amsterdam referment la parenthèse du drame.

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Dans la série "serial malades sur le plateau", le lendemain, on apprenait que le rôle-titre, Behjun Mehta avait malencontreusement gobé un moucheron en interprétant son rôle l?avant-veille, et que, la gorge trop irritée pour chanter, il se contenterait de mimer son rôle, ce qu?il fit, avec rage et conviction ; tandis que son remplaçant tenait sa partie vocale depuis la fosse d?orchestre, avec cran, mais en atteignant assez vite ses limites sur le "A dispetto?" (La diffusion sur la NPS Radio 4 de la représentation du 29 prouve qu?il s?est maintenant remis.)
Bruce Ford incarne un Bajazet stupéfiant. La voix s?est obscurcie, le timbre est désormais " gris fumé", mais son intensité scénique et un style impeccable en font un personnage terrifiant dans son intransigeance et tout à fait prenant. Les remaniements de la partition de Haendel, amplement documentées, font apparaître l?importance du ténor Francesco Borosini dans la genèse de l??uvre et la restructuration de la fin de l??uvre, qui se modèle sur les matrices de Jacques Pradon et de Agostino Piovene (pour Gasparini, en 1710/11) ainsi que la deuxième mouture de Gasparini de 1719? Si le personnage est excessif (à nos yeux) dans son orgueil incommensurable, sa fidélité fanatique à son royaume et à son rang, et son amour tyrannique pour sa fille (qu?il n?aime que dans la mesure où elle se conforme à ses vues), il doit être cependant charismatique et poignant. Les scènes étonnante qui concluent le dernier acte (et qui ont poussé à la suppression du dernier air d?Asteria, prévu dans les précédentes moutures de l??uvre) sont un renversement dont il existe peu d?égal dans l??uvre de Haendel, à part la folie furieuse d?Orlando. Il s?agit là aussi de sortir de soi, hors de toute mesure, ce qui se traduit en une alternance de récitatifs secs et accompagnés, d?ariosos et d?air de fureur? Ford est à la hauteur de ce défi, dans une douceur éructante plus menaçante que les cris purs, dans des incantations de rage suicidaire proprement glaçante, qui font de lui un reflet inversé de la magicienne déchue.
A ses côtés, Sandrine Piau est une Asteria sincère, emportée et touchante, fragile et flexible comme une lame, avec la musicalité de rêve et les qualités que l?on apprécie chez elle depuis tant d?années : elle a prouvé ce soir qu?elle est d?ores et déjà l?une des plus grandes interprètes de notre époque, avec son legato idéal pour ce répertoire, sa palette étendue de couleurs, ses vocalises impeccables d?un naturel confondant (même pas dérangées par ses pirouettes scéniques !) et son jeu habité et digne des plus grandes. Le public ne s?y est pas trompé et lui a réservé une formidable ovation.
Patricia Bardon est une autre grande triomphatrice de la soirée : avec ce tempérament incendiaire qu?elle sait tamiser à propos, elle incarne cet anti-héros circonspect et un peu lâche, qui reste élégant et élégiaque dans la veulerie? Le timbre est toujours aussi envoûtant ?son Ruggiero montpelliérain est un très grand souvenir?- la technique toujours aussi sûre, et la retenue sait faire place à la flamme, qui si elle est discrète, ne brûle pas moins fort.
Kristina Hammarström et Lars Arvidson forment un tandem idéal, tant pour le style et que pour la voix. Ils reprennent leurs précédents emplois, et apportent une épaisseur à des personnages considérés à tort comme secondaires?

Souhaitons que ces deux superbes productions, qui témoignent d?un équilibre rarement atteint entre fosse et plateau dans les annales haendéliennes récentes trouveront un jour le chemin de la France? ou tout au moins des lecteurs de DVD ! La même équipe va vraisemblablement reprendre son Zoroastre l?été prochain à Amsterdam? "Courons, volons?"

Emmanuelle (et Jérôme)
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Toutes les photographies sont issues du site du DNO : http://www.dno.nl/ Photographies (c) DR

La représentation d?Alcina du 5 novembre sera diffusée en direct par la radio néerlandaise NPS.

Ces deux opéras seront donnés en version de concert au Théâtre du Châtelet le 13 novembre : Tamerlano à 14h 30 et Alcina à 20 h ; Tamerlano sera également repris en v.c à Montpellier le 15 novembre à 20h 30. (Vite, des vitamines pour toute l?équipe !)

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Message par Christopher » 05 nov. 2005, 12:46

Merci pour votre compte rendu de ce diptyque Handélien dont la réalisation scénique semble forte séduisante.

quant aux versionsconcert programmées sur un seul jour au Chatelêt, je trouve ça assez dément car cela fait un peu beaucoup à écouter sur une seule journée. j'espère que ce ne sont pas les mêes musiciens qui jouent en matinée et en soirée sinon, je les plains de devoir assurer un tel maraton. je n'irai pas écouter ces concerts , je préfère nettement les voir en version scénique et ai eu l'occasion d'en voir pour les 2 oeuvres programmées.

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Message par PaoloAlbiani » 05 nov. 2005, 13:02

Merci pour ce passionnant compte rendu.

Amitiés

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Message par JdeB » 05 nov. 2005, 20:12

C'est Maïté Beaumont qui chante Ruggiero ce soir... Espérons que ce sera elle pour la tournée...
"Si tu travailles avec un marteau-piqueur pendant un tremblement de terre, désynchronise-toi, sinon tu travailles pour rien." J-C Van Damme.
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Message par Martine » 08 nov. 2005, 17:10

Dans le Figaro d'aujourd'hui, une critique très positive de Tamerlano par Christian Merlin.

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Message par tuano » 08 nov. 2005, 17:40

J'irai voir Alcina dimanche soir au Châtelet.

J'ai déjà vu le Ruggiero de Maïté Beaumont, au Palais Garnier.

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Message par EdeB » 08 nov. 2005, 17:55

tuano a écrit :J'ai déjà vu le Ruggiero de Maïté Beaumont, au Palais Garnier.
Il me semblait bien qu?elle y avait interprété ce rôle? mais quand ? Il ne me semble pas qu?elle figurait dans la reprise à laquelle j?ai assisté.
C?est une des meilleures interprétation de Ruggiero que j?ai entendu de ma vie? C?était d?une subtilité et d?une sensibilité? Son Ruggiero passe vraiment du jeune coq prétentieux (« Ma meuf, c?est la plus belle ! ») à un personnage plus torturé et sincère ; toutes les gradations du rôle sont bien là, et avec une beauté vocale incroyable, un style, tout, quoi? De plus, son « Stà nell'Ircana? » était anthologique et électrisant et son « Verdi prati » à tomber ! Et on ne l?a entendue que via une rediffusion radio Internet ! ! (avec un son compressé etc etc etc)
De toute façon, j?ai trouvé que les deux rediffusions étaient encore meilleures que ce à quoi nous avons assisté à Amsterdam. Ces productions étaient déjà stupéfiantes, mais si la qualité est exponentielle, cela va se terminer en Royal Fireworks ! (Apparemment, y?a pas besoin de vitamines pour l?équipe, qui est en passe de remporter cette gageure?)

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Message par tuano » 08 nov. 2005, 18:02

Elle a remplacé Vesselina Kasarova pour seulement un soir, me semble-t-il, celui où j'y étais. Elle a été la seule à échapper à la mise en scène de Robert Carsen. Il y avait un assistant à la mise en scène dans les coulisses qui lui faisait des signes pour qu'elle se calme mais elle n'en tenait pas compte. Son énergie était communicative.

Je crois qu'elle a fait la couverture d'Opernglas il y a un certain temps. Elle chante beaucoup à Hambourg.

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Message par EdeB » 08 nov. 2005, 18:18

tuano a écrit :Elle a remplacé Vesselina Kasarova pour seulement un soir, me semble-t-il, celui où j'y étais. Elle a été la seule à échapper à la mise en scène de Robert Carsen. Il y avait un assistant à la mise en scène dans les coulisses qui lui faisait des signes pour qu'elle se calme mais elle n'en tenait pas compte. Son énergie était communicative.
Ah, ok, je vois? VEINARD !! On a eu droit à Kasarova que j?ai trouvé complètement inexpressive, même si l?instrument est très séduisant (à mon avis, elle n?a jamais su quoi en faire?)
Enfin, "eu droit", peu de temps, parce qu?on s?est sauvé avant le premier entracte? on a craqué très vite devant la médiocrité générale du machin?. (et moi qui voulait absolument revoir la mise en scène, raté !!) Même Ciofi était vraiment mauvaise ce soir là (elle semblait vraiment très enrouée)
Jusqu'à présent, je n'avais entendu M Beaumont que dans son disque d'airs de Francesco Gasparini, Conti et Fedeli, et sa participation à un CD Haendel de Simone Kermes. Je n'ai pas encore trouvé le temps d'écouter le Radamisto qui attend bien sagement que je trouve 3 heures devant moi (et non, je ne le ferai pas en même temps que le repassage !!!)

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Message par meteosat » 09 nov. 2005, 09:39

Merci pour ce fabuleux compte-rendu.
Je vais voir Alcina dimanche soir même si je ne suis pas vraiment convaincu par la distribution...
J'attends avec impatience de voir C. Schäfer (avant Cherubino et Donna Anna en 2006, ainsi que La Traviata ?)

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