Maria CALLAS 28 ans déjà ...

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JdeB
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Message par JdeB » 18 sept. 2005, 18:15

Callas a abordé des ouvrages du XVIII ième :

Le Stabat Mater de Pergolesi 22 avril 1943
L'anima del filosofo, création mondiale, de Haydn à Florence les 9 et 10 juin 1951
Enlèvement au sérail en avril 1952
Medée de Cherubini très souvent
Alceste de Gluck en 1954
Iphigénie en Tauride

A son époque tous les artistes chantaient dans leur langue natale et non pas dans la langue originale qui ne s'imposera qu'au début des années 1970.

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Windgassen
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Message par Windgassen » 18 sept. 2005, 19:45

JdeB a écrit :Callas a abordé des ouvrages du XVIII ième :

Le Stabat Mater de Pergolesi 22 avril 1943
L'anima del filosofo, création mondiale, de Haydn à Florence les 9 et 10 juin 1951
Enlèvement au sérail en avril 1952
Medée de Cherubini très souvent
Alceste de Gluck en 1954
Iphigénie en Tauride

A son époque tous les artistes chantaient dans leur langue natale et non pas dans la langue originale qui ne s'imposera qu'au début des années 1970.
sauf erreur, callas est née Grecque et a vécu son enfance aux états unis.

Mais elle a effectivement consacré sa voix surtout à l'italien et au français.
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Message par JC87 » 18 sept. 2005, 22:03

Mais elle a effectivement consacré sa voix surtout à l'italien et au français
Elle a consacré sa voix exclusivement à l'italien et jamais au français puisqu'elle n'a jamais chanté en scène aucune ?uvre en français et n'en a enregistré qu'une seule, Carmen (vraiment pas ce qu'elle a fait de mieux d'ailleurs...).
Il est regrettable qu'elle n'ait pas aimé Mozart, ce qui reste un mystère car comment peut-on prétendre s'intéresser au bel canto romantique, à Rossini en ignorant Mozart qui en est la porte d'entrée ?
Et quand on entend sa Constance, on peut regretter la fantastique Vitellia qu'elle aurait pu être !

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licida
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Re: l'éclectisme de Maria Callas ?

Message par licida » 18 sept. 2005, 22:10

JC87 a écrit :Certains auteurs ont parlé de l'éclectisme de Maria Callas qui aurait abordé des répertoires extrèmement divers : je trouve personnellement qu'elle n'est pas précisément un modèle d'eclectisme car elle s'est cantonnée dans l'opéra italien du 19ème siècle (avec le génie - et les limites - que l'on sait, nous en sommes d'accord). Elle n'a pratiquement pas chanté de répertoire du 18ème siècle, à part quelques rares Gluck et un seul rôle de Mozart et a aussi fait l'impasse sur le 20ème (sauf les derniers Puccini). On ne peut donc pas dire qu'elle ait fait preuve d'une grande curiosité musicale, contrairement à une Caballé ou une Scotto qui ont tout abordé et dans toutes les langues, avec des bonheurs divers, c'est certain, mais aussi de grandes réussites et qui ont plus contribué à notre connaissance de l'opéra que la "révolution" Callas dont avec le recul, on peut mesurer le caractère limité. Elle n'a chanté qu'en italien, a fait une impasse quasi totale sur les autres répertoires, et n'a jamais abordé sauf parait-il dans son salon l'univers du lied et de la mélodie qui aurait aussi pu nourrir son approche du lyrique. Quand à son leg discographie en français, on ne peut pas dire que c'est franchement ce qu'elle a fait de mieux et certains airs auraient pu rester impubliés (redoutable valse de Juliette !) sans que cela représente une grosse perte, n'en déplaise aux thuriféraires de la dame.
Sauf erreur de ma part, Callas a abordé le repertoire du XXème siècle: Tosca et Turandot(comme vous le mentionnez),mais aussi Tiefland en 1945 à Athènes(même si l'ouvrage date du tournant du siècle: 1903), et une création: O Protomastoras de Kalomiris dont il existerait une bande sonore puisqu'elle a reconnu l'avoir entendue. Le terme "impasse" me semble donc quelque peu éxagéré.

Ensuite je rajoute à la liste de JdeB sur ses opéras du XVIII: Mitridate Eupatore de Scarlatti qu'elle eu du chanter en lieu et place de sa Medea de 1953 à la Scala que Ghirighelli(l'intendant de cette époque) lui a préféré, car moins risqué étant donné le triomphe qu'elle venait de remporter dans cette oeuvre à Florence. Les "limites" de son repertoire sont donc également à relativiser du fait des directeurs d'opéras de l'époque encore très frileux sur la nouveauté.

Enfin parler d'"impasse sur les autres répertoires" et de manque de "curiosité musicale"me semble aussi être assez injuste! 8O Aujourd'hui ce jugement serait justifié puisque les repertoires qu'elle a remis au gout du jours sont justement très joués!! Mais à cette époque ils ne l'étaient pas, et la redécouverte d'oeuvres oubliées n'étaient pas forcément la principale vertu des chanteurs ou alors cela devenait assez folklorique(écouter les Giulio Cesare par Siepi et Tebaldi ou Ercole de Handel par Corelli, Schwarzkopf, ...). Or il n'est plus à démontrer que la redécouverte du Rossini serio passe par Callas(Armide 1952 Florence) tout comme celle de Cherubini, et de Donizetti(Anna Bolena)... - Poliuto n'étant pas forcément un bon exemple car déja repris, ni La Vestale que Ponselle avait déjà exhumé - et ce dans un style qui n'est pas du tout considéré comme viellot aujourd'hui.

Volià et pour terminer je ne peux nier qu'elle n'a jamais chanté en allemand car elle s'est exprimée sur ce refus elle-même sans pour autant apporter de raisons claires je le concède(souvenirs douloureux de l'occupation??).

Licida - thuriféraire de la dame certes mais qui argumente.

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Message par JC87 » 18 sept. 2005, 22:10

Mais elle a effectivement consacré sa voix surtout à l'italien et au français
Elle a consacré sa voix exclusivement à l'italien et jamais au français puisqu'elle n'a jamais chanté en scène aucune ?uvre en français et n'en a enregistré qu'une seule, Carmen (vraiment pas ce qu'elle a fait de mieux d'ailleurs...).
Il est regrettable qu'elle n'ait pas aimé Mozart, ce qui reste un mystère car comment peut-on prétendre s'intéresser au bel canto romantique, à Rossini en ignorant Mozart qui en est la porte d'entrée ?
Et quand on entend sa Constance, on peut regretter la fantastique Vitellia qu'elle aurait pu être !

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Message par tuano » 18 sept. 2005, 22:28

Elle s'est quand même consacrée intensément au chant, elle ne pouvait pas TOUT chanter non plus, il a bien fallu faire des choix.
C'est vrai que Vitellia semble aujourd'hui évident pour elle mais on jouait peu la Clémence de Titus à son époque.

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Message par JdeB » 19 sept. 2005, 08:42

Lorsque Callas a débuté, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, un certain Gabriel Dussurget créait un festival à Aix et montait Cosi. Un de ses amis lui a demandé alors "ah bon, c'est donc un festival d'opérettes?". C'est dire à quel point l'image de Mozart a énormément évolué en un demi-siècle.

Durant la période d'activité scénique de Callas, il n'y eut que deux productions de la Clemenza dans le monde : Salzbourg 1949 et Munich 1962.

Callas aurait eu cette parole malheureuse: "la plupart de la musique de Mozart est poussièreuse"

Dans le répertoire fin XVIII, elle aurait pu être prodigieuse dans les Armide de Jommelli, Haydn, Gluck

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Message par JC87 » 19 sept. 2005, 10:04

Oui mais précisément, Callas passe pour avoir été une grande musicienne qui étudiait scrupuleusement les partitions qu'elle avait à chanter. On dit aussi que durant ses études, elle dévorait littéralement la musique. On peut donc supposer qu'elle a eu des partitions de Mozart entre les mains : comment a-t-elle pu porter un tel jugement sur la musique de Mozart, elle qui a été une grande interprète de Rossini et Bellini sur lesquels l'influence mozartienne est déterminante ? Certains ont dit qu'elle était musicienne mais pas très cultivée. On peut effectivement supposer que ses connaissances en histoire de la musique était assez sommaires et qu'elle avait un certain nombre de préjugés courants à son époque.
Une autre chose qui m'étonne dans sa carrière, c'est qu'elle n'ait jamais abordé le répertoire du lied et de la mélodie et se soit limitée à donner en récital des airs d'opéras, ce qui est quelque peu contradictoire avec sa recherche permanente de la vérité dramatique des personnages. Ceci sans remettre en cause son génie interprétatif qui était très grand, même en robe du soir et coiffure Carita.

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Message par JdeB » 19 sept. 2005, 10:51

Efectivement Maria Callas n'était pas du tout une intello ni une personne cultivée. Elle aimait surtout les westerns et les films romantiques. Elle envoyait toujours un ami en repérage pour savoir si le film se finissait bien car elle ne jurait que par les happy ends.
A part Teresa Berganza, M. Dupuy (lisant Bernanos à 12 ans !) et June Anderson il y a eu très peu de cantatrices érudites et intellectuelles.

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Message par Windgassen » 19 sept. 2005, 11:09

JC87 a écrit :Elle a consacré sa voix exclusivement à l'italien et jamais au français puisqu'elle n'a jamais chanté en scène aucune ?uvre en français et n'en a enregistré qu'une seule, Carmen (vraiment pas ce qu'elle a fait de mieux d'ailleurs...).
Sans oublier Gounod (Marguerite et Juliette), saint SAENS (dALILA), Le fameux "divinité du styx", etc..... qu'elle a enregistré au moins en récital
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