Entretien avec Eléonore Pancrazi

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Entretien avec Eléonore Pancrazi

Message par jeantoulouse » 21 janv. 2019, 12:12

Orsini dans la Lucrezia Borgia du Capitole aux côtés d’Annick Massis, Eléonore Pancrazi nous a accordé le vendredi 18 janvier, à une semaine de la Première, un entretien d’une heure. Disponible, ouverte, à la fois spontanée et réfléchie, fuyant les réponses convenues, la mezzo française, originaire de Corse, a évoqué sa jeune carrière, confié ses coups de cœur, dévoilé ses projets.

La Périchole, Offenbach et Jérôme Savary ont joué le rôle d’élément déclencheur dans votre passion pour le lyrique en général et singulièrement pour le théâtre lyrique. Comment ?


Quand j’avais 10 ans, au soir du 31 décembre 1999, passait sur Arte La Périchole, mise en scène par Jérôme Savary en direct de l’Opéra-Comique. J’ai adoré le spectacle. J’étais complètement émerveillée. A un point tel que j’ai décidé d’écrire à Jérôme Savary sur les conseils de mon père qui est très mélomane, un passionné d’opéras comme ma mère. Jérôme Savary m’a répondu de sa main pour me dire que le spectacle allait venir en Corse. Grande, grande chance, car il y a très peu de spectacles lyriques en Corse. Jérôme Savary est venu à Bastia ; il m’a donné rendez-vous dans les coulisses après le spectacle. Élise Caron, une chanteuse-comédienne chantait la Périchole et Éric Huchet Piquillo. J’ai une photo qui immortalise cette rencontre avec Jérôme Savary et tout le cast. Une autre émotion a été de me retrouver l’année dernière en production sur Katia Kabanova à Nancy (j’y chantais Varvara) avec Eric Huchet qui se rappelait très bien de moi. Mon rêve de petite fille semblait prendre corps.

Avez-vous chanté, allez-vous chanter, aimeriez-vous chanter le rôle-titre de La Périchole ?

J’adorerais bien sûr. Tout Offenbach, dont la musique m’a toujours procuré du plaisir, du bien-être. Et mon opéra préféré est Les Contes d’Hoffmann. J’ai failli chanter Nicklausse et cela a été une grande frustration de ne pas pouvoir le faire.

On va suggérer à Christophe Ghristi de remonter les Contes d’Hoffman et de vous confier Nicklausse.

Ce serait super. On me demande souvent quel rôle vous aimeriez chanter, quel rôle vous fait rêver plus qu’un autre. Mais ce n’est pas le cas. Même si j’adorerais chanter La Périchole. Mais en fait, La Périchole, c’est sacré. J’aurais peur de ne pas être à la hauteur du souvenir de l’enfance.

Si je parcours votre carrière déjà bien remplie, j’y vois les rôles de Chérubin et Barberine, Le Prince Charmant dans la Cendrillon de Massenet à Glyndebourne, Dinah dans Trouble à Tahiti de Bernstein à l’Athénée, Berta dans Le Barbier, la Conception de l’Heure espagnole, Maman et la Tasse chinoise dans l’Enfant et les sortilèges, Louise des Mousquetaires au couvent, Giovanna dans Rigoletto, j’en passe quelques-autres. Ce qui frappe est la variété des climats, des émotions, des plaisirs que vous avez dû vivre et ressentir dans ces rôles. Quelles ont été les expériences les plus marquantes, celles où vous avez pu vous exprimer avec le plus de plaisir ?

Conception. C’est le premier grand rôle que j’ai fait. Le personnage me ressemble beaucoup. Espagnole, méditerranéenne, c’est une femme qui pendant l’heure que dure l’opéra cherche à vaincre sa frustration. Gérer la frustration, c’est comme l’histoire de ma vie. Et son grand air « Oh ! la pitoyable aventure » permet de tout mettre sur la table, de s’exposer, de laisser éclater ses émotions les plus profondes. Chaque fois que j’arrive à ce passage, je me dis : « Comme c’est bien de se lâcher ainsi ! ». C’est ce que l’opéra permet à une interprète. D’aller au bout de soi-même. Le théâtre a été une des premières activités artistiques que j’ai pu faire au lycée. Et je pensais que je pourrais devenir actrice. Et du coup quand dans un opéra le texte permet d’exploser, l’émotion est très forte. La deuxième expérience analogue a été le rôle de Dinah dans Trouble à Tahiti, parce qu’elle ressemble à Conception. C’est une femme coincée dans un mariage qui ne la satisfait pas. Très malheureuse dans son couple, elle va consulter un psy, lui raconte sa vie, et cela ne change rien. Déprimée, elle va voir au cinéma une histoire d’amour qui la renvoie à l’échec de son couple. Et là, elle explose dans un air superbe, comme Conception. Et chaque fois que je le chantais, je m’émerveillais en me disant : « C’est extraordinaire de pouvoir sortir de soi ».

Au sens propre, vous vous éclatez.

Exactement. Dans la vie je ne le fais pas. Je ne suis pas du tout du genre à exploser. Je ne suis pas timide, mais plutôt tempérée, sans jamais oser dire ce qui ne va pas. Quand je ne suis pas satisfaite, j’ai toujours peur de vexer les autres. J’ai énormément de mal à m’affirmer selon le contexte. Et d’avoir pu jouer des personnages qui eux ne se gênent pas pour le faire, cela m’a fait énormément de bien, et m’a procuré les moments de plaisir les plus intenses. La troisième expérience qui m’a bouleversée est le Prince charmant dans Cendrillon de Massenet. C’est la musique si belle qui m’a portée. Cendrillon est un bijou et certains soirs je ne pouvais pas retenir mes larmes. Enfin Chérubin et le final des Noces, si émouvant et je me dis : « Je suis payée pour faire ça ! C’est quand même extraordinaire ! »

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Crédit Crédit Caroline Elisabet Wyatt


Dans tous les comptes rendus que j’ai pu lire, les critiques mettent en avant votre technique de rossinienne (je cite) et votre tempérament, votre art de la scène où, je cite encore, « vous brulez les planches ». Où et comment avez-vous appris cette alliance précieuse ente chant et art dramatique ?

Il y a quelque chose d’inné peut-être, mais aussi du travail. La scène constitue un peu ma thérapie à moi qui fonctionne comme un exutoire. Même quand je n’avais pas de technique, sur scène j’ai toujours manifesté un tempérament de feu . Je me suis vite rendu compte que c’était bien d’avoir une personnalité scénique, mais que la technique primait. Les gens viennent voir des opéras d’abord pour écouter du beau chant, pour entendre des voix, pas pour voir des comédiens, même si évidemment c’est bien de voir des chanteurs jouer. J’ai donc toujours travaillé au mieux pour qu’on n’ait pas à me reprocher de l’à peu près dans le chant. Quand je suis arrivée à 19 ans à l’École normale de musique de Paris pour faire ma formation avec Isabelle Garcisanz que je salue et qui a été essentielle dans mon parcours – et qui a été aussi le professeur d’Annik Massis – j’ai découvert que je pouvais vocaliser, chanter du Rossini, du baroque vocalisant. J’ai pris conscience en le travaillant que ce répertoire exigeait une bonne technique, un travail incessant, et ne supporte pas l’à peu près ou la médiocrité. Un rôle comme Conception ou Dinah ne contient pas de vocalises. Bien sûr, il faut jouer sur les couleurs, mais on peut s’en sortir avec une technique moins accomplie. Les deux rôles relèvent un peu de la comédie musicale. Mais Rosine ou même Orsini exigent bien davantage. Le bel canto, ça ne pardonne rien et c’est la meilleure des écoles. Et quand en plus on peut jouer, la joie devient totale.

Quelle importance accordez-vous aux critiques, bonnes ou plus nuancées ?

Je n’en suis pas encore arrivée au stade où je ne les lis plus. Beaucoup de chanteurs prétendent s’en moquer. Moi je les lis toutes. Je pense que ceux qui écrivent ont des oreilles ; ils aiment l’opéra et leur avis est souvent motivé, même si des artistes se confortent en suggérant que certaines critiques sont guidées par des frustrations. Ce n’est pas mon avis. Et quand toutes les critiques sont d’accord entre elles, il y a un fait, dont nous devons tenir compte. Et quand j’ai eu de mauvaises critiques, j’ai toujours été d’accord avec elles. Je n’ai jamais trouvé que j’avais été attaquée de façon gratuite. Donc je lis les critiques et quand elles sont bonnes, cela met tellement de baume au cœur qu’elles donnent de l’énergie.

Parfaite transition. A Glyndebourne, votre interprétation du Prince charmant a été comparée à celle d’Alice Coote. Cette comparaison a dû vous faire plaisir, j’imagine… Avez-vous des références, ou des modèles ?

Vous n’imaginez même pas à quel point cette comparaison m’a fait plaisir. Alice Coote a chanté le Prince à travers le monde. Nous avons une tessiture très similaire. Des choristes à Glyndebourne venaient me voir en me demandant : « On t’a déjà dit que tu ressemblais à Alice Coote ». C’est une artiste que j’admire énormément, aussi pour la variété de son répertoire. Elle a chanté le Prince, Conception, Orsini même, beaucoup de Mozart, Octavian. C’est une référence par la diversité de ses choix et c’est une bête de scène : elle donne. J’ai été hyper flattée d’être comparée à elle.

D’autres modèles ?

Pour la qualité du son, de la musicalité, j’aime beaucoup Christa Ludwig, Janet Baker. Comme beaucoup, j’ai fait ma culture musicale sur des sites comme Deezer par exemple. Christa Ludwig et Janet Baker ayant beaucoup enregistré, ce sont les artistes que j’ai le plus écoutées. J’ai en fait des références pour chaque style ou chaque époque. Ludwig, Baker je les aime surtout dans Schubert, Mahler. La Didon de Jane Baker est fabuleuse ; c’est une merveilleuse baroqueuse. Ludwig c’est essentiellement les lieder. La beauté du son, les couleurs, rien que d’écouter ces interprétations, cela fait du bien aux cordes vocales.
Pour le répertoire italien, j’adore Bartoli. Sa générosité. Chaque fois qu’elle chante, un orgasme se produit. J’ai vu son Alcina au TCE l’année dernière. Je ne m’en suis pas encore remise. Je pleure devant tant de beautés. J’adore aussi Joyce Di Donato. Sa Rosine est une merveille. Pour avoir eu la chance de chanter un tout petit peu avec elle – elle faisait sa première Charlotte en version concert, j’avais un mini mini rôle, j’ai apprécié sa générosité, sa gentillesse : on peut l’aborder, lui demander des conseils. Quand on la voit, on a envie d’être comme elle.
Et je ne veux surtout pas oublier Régine Crespin, pour moi la référence absolue, aussi bien dans l’opéra que dans les mélodies de Fauré, ou les Nuits d’été que je ne peux pas écouter sans pleurer. C’est une déesse. Et Offenbach qu’elle a chanté comme personne. Et j’ai aussi une profonde admiration pour Jane Berbié dont la Conception de L’Heure espagnole est inégalée à ce jour.

2019 sera pour vous l’année Carmen dans deux théâtres : Rouen, et Paris (TCE). Mais dans une adaptation si j’ai bien lu intitulée Carmen, l’Etoile du cirque. Quel est le sens de cette adaptation et comment vivez-vous cette prise de rôle redoutable ?

J’ai déjà chanté une version concert de Carmen au Japon il y a six ans. Cette adaptation a été faite avant tout pour un public scolaire. Les enfants seront préparés dans leurs écoles et participeront : ils chanteront avec nous certains passages, comme la Habanera, Toréador, même Les tringles des sistres. Les chœurs ont été supprimés et ce sont les enfants qui feront l’accompagnement choral. C’est ce qui m’a séduite dans le projet. Je me sens encore trop jeune pour interpréter Carmen. Mais ce projet de formation du jeune public m’a incité à aborder le rôle de façon originale. J’aurais aimé bénéficier enfant d’une pareille initiative, j’aurais rêvé qu’on nous emmène avec mon école à l’opéra. J’aurais aimé que mes camarades de classe comprennent mon amour de l’opéra, alors qu’au contraire on se moquait de moi.

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Crédit Bucciu Colonna D'Istria

Vous serez Orphée de Gluck en mai à Clermont Ferrand, dans la version Viardot/Berlioz. Une nouvelle prise de rôle prestigieuse… Qu’éprouvez-vous ? de la peur ? de l’excitation ? une stimulation ?

Une réelle stimulation. Déjà avec Orsini, on me confie des rôles plus graves que ceux que j’avais abordés. Orphée me permet de faire valoir mes graves. Chérubin, Conception sont des rôles aigus, le Prince c’est très aigu. Et je considère comme une vraie chance de me voir confier ces nouveaux rôles. J’avais commencé à travailler Orphée en préparant le grand air vocalisant « Amour viens rendre à mon âme » pour des auditions, convaincue qu’on ne me confierait jamais le rôle. Et il y a deux ans, Pierre Thirion Vallet, le directeur de l’Opéra de Clermont-Ferrand en m’entendant dans Chérubin a pensé que je pouvais le faire et m’a offert cette possibilité. C’est la prise de rôle que j’attends avec le plus d’impatience. Mon Eurydice sera Judith Fa, superbe soprano, qui était ma Suzanne dans[i] les Noces de Figaro et que je retrouverai avec un grand plaisir. C’est un rôle difficile, c’est du Gluck, il faut savoir rester juste, ne pas déborder. Mais je suis ravie.

Le chant français à l’évidence est riche de multiples jeunes talents, et de grandes promesses. Eprouvez-vous cela vous aussi ? Et quels liens d’amitié, de camaraderie, de fraternité avez-vous tissés avec ces chanteurs de la nouvelle génération ?

Oui. Et il y a une très bonne ambiance entre les chanteurs de cette génération. A Glyndebourne par exemple j’étais le prince d’une jeune mezzo Alix Le Saux. Nous étions en colocation et nous sommes devenues très amies. Les deux mois passés ensemble ont été fabuleux. Sa Cendrillon est sur Internet : allez l’écouter. C’est une merveille. Ambroisine Bré, autre mezzo que je salue et que j’admire. Et plein d’autres encore. Comme par exemple tous ceux qui avec moi ont chanté les Noces à Massy. Et Anas Séguin, le baryton. Ce ne sont pas des collègues, ce sont des amis. Nous sommes comme une bande, les jeunes chanteurs français et on peut être fiers de nous aujourd’hui.

Vous, chanteurs, pouvez être fiers ou nous, français, pouvons être fiers ?

Ah ! Oui… Vous pouvez être fiers de nous. Le métier est difficile. Nous devons nous serrer les coudes. Il y a plus de chanteurs aujourd’hui pour moins de travail. La situation est compliquée ; il y a moins d’argent. Et entre nous, beaucoup de compréhension et de fraternité.

Le Capitole de Toulouse vous accueille pour une prise de rôle, Orsini dans la Lucrezia Borgia de Donizetti. Quelles affinités avez-vous avec le personnage et surtout avec cette musique ?

La même affinité que chacun peut éprouver avec le bel canto, qui est de l’ordre de l’organique. C’est un baume pour la voix. C’est du miel à gouter tous les jours. Il y a un style à respecter, mais cela reste une évidence, naturelle. Et tellement agréable et beau. Et mon personnage, c’est un Chérubin un peu plus âgé, qui s’est assumé, affirmé, totalement épicurien, extraverti et j’aime ce caractère qui me permet de m’exprimer. .

Chérubin, Le Prince de Cendrillon, Orsini sont des rôles de travestis. Eprouvez-vous une difficulté ou un plaisir supplémentaires à jouer/chanter ce type de rôle ?

Un très grand plaisir. Beaucoup de filles ont en elles une masculinité à exprimer. Et ces rôles en pantalon me permettent de l’affirmer totalement. J’aime ça. J’aime être garçon, non pas jouer au garçon, mais assumer cette part de garçon qui est en moi. Je n’ai pas du tout un physique androgyne. Je suis une fille avec des formes. Et j’aime montrer aussi aux gens que cela ne veut rien dire. Ce que l’on est ne dépend pas de notre physique. J’ai un corps caméléon et je prends plaisir à le montrer. Le chant, être sur scène, c’est ma façon à moi de tout dire.

Y compris ce qu’on cache.

Y compris ce qu’on cache. Exactement.

Si vous deviez solliciter un rôle auprès des directeurs de théâtre, de Christophe Ghristi par exemple, quel vœu exprimeriez-vous ?

Je n’en ai pas. Je n’ai aucune idée. Je laisse les propositions me surprendre. Par chance, beaucoup de possibilités se sont ouvertes à moi. Orsini c’est un très beau cadeau. Dinah a été un rôle magnifique. Je vais faire Carmen, Orphée, un Haendel. Les directeurs m’entendent. S’ils pensent à un rôle pour moi, qu’ils parlent. J’en serais ravie.

En marge des représentations de Lucrezia Borgia, vous donnez le 31 janvier un récital d’une heure dans les Midis du Capitole. Comment avez-vous conçu votre programme ?

Comme je fais assez peu de récitals, c’était l’occasion pour moi d’ouvrir un vaste horizon. Je l’ai intitulé « Voyage à travers l’Europe et le temps ». De la musique de la Renaissance jusqu’à la musique du XX° siècle. En mêlant airs d’opéras (Chérubin, Rosine) et mélodies (Purcell, Schubert, Wolf, Fauré, Poulenc, Britten, Honegger).

Vous avez évoqué un projet Haendel. Pouvez-vous en dire plus ?

Je fais l’année prochaine mes débuts à l’opéra de Karlsruhe en Allemagne dans un opéra d’Haendel, Tolomeo. Et l’année suivante, je vais entrer en troupe pendant six mois à l’opéra de Klagenfurt en Autriche et je chanterai Ruggero dans Alcina, et j’attends ce rôle avec une grande impatience.

Quels sont les projets déjà signés que vous pouvez évoquer ?

Cette saison nous avons tout recensé… ou presque. Le rôle de Rosette dans Manon de Massenet avec Juan Diego Florez au TCE. Des concerts avec l’ensemble Accentus, un concert de musique sacrée française du XIX° siècle à Rouen en collaboration avec le Palazzetto Bru Zane. Je vais enregistrer un disque Chausson avec l’ensemble Musica Nigella avec lequel j’avais chanté Carmen au Japon. Ce seront des mélodies de Chausson avec notamment La Chanson perpétuelle : ce sera mon premier disque. Et je terminerai la saison avec une version concert de Lucrezia Borgia au Tchaïkovski Hall de Moscou. Ensuite des concerts avec l’ADAMI puisque j’ai été Révélation 2018 ADAMI . Puis en 2020, Chérubin au TCE, Tolemeo de Haendel. Et j’ai un projet Reynaldo Hann avec le Palazetto Bru Zane. Mais je ne peux pas en dire plus. Un concert de musique baroque en Autriche. Stefano dans le Roméo et Juliette de Gounod en version concert au TCE et à Montpellier.

Vous êtes nommée avec Ambroisine Bré et le baryton basse Guilhem Worms pour les Victoires de la Musique dans la catégorie Révélations Artiste lyrique qui seront décernées le 13 février prochain à la Seine Musicale. Vivez-vous cela comme une reconnaissance, un encouragement, un défi ?

Un mot sur mes camarades. Guilhem Worms est une superbe basse : allez l’écouter et en plus d’être un super artiste, c’est une superbe personne. Tout comme Ambroisine.
En toute honnêteté, je ne pensais jamais être dans les trois finalistes. En écoutant tous les autres jeunes chanteurs français, je me pose toujours la question : « Pourquoi moi ? ». Je me sens extrêmement chanceuse, donc extrêmement heureuse. Je suis très reconnaissante envers les Directeurs qui m’engagent. Mais là, c’est une autre partie de la profession qui me reconnait et m’encourage et je leur suis très reconnaissante. Pour ces Victoires, j’ai chanté l’air de Rosine et Au bord de l’eau de Fauré en hommage en quelque sorte à Régine Crespin et aussi parce que Fauré a été le professeur de piano de mon arrière-grand-mère. Même perdue au milieu de sa Corse, sans accès au train, elle faisait un long périple pour aller prendre sa leçon de piano à Paris tous les mois avec Gabriel Fauré. Et elle était réputée parce que elle était une très bonne pianiste.

Voilà une bien belle chute pour cet entretien. Grand merci à vous.

Jean Jordy

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Re: Entretien avec Eléonre Pancrazi

Message par JdeB » 21 janv. 2019, 12:15

Merci pour cette interview
Il faut l'envoyer à Oylandoy pour qu'elle figure dans la partie Dossiers.
"Si tu travailles avec un marteau-piqueur pendant un tremblement de terre, désynchronise-toi, sinon tu travailles pour rien." J-C Van Damme.
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Re: Entretien avec Eléonre Pancrazi

Message par jeantoulouse » 21 janv. 2019, 12:17

C'est fait.

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Re: Entretien avec Eléonre Pancrazi

Message par micaela » 21 janv. 2019, 12:35

Très bel entretien avec cette jeune artiste, à qui le succès ne semble pas monter à la tête.
Jolies anecdotes, au passage, que l'histoire de son arrière-grand mère qui fut l'élève de Fauré et sa rencontre avec Savary.
Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Pensée shadok

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Re: Entretien avec Eléonore Pancrazi

Message par jerome » 22 janv. 2019, 07:17

Je confirme! Rien à voir avec l'arrogance d'une Dreisig à qui elle aurait des leçons d'humilité à donner!
Bravo!

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Re: Entretien avec Eléonore Pancrazi

Message par micaela » 13 févr. 2019, 23:41

Et sa réaction en recevant sa victoire de la révélation lyrique confirme : fraîcheur et spontanéité, et aucune prétention. C'était un peu long, ses remerciements, mais sympathique.
Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Pensée shadok

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Re: Entretien avec Eléonore Pancrazi

Message par houppelande » 14 févr. 2019, 08:55

Un peu long ? C'était interminable et emberlificoté. Elle a d'ailleurs dû être coupée au moment où elle voulait rendre hommage à ceux et celles, aujourd'hui disparus, qui l'ont aidée dans sa jeune carrière, mais ce qui devait être un hommage touchant a croulé sous les rires de l'assistance qui la voyait se dépêtrer dans une succession de digressions, d'additions, de retours en arrière, alors qu'elle avait annoncé ne pas vouloir passer trop de temps dans ses remerciements ! Il faudra qu'elle apprenne à gérer son émotion, mais en dehors de ce petit grain de sable d'ailleurs amusant dans une mécanique trop huilée, elle est fort sympathique et talentueuse.

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Re: Entretien avec Eléonore Pancrazi

Message par Wim » 14 févr. 2019, 10:01

Et dire qu'on n'a rien préparé parce qu'on n'avait jamais pensé gagner alors qu'on est parmi 3 nominés, franchement...

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Re: Entretien avec Eléonore Pancrazi

Message par micaela » 14 févr. 2019, 10:11

Elle a sans doute pensé à ce qu'elle dirait au cas où, mais , peut-être que, contrairement à d'autres (id pour toutes les cérémonies de ce type), elle n'avait pas rédigé (ou fait rédiger) un texte qu'elle n'avait plus qu'à lire ou réciter. Sinon, elle ne se serait pas emmêlé ainsi les pinceaux.
On peut aussi penser que l'émotion lui a fait quelque peu oublier ce qu'elle avait préparé.
Peu importe, en fait : ça restait sympathique sur le fond.
Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Pensée shadok

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Re: Entretien avec Eléonore Pancrazi

Message par dessoles » 15 févr. 2019, 13:58

Je ne connais mme Pancrazi que sur son interpretation d'Orsini au Capitole....et apres l'avoir entendu dans l'Italienne lors des victoires, au dela de la beaute du timbre, me reste toujours cette insuffisance de projection et de puissance...qui ote aux interpretations l impact et l equilibre dans les ensembles ou les duos....

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