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Rossini after Rossini (Brepols, 2020)

Posté : 16 août 2020, 09:24
par JdeB
Rossini after Rossini. Musical and Social Legacy, études réunies par A. Jacobshagen (ed.), Brepols, 2020, 436 p.
115 euros


Arnold Jacobshagen, Preface

Rossini’s literary reception
Jehoash Hirshberg, The Appreciation of Rossini: Two Phases
Arnold Jacobshagen, Final Curtain: Commemorating Gioachino Rossini
Matthieu Cailliez, Ricezione di Rossini nella stampa musicale internazionale tra il 1868 e il 1918
Renato Ricco, «Dominio del genio» versus «agilità dell’estro»: Giuseppe Rovani di fronte a Gioachino Rossini
Stéphane Lelièvre, «Rossini» de René Fauchois (1920), ou quand le compositeur monte sur scène

Rossini on the International Stage
Paolo Fabbri, «Zelmira», un’opera da esportazione?
Marco Beghelli, Singing Bodies: The Visual Metamorphosis of Rossini’s Arnold from «Canto di grazia» to «Belting»
Vesa Kurkela – Markus Mantere, Rossini in the Grand Duchy of Finland: A Review of Public Reception in the 19th Century
Agnieszka Muszyńska-Andrejczyk, Rossini and Poland: Libretto Translations and Presence in Polish Theatres in the Past and Today
Vjera Katalinic, Rossini on the Musical Stage in Zagreb (1850-1880): Repertoire and Reception
Miguel Angel Ríos Muñoz, Rossini en español, la transformación de ópera en zarzuela
Víctor Sánchez Sánchez, «Resilience» rossiniana nel furore wagneriano a Madrid (1875-1910)

Rossinian Influence on Other Musicians
Tom Mébarki, Rossini: un (post)moderno? Dal classicismo al neoclassicismo. Il potenziale rossiniano nell’estetica musicale neoclassica: il potenziale neoclassico nell’opera buffa rossiniana
Maria Birbili, Rossini in Meyerbeer
Federico Gon, «Oh! It’s a Great Thing to be Rossini»: Verdi from the «Sinfonia in Do» to «Un giorno di regno»
John Lam Chun-fai, «Gamme chinoise» as Rossinian Notion
Roberto Scoccimarro, «Hovering Above Profundity with Smiling Lightness»: Lines of Affinity between the Aesthetics of Ferruccio Busoni and the Comic Theatre of Rossini

Rossini Renaissance
Zoila Martínez Beltrán, «Rossini’s Rosina Resists the Test of Time»: A 20th-century Spanish Soprano Generation Focused on «Il barbiere di Siviglia»
Olga Jesurum, La riscoperta del «Turco in Italia». Dal Teatro Eliseo al Teatro alla Scala
Marco Pollaci, The Revival of Rossini and His Critical Reception in Italy between 1950 and 1960
Reto Müller, «Il viaggio a Reims»: The Cult Opera of the Rossini Renaissance
Arnold Jacobshagen, Beyond the Renaissance: Rossini Today


Les livres sur la fortune artistique des musiciens se multiplient depuis les bicentenaires conjoints de Wagner et de Verdi (1813-2013) mais celui-ci fera date.
Il suit la destin post-mortem du Cygne de Pesaro et de son oeuvre, de son lit de mort à aujourd'hui (ou presque). Bien vaste sujet !
On aurait aimé en savoir plus sur le rôle de Conchita Supervia dans une première Rossini Renaissance avec le retour sur les scènes de Cenerentola (Bologne 1921) et de l'Italiana in Algeri (Turin 1925 puis Paris), sur le biopic de Mario Monicelli et lire une esquisse de bilan du festival de Pesaro depuis sa création, mais le phénomène est traité avec une érudition sans pédantisme ni amphigouri et force précisions.

Rossini "Il tedeschino" est apparu, dans une première phase de sa postérité, comme l''héritier direct de l'école germanique classique (Mozart, Haydn, Beethoven, Gluck) et un emblème de l'anti-wagnérisme (thèse relayée jusqu'en 1942 par Stravinski), mais aussi comme l'incarnation de l'esprit italien tout de paresse, d'insouciance, d'épicurisme, de goût pour l'aventure, de passion des aventures avec de belles femmes et d'amour viscéral pour la mamma (aspect mis en valeur par René Fauchois dans sa pièce de 1920 parfaitement analysée par Stéphane Lelièvre).

Rossini avait prévu qu'il resterait de lui son Barbier et son Otello et l'avenir lui a donné partiellement raison.
Si son Otello a été largement éclipsé par celui de Verdi, son Barbier s'est maintenu sans discontinuer au grand répertoire, sur toute la planète. il est intéressant de savoir qu'il a été entendu à Zagreb en quatre langues; d'abord en allemand, puis en italien, puis en hongrois en 1860 et enfin en croate après 1870 (p. 195).
C'est finalement son Guillaume Tell qui a conservé une certaine présence à l'affiche comme l'affirme Matthieu Caillez :"il periodo compreso tra il 1868 e il 1918 corrisponde alla fase di canonizzazione di due opere di Rossini, Il barbiere di Siviglia e Guillaume Tell (...)" Durant cette époque, ce Grand Opéra a été défendu par d’illustres ténors comme Tamberlinck, le créateur de Don Alvaro, et Tamagno, le créateur du Maure de Venise selon Verdi, qui chanta, par exemple, Arnold à Madrid au printemps puis à l'automne 1886, en novembre 1887, en février et mars 1892, idem l'année suivante (p. 223) soit 23 fois en tout.
Toutefois la fortune de cet opéra est loin d'être bien connue et je me suis aperçu par exemple qu'il n'avait jamais été donné à Monte-Carlo avant une date fort récente alors que le Barbier y a été monté très souvent depuis 1881 avec des légendes comme Patti, Melba, Schipa, Chaliapine, Mc Cormack, Battistini, ... A la Scala il ne fut redonné qu'en 1880 et en 1898 (sous la direction de Toscanini). Au Teatro Real de Madrid, pour la période 1875-1910, Guillaume Tell totalisa 55 représentations loin devant Semiramide (16) et Otello (13) mais cependant près de trois fois moins que le Barbier qui culmine à 142 levers de rideau.

Pour finir, livrons à notre réflexion cette analyse d'Alberto Zedda : "On cite Rossini comme le dernier des classiques. On n' a pas mesuré à quel point son goût du jeu, de l'image indirecte, de l'ironie, de la symbolique musicale sont modernes. C’est le révolution faite avec le sourire. Les références à la tragédie grecque et aux grands classiques aident moins pour le comprendre que les peintures de Paul Klee, Miro ou Kandinsky".

Jérôme Pesqué

Re: Rossini after Rossini (Brepols, 2020)

Posté : 29 août 2020, 10:13
par JdeB
je viens de publier mon compte-rendu de cet important ouvrage.