Evolution de la politique tarifaire de la Bastille sur vingt ans

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Re: Evolution de la politique tarifaire de la Bastille sur vingt ans

Message par paco » 07 déc. 2018, 10:58

JdeB a écrit :
07 déc. 2018, 10:03
Moi je suis d'accord avec Lucas, on donne trop à l'ONP et pas assez aux maisons de province
C'est vrai, mais la réaction de Lucas est irréaliste et utopiste : si on supprime les subventions à l'ONP, il ne faut pas rêver : elles ne seront jamais redistribuées aux opéras de province, car de toute façon l'opéra c'est ringard. L'argent servira à construire de nouveaux stades ou à financer des festivités d'arts de la rue et autres pratiques plus branchées...

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Re: Evolution de la politique tarifaire de la Bastille sur vingt ans

Message par David-Opera » 07 déc. 2018, 11:35

Si l'on détournait les subventions de l'ONP vers la province, les villes est les régions réduiraient d’autant leur contribution pour l'investir effectivement ailleurs (stades, services public etc.).
Cela n'améliorerait donc pas la situation des institutions lyriques, mais cela favoriserait le développement d'autres activités, tout en affaiblissant l'attractivité de Paris. A voir si globalement tout le monde serait gagnant.

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Re: Evolution de la politique tarifaire de la Bastille sur vingt ans

Message par PlacidoCarrerotti » 07 déc. 2018, 11:42

JdeB a écrit :
07 déc. 2018, 10:03
Lucas a écrit :
06 déc. 2018, 17:39
David-Opera a écrit :
06 déc. 2018, 17:33
Cherche par toi même le nombre de spectateurs en province, et tu verras qu'il y en a moins qu'à Paris.
Normal puisque tous les opéras ferment ou tournent au ralenti

Amuse toi à comparer le nombre de représentations d'opéra qu'il y avait à Nice à l'époque des Médecin et aujourd'hui et tu m'en donneras des nouvelles.

Bilan des courses : tous les amateurs d'opéra courent à Monaco. Ce n'est pas forcément la demande qui fait défaut mais l'offre.
Saison de JA Cartier à Nice 1994/1995 : 9 opéras dont Mefistofele en vc, et 2 récitals (Berganza, Van Dam) et presque que des raretés ! I Due Foscari, Mefistofele, Il Telemaco de Scarlatti, L'incontro improviso de Haydn, Otello de Rossini. Parmi les solistes : N. Miricioiu, S. Estes, F. Araiza, L. Cuberli, C. Merritt, R. Blake, ...Et une vraie saison de ballet
41 levers de rideau pour le lyrique !

Aujourd'hui, 5 titres dont une Vc (Damnation de Faust) et un récital Nucci. Que des opéras très connus sauf Rake's progress

On pourrait en dire autant pour Montpellier (13 titres durant la saison 95/95 plus des récitals), Tours, Metz ou Avignon.

Moi je suis d'accord avec Lucas, on donne trop à l'ONP et pas assez aux maisons de province
Mais est-ce qu'il y a un public en province, ou c'est juste des gens qui s'emmerdent ?
La situation est sûrement contrastée et j'ai l'impression que c'est dans le sud que c'est le pire, alors qu'autrefois les saisons étaient brillantes.

Les deux dernières fois où je suis allé à Nice (Dialogues et Aida) la salle n'était pas pleine, le parterre était rempli de cheveux bleus. A Marseille (Les Troyens la dernière fois), le public est comme le bâtiment : en ruine.
A Toulouse, la salle était à moitié vide pour Le Prophète (donc ça ne sert à rien de proposer quelque chose de différent).

Au moins à Bastille, toutes les tranches d'âge sont à peu près représentées : les vieux de demain sont en partie déjà là.
Dans le sud, ça fait penser au Met d'il y a quelques années : j'ai l'impression que, tous les ans, l'âge moyen du public prend un an.
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Re: Evolution de la politique tarifaire de la Bastille sur vingt ans

Message par JdeB » 07 déc. 2018, 11:57

oui, cela fait des années que je titre la sonnette d'alarme sur l'extrême vieillissement du public méridional
C'est devenu là-bas une affaire de retraités, les moins riches "vont au Met" (cinémas) et les plus riches voyagent à l'étranger pour l'opéra + Aix et Orange l'été

je vais vous raconter une anecdote. Un jeune modèle, étudiant en école de commerce de Bordeaux, me demande, à l'issue d'une interview, des conseils sur sa com". Je lui réponds "monte en gamme ! Des photos à la plage, en salle de muscu, en boite, c'est banal pour des jeunes de ton âge (il a 23 ans), fais des choses inattendues, comme dans des galeries d'art ou à l'opéra"
Il me rétorque "bof, l'opéra, tout le monde peut y aller, c'est à 10 euros pour les jeunes, donc c'est pas vraiment valorisant quoi" :mrgreen: :eyes: :?: :cry:
"Si tu travailles avec un marteau-piqueur pendant un tremblement de terre, désynchronise-toi, sinon tu travailles pour rien." J-C Van Damme.
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Re: Evolution de la politique tarifaire de la Bastille sur vingt ans

Message par paco » 07 déc. 2018, 12:12

JdeB a écrit :
07 déc. 2018, 11:57
je vais vous raconter une anecdote. Un jeune modèle, étudiant en école de commerce de Bordeaux, me demande, à l'issue d'une interview, des conseils sur sa com". Je lui réponds "monte en gamme ! Des photos à la plage, en salle de muscu, en boite, c'est banal pour des jeunes de ton âge (il a 23 ans), fais des choses inattendues, comme dans des galeries d'art ou à l'opéra"
Il me rétorque "bof, l'opéra, tout le monde peut y aller, c'est à 10 euros pour les jeunes, donc c'est pas vraiment valorisant quoi" :mrgreen: :eyes: :?: :cry:
Excellent ! :lol:

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Re: Evolution de la politique tarifaire de la Bastille sur vingt ans

Message par MezzoPower » 07 déc. 2018, 14:09

Lucas a écrit :
06 déc. 2018, 15:35
xavierscriabine a écrit :
06 déc. 2018, 15:20
Lucas a écrit :
06 déc. 2018, 14:38
Les feux de l'actualité permettent de mieux cerner certaines réalités sociales et financières qu'on a trop tendance à occulter :
4- La nourriture pas loin de 500 euros/personne
Tu manges où?
Une moyenne de 15 euros par jour, est-ce si énorme à moins de bénéficier d'une cantine d'entreprise ou de nombreux tickets-restaurant ...
Bien sûr que c'est énorme 15€ par jour ! On voit que tu ne connais pas ceux que tu cherches à défendre.

En 2017 :
"Le budget alimentaire des français en 2017 est fortement disparate. Le panier moyen se situe entre 213€ et 558€ pour les dépenses alimentaires d’un ménage français.

Sur toute la population française, on estime que le budget alimentaire pour un français est de 295€ par mois en moyenne. Ces chiffres incluent les courses au supermarché, les consommation dans les restaurants et fast-food et les bars. Cela comprend également les dépenses en pause déjeuner, cantine scolaire ou d’entreprise."

L'exemple de 500€ c'est pour le haut du panier, certainement pas ceux avec des bas salaires.
Ceci dit, ce n'est que pour information, cela ne change pas forcément ton raisonnement global.

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Re: Evolution de la politique tarifaire de la Bastille sur vingt ans

Message par Lucas » 07 déc. 2018, 15:03

MezzoPower a écrit :
07 déc. 2018, 14:09
L'exemple de 500€ c'est pour le haut du panier, certainement pas ceux avec des bas salaires.
Ceci dit, ce n'est que pour information, cela ne change pas forcément ton raisonnement global.
Tu as certainement raison. Pas plus qu'on a besoin d'être noir pour être contre le racisme ou juif pour rejeter l'antisémitisme, il n'est nécessaire d'être pauvre pour avoir une certaine empathie pour les foyers les plus modestes et appeler de ses vœux une réduction des inégalités.

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Re: Evolution de la politique tarifaire de la Bastille sur vingt ans

Message par JdeB » 07 déc. 2018, 15:08

Enfin, c'est chez les bas salaires que la part du budget dévolue à l'alimentation est la plus élevée...
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Message par xavierscriabine » 07 déc. 2018, 15:21

Lucas a écrit :
07 déc. 2018, 15:03
MezzoPower a écrit :
07 déc. 2018, 14:09
L'exemple de 500€ c'est pour le haut du panier, certainement pas ceux avec des bas salaires.
Ceci dit, ce n'est que pour information, cela ne change pas forcément ton raisonnement global.
Tu as certainement raison. Pas plus qu'on a besoin d'être noir pour être contre le racisme ou juif pour rejeter l'antisémitisme, il n'est nécessaire d'être pauvre pour avoir une certaine empathie pour les foyers les plus modestes et appeler de ses vœux une réduction des inégalités.
Non mais il est nécessaire d'avoir une connaissance du prix des choses… 500 euros pour manger, 500 euros pour un loyer, et il n'y a plus rien pour payer l'électricité ou une connexion internet...

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Re: Evolution de la politique tarifaire de la Bastille sur vingt ans

Message par xavierscriabine » 07 déc. 2018, 15:21

JdeB a écrit :
07 déc. 2018, 15:08
Enfin, c'est chez les bas salaires que la part du budget dévolue à l'alimentation est la plus élevée...
Je ne sais pas, je suis en-dessous du salaire moyen, et je ne dépense pas du tout 500 euros par mois pour manger...

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