Opéra, mondanités et escroqueries: le scandale Alberto Vilar

Actualité, potins, débats.
Répondre
Montfort
Ténor
Ténor
Messages : 706
Enregistré le : 22 mai 2005, 23:00
Localisation : Paris XVI

Opéra, mondanités et escroqueries: le scandale Alberto Vilar

Message par Montfort » 17 juin 2005, 17:47

La scène musicale et sociale new yorkaise vit actuellement un événement hallucinant : Alberto Vilar, le mécéne prodigue et la coqueluche des soirées de l'Upper East Side est en prison pour escroquerie, et lui qui a dépensé quelques 250 Mo $ pour le mécénat lyrique lutte pour rassembler 4 Mo comme caution pour sa liberté provisoire.

Ce financier américain, qui a (avait ?) fait fortune dans la gestion des investissements dans la haute technologie s'est, au cours des dernières années présenté comme un milliardaire ammoureux de l'art lyrique et de la musique : sa réputation a franchi les mers, et si il a surtout concentré son attention sur des institutions US,(le Met, L-A Opera...) il a aussi donné à Covent Garden, Vienne, Salzbourg, le Mariinski : ses contributions portaient à la fois sur des spectacles, mais aussi notamment l'installation dans d'autres theatres du systéme de sous-titrage sur le siège des fauteuils en activité au Met.
Les coups de semonces ont été nombreux, un des plus significatifs étant sa radiation par le Met de la liste des "patrons" pour ne pas avoir honoré un engagement de versement de 20 Mo.
Les choses sont réellement devenues sérieuses lorsq'aprés avoir été interrogé par la justice fédérale, il a été incarcéré et inculpé pour fraude, escroquerie et manipulation de cours : l'enquéte aurait débuté sur la plainte d'un de ses actionnaires qui le soupçonne d'avoir détourné 5 Mo sur ses investissements, mais selon certaines sources la justice soupçonnerait que la majeure partie des fonds du mécénat (# 200 Mo) comme ayant des origines frauduleuses, en fait l'argent de ses actionnaires : la justice a mis à jour un systéme de sociètés parallèles localisées dans des paradis fiscaux susceptible d'avoir permis les fraudes ; le luxueux appartement new yorkais de 30 pièces a été saisi par le Trésor pour cause d'impots impayés.
Alberto Vilar clame son innocence, mais les commentaires de la presse sont dubitatifs à cet égard.

La relation de ces événements ne vise pas à transformer ODB en gazette mondaine, mais il faut bien admettre que l'événement est d'une certaine magnitude : la scène lyrique américaine (qui est la première au monde) ne peut absolument pas fonctionner sans les mécènes : il n'y a pas de budget public pour les institutions culturelles et les sommes en cause concernant Vilar dépassent le budget annuel d'un thèatre d'une bonne dimension.

Montfort

PS : si certains d'entre vous sont familiers du fonctionnement économique des acteurs de l'art lyrique (theatres, agents, organisateurs de spectacles..), je serais intéressé à échanger des idées et des informations - l'interet du livre de Breslin sur Pavarotti réside aussi dans cette dimension.
M.
Eccomi alfine in Babilonia

Avatar du membre
JdeB
Administrateur ODB
Administrateur ODB
Messages : 21058
Enregistré le : 02 mars 2003, 00:00
Contact :

Re: Opéra, mondanités et escroqueries: le scandale Alberto V

Message par JdeB » 17 juin 2005, 18:39

Montfort a écrit : le luxueux appartement new yorkais de 30 pièces a été saisi par le Trésor pour cause d'impots impayés..
M.
décoré de 8 statues de Mozart

Ajoutons que Vilar a été pendant longtemps le principal mécène d'Operalia

Il s'est constitué à vil prix une superbe collection de disques en tant que soldat US dans l'Allemagne occupée

Gall n'a jamais cédé à ses sirènes

Répondre