Réhabiliter les Pêcheurs de perles

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tristan
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CHATELET 82...

Message par tristan » 08 févr. 2005, 22:08

Il y avait, de mémoire.....je peux me tromper....JOHN BRECKNOCK,JEAN PHILIPPE LAFONT et YVONNE KENNY......dans une très belle production de P.L.PIZZI avec de beaux "nocturnes".....

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Message par Friedmund » 09 févr. 2005, 00:46

Xavier a écrit :Pour terminer, avec ce duo, il en existe une version enregistrée dans les années 50 par Jean Borthayre et Libero de Luca. Cette captation avait été faite dans le cadre d'un 33t consacré par Decca à des extraits de deux opéras, un sur chaque face, dont Janine Micheau, la star maison, était la principale protagoniste. Il s'agissait des Pêcheurs bien sûr et de Mireille. On retrouve ce duo Borthayre-Luca dans de nombreuses compilations cd commercialisées par Decca. C'est selon moi le meilleur de la discographie.
Ah pour moi, ce duo c'est avant tout l'enregistrement Bjorling-Merrill. Je ne sais pas si Bjorling a un jour mieux chanté que là, et ce n'est pas peu dire... Un de mes must.

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Message par yves » 09 févr. 2005, 09:14

pepe70 a écrit : mais j'ai aussi la version Fournet avec Alarie et Simoneau : de toute beauté !!! rééditée en CD double chez Philips (seul le titre du Cd choque un peu : The Pearl Fishers, mais bon.
oui c'est celle que j'ai, mais le titre a été modifié: j'ai bien "le pecheurs de perles" en français. L'enregistrement est de 53, mais le cd de 92.( je disais vieux cd parcequ'ils étaient plus solides, plus épais alors)
quelqu'un a dit (et je ne douterais pas de sa parole) que c'était Vanzo qui chantait cet extrait illustré sur la Cinq pour son "opéra imaginaire" (le nom m'est revenu à l'instant). Cette version de fournet propose un nadir qui y ressemble enormement. C'est pour cela que je demandais si ce timbre particulier (et peut etre s'avererait etre un artefact d'enregistrement ancien???) était un timbre typique de l'époque et du genre ?.
merci pour vos lumieres.

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Message par PlacidoCarrerotti » 09 févr. 2005, 19:04

valery a écrit :
PlacidoCarrerotti a écrit :

Au chapitre discographisue, ne pas oublier le grand Alfredo Kraus qui ravira les allergiques à la voix de tête puisqu'il chante tout en voix de poitrine, même les piani.
(Je t'aime Alfredo !!!)
BRAVO A XAVIER ET PLACIDO! Vous êtes le disque dur d'ODB! Une question? ils trouvent la réponse.
Oui, ne pas oublier Kraus et Devia à Bilbao en 1981, je crois? Kraus nous cloque :P des contre ut là où il n'y en a pas!
Merci ! Merci !

En fait, il y a bien sûr ce live de Parme, mais il y a surtout un studio plus ancien et plus "propre" avec Sesto Bruscantini, Adriana Honnissoiki Maliponte et Antonio Campo, dirigée par Carlo Felice Cillario.
C'était édité par Bongiovanni, sous le titre "I Pescatori di Perle", mais c'était chanté en français.

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Message par PaoloAlbiani » 11 févr. 2005, 09:18

Dans la série des Pécheurs de Perles historiques, vous pouvez trouver celui de la Scala en 1961 avec Alfredo Kraus et Giuseppe Taddei.
Cette version, moins idiomatique que les autres, est cependant électrisante sur le plan vocal

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Message par JdeB » 11 févr. 2005, 09:43

C'est vrai !
Un régal...
Mais le live commercialisé date du 3 novembre 1960 :wink:

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Re: CHATELET 82...

Message par Ouf1er » 12 févr. 2005, 01:24

tristan a écrit :Il y avait, de mémoire.....je peux me tromper....JOHN BRECKNOCK,JEAN PHILIPPE LAFONT et YVONNE KENNY......dans une très belle production de P.L.PIZZI avec de beaux "nocturnes".....
Et je viens de réaliser que le DVD de la Fenice (avec Massis...) est une reprise de cette prodution de Pizzi.

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pêcheurs de perles

Message par emji » 26 févr. 2005, 20:17

Bon j'ai un peu parcouru ce fil, et je suis étonné de ne pas voir de citation de la version Gedda/Blanc/Micheau dirigée par Pierre Dervaux dans les années 60 (EMI); pour moi (et pour d'autres une des plus belles versions existante de ce délicat petit chef d'oeuvre...
Car effectivement, "Les Pêcheurs de Perles" est une bien belle partition, et je ne comprends pas pourquoi il convient de faire la fine bouche au profit de "Carmen" (qui est bien évidemment un chef d'oeuvre).
(D'ailleurs, l'an dernier, cette oeuvre fit l'objet d'une de mes conf. que je fais sur Aix et Salon).
8O
En tout cas, cela fait plaisir de voir que l'on est nombreux a apprécier cette oeuvre (je ne sais à quoi jouent les dirlos de théâtre, à prétexter que l'oeuvre est vieillote, désuette; car non seulement sa richesse mélodique est indiscutable et son "parfum" exotique à souhait, mais c'est un opéra moins cher à monter que d'autres -Paul Ethuin, grand chef d'orchestre hélas un peu oublié de nos jours, disait que, après avoir monté la "Salomé" de Strauss à Rouen,il avait programmé "Les Pêcheurs..." car cela permettait aux caisses du théâtre de "se reposer!!-:wink:
POur ce qui est des autres opéras de Bizet, "Djamileh" est une pure merveille, et en plus c'est drôle; il existe plusieurs versions, dont une je crois aujourd'hui indispo. (Popp/...Bonisolli(!)/Lafont, dirigée par Gardelli),
et une autre, récente, dirigée par un chef qui fait beaucoup pour la musique française: Jacques Mercier, avec une M.A.Todorovitch superlative/Jean-Luc Maurette excellent, et -comme toujours- un François Leroux haut en couleurs...On l'aura comprit, une des meilleures versions à ce jour.
L'oeuvre est très courte, quoiqu'un peu construite bizarrement, mais là aussi, croyez-moi, dépaysement et rêve assuré. :roll:
(Mais le rêve des pays lointains était un peu la signature de Bizet non ?
(comme d'un Delibes, dont "Lakmé" est à mon sens le pendant des "Pêcheurs..."
A Bon entendeur, amicalement à tous
EMJI :D

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Les Pêcheurs de perles : le livret

Message par DavidLeMarrec » 01 avr. 2005, 13:21

Chers ODBiens, j'ai suivi avec beaucoup d'intérêt ce fil. Et, comme un accident peut toujours arriver, je me suis mis à réfléchir.
(et puis, il paraît que c'est très tendance, en ce moment, d'être sérieux)
...à réfléchir, disais-je. Ce qui, comme vous pouvez le constater, peut prendre un certain temps.

En effet, je lis avec une fréquente récurrence répétée que les Pêcheurs de Perles sont un opéra charmant, avec un livret hélas indigent.




D'une part, je ne pense pas que la musique de cet opéra soit seulement charmante. Par exemple, j'ai été étonné, venant d'admirateurs de Bellini, Verdi et Gounod, de lire qu'il y avait des "facilités rythmiques" (disait Vincent) dans la partition, le pendant de jolies mélodies. J'ai eu beau écouter (trois fois dans la journée de samedi) l'opéra, je ne trouve rien de particulièrement criant. Y aurait-il des exemples qui pourraient m'éclairer?
<mon oreille mise à nu> A titre personnel, ce qui fait la qualité de l'opéra, ce sont souvent ses récitatifs. Rien d'étonnant alors à ce que je trouve que Thora på Rimol (de Borgstrøm), L'Heure espagnole ou Die Gezeichneten soient des oeuvres majeures, idéales même, ou à ce que je n'écoute que la version Guiraud de Carmen. </mon oreille mise à nu> Dans ce cadre-là, Les Pêcheurs de perles constitue aussi une éclatante réussite. Le texte y est servi d'une manière royale, à défaut d'être, il est vrai, fortement porteuse de sens.




D'autre part, et c'est là-dessus que je souhaiterais insister, on aime volontiers répéter que le livret en est faiblard. Eh bien moi, je suis assez convaincu du contraire.

Il faut bien se mettre dans l'idée, je crois, que l'opéra n'est pas toujours le lieu de la création littéraire réussie - et l'est plutôt rarement, d'ailleurs. Autant, si l'on se place dans l'optique proposée par Kat dans son fil Opéra, Lied et littérature (paru aux éditions ODB, collection "Pas droit aux chanteurs"), on peut évaluer le degré de ressemblance, de fidélité, ou d'efficacité (même détournée) entre une oeuvre littéraire et le livret qui en est issu, autant, pour une oeuvre comme Les Pêcheurs de perles, il faut se pencher sur la seule utilité du livret à la cause musicale. A ce titre, est-il besoin de rappeler que Hugo le récalcitrant (colère contre les adaptations, tentative d'interdiction d'Ernani*), en fournissant à Mlle Bertin son livret, sans doute pour complaire à un père bien utile, a pris toutes les précautions utiles pour écarter son livret de la sphère littéraire, comme un sous-genre soumis à la musique, en nulle manière reflet de son travail d'écrivain. Alors qu'on aurait pu imaginer que, tout en prenant ses précautions, il puisse aiguiller le lecteur vers l'original. On peut consulter cet avertissement dans le fichier proposé par ODB, section "livrets".
CORYPHEE : Qu'est-ce qu'on dit?
CHOEUR : MERCI JACKY, MERCI IKVAT, MERCI ODB !
BAILLI : C'est bien cela...

Bref, revenons-en à nos moutons. A défaut d'être susceptible de conquérir à la seule lecture, le texte des Pêcheurs de perles réunit plusieurs qualités essentielles, à commencer par un équilibre remarquable des scènes. Vous aurez remarqué que, contrairement à la majorité des opéras, il n'y a pas de tunnels, et cela, tout simplement à cause de ses proportions. L'opéra s'organise en scènes courtes, de longeur sensiblement égales, scandées par des ensembles courts mais nombreux, et essentiellement contruites à partir de dialogues dont la longueur moyenne de répliques frise la stichomythie systématique. Alors, évidemment, le drame fonctionne, avance sans cesse, qu'il se passe quelque chose ou non. Et comme les répliques sont toujours porteuses d'une évolution de la position du personnage, en plus, il se passe forcément quelque chose. Pour les amoureux de l'émotion, il reste la Romance et la Cavatine, très courtes, fugaces saveurs, aussi évanescentes que le rêve qui les suscite, et bien plus efficaces qu'un long monologue constellé de banalités.

En outre, le contenu de l'histoire n'est pas si niais qu'on aime à le répéter (c'est un peu le cas, un peu moindre, du Trouvère : pas un chef-d'oeuvre littéraire, mais un support hautement intéressant et interprétable). La question atypique du pacte contre l'amour fait trembler sur ses bases l'agencement traditionnel du désir amoureux et des rivalités destructrices qui en découlent. Tout y est question de dissimulation et de dévoilement, de postures, et plus de rivalités frontales répétées. Ce qui est encore plus original, dans ce contexte, c'est que Nadir n'est pas à proprement parler traversé de remords, ce qui rend le topos final du "turc généreux" (Zurga en fait office) moins prévisible, car moins mérité. Surtout, l'issue intervient après que le couple soprane-ténor s'est déclaré satisfait, ce qui ne laisse pas présager de leur délivrance, qui n'est plus utile dramatiquement parlant.

Au total, le déséquilibre joue sa place entre les attentes des différents personnages, qui interprètent presque tous celles des autres de façon erronnée. Ainsi Zurga ne saura jamais qu'il a bien été trahi, et le ténor triomphe bien timidement. Tout cela, en décalage avec les horizons habituels du livret d'opéra, permet de ménager les surprises du livret, et aussi d'enrichir un peu l'intérêt que l'on peut porter à ces psychologies qui restent bien rudimentaires (surtout la pauvre soprane. Mais je crois que vous l'aurez compris, mon coup de coeur est pour cette organisation en séquences courtes et régulières, qui s'empilent avec bonheur, et favorisent, malgré romances, scènes de foule et petit nombre d'actions, un déroulement très allant de l'histoire. Avec au total un avantage certain pour poser la musique ! Carré est coutumier du fait : dans le monologue d'Ourrias, il sert sur un plateau au compositeur de Mireille le formidable récitatif Ils s'éloignent, grâce à un texte aux proportions idéales, sur des vers aux césures aisées.


Voilà, c'était David en direct de Librettoland.

David ? Pairle,PardonnezAuPécheur!

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DavidLeMarrec
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Re: Les Pêcheurs de perles : le livret

Message par DavidLeMarrec » 01 avr. 2005, 13:31

* Ce n'est pas joli, pour celui qui mène son combat avec tant de lyrisme contre la censure mais qui, à l'occasion, c'est-à-dire souvent, sait se montrer le prince de la mauvaise foi. Pour se donner une idée du ton de son combat, je recommande la préface de Le roi s'amuse, et les actes des procès contre Marion, Le roi s'amuse, Angelo (on en trouve une partie en annexe des pièces, chez la Pléiade). Mais en l'absence de droit, même moral, de l'auteur, on peut comprendre, face à Ernani, son dégoût ou, à tout le moins, son impossibilité à se reconnaître là-dedans.

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