Portrait de Marc Leroy-Calatayud, photographie de Cyril Cosson.

photographie (c) Cyril Cosson.

 

De prime abord et vu de loin, le juvénile Marc Leroy-Calatayud n’a rien de l’image d’Epinal du chef d’orchestre, de l’image mentale qu’on s’en fait. Ni par la carrure, ni par la sévère auctoritas de la lignée toscaninienne, ni par la rugosité du caractère éruptif qui va avec, encore moins par le sens des rapports de forces vécus dans une pure verticalité jupitérienne.

Il y a chez lui une sérénité solaire toute d’étonnements et de gourmandise et une capacité à faire partager ses vues et ses enthousiasmes qui se manifeste aussi par des qualités de conteur et de pédagogue dans ses vidéos d’initiation à l’opéra où interviennent les legos de notre enfance et de toujours.

Enfant, Marc voulait devenir Harry Potter et on pourrait aisément lui confier un rôle-clef dans un remake de Fantasia, épisode Apprenti Sorcier de Dukas.

Après une éducation musicale poussée très Mittle Europa (à Lausanne, Vienne et Zürich), il ne se contente pas de faire son miel de master class de prestige ( avec Vladimir Jurowski et Bernard Haitink) mais fonde d’emblée sa phalange, un orchestre symphonique de jeunes baptisé Quipasseparlà.

Huit ans de rang à la tête de cette formation portée par la sève de la jeunesse, il déploie son activité vers les publics les plus divers, des cercles les mieux initiés aux franges les moins habituées à se rendre aux concerts, à l’hôpital ou en maison de retraite, pour la soupe populaire ou en sillonnant les nouvelles frontières de la ruralité, de village en village. Ouverture d’esprit et mobilité, visée sociale et ludique donc, comme d’autres avant lui certes, mais avec l’élan et l’allant de ses vingt ans et son sourire de ludion sage qui désarme.

Fort précoce, il se lance dans le Game avant même sa majorité puisqu’il  dirige sa première production, Le Voyage dans la Lune dès 2009. Il n’avait que 17 ans !

Depuis il s’est trouvé un port d’attache, à Bordeaux, où il aborde le symphonique, le lyrique et le ballet, classiques avec La fille mal gardée et contemporain (Béjart, Robbins, Kylían). Sous l’égide bicéphale de Paul Daniel et de Marc Minkowski, deux mentors ô combien complémentaires.

il prend des cours de danse pour mieux sentir son corps, l’aguerrir aussi et aiguiser son sens de l’espace, riche idée !

En tant qu’assistant,  après avoir fait ses classes d’été, à  Verbier surtout, avec Daniel Harding, Ivan Fischer ou Kent Nagano, il est appelé régulièrement par l’immense Ingo Metzmacher comme à Aix l’été dernier sur Jakob Lenz.

Il commence ainsi à prendre ses marques dans les grandes maisons comme l’Opéra de Lyon, l’Opéra-Comique, l’Opéra de Vienne, La Scala, les festivals d’Aix ou de Verbier et bientôt à Bastille comme assistant pour la Bohème à la fin de cette saison 2019/2020

En 2015, il a été nommé European Music Talent et vient de rentrer dans une grande agence londonienne alors que son contrat avec  Bordeaux s’achève avec un opéra contemporain pour et avec une ribambelle d’enfants, Le Roi Dragon de Lavandier, et un grand ballet s’il en est Cendrillon.

Nul doute que les rigueurs du microcosme et de la carrière lui bronzeront l’âme qu’il saura garder, j’en suis certain, ouverte à tout l’immense spectre de la beauté et d’une inaltérable fraîcheur. Celle, plus ambiguë qu’il n’y paraît, de l’ange au sourire de la cathédrale de Reims ?

 

Jérôme Pesqué

 

Le site de Marc Leroy-Calatayud

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