Brève histoire de l’art lyrique à Toulouse de 1687 à nos jours

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En 1687, Francine, le gendre de Lully, fonde une Académie royale de musique rue du Pré-Montaudy.

Le 11 mai 1737 on inaugure place du Capitole une salle à l’italienne conçue par Guillaume Cammas dite « Salle du Jeu de Spectacle » et c’est une femme, Mademoiselle Desjardins, qui dirige la vie lyrique toulousaine. En 1750, le même architecte dote la salle d’une façade qui donne sur la place du Capitole. En raison de l’état déplorable de la salle, on la ferme en 1807 et il faut attendre le 1 octobre 1818 pour qu’elle rouvre au public avant de subir de nouvelles rénovations en 1835.

Le système des Trois Débuts donne, en ouverture de chaque saison, la haute main au public qui vote pour élire les artistes lyriques qui vont intégrer la troupe lyrique locale parmi les candidats qui se présentent devant lui au cours de trois représentations successives. Généralisé dans le Sud de la France jusqu’en 1914, il donne lieu ici à des émeutes sans équivalent dans les autres villes.

Le Capitole ferme pour vétusté en 1878. Il est reconstruit par Dieulafoy et Thillet en octobre 1880 mais leur salle est victime d’un incendie le 9 août 1917. Il rouvre ses portes en novembre 1923 tandis que le directeur Carrié élargit sensiblement le répertoire en affiche de 1926 à 1928 la première tétralogie montée à Toulouse et les créations locales de Boris, Pelléas, Parsifal et Tristan.

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De 1945 à 1950, Toulouse est le seul Opéra de France et l’un des très rares au monde à jouer 12 mois par an ! La saison 1948-1949 ne comporte pas moins de 62 ouvrages différents (40 opéras et 22 opérettes)

Louis Izar prend dirige le Capitole de 1948 à 1967. Il y invite les stars de Bayreuth (Mödl, Nilsson, Hotter, Lorenz, Rysanek, Gorr, Crespin et Blanc), commandes deux ouvrages nouveau à Henri Tomasi (Le Silence de la mer et L’Elixir du père Gaucher) et affiche de nombreuses premières françaises dont celle du Joueur de Prokofiev. Son successeur, l’ancien ténor d’opéra-comique Gabriel Couret poursuit l’élargissement du répertoire et appelle comme chef permanent Michel Plasson en 1968 qui devient directeur artistique à la rentrée 1972.

En 1990, Nicolas Joel prend les rênes du Capitole pour 19 ans avant de devenir directeur de l’ONP. Ce jeune directeur n’a que 35 ans à la date de sa nomination à Toulouse mais avait déjà travaillé comme metteur en scène à Vienne, Chicago, San Francisco et Zurich. Il favorise d’emblée l’essor de la carrière de Roberto Alagna et affiche le premier en France Marcelo Alvarez et Jonas Kaufmann. Il perpétue la grande tradition wagnérienne locale en montant lui-même un Ring à cheval sur plusieurs saisons, de 1999 à 2003, et en programmant Die Fliegende Holländer, Tannhäuser, Lohengrin et Die Meistersinger. Il fait la part belle aussi Richard Strauss (Capriccio, la Femme sans ombre, Elektra, Ariadne, Rosenkavalier), à trois Janacek dont la Katia Kabanova selon Marthaler coproduite avec le festival de Salzbourg qu’il reprendra à Paris. Il met l’accent sur la redécouverte de raretés du répertoire français : Le Revenant de Gomis, Œdipe, Le Roi d’Ys, Louise, Mignon servi par un plateau fastueux (Graham, Massis, Kaufmann), Cendrillon dans la mise en scène de Robert Carsen et surtout un Hamlet qui réunit la fine fleur du chant français autour de Thomas Hampson et de José Van Dam : Dessay, Petibon, Tézier, …

A partir de 1994 avec le Poro de Haendel venu de Nice, il accueille pour la première fois au Capitole des ouvrages baroques et monte lui-même un Couronnement de Poppée où il fait se côtoyer des spécialistes du genre (Rousset, Cencic, .. ) et des chanteurs qui s’illustrent dans d’autre répertoires comme Catherine Malfitano ou Sophie Koch.

En 2009, c’est Frédéric Chambert qui prend ses fonctions de directeur après le long règne de Joel. Cet ancien adjoint d’Hugues Gall à l’Opéra National de Paris et ancien haut fonctionnaire au Ministère de la culture ouvre le Capitole aux opéras du XIXième siècle et collabore, notamment, avec Laurent Pelly qui dirige quant à lui le théâtre national de la ville.

L’actuel directeur, Christophe Ghristi, qui lui a succédé en 2017, a accordé un entretien à ODB : Entretien avec Christophe Ghristi

Toulouse Capitole MHNT PHa 916 03 040

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