A la lumière-Accentus-C.Grapperon-Rouen- 13/06/2019

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pingpangpong
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A la lumière-Accentus-C.Grapperon-Rouen- 13/06/2019

Message par pingpangpong » 15 juin 2019, 08:14

A la lumière
Camille Saint-Saëns (1835 – 1921)
Calme des nuits
Des fleurs et des arbres
Romance du soir op.118
Saltarelle

Reynaldo Hahn (1874 – 1947)
Trois chansons et madrigaux:Vivons mignarde;Pleurez avec moi;Les fourriers d'été
Aubade athénienne
L'Obscurité
À la Lumière

Clémence de Grandval (1828 – 1907)
Messe

Accentus
Christophe Grapperon, direction
Hélène Carpentier, soprano
Eléonore Pancrazi, Mezzo-soprano
Artavazd Sargsyan, Ténor
Eloïse Bella Kohn, Piano
Olivier Houette, Orgue


Après une mise en bouche avec l'opus 118, Romance du soir écrit en 1902, les deux chœurs op.68, datés de 1882, sont dédiés par leur auteur Camille Saint-Saëns à Charles Gounod et écrits pour 4 voix mixtes.
Le premier, Calme des nuits, est d'une grande sérénité, chaque pupitre entrant l'un après l'autre pour rapidement s'entrelacer harmonieusement tandis que Les Fleurs et les arbres, dans un même élan, exalte la nature et les arts.
C'est l'occasion pour Accentus de faire la démonstration de sa grande homogénéité et d'une souplesse qui sont, outre une clarté d'élocution en tous points remarquables, ses qualités premières.
Pour chœur d'hommes uniquement, Saltarelle sur un texte d' Emile Dechamps, date de 1885. Très développé, ce long poème inspire au compositeur une musique riche en effets colorés, échos de voix des hommes s'interpelant, quittant plaines et montagnes, mères et femmes, pour rejoindre Rome, sur des rythmes de marches et de danses populaires.

Trois des six Chansons et Madrigaux de Reynaldo Hahn rappellent le goût de ce dernier pour les textes anciens, qu'ils soient de Jean-Antoine de Baïf, Théodore Agrippa d'Aubigné ou de Charles d'Orléans.
De 1913, l'Aubade athénienne, « Fragment d'un opéra esquissé » pour voix de femmes avec accompagnement de piano sur un texte de Paul Reboux repose sur une musique aérienne bien dans l'esprit du compositeur franco-vénézuellien.
L'Obscurité est une œuvre...lumineuse et souriante, composée en 1897 pour chœur mixte sur un poème de Victor Hugo.
Composé sur un poème d'Anatole France pour le Concours international de musique organisé par la ville de Cannes en 1925, A la lumière, qui donne son titre à ce concert, est un long texte offrant au compositeur l'occasion de varier atmsophères et couleurs, que détaille avec une grande précision du geste Christophe Grapperon.

Clémence de Reiset, qui devint “de Grandval“ à son mariage en 1851, naquit dans la Sarthe en 1828, dans une famille d'aristocrates dans la vie desquels l'art tint une grande place.
Friedrich Von Flotow, puis Saint-Saëns ont été ses professeurs et elle fit la connaissance de Frédéric Chopin qu'elle admirait beacoup.
Son rôle au sein de la Société nationale de musique, ses moyens financiers importants conjugués à ses talents de cantatrice, lui permettent d'avoir sa place dans le milieu musical parisien et dans les salons.
Musiques sacrées, concertos, opéras, dont le dernier, Mazeppa, sera créé à Bordeaux en 1892, mélodies ou pièces instrumentales figurent à son palmarès de compositrice. Reconnue et jouée, souvent sous pseudonyme, sa musique est quasi oubliée aujourd'hui, ce qui ne fait que donner raison à Camille Saint-Saëns qui disait au sujet de ses compositions :“elles seraient certainement célèbres si leur auteur n’avait le tort, irrémédiable auprès de bien des gens, d’être une femme". Tiens, tiens...
Donnée dans sa version pour piano, orgue et chœur, la Messe de Clémence de Grandval, si elle rappelle Gounod et notamment son oratorio Mors et Vita ou les œuvres religieuses de Gabriel Fauré, n'en manque pas moins d'originalité et d'invention dans les thèmes mélodiques. Ecrite avec un certain métier, mais inégal cependant, on notera une atmosphère mystérieuse en son introduction aux claviers, lesquels malheureusement sont ensuite appelés à plaquer de massifs accords assez grossiers. Le Sanctus leur octroie tout de même un fort beau passage où le flûté de l'orgue complète habilement le scintillement du piano.
La partie chorale est variée, alliant grandes envolées tonitruantes ou lyriques comme le Gloria, subitement interrompu pour laisser place à un passage fugué, et moments plus apaisés tels l'Agnus Dei et le Dona Nobis Pacem conclusif.
Les parties solistes sont assez développées et réparties équitablement. Hélène Carpentier, soprano brillant, Eléonore Pancrazi, mezzo de caractère et Artavazd Sargsyan, voix de ténor claire et solide, font preuve d'un bel investissement personnel à la hauteur d'un ensemble choral toujours impeccable de tenue et de musicalité.

Ce programme sera redonné ce dimanche 16 juin, au Théâtre des Bouffes du Nord à Paris.

Eric Gibert
Enfin elle avait fini ; nous poussâmes un gros soupir d'applaudissements !
Jules Renard

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