Vivier- Kopernikus- Dudley / Sellars - Espace Cardin/ Toulouse- 12/2018

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JdeB
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Vivier- Kopernikus- Dudley / Sellars - Espace Cardin/ Toulouse- 12/2018

Message par JdeB » 03 déc. 2018, 08:35

Claude Vivier : Kopernikus – opéra, rituel de mort (1978-79, créé en 1980)
En deux parties de trois scènes chacune.
Livret du compositeur en français et langage imaginaire

Ensemble vocal Roomful of Teeth
Estelí Gomez, Martha Cluver – soprano
Virginia Warnken – mezzo-soprano
Caroline Shaw – contralto
Dashon Burton – baryton
Thann Scoggin – baryton
Cameron Beauchamp – basse

danseur-chorégraphe et collaborateur de Peter Sellars – Michael Schumacher

Peter Sellars – mise en scène
Antonio Cuenca Ruiz – dramaturge
Seth Reiser – lumières
Pamela Salling – régie générale
Eric Dudley – direction musicale des répétitions

Ensemble L’Instant Donné
Maryse Steiner-Morlot – hautbois
Mathieu Steffanus, Nicolas Fargeix, Benoît Savin – clarinettes
Matthias Champon – trompette
Mathieu Adam – trombone
Naaman Sluchin – violon

Espace Cardin (Paris), le 5 décembre 2018

Production Festival d’Automne à Paris
Coproduction Théâtre de la Ville (Paris) ; Théâtre du Châtelet (Paris) ; KunstFestSpiele Herrenhausen (Hanovre) ; Nouveau théâtre de Montreuil, centre dramatique national ; Théâtre du Capitole (Toulouse) Coréalisation Théâtre de la Ville (Paris) ; Théâtre du Châtelet (Paris) ; Festival d’Automne à Paris
Avec le soutien de l’Adami.


Chemin intérieur cosmique

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Opéra « de chambre » comme Saint François d’Assise était un opéra « tout court », Kopernikus, tout comme l’œuvre de Messiaen, retrace le cheminement d’une âme. Comme le précisaient les notes de programme de la création canadienne, « le personnage central est Agni ; autour d’elle, gravitent des êtres mythiques (représentés par les six autres chanteurs) tirés de l’histoire : Lewis Carroll, Merlin, une sorcière, la Reine de la nuit, un aveugle prophète, un vieux moine, Tristan et Isolde, Mozart, le Maître des eaux, Copernic et sa mère. Ces personnages sont peut-être les rêves d’Agni qui l’accompagnent dans son initiation et finalement dans sa dématérialisation. » On ne peut parler d’histoire, mais d’étapes vers une purification : Salutation, Souvenir(s), Visions, Voyants, jusqu’à la dissolution ultime.

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Pétrie d’enfance et de sophistication, l’œuvre totale de Claude Vivier échappe aux cadres. On y retrouve bien des réminiscences de Stockhausen (dont il fut l’élève), mais s’y mêlent tout autant chant grégorien, éléments orientaux ou symbolique instrumentale classique (les trompettes et trombones souvent utilisés dans les Requiem). Tout aussi limpide et profonde, la mise en espace de Peter Sellars accompagne ces voix étranges et familières, cette aspiration (dans les deux sens du terme) qui entraînent Agni vers l’ailleurs : s’enchevêtrant et s’entraînant vers d’autres voies, les voix de l’imaginaire de Vivier deviennent celles d’un inconscient collectif, de ses propres espoirs et de forces spirituelles et telluriques qui s’épurent dans un éther infini. Il n’est nul besoin de comprendre le langage de ces astres inconnus, ni de suivre étroitement les bribes en français (parfois malhabile des chanteurs) énoncées par Agni et ses guides (Charles Lutwidge Dodgson / Lewis Carroll, un aveugle prophète, Merlin, Isolde, Mozart, la voix des eaux) pour se laisser envoûter par cette cérémonie, passage très doux, si soyeux et lumineux. On parcourt ainsi un labyrinthe tournoyant comme celui des cathédrales, amenant peu à peu vers une écoute ouverte qui éclot lentement en soi-même, et rayonne dans l’espace mental.

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Cette cérémonie pure — l’homme-gisant autour duquel les autres chanteurs officient, y prendra part en abandonnant son ancienne peau, lors de la seconde partie — est profondément émouvante par sa simplicité même. Fidèle aux symboles qui avaient porté son Saint François d’Assise jusqu’à l’incandescence absolue, Peter Sellars montre à voir une béance de lumière sous cette couche mortuaire qui n’en est pas une : car c’est par le truchement de cet écran de télévision que parlent certaines des voix appelant à la fusion avec la musique des sphères. Autre source de lumière ici matérialisée, la partition elle-même, enclose en ces tablettes numériques portées et comme offertes par des chanteurs en état de grâce, en des gestes caressants. Ces mêmes mains qui diffractent le son, favorisent son envol ou le dansent, en une chorégraphie à deux niveaux, où le collectif distingue peu entre chanteurs et instrumentistes tout de blanc vêtus. Ensemble qui rejoint le théâtre en une procession finale, nous enjoignant à les suivre dans la recherche d’un au-delà accueillant où attendent, dans un amour essentiel, ceux que l’on espère, ceux que l’on imaginait et ceux que l’on attendait.

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Emmanuelle Pesqué

P. S. : avoir assisté à la soirée donnée le 5 décembre, jour anniversaire de la mort de Mozart, donnait un écho encore plus profond à cette œuvre sublime…

Photographies © Vincent Pontet
Source des photographies : site du Festival d’Automne.
"Si tu travailles avec un marteau-piqueur pendant un tremblement de terre, désynchronise-toi, sinon tu travailles pour rien." J-C Van Damme.
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Re: Vivier- Kopernikus- Dudley / Sellars - Espace Cardin- 12/2018

Message par jeantoulouse » 03 déc. 2018, 14:10

Après Paris, l'opéra de Claude Vivier sera aussi donné à Toulouse (coproduction Capitole) au Théâtre Garonne les 11, 12 et 13 décembre prochains.
Cette œuvre (environ 1h 15) a pour sous titre Un rituel de mort. Elle est en français et en langage inventé par le compositeur lui-même, qui en a écrit le livret. Le personnage central est Agni qui, morte, va accéder pendant la durée de l’œuvre , à un stade de transfiguration, de fusion avec le cosmos, accompagnée pendant cette initiation spirituelle par différentes figures : Lewis Carrol, Merlin, la Reine de la Nuit, Tristan et Ysolde, Mozart, d'autres encore ... et Copernic qui a donné son nom à cette "féérie mystique", selon les termes mêmes du compositeur.
Un des grands intérêts de cette production réside évidemment dans la découverte de la mise en scène conçue par Peter Sellars.

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Re: Vivier- Kopernikus- Dudley / Sellars - Espace Cardin/ Toulouse- 12/2018

Message par JdeB » 03 déc. 2018, 15:51

oui, on va regrouper ici les impressions dans les 2 villes : Paris puis Toulouse (j'ai modifié l"intitulé du fil en conséquence)
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Re: Vivier- Kopernikus- Dudley / Sellars - Espace Cardin/ Toulouse- 12/2018

Message par jeantoulouse » 08 déc. 2018, 12:01

Le Capitole met en ligne le livret de Kopernikus.

Pour les esprits curieux :
https://www.theatreducapitole.fr/docume ... 8fe25795cf

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Re: Vivier- Kopernikus- Dudley / Sellars - Espace Cardin/ Toulouse- 12/2018

Message par EdeB » 08 déc. 2018, 18:40

J'ai posté mon compte rendu en tête de ce fil.

Peter Sellars a été interviewé par France Culture : on peut retrouver l'émission sur https://www.franceculture.fr/emissions/ ... ns-la-cite
Une monstrueuse aberration fait croire aux hommes que le langage est né pour faciliter leurs relations mutuelles. - M. Leiris
Mon blog, CMSDT-Spectacles Ch'io mi scordi di te : http://cmsdt-spectacles.blogspot.fr/
Mon blog consacré à Nancy Storace : http://annselinanancystorace.blogspot.fr/

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Re: Vivier- Kopernikus- Dudley / Sellars - Espace Cardin/ Toulouse- 12/2018

Message par jeantoulouse » 12 déc. 2018, 14:33

L’excellent compte rendu d’Emmanuelle Pesqué dit l’émotion que l’on peut éprouver à la vue de ce spectacle. Pour mieux mesurer ce qu’apporte Peter Sellars à l’œuvre, j’invite les curieux à voir la représentation de ce « rituel de mort » sur YT dans une autre production, méritante, courageuse, mais un peu kitch, désuète, qui souligne plus les maladresses qu’elle n’éclaire la portée de cet étrange opéra. Je ne sais si Kopernikus est un grand opéra. Je sais que Sellars en fait une grande œuvre. La "féérie mystique » de Vivier, opéra, oratorio, cantate, requiem est d’une grande complexité et il faut un magicien comme sait l’être l’artiste américain pour faire de Kopernikus une expérience esthétique et spirituelle intense.
Je me bornerai à quelques notes et sensations, non pour compléter, mais pour varier et prolonger le point de vue d’Emmanuelle. L’étonnant pour moi dans ce spectacle dépouillé est qu’il m’a moi-même dépouillé. Dépouillé de tout ce que j’avais engrangé sur Kopernikus. Visionnage vidéo, lectures des notes de Vivier, écoute d’autres œuvres du compositeur et de son maître Stockhausen, consultation de dossiers et sites divers, tout cela est effacé par l’évidence de la représentation qui impose sa vision lumineuse et simple. Je livre donc ici la confrontation en quelque sorte entre le (pauvre) savoir accumulé et mes impressions de spectateur.
« Je suis et je serai tout le temps, immortellement ou éternellement, un enfant ». Cette définition signée Claude Vivier (1948 -1983) éclaire toute l’œuvre du compositeur canadien, et singulièrement Kopernikus. D’après la note de programme écrite à la création (1979), le personnage principal est une enfant, dénommée Agni qui, après sa mort, doit pouvoir connaitre une dissolution dans le Grand Tout et, délivrée de toutes les pesanteurs et contraintes du monde terrestre, y goûter un bonheur éternel. L’action, si l’on peut risquer ce terme dans cette élévation dramatiquement statique, se constitue par une suite de rencontres d’intercesseurs, de guides qui facilitent le passage et l’accompagnent dans ce qui est bel et bien un rite d’initiation. L’esprit d’enfance réside dans cette foi que l’on peut trouver naïve, mais dont la sincérité ne fait aucun doute, en cette transmutation. Un des chants du livret pourrait résumer l’esprit de l’œuvre, tel que Sellars l’explicite : « o Agni viens vers l’eau purificatrice / ce fleuve magique contient tous les univers (…) des moines s’adonnent à des rituels abstraits dans le secret, le secret de leur cloitres d’opales / des chants mauves s’échappent ». Peut-on rapprocher l’intrigue, mutatis mutandis, de celle de La Flûte enchantée ? L’auteur-compositeur a assurément songé à cette filiation, faisant intervenir comme interlocuteurs Mozart et la Reine de la Nuit. De même, la présence initiale de « Mister Dogson », le nom de de naissance de Lewiw Caroll. [Charles Lutwidge Dodgson] apparente Agni à Alice et son itinéraire au voyage « au pays des merveilles ». Nombre de relations intertextuelles enrichissent (ou encombrent) le livret (Tristan, Platon, Averroès, Newton, Einstein), alors même que l’œuvre, à la lettre inouïe, est d’une totale singularité.
Comment Peter Sellars parvient-il à traduire cette élévation et cette transmutation ? Comment rendre présentable, visible ce qui est du domaine invisible de la métaphysique ? Plusieurs éléments du dialogue orientent la lecture et apparentent l’œuvre à un oratorio: « ouvrez vous portes des univers chimériques / que Merlin et Mozart nous reviennent bientôt / que nos jeux reprennent leur béatitude boréale » ou encore « que le ciel entier se découvre à toi et dévoile sa beauté / regarde Agni dans le ciel l’étoile de Noël / ouvre lui étoiles les portes du paradis ». Peter Sellars fidèle à ses principes dramaturgiques joue le dépouillement, vise l’épure, et explicitement le rituel mis en place dans Kopernikus renvoie à celui que les vidéos de Viola dévoilaient dans sa déjà légendaire mise en scène de Tristan à Bastille : « j’ai tenté de ramener un argument excessif à un jardin zen pour faire entendre l’essentiel sur scène. Le tout dans un minimalisme qui se réclame, et là nous l’avons voulu, du bouddhisme. ». Ces propos de Peter Sellars se rapportent-ils à Kopernikus ? Non , à son Tristan ! On ne saurait mieux affirmer la continuité entre les œuvres et leur représentation par le metteur en scène américain.

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Crédit Patrice Nin

Sept chanteurs et sept musiciens, également repartis en deux groupes étagés revêtus de blanc sont rassemblés autour d’ un homme allongé, gisant (Vivier lui-même ?) qui au moment de sa mort retrouve sans doute l’enfant qu’il fut. L’on songe, la musique y invitant, à des cérémonies des morts orientales, des rituels de crémations vus par le compositeur à Bali, où chacun psalmodie des paroles mystérieuses. Les officiants, proches du défunt, rassurent, bercent, consolent, guident, murmurent, prient, s’affairent comme autant de thérapeutes ou d’acteurs psychopompes. Les ombres projetées par les éclairages sur les murs de briques du Théâtre Garonne élargissent le cérémonial, devenu fantomatique. Le long de la cérémonie, chacun de ses acteurs multiplie les postures, génuflexions, prostrations, position du lotus, lents déplacement, Sellars empruntant cette chorégraphie à toutes les religions dans une sorte de syncrétisme gestuel. Le « lieu » scénique serait ce « royaume des mutations », « pays magique, pays de Merlin » projection de l’entre deux mondes qui sépare la Vie de la Mort. « N’aie pas peur. Ce sera doux comme une maman, la mort » : la rencontre avec les hautes figures historiques (Mozart, Copernic, Lewis Carrol) ou mythiques (Merlin l’Enchanteur, Tristan et Isolde, La Reine de la Nuit, les anges, l’Aveugle prophète… ), « pèlerins de l’intemporel » , efface les frontières entre réalité et songe, histoire et rêve, hic et nunc, pour dessiner une utopie et une uchronie dont le spectateur doit accepter les codes (si ce mot a ici un sens). L’univers des contes et la joie simple des comptines se mêlent dans la résurrection des souvenirs de l’enfance. Le langage inventé par l’auteur lui-même, est un babil empruntant à toutes les langues, universel en quelque sorte, un contre Babel, qui pourrait conduire tous les hommes à la communion des esprits. L’enfant, (Agni ? , l’âme ? ) s’émerveille, s’enchante, devant l’ annonce d’une renaissance, d’une vraie naissance à un monde où tout sera amour, lumières, négation des ténèbres, dissolution des angoisses. Et Kopernikus doit se lire musicalement comme la partition d’un enchantement. La musique se fait prière, incantation, choral, psalmodie, litanie, empruntant dans le même tissu organique aux formes les plus codifiées et les plus épurées de la musique religieuse occidentale et orientale qu’Emmanuelle évoque justement. L’ambition du musicien serait de composer la musique dont rêve Agni : « J’ai ouï dire que l’on communique par la musique, que les chansons des peuples d’outre-dimensions s’harmonisent avec les rythmes cosmiques, et que la musique de Jérusalem n’a qu’un seul accord (…) lequel est varié infiniment par les sages méditants ».

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Crédit Patrice Nin

Vivier professait une grande admiration pour Stockhausen auquel la partition de Kopernikus semble rendre hommage : spatialisation du son, superposition des sons par couches, recours à l’électronique, réappropriation de la polyphonie, importance accordée aux percussions, ambition d’une musique universelle par l’emprunt aux cultures d’ailleurs. Les éclats d’une trompette tombent des cintres, dans des réminiscences de Tuba mirum ; des gongs résonnent, des cloches tubes, un glockenspiel. Sur continuo de trombone bouché, un virtuose solo de violon époustoufle. Les voix sifflent, chantent à bouche fermée ou vibrent, coloraturent même. La mise en espace du son obéit à une architecture complexe : ainsi des épisodes où s’étagent la vidéo d’Agni, les chants, et la musique instrumentale. L’ensemble compose un matériau sonore mobile, malléable, sculptant l’espace, contribuant à la dramaturgie, au mouvement, à l’action. Seule la danse convulsive et souple du défunt livré aux flammes ( exceptionnel Michael Schumacher), d’abord gisant impassible, puis danseur élégant) apportera sa part de tragique à la grave cérémonie. Il faut rendre hommage à l’ensemble des chanteurs et des musiciens en charge de cette partition partagée, à cette eucharistie (étymologiquement action de grâce) que l’opéra et sa mise en images confondus donnent à voir et à entendre. Sans chef d’orchestre, chanteurs de l’Ensemble vocal Roomful of Teeth et musiciens de L’Instant donné deviennent les officiants du rituel, les passeurs de la cérémonie secrète que Sellars met en scène dans une lumière aux teintes variées dont l’écran des tablettes tactiles est une des formes sensibles. Le spectacle total ainsi composé se révèle d’une étonnante douceur, d’une paisible tendresse. Et c’est avec recueillement que nous accueillons petit à petit ce rituel mystérieux et envoutant. La fin de l’œuvre, son extinction, la procession finale sont vécus par le public comme la consécration d’une aventure spirituelle.
Merci au Capitole et au Théâtre Garonne d’avoir permis qu’un spectacle de cette hauteur soit accessible aux Toulousains, venus nombreux avec un fort rajeunissement des spectateurs en cette soirée de première, partager cette émotion unique.

Jean Jordy

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