Cavalli : missa concertata-Galilei Consort/B.Chénier-Vézelay 23/08/2018

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Cavalli : missa concertata-Galilei Consort/B.Chénier-Vézelay 23/08/2018

Message par petitchoeur » 29 août 2018, 23:34

La Paix des Pyrénées

Francesco Cavalli (1602-1676) :

Musiche Sacre, 1656
Kyrie à 8
Gloria à 8
Sacra Corona, 1656
O Bone Jesu à 2
Musiche Sacre
Credo à 8
Canzona à 8
Sanctus à 8
Elevatio pour orgue (Anonyme)
Musiche Sacre
Agnus Dei à 8
Sacra Corona
Plaudite, Cantate à 3
Vesperi, 1675
Laudate Dominum Omnes Gentes à 8
Laudate Jerusalem Dominum à 8

Galilei Consort
Benjamin Chénier,
direction

Basilique Sainte-Marie-Madeleine à Vézelay le 23 août 2018

1659 : le Traité des Pyrénées met fin à la guerre entre la France et l’Espagne et prévoit le mariage du jeune Louis XIV avec la fille du roi Philippe IV, l’infante Marie-Thérèse d’Autriche. Pour célébrer ce mariage, Mazarin invite à Paris Francesco Cavalli, le plus célèbre des musiciens vénitiens. Celui-ci, dans un premier temps refuse puis accepte, assuré de retrouver son poste d’organiste à Saint Marc au retour. Il arrive à Paris dans l’été 1660 et y reste deux ans. Sont alors donnés de nombreux opéras dont l’Ercole Amante dans une salle des machines de 7000 places spécialement aménagée aux Tuileries. Quelques mois avant le départ de Cavalli pour Paris, l’ambassadeur de France dans la Sérénissime, Georges d’Aubusson de la Feuillade, archevêque d’ Embrun, fait exécuter, dans l’église des Saints Jean et Paul à Venise, une messe de Cavalli et un Te Deum pour commémorer le Traité des Pyrénées. Cette messe est peut-être (les musicologues d’aujourd’hui ne l’affirment pas) celle écrite par Cavalli en 1656, qui est la seule conservée aujourd’hui d’un musicien qui a été d’abord un musicien d’église alors qu’il est célèbre, de nos jours, pour ses opéras et pour son rôle dans la mise en œuvre et la diffusion de ce genre nouveau. Cavalli a fait toute sa carrière à Saint Marc : il a débuté comme chanteur du chœur, puis comme ténor solo, puis comme organiste et enfin comme maître de chapelle (1668), succédant à Giovanni Rovinetta, lui-même succédant à Monteverdi. On a conservé de lui un recueil de musique sacrée contenant cette messe, des motets et des sonates à usage liturgique.
Cette messe est dite concertante car elle est accompagnée par des instruments comme les trombones et les cornets à bouquins qui lui donnent une certaine solennité. Le chœur est divisé en deux dans la tradition polychorale vénitienne. Chaque partie de cette messe est traitée selon l’esthétique baroque. Cavalli utilise les contrastes des textes du Credo ou du Gloria, la vigueur du Sanctus, l’imploration de l’Agnus, la douceur du Benedictus pour émouvoir l’auditeur et le croyant jusqu’au plus profond de ses moelles et lui faire revivre pleinement le sacrifice du Christ. Deux extraits de vêpres, publiées un an avant sa mort en 1675, terminent en beauté ce concert. En bis est repris l’Agnus Dei.
Benjamin Chénier est à la tête du Galilei Consort (en hommage à Vincenzo, le père de Galileo l’astronome, qui souhaitait que la musique se coule dans le texte pour émouvoir l’auditeur). Il obtient des instrumentistes et des chanteurs des changements de tempi, des nuances du PPP au FFF, des effets de douceur et d’intimité, des appuis et un legato qui rendent l’écoute passionnante et qui transportent l’auditeur. Tous les instrumentistes et les chanteurs, solistes et chœur, sont à citer.
Belle découverte d’un Cavalli musicien d’église largement oublié.
Pierre Tricou
PS : cette Missa concertata a été donnée à Versailles en février dernier par les mêmes artistes.

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