Wagner - Die Meistersinger von Nürnberg - Jordan/Kosky - Bayreuth - 07/08-2018

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Wim
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Wagner - Die Meistersinger von Nürnberg - Jordan/Kosky - Bayreuth - 07/08-2018

Message par Wim » 28 juil. 2018, 23:23

An 2 de cette mes de Kosky
Première de cette année
Beaucoup de suche karte au Festspielhaus aujourd'hui.

J'aime bien cette mes créative et comique
Jordan dirige un orchestre et des chœurs excellents, comme il est d'usage à Bayreuth.
Sa direction est trop analytique à mon goût et manque de romantisme. J'ai attendu en vain les moments où l'orchestre devrait se déchaîner.
Plateau vocal globalement de haut niveau avec un Volle superbe dans le rôle chantant le plus long d'un opera de Wagner (Sachs)
Mention spéciale aussi pour KF Vogt dont la voix s'assombrit de plus en plus (ce dont je me réjouis) et qui campe un Walter d'une projection insolente sans jamais forcer.
Groissböck et Lehmkuhl aussi sortant du lot.
En résumé une belle soirée d'opéra où les 2 heures de l'acte III passent comme un éclair.

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jmc
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Re: Wagner - Die Meistersinger von Nürnberg - Jordan/Kosky - Bayreuth - 07/08-2018

Message par jmc » 29 août 2018, 08:40

Au début de chaque acte est affiché un texte en allemand de présentation de l'action qui devrait faire comprendre la transposition de la mise en scène, :helpsmilie: mais à part que le premier acte se déroule à la villa Wahnfried avec une température extérieur de 23° alors que dans la salle la chaleur est étouffante je n'ai pas compris les autres textes : alors si vous les avez dans leur intégralité alors qu'ils ne sont pas dans le programme merci de m'éclairer.

Enfin vu sur le DVD, le second acte est introduit par un extrait du journal de Cosima et une déclaration d'amour de Richard. Le troisième acte est introduit par un rappel des bombardements alliés sur la ville de Nuremberg. Tout cela n'éclaire en rien les intentions du metteur en scène :cry: .

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Loge Arythme
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Re: Wagner - Die Meistersinger von Nürnberg - Jordan/Kosky - Bayreuth - 07/08-2018

Message par Loge Arythme » 31 août 2019, 12:08

Retour de Bayreuth (3)

Enfin Kosky vint : la perfection au maximum , la direction , les voix , les enchaînements scéniques , le jeu , les déplacements , les lumières , etc , tout , très bien . Pas grand chose à ajouter donc aux analyses multiples qui m'ont précédé -sinon faire part de mon enthousiasme- , et de quelques remarques sur la mise en scène (à l'intention , entre autres , de jmc -cf article du 29/08/2018 – si toutefois la réponse attendue n'est pas déjà arrivée) .

Les textes projetés sur les écrans d'intermèdes et l'emploi du cadre de la salle du Tribunal de Nuremberg me paraissent avoir d’abord pour objet , par la distance à laquelle ces dispositifs se situent par rapport à l'oeuvre originale (et ils en sont très éloignés) , de rappeler aux spectateurs la distance à laquelle le metteur en scène s'est lui-même placé . Il nous montre qu'il agit (comme Wagner) comme un montreur de marionnettes , comiques et tragiques à la fois . Et que ce qui l’intéresse , c'est le rapport entre le créateur , sa vie , son œuvre , la culture 'où il évolue . En témoignent : les allusions à la météo (ouverture) , à Cosima (actes I et II) , la référence faite à la « Schräge Nachtmusik » qui renvoie à la fois à la guerre et à Mozart (explication du dispositif de technique de guerre aérienne dont s'agit, par le lien ci-après --voir schéma explicatif plutôt en bas d'article : http://www.maquetland.com/article-1042- ... -francaise ) .

Kosky a montré dans nombre de ses productions qu'il était bien un tireur de ficelles et un montreur de marionnettes , ainsi qu'un producteur d'images des œuvres sur les œuvres ( cf sa Zauberflöte et son Enfant et les Sortilèges du Komishe Oper ) . Indice de cette distance à laquelle il se place : dès la seconde année de représentation à Bayreuth , le bout de pelouse sur lequel Richard et Cosima badinaient au début de l'acte II , a été remplacé par le bric à brac des meubles de la villa Wahnfried entassés à gauche de la scène . Ils servent à figurer l'échoppe de Sachs , le dédale des ruelles , mais aussi , et surtout , la vision qu'a le metteur en scène (et Wagner lui-même en son temps) de son propre théâtre avant le spectacle .
Ce balancement constant de point de vue entre oeuvre elle-même et vision distanciée de l'oeuvre , produit cette impression de tourbillon virtuose à laquelle je dois avouer avoir été très sensible . Kosky pousse même la virtuosité jusqu'à retourner le dispositif dans la scène finale , et , brisant en cela le « quatrième mur» , à faire plaider à Wagner sa propre cause , faisant de nous les juges et de son œuvre et de sa musique . Ce faisant , il renvoie la responsabilité de l'interprétation de l'œuvre sur le Tribunal des spectateurs , et d'une certaine manière , il exonère le créateur de toute responsabilité dans une utilisation pervertie de son œuvre ... Débat sans fin que Kosky semble trancher en faveur de Wagner , sans l'exonérer de son antismitisme … Virtuosissime …

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