Verdi - Don Carlos - Jordan/Warlikowski - ONP - 10-11/2017

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Re: Verdi - Don Carlos - Jordan/Warlikowski - ONP - 10-11/2017

Message par Bernard C » 30 nov. 2017, 19:09

Adalbéron a écrit :
30 nov. 2017, 18:46
Personne n'a jamais songé qu'Eboli pouvait aimer la reine ? C'est la première chose qu'elle clame lorsqu'elle apprend qu'elle devra quitter la cour : "Ah je ne verrai plus la reine"...

Je sais, je sais, c'est une de ses suivantes, c'est une dame de la cour : la reine est tout, c'est l'honneur qu'elle perd ; mais c'est si beau encore une fois d'imaginer tous ces personnages partagés, écartelés entre deux pôles...

D'ailleurs, en passant, il est amusant de voir comment chez Schiller, la dernière entrevue Elisabeth/Carlos a pour sujet quasi exclusif la mort de Posa. Je ne sais pas si c'est parce que la mort est plus fort que l'amour ou parce qu'un amour était plus fort que l'autre...

J'aurais dû publier ça à 23:59 :wink:
Que veux dire " la mort est plus fort que l'amour" ?
Je ne comprends pas.

Bernard
"C'est beau parce que c'est Virgile ; c'est saisissant parce que c'est Shakespeare ; je le sais bien. Je ne suis qu'un maraudeur ; je viens de fourrager dans le jardin des deux génies... " Berlioz (à propos des Troyens IV-4)

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Re: Verdi - Don Carlos - Jordan/Warlikowski - ONP - 10-11/2017

Message par Adalbéron » 30 nov. 2017, 19:17

On dit souvent l'inverse.
La mort de Posa - et son désespoir associé - ici annihilerait l'amour que Carlos porte à Elisabeth.
« Life’s but a walking shadow, a poor player / That struts and frets his hour upon the stage / And then is heard no more. It is a tale / Told by an idiot, full of sound and fury, / Signifying nothing. »
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Re: Verdi - Don Carlos - Jordan/Warlikowski - ONP - 10-11/2017

Message par Adalbéron » 30 nov. 2017, 19:27

Ah oui c'est que je n'ai pas accordé en genre l'adjectif, je l'ai laissé tel que dans l'autre expression. L'amour, la mort, l'amour à mort etc. ça se confond dans mes oreilles :lol:.
Ça me permet de remarquer d'ailleurs qu'"amour" a deux genres.
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Re: Verdi - Don Carlos - Jordan/Warlikowski - ONP - 10-11/2017

Message par Bernard C » 30 nov. 2017, 19:35

Adalbéron a écrit :
30 nov. 2017, 19:27
Ah oui c'est que je n'ai pas accordé en genre l'adjectif, je l'ai laissé tel que dans l'autre expression. L'amour, la mort, l'amour à mort etc. ça se confond dans mes oreilles :lol:.
Ça me permet de remarquer d'ailleurs qu'"amour" a deux genres.
Non je n'ai pas relevé ça , seulement le fond du propos.

Bernard
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Re: Verdi - Don Carlos - Jordan/Warlikowski - ONP - 10-11/2017

Message par micaela » 30 nov. 2017, 19:38

Comme délice et orgue, le mot change de genre en se mettant au pluriel. Une bizarrerie de la langue française, comme le seul mot qui change d'initiale en se mettant au pluriel (je laisse deviner lequel, c'est un mot très courant).
PS J'ai vu, mais j'ai juste pensé à une faute de frappe...
S'il n'y a pas de solutions, c'est qu'il n'y a pas de problème Proverbe shadok

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Re: Verdi - Don Carlos - Jordan/Warlikowski - ONP - 10-11/2017

Message par faustin » 30 nov. 2017, 19:44

micaela a écrit :
30 nov. 2017, 19:38
Comme délice et orgue, le mot change de genre en se mettant au pluriel. Une bizarrerie de la langue française, comme le seul mot qui change d'initiale en se mettant au pluriel (je laisse deviner lequel, c'est un mot très courant).
PS J'ai vu, mais j'ai juste pensé à une faute de frappe...
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Re: Verdi - Don Carlos - Jordan/Warlikowski - ONP - 10-11/2017

Message par Bernard C » 30 nov. 2017, 19:51

Adalbéron a écrit :
30 nov. 2017, 19:27
Ah oui c'est que je n'ai pas accordé en genre l'adjectif, je l'ai laissé tel que dans l'autre expression. L'amour, la mort, l'amour à mort etc. ça se confond dans mes oreilles :lol:.
Ça me permet de remarquer d'ailleurs qu'"amour" a deux genres.
Cher Adal

Tu aurais par contre pu relever mon " que veux dire".
Cette faute révèle bien le bégaiement de mes neurones qui ont hésité entre une question neutre , quasi théorique :
-" que veut dire "" la mort est plus forte que l'amour"" " et une question plus personnelle :
"que veux tu dire , par cette phrase." ?

Ce qui est une autre question.
Je ne peux pas la concevoir cette question.

La première est un sujet romantique.
La seconde m'interpelle comme " l'impossible à supporter " ; qui peut dire que la mort est plus forte que l'amour ?

Bernard
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Re: Verdi - Don Carlos - Jordan/Warlikowski - ONP - 10-11/2017

Message par Adalbéron » 30 nov. 2017, 19:55

C'est que Don Carlos chez Schiller ne parle pas d'amour à Elisabeth mais quasi exclusivement de la mort de Posa.

Moi je n'ai pas d'idée sur la question, même si je sais que deuil et amour sont fatalement associés. En ce sens, l'amour vainc la mort, oui, sans doute.

Il s'agissait surtout de dire que chez Schiller l'amour que porte Carlos à Posa semble plus fort que celui qu'il porte à Elisabeth.

Mais si tu posais la question à Werther, je ne sais pas ce qu'il te dirait...
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Re: Verdi - Don Carlos - Jordan/Warlikowski - ONP - 10-11/2017

Message par micaela » 30 nov. 2017, 20:21

Deuil et amour OK, mais ça comprend aussi l'amour filial ou fraternel. On peut être en deuil d'un père, d'une mère, d'un frère ou d'une sœur sans y adjoindre une dimension de relation amoureuse (homosexuelle ou incestueuse selon les cas).
Pourquoi vouloir absolument mettre ce genre de sous-texte dans la relation Rodrigue/Posa ? Le côté fraternel/filial (Carlo , envers lequel son père n'a jamais montré d'affection , voyant dans Posa un père ou grand frère de substitution) suffit largement. Je parle bien sûr uniquement de l'opéra de Verdi, je ne connais pas l'œuvre de Schiller.
Evoquer l'homosexualité sur scène ou à l'écran ne me pose aucun problème, j'en a juste un peu assez qu'on veuille en mettre là où il n'y en n'a pas forcément.
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Re: Verdi - Don Carlos - Jordan/Warlikowski - ONP - 10-11/2017

Message par Bernard C » 30 nov. 2017, 20:58

micaela a écrit :
30 nov. 2017, 20:21
Deuil et amour OK, mais ça comprend aussi l'amour filial ou fraternel. On peut être en deuil d'un père, d'une mère, d'un frère ou d'une sœur sans y adjoindre une dimension de relation amoureuse (homosexuelle ou incestueuse selon les cas).
Pourquoi vouloir absolument mettre ce genre de sous-texte dans la relation Rodrigue/Posa ? Le côté fraternel/filial (Carlo , envers lequel son père n'a jamais montré d'affection , voyant dans Posa un père ou grand frère de substitution) suffit largement. Je parle bien sûr uniquement de l'opéra de Verdi, je ne connais pas l'œuvre de Schiller.
Evoquer l'homosexualité sur scène ou à l'écran ne me pose aucun problème, j'en a juste un peu assez qu'on veuille en mettre là où il n'y en n'a pas forcément.
Oui bien sûr Micaela.
L'explication est simple.
C'est une façon d'assaisonner le spectacle qui doit plaire supposément au peuple de moins de 40 ans.
Il faut aujourd'hui pimenter de sexe , voire de violence, toujours de limite transgressive, sinon c'est "routinier et ennuyeux".

L'excitation est stimulée en permanence par les images circulantes les plus débridées de la moindre sublimation ; la poubellication occupe nos écrans quand ce ne sont les pornographies de toutes natures.
Les corps ouverts comme les pulsions les plus diverses .
Pour être moderne il faut rester pour certains dans l'air du temps, c'est à dire dans l'atmosphère qui nous entoure.

Et ne nous bouchons pas les yeux , un fond prosélyte gay subsiste encore sur une norme non certainement assumée par beaucoup malgré les apparences ; c'est une façon de se rassurer si on ne se sent pas pleinement normal :" tout le monde le serait un peu" ce qui est évidemment fortement inexact.

On voit donc à l'Opéra des emprunts aux écrans de téléréalité ou de smartphones ou de cinéma ( encore qu'au cinéma le réalisateur/ cinéaste peut être un créateur, il a la responsabilité de tout , de son texte comme de ses images, du son comme de ses interprètes , et souvent de ses propres deniers.
Ça fait l'immense différence .)

On peut lire sans arrêt ici les motifs qui portent les amateurs de ces Konzept Produktion
C'est très clair.

C'est vrai aussi que des metteurs en scène de talent c'est très rare et que certains imposteurs ont une bonne côte de marché.
Car le marché n'est pas indifférent à la chose.

La réputation marchande des metteurs en scène d'opéra c'est aussi un système qui marche.


Bernard

Il a été question du buzz par exemple, ce n'est pas un mince phénomène
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