Verdi - la Forza del destino - Luisotti/Auvray - ONP- 06-07/2019

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Re: Verdi - la Forza del destino - Luisotti/Auvray - ONP- 06-07/2019

Message par PlacidoCarrerotti » 11 juin 2019, 10:11

C'est sympa de faire venir des scolaires : mais, compte tenu de la rareté des places pas chères, c'est un peu du gâchis que de les faire venir pour un acte uniquement.

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Re: Verdi - la Forza del destino - Luisotti/Auvray - ONP- 06-07/2019

Message par Loïs » 11 juin 2019, 10:18

PlacidoCarrerotti a écrit :
11 juin 2019, 10:11
C'est sympa de faire venir des scolaires : mais, compte tenu de la rareté des places pas chères, c'est un peu du gâchis que de les faire venir pour un acte uniquement.
C'est bien ça, j'étais surpris de voir sortir le troupeau à la première coupure. je me demandais où ils allaient.
Plutôt frustrant! Pourquoi ne pas choisir une oeuvre plus courte?

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Re: Verdi - la Forza del destino - Luisotti/Auvray - ONP- 06-07/2019

Message par dongio » 14 juin 2019, 12:32

Bonne représentation hier...mais sans susciter d'enthousiasme délirant.
Bel orchestre et belle direction qui veille à ne jamais couvrir les chanteurs. Bons chœurs, bon comprimarii. Preziosilla correcte mais le rôle est tellement pénible (ah, ce rataplan zimboumpifpafpouf est insupportable)... Lucic vocalement acceptable, belle ligne de chant mais d'une froideur terrible, sans aucun sentiment, et totalement dénervé au plan dramatique (merci le metteur en scène, les duos où Carlo et Alvaro piétinent sur place ou errent de long en large sur le plateau nu sont d'un vide intersidéral). Ebouriffant Jagde, découverte pour moi, avec un beau timbre, une vaillance vocale alliant une recherche de couleurs à une quinte aigue renversante. Très très belle Leonora de Harteros, mais hélas pour une raison inexpliquée les premières phrase d'un "Pace Pace" instables, sans pianis, et une "Maledizione" finale un peu courte. Autrement superbe incarnation, surtout à la scène du couvent.
On passe une bonne soirée de répertoire...dans un opéra qui n'est à mon humble avis pas du meilleur Verdi...

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Re: Verdi - la Forza del destino - Luisotti/Auvray - ONP- 06-07/2019

Message par FROJG2015 » 14 juin 2019, 21:40

J’étais à la représentation de la Forza hier soir à Bastille et me suis étonnée d’entendre ce que je pensais être l’ouverture de l’opéra, après le premier acte (que d’aucuns appellent aussi le prologue). Ayant encore dans les oreilles l’inoubliable et récente retransmission du ROH (avec le tiercé gagnant Jk/Tézier/Anna), l’ouverture... « ouvrait » bien, puisque la mise en scène nous montrait les protagonistes gamins avant que les « adultes » n’entrent en scène pour cette funeste soirée qui se terminait par la mort accidentelle du marquis.
Me plongeant du coup dans le programme, je compris qu’il y avait en fait deux versions de cet opéra: la création à St Petersbourg en 1862 et une version remaniée par Verdi lui-même pour la première à Milan en 1869.
Mon programme indique que dans cette version, dite de Milan, ce fameux passage orchestral aurait été écrit pour cette version ( j’en déduis donc qu’il n’était pas présent dans la version d’origine): « ....nous en avons l’illustration musicale dans l’interlude-sinfonia qui suit ce prologue, sinfonia écrit par Verdi pour les représentations de l’ouvrage à la Scala de Milan en 1869.....qui représente le temps entre le départ de Carlo sur les traces des deux fugitifs et l’arrivée dans l’auberge ».
Une autre différence entre les deux versions est qu’Alvaro se suicide en 1863 mais plus en 1869.
Dans la version accessible en DVD de la représentation de 2014 du Bayerische
opera, autre distribution mémorable, il est très clairement indiqué au générique qu’il s’agit de la version 1869. Effectivement, Alvaro/jk ne se suicide pas, mais l’opéra démarre cependant par l’ouverture, alors que la signature de cette version serait justement qu’on ne commence pas par l’ouverture.
Plus troublant encore, on peut trouver sur internet une version dite de St Petersburg enregistrée au théâtre Mariinsky, dirigée par Gergiev, qui démarre aussi par l’ouverture et se termine par le suicide....
Du coup, je n’y comprends plus rien. L’ouverture était-elle écrite dès la naissance de l’ouvrage ou pas? Selon quel critère est-elle déplacée?
Je reconnais que ce n’est pas l’essentiel à retenir de cet opéra mais la curiosité me titille. Quelqu’un aurait- il le fin mot de cette histoire sur ODB?

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Re: Verdi - la Forza del destino - Luisotti/Auvray - ONP- 06-07/2019

Message par David-Opera » 15 juin 2019, 20:11

FROJG2015 a écrit :
14 juin 2019, 21:40
Plus troublant encore, on peut trouver sur internet une version dite de St Petersburg enregistrée au théâtre Mariinsky, dirigée par Gergiev, qui démarre aussi par l’ouverture et se termine par le suicide....
La version Gergiev est celle de 1862, et débute donc avec l'ouverture originale, plus courte que celle réécrite par Verdi en 1869.
Lors de la création milanaise, la sinfonia que l'on connait aujourd'hui était bel et bien placée en ouverture, mais c'est plus tard qu'est venue l'idée de jouer la version de Milan en déplaçant l'ouverture après le prologue, à l’initiative de Gustav Mahler.

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Re: Verdi - la Forza del destino - Luisotti/Auvray - ONP- 06-07/2019

Message par FROJG2015 » 16 juin 2019, 07:59

Merci

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Re: Verdi - la Forza del destino - Luisotti/Auvray - ONP- 06-07/2019

Message par micaela » 19 juin 2019, 11:55

J'y étais hier soir. La mise en scène n'est pas exceptionnelle (celle de Loy au ROH était globalement plus aboutie), mais comporte de bons moments (les scènes de groupe étaient bien réglées - ce qui n'était pas le cas des deux duels…). En plus, les costumes étaient réussis, et l'idée d'utiliser l'ambiance du Risorgimento fonctionne assez bien . Belle découverte que celle du ténor, même si Jagde n'est pas Kaufmann. Lucic chante bien d'un point de vue technique, mais il y manque la conviction, l'expression (et pour ce personnage, un brin de noirceur). Harteros très bien , dans un style très différent de Netrebko (affaire de tempérament autant que de mise en scène).
Triomphe pour elle.
PS Les chœurs ne sont pas venus saluer hier soir , ou alors ça a été tellement bref que ça m'a échappé, mais ça m'étonnerait (en fait ils ont salué après le Rataplan et ne sont pas revenus pour les saluts à la fin).
Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Pensée shadok

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Re: Verdi - la Forza del destino - Luisotti/Auvray - ONP- 06-07/2019

Message par PlacidoCarrerotti » 19 juin 2019, 12:09

Revu hier soir : premier rang d'orchestre après le dernier rang du second balcon (je suis un extrémiste). Je voulais surtout me rendre compte du timbre de Jadge qui m’avait paru assez quelconque depuis le poulailler.

Globalement, les voix étaient beaucoup moins sonores qu’en haut et plutôt moins que d’habitude à cette place.
Jadge était ainsi moins impressionnant que Kunde dans Otello, c'est dire ! La projection s’éparpillait au lieu d’être concentrée. Le timbre n’est pas plus beau de près que de loin.
Lucic gagne en revanche à être entendu de près : hormis les passages où il chante carrément faux, il ne m'a pas donné (en tout cas beaucoup moins) cette impression de chanter trop bas continuellement*.
Déception pour Harteros en revanche, qui m’a paru une version moderne de Maria Chiara : timbre un peu fané, émission un peu faible hormis quelques aigus (mais sans rapport avec des vrais aigus de spinto).
Encore des décalages. Direction proprète. Tout ça manque une peu de nerf, de conviction, d’engagement, pour faire une vraie grande soirée. J’aurais dû rester sur ma première impression du second balcon.


*Ce n’est pas la première fois que je constate un tel phénomène : une fois, j’avais eu un échange assez vif à propos de June Anderson au Met en Gilda. J’étais au premier rang et elle chantait juste ; mes potes étaient aux standing et la trouvait un peu basse. Les places étant libres à mes côtés, on est convenu qu’elle ne chantait pas faux entendue de près. Les harmoniques semblent donc diverger plus on est loin de la source émettrice ce qui est paradoxal puisque, scientifiquement, la vitesse du son est indépendante de la longueur d’onde (en ligne droite). Donc soit c’est dû à la réverbération, soit c’est dû à mes oreilles.
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Re: Verdi - la Forza del destino - Luisotti/Auvray - ONP- 06-07/2019

Message par VivaLaMamma » 19 juin 2019, 13:01

PlacidoCarrerotti a écrit :
19 juin 2019, 12:09
Lucic gagne en revanche à être entendu de près : hormis les passages où il chante carrément faux, il ne m'a pas donné (en tout cas beaucoup moins) cette impression de chanter trop bas continuellement*.

*Ce n’est pas la première fois que je constate un tel phénomène : une fois, j’avais eu un échange assez vif à propos de June Anderson au Met en Gilda. J’étais au premier rang et elle chantait juste ; mes potes étaient aux standing et la trouvait un peu basse. Les places étant libres à mes côtés, on est convenu qu’elle ne chantait pas faux entendue de près. Les harmoniques semblent donc diverger plus on est loin de la source émettrice ce qui est paradoxal puisque, scientifiquement, la vitesse du son est indépendante de la longueur d’onde (en ligne droite). Donc soit c’est dû à la réverbération, soit c’est dû à mes oreilles.
Il y avait eu le même débat lors la Favorite au TCE en 2013 : ceux placés près de la scène n'étaient pas gênés par le vibrato d'Uria Monzon, tandis que ceux plus loin étaient très critiques (voir le fil : viewtopic.php?f=6&t=13411)

J'étais au rang 13.

Anja Harteros alterne de forts beaux moments, avec de belles nuances, un souffle long et une projection affirmée (son air du premier acte, "Madre pietosa vergine" et le "Pace, pace", très applaudi) et d'autres plus difficiles (notamment le duo avec Padre Guardiano où elle a eu tendance à "miauler" des aigus voilés). Scéniquement, c'est un peu pareil : l'actrice est parfois émouvante (le dernier acte) mais semble aussi empruntée (notamment lorsqu'elle est en homme).

Belle découverte que Brian Jadge : après Grigolo dans Tosca, c'est un plaisir d'entendre un ténor à la projection percutante et dont les aigus claironnants emplissent l'espace. Le timbre n'a rien d'exceptionnel mais l'interprète est vaillant, assumant crânement la tessiture ardue du rôle.
On reprochera un investissement scénique minime (pas aidé par la mise en scène peu inspirée) et un manque de nuance : il tente de démarrer son grand air "O tu che in sen" en demi-teinte mais ne parvient qu'à produire une sorte de falsetto graillonnant.

Zeljko Lucic fut pour moi très éprouvant à entendre, chantant trop bas voire carrément faux une grande majorité de la soirée. Comme scéniquement il est impavide et que son timbre est monocorde, le personnage de Don Carlo était plutôt sacrifié...

Rafel Siwek campe un Guardiano noble et sonore, tandis que Gabriele Viviani est un Melitone truculent et bien chantant.
Après Ulrica en janvier 2018, Varduhi Abrahamyan se fourvoie de nouveau à mon sens dans le rôle de Preziosilla. Pourquoi cette chanteuse qui se révèle magnifique dans Rossini (Arsace à Marseille en 2015) s'obstine à aborder les rôles de mezzos verdiens dont elle n'a pas la carrure ?
Les chœurs sont bien (ils ont droit à un rallumage du plateau après le Ratanplan, faisant office de salut).
Direction assez étrange de Luisotti : souvent rapide (notamment l'ouverture), avec du nerf mais parfois relâchée, et on note quelques décalages.

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Re: Verdi - la Forza del destino - Luisotti/Auvray - ONP- 06-07/2019

Message par PlacidoCarrerotti » 19 juin 2019, 13:14

VivaLaMamma a écrit :
19 juin 2019, 13:01

Zeljko Lucic fut pour moi très éprouvant à entendre, chantant trop bas voire carrément faux une grande majorité de la soirée. Comme scéniquement il est impavide et que son timbre est monocorde, le personnage de Don Carlo était plutôt sacrifié...
Ce sont plutôt nos oreilles qui étaient sacrifiées !
"Quand on se cogne la tête avec un livre et que ça sonne creux, cela ne veut pas dire que le livre est vide". (Otto Klemperer)

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