Puccini - La Bohème - Dudamel/Guth - ONP - 11-12/2017

Représentations

Après avoir vu cette Bohème à l'Opéra Bastille, vous pouvez dire que...

Le sondage s’est terminé le 31 déc. 2017, 07:36

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PlacidoCarrerotti
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Re: Puccini - La Bohème - Dudamel/Guth - ONP - 11-12/2017

Message par PlacidoCarrerotti » 14 déc. 2017, 15:44

HELENE ADAM a écrit :
14 déc. 2017, 15:25
@ Placido : ce passé proche n'est pas spécialement daté me semble-t-il....(dans la mise en scène de Guth). il pourrait être celui, contemporain de la mise en scène de Damiano Michieletto à Salzbourg ou tout autre (beaucoup de Bohème ont été transposées début 21ème siècle et même Miller n'était pas tout à fait conforme à la bonne époque...Dubo, Dubon, Dubonnet, c'est plus tard...)
Les costumes ne font pas vraiment fin XXIe ;-)

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Re: Puccini - La Bohème - Dudamel/Guth - ONP - 11-12/2017

Message par Loïs » 14 déc. 2017, 15:44

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JdeB
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Re: Puccini - La Bohème - Dudamel/Guth - ONP - 11-12/2017

Message par JdeB » 14 déc. 2017, 15:56

Adalbéron a écrit :
14 déc. 2017, 15:43
elisav a écrit :
14 déc. 2017, 12:38
Il est dit ici que le côté musical des interprétations respecte en général les œuvres (contrairement aux mises-en-scène modernes qui, elles, ne sont plus comme avant et font fuir le public).

Que nenni! C’est un leurre, une idée préconçue.
Prenons l’exemple de Don Carlo(s). :wink:
Depuis des décennies, l’oeuvre est présentée sous des formes plus ou moins charcutées; ce que le public d’opéra semble à peine remarquer, parce que « ça a toujours été ainsi ». Qui plus est, je doute que « l’intention du compositeur » ait jamais été d’entendre des chanteurs avec des accents à coper au couteau, chantant dans des styles qui n’ont plus rien à voir avec les traditions interprétatives du temps de Verdi (en français, comme en italien); pourtant, ceci n’a pas l’air de gêner grand monde...

Une version charcutée, dans une mise-en-scène littérale est-elle plus « respectueuse de l’oeuvre » que ne l’est une version complète avec une mise-en-scène comme celle de Warlikowski?
+1000
La "fidélité" à l'œuvre est souvent plus le maintien d'une tradition exogène à l'œuvre telle qu'elle a été conçue en/pour son temps qu'autre chose. L'aigu à la fin de "Che gelida manina" n'est pas de Puccini.
Tiens, quand est-ce qu'on jouera partout Racine en prononciation restituée et qu'on cessera donc de trahir sa poésie et la conception théâtrale de ses œuvres qui va avec ?

N'oublions pas aussi que le théâtre lyrique est un art d'actualité : l'œuvre se forme en même temps qu'elle est interprétée. Tout le contraire d'un roman, d'un film, d'une peinture ou d'une sculpture (qu'on peut interpréter certes de plusieurs manières différentes, suivant des procédés précis, suivant les sensibilités, suivant qu'on veuille s'intéresser à tel ou tel élément qu'on juge saillant).
L'opéra comme opération d'un seul homme qui conçoit tout est utopique, atopique, ça ne peut pas avoir lieu. Le compositeur ne crée ni ne contrôle tout. Et c'est comme ça dans tous les arts (c'est même un poncif, non ?).
Figer la forme, c'est la mort du théâtre lyrique. Répéter éternellement le même tableau dans le présent, c'est abscons. Or, il se trouve que la plupart des œuvres données aujourd'hui dans les salles d'opéra sont des œuvres qui appartiennent au passé (on ne peut que s'en désoler), un passé qui n'est plus le nôtre, que nous ne pouvons pas intégrer, parce qu'il nous est très logiquement et fatalement étranger. Bien sûr, si l'on part du postulat qu'il existe une nature humaine, on s'y retrouve toujours quand il n'est question que des rapports passionnels et affectifs. Mais de là vient la nécessité de parfois déplacer l'œuvre pour faire naître de nouvelles formes à partir du même matériau, pour faire jaillir de la vie nouvelle et avec, du sens (qu'est-ce que disait Attila aux Italiens au XIXe ? Le sens de cette œuvre est pour nous aujourd'hui différent). Comme des variations sur un même thème. L'œuvre n'en sort jamais détruite, mais régénérée, redécouverte, réactualisée (au sens premier). Une œuvre est un trésor, il faut l'ouvrir et fouiller dedans, l'opérer. Ça rate, ça réussit, peu importe, ça vit hic et nunc.
Le metteur en scène n'est certes pas un démiurge, il ne part pas de rien, ça ne l'empêche pas pour autant d'être un créateur, comme le chef d'orchestre, les chanteurs et les chanteuses qui devraient toujours interpréter l'œuvre de telle sorte qu'elle soit une redécouverte, qu'elle paraissent réinventée là maintenant.
La seule exigence est d'actualiser l'émotion, de révéler la présence d'une œuvre, sa fraîcheur, parvenir à toucher ses sens possibles.
(Placido dit que ça ne l'a pas touché, là c'est embêtant - je verrai pour ma part pour cette Bohème. Mais qunon s'inquiète pas, il y a d'autres Bohème de Puccini).

Et puis, au fond, s'il fallait vraiment parler de trahison, n'oublions pas que sans le baiser de Judas, il n'y aurait pas eu de Résurrection... :mrgreen:
Ton discours, quoiqu'on en pense sur le fond, est trop globalisant. C'est un manifeste.

Ce que dit La Bohème presque à la lettre c'est actuel justement, ce qui n'est pas le cas d'Attila.

Il faut en faire un minimum avec certaines œuvres très concrètement pensées pour le théâtre (les grands Mozart par exemple) et beaucoup plus avec d'autres qui se montrent plus élastiques...La marge de manœuvre interprétative n'est pas la même selon les ouvrages. Il faut savoir être humble parfois mêm'e quand on est metteur en scène

(On savait déjà que tu te voulais philosophe esthéticien mais on voit que tu es aussi théologien.... :Jumpy: )
"Si tu travailles avec un marteau-piqueur pendant un tremblement de terre, désynchronise-toi, sinon tu travailles pour rien." J-C Van Damme.
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Re: Puccini - La Bohème - Dudamel/Guth - ONP - 11-12/2017

Message par JdeB » 14 déc. 2017, 15:58

Loïs a écrit :
14 déc. 2017, 15:44
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ODB est le contraire d'un blog.
"Si tu travailles avec un marteau-piqueur pendant un tremblement de terre, désynchronise-toi, sinon tu travailles pour rien." J-C Van Damme.
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Re: Puccini - La Bohème - Dudamel/Guth - ONP - 11-12/2017

Message par Loïs » 14 déc. 2017, 16:03

JdeB a écrit :
14 déc. 2017, 15:58
ODB est le contraire d'un blog.
Même sur un forum, il faut laisser l'arrière train de ces pauvres bêtes tranquilles car cela vire à l'acharnement

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Re: Puccini - La Bohème - Dudamel/Guth - ONP - 11-12/2017

Message par David-Opera » 14 déc. 2017, 16:40

Loïs a écrit :
14 déc. 2017, 16:03
Même sur un forum, il faut laisser l'arrière train de ces pauvres bêtes tranquilles car cela vire à l'acharnement
Dans la vie, il est sage de laisser chacun faire ce qu'il lui plait du moment qu'il ne contraint personne.

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Re: Puccini - La Bohème - Dudamel/Guth - ONP - 11-12/2017

Message par MezzoPower » 14 déc. 2017, 17:02

David-Opera a écrit :
14 déc. 2017, 16:40
Loïs a écrit :
14 déc. 2017, 16:03
Même sur un forum, il faut laisser l'arrière train de ces pauvres bêtes tranquilles car cela vire à l'acharnement
Dans la vie, il est sage de laisser chacun faire ce qu'il lui plait du moment qu'il ne contraint personne.
Voilà une remarque qui fait mouche.

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Re: Puccini - La Bohème - Dudamel/Guth - ONP - 11-12/2017

Message par Bernard C » 14 déc. 2017, 18:21

David-Opera a écrit :
14 déc. 2017, 16:40
Loïs a écrit :
14 déc. 2017, 16:03
Même sur un forum, il faut laisser l'arrière train de ces pauvres bêtes tranquilles car cela vire à l'acharnement
Dans la vie, il est sage de laisser chacun faire ce qu'il lui plait du moment qu'il ne contraint personne.
Et dans la mesure où ça ne le conduit pas à un danger imminent.

Bernard
"L'amour infini, sans autre aliment qu'un objet à peine entrevu dont mon âme était remplie , je le trouvais exprimé par ce long ruban d'eau qui ruisselle au soleil entre deux rives vertes, par ces lignes de peupliers qui parent de leurs dentelles mobiles ce val d'amour..." Le Lys

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Re: Puccini - La Bohème - Dudamel/Guth - ONP - 11-12/2017

Message par Perseo » 14 déc. 2017, 18:29

Est-ce que le problème de cette Bohème est sa forme apparente ou le fond de son travail ? L'argumentation qui consiste à défendre en premier lieu le droit à la déformation de l'oeuvre est presque en soi un aveu : que rien d'autre de valeur ne peut en être dit pour sa défense ou sa louange. Passons un instant sur le fait qu'elle ne corresponde pas à une vision classique de la Bohème. Qu'est-ce qu'elle a justement à nous dire de si urgent par ce cadre ? Où diable est le moindre début d'un point ou sens commun entre la Bohème et Solaris ? Que nous propose Guth en plus sur l'oeuvre que ce qu'il en désactive ?

Ironiquement, le déroulé de cette Bohème semble finalement se tisser uniquement par ses décors (jamais vus !), ses costumes (transgressifs !) et de la surcharge scénique (théâtre !) pour occuper le vide émotionnel résultant. En fait, la parfaite recette zeffirellienne, avec d'autres images ("qui nous parlent de notre époque") à la place des anciennes ("éculées et poussiéreuses"). Et bien sûr, une transgression forte, de préférence à contre-sens pour souligner la liberté du génie créateur : tuer Mimi d'emblée - comme si on émasculait Don Giovanni dès l'ouverture.

Donc : si on oublie les décors, les costumes et le flash-back, il reste quoi exactement chez Guth ?

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Re: Puccini - La Bohème - Dudamel/Guth - ONP - 11-12/2017

Message par lionrougeetblanc » 14 déc. 2017, 18:34

Loïs a écrit :
14 déc. 2017, 16:03
JdeB a écrit :
14 déc. 2017, 15:58
ODB est le contraire d'un blog.
Même sur un forum, il faut laisser l'arrière train de ces pauvres bêtes tranquilles car cela vire à l'acharnement
Difficile. Trop d'occasions de jouer la couche du moche...

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