Berlioz - La Damnation de Faust - Rophé - vc - Angers-Nantes Opéra - 09/2017

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Re: Berlioz - La Damnation de Faust - Rophé - vc - Angers-Nantes Opéra - 09/2017

Message par dge » 16 sept. 2017, 22:18

Merci Bernard. Je confirme, c'est bien une prise de rôle ( voir son entretien).

D'après ce que tu nous dit, la porte s'ouvre vers Cassandre / Didon. Espérons qu'une scène française ""osera"" lui proposer. C'est un de ses voeux les plus chers.

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Re: Berlioz - La Damnation de Faust - Rophé - vc - Angers-Nantes Opéra - 09/2017

Message par Zelenka » 17 sept. 2017, 11:21

Comment s'explique qu'une chanteuse de ce format soit aussi sous-employée en France ? Quelqu'un a-t-il des éléments de réponse ?

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Re: Berlioz - La Damnation de Faust - Rophé - vc - Angers-Nantes Opéra - 09/2017

Message par elisav » 17 sept. 2017, 12:25

Zelenka a écrit :
17 sept. 2017, 11:21
Comment s'explique qu'une chanteuse de ce format soit aussi sous-employée en France ? Quelqu'un a-t-il des éléments de réponse ?
Sous-employée en France seulement? Tu trouves qu'à l'étranger elle n'est pas sous-employée?

La Damnation de Faust, par exemple, devient très à la mode ces jours-ci. Les Marguerites sont Ann Hallenberg, Karen Cargill, Magdalena Kozena, Silvia Tro Santafe, Sasha Cooke, et j'en passe. Hunold n'a été sollicitée que par Nantes Angers Opéra. Même l'Opéra Royal de Wallonie n'a pas fait appel à Hunold pour sa récente série de Damnations (c'était Nino Surguladze qui chantait le rôle).

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Re: Berlioz - La Damnation de Faust - Rophé - vc - Angers-Nantes Opéra - 09/2017

Message par Zelenka » 17 sept. 2017, 19:17

elisav a écrit :
17 sept. 2017, 12:25
Zelenka a écrit :
17 sept. 2017, 11:21
Comment s'explique qu'une chanteuse de ce format soit aussi sous-employée en France ? Quelqu'un a-t-il des éléments de réponse ?
Sous-employée en France seulement? Tu trouves qu'à l'étranger elle n'est pas sous-employée?

La Damnation de Faust, par exemple, devient très à la mode ces jours-ci. Les Marguerites sont Ann Hallenberg, Karen Cargill, Magdalena Kozena, Silvia Tro Santafe, Sasha Cooke, et j'en passe. Hunold n'a été sollicitée que par Nantes Angers Opéra. Même l'Opéra Royal de Wallonie n'a pas fait appel à Hunold pour sa récente série de Damnations (c'était Nino Surguladze qui chantait le rôle).
J'aurais dû écrire : "sous-employée" tout court. Mais la France ne reconnait pas ses propres talents, on ne peut pas toujours attendre que l'étranger le fasse !

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[HS] Artistes français Re: Berlioz - La Damnation de Faust - Rophé - vc - Angers-Nantes Opéra - 09/2017

Message par Bernard C » 17 sept. 2017, 19:33

Tu as raison c'est consternant.
Évidemment on est hors sujet car dans cette Damnation, c'est une grande ovation pour Hunold à Angers, mais on ne peut qu'être scandalisé que l'Opera de Paris qui avait retenu Catherine Hunold comme cover de Herlitzius dans Ortrud ne lui ait pas programmé au moins une séance des nombreux Lohengrin.
Le Met le fait régulièrement avec ses cover, et nos chanteurs français en bénéficient (c'est le cas de Borras par exemple).
Notre scène nationale qui nous coûte un bras en impôts est incapable d'une politique intelligente de promotion des artistes français qui ont pourtant fait leurs preuves.
Je suis encore scandalisé quand j'y pense !

De surcroît, vu la réputation de ses Ortrud en Province elle aurait rempli une soirée à Bastille, car elle est bien meilleure que la hurleuse allemande.

Bernard
«Or les traits de ma peinture ne fourvoient point, quoi qu’ils se changent et diversifient. Le monde n’est qu’une branloire pérenne : toutes choses y branlent sans cesse (), et du branle public, et du leur. La constance même n’est autre chose qu’un branle plus languissant.»
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Re: Berlioz - La Damnation de Faust - Rophé - vc - Angers-Nantes Opéra - 09/2017

Message par elisav » 18 sept. 2017, 10:43

Zelenka a écrit :
17 sept. 2017, 19:17
elisav a écrit :
17 sept. 2017, 12:25
Zelenka a écrit :
17 sept. 2017, 11:21
Comment s'explique qu'une chanteuse de ce format soit aussi sous-employée en France ? Quelqu'un a-t-il des éléments de réponse ?
Sous-employée en France seulement? Tu trouves qu'à l'étranger elle n'est pas sous-employée?

La Damnation de Faust, par exemple, devient très à la mode ces jours-ci. Les Marguerites sont Ann Hallenberg, Karen Cargill, Magdalena Kozena, Silvia Tro Santafe, Sasha Cooke, et j'en passe. Hunold n'a été sollicitée que par Nantes Angers Opéra. Même l'Opéra Royal de Wallonie n'a pas fait appel à Hunold pour sa récente série de Damnations (c'était Nino Surguladze qui chantait le rôle).
J'aurais dû écrire : "sous-employée" tout court. Mais la France ne reconnait pas ses propres talents, on ne peut pas toujours attendre que l'étranger le fasse !
Pas tout à fait. On peut faire une grande carrière tout en se produisant rarement (ou jamais) en France. Je doute que le contraire soit possible. Quand on chante presque exclusivement dans les théâtres de province français, et occasionnellement à Paris, on fait AMHA une carrière plutôt modeste. :mrgreen:

Par contre, je suis d'accord que si le PUBLIC français ne reconnaît pas ses propres talents (ou il s'en fout, ou il en a des aprioris négatifs), on ne peut pas s'attendre que le public étranger le fasse. D'ailleurs, je parie que ce public n'est même pas au courant de l'existence de Hunold et de sa Marguerite. Il y a des enregistrements des Marguerites de Hallenberg, de Cargill; peut-être il y en aura un enregistrement de Kozena. Mais pas de trace de Hunold...

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Re: Berlioz - La Damnation de Faust - Rophé - vc - Angers-Nantes Opéra - 09/2017

Message par Philippes » 19 sept. 2017, 16:11

J'ai assisté à la première représentation vendredi 15 septembre (comme Bernard)

Il a suffi de cinq secondes pour s'apercevoir que Michael Spyres allait être fabuleux en Faust, et il l'a été. Bernard a dit les qualités du chanteur (timbre, phrasé, articulation, utilisation de la voix mixte), mais ce qui est frappant au premier chef, c’est le style : cet américain originaire du Missouri donne à chaque instant des leçons de chant français, et de style berliozien (mais le terme de leçon est inadéquat tant tout cela est fait avec naturel). Il montre en particulier que Faust n’est pas un héros torturé postromantique comme on nous l’assène trop souvent, mais un héritier des héros de la grande tragédie lyrique française.

Tant de beauté et d’émotion provoquera bien des larmes dans le public.

On est plus inquiet quand arrive Laurent Alvaro, dont les premiers aigus sont un peu coincés, mais la voix se chauffe vite, et il nous livrera une grande prestation, admirable de style lui aussi, et théâtral sans jamais verser dans l’histrionisme.

On connait désormais (au moins sur ODB) le talent de Catherine Hunold dans des rôles lourds, mais elle a régulièrement confessé son amour de Berlioz, et elle démontre avec brio qu’elle est faite pour cette musique magique et subtile. La ligne et le souffle, le mot justement pesé, les nuances infinies, la beauté du timbre, la sureté des aigus et des graves : c’est une très grande berliozienne qui se révèle. Là encore, comme avec Spyres avec lequel elle forme un duo parfaitement apparié, le style et la beauté suffisent à faire naître l’émotion.

Les chœurs d’une grande qualité (bien meilleurs à mon goût que dans le Lohengrin de la saison dernière) contribuent au succès de la représentation, en particulier dans une fin particulièrement bouleversante.

J’ai aussi trouvé l’orchestre bien plus intéressant dans Berlioz que dans Wagner, avec de belles sonorités (mais si le cor anglais a parfaitement accompagné Catherine Hunold dans « D’amour l’ardente flamme », l’alto a joué constamment trop fort dans l’air du roi de Thulé). Pascal Rophé prend le parti d’une certaine lenteur (il a les chanteurs aptes à le suivre) dans les moments lyriques, de ce fait d’une grande intensité, tout en animant bien les scènes plus vives. On notera encore (c’est peut-être le mot clé de la soirée) un soin constant du grand style berliozien, sans boursouflure aucune, et une clarté propice à mettre en valeur le si bel orchestre berliozien.

Il reste trois représentations à Nantes (ce soir, jeudi et samedi). On ne peut que conseiller aux ODBiens qui le peuvent de s’y rendre.

Ph

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Re: Berlioz - La Damnation de Faust - Rophé - vc - Angers-Nantes Opéra - 09/2017

Message par Bernard C » 21 sept. 2017, 17:39

Je n'ai pas vu de micro pour la prise de rôle de Catherine Hunold dans Marguerite , mais l'ami Ph. me communique que "D'amour l'ardente flamme" a été enregistré à Angers par un spectateur .

C'est sur voldemort , c'est amateur , mais c'est sublime :
tapez sur google :
La Damnation de Faust - Air de Marguerite par Catherine Hunold 2017

Chaque inflexion du poème se consume dans un tempo très lent mais nullement paresseux , au contraire , surchargé d'une tension extraordinaire avec un cor , comme le disait Philippe formidable .

Bravo au chef et au son de l'orchestre de donner cet écrin de braise à ce chant et à Hunold de nous donner , au delà de la beauté mélodique , la flamme du grand Berlioz .

Bernard
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Re: Berlioz - La Damnation de Faust - Rophé - vc - Angers-Nantes Opéra - 09/2017

Message par dge » 21 sept. 2017, 18:40

Difficile de juger une direction sur un morceau isolé. Ca paraît effectivement lent mais habité, pas du tout ennuyeux. L'orchestre semble excellent. Seule petite réserve, un agitato pas assez nerveux sur "je suis à la fenêtre...".

On fait de belles choses en Province... :)

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Re: Berlioz - La Damnation de Faust - Rophé - vc - Angers-Nantes Opéra - 09/2017

Message par Bernard C » 21 sept. 2017, 20:32

dge a écrit :
21 sept. 2017, 18:40
Difficile de juger une direction sur un morceau isolé. Ca paraît effectivement lent mais habité, pas du tout ennuyeux. L'orchestre semble excellent. Seule petite réserve, un agitato pas assez nerveux sur "je suis à la fenêtre...".

On fait de belles choses en Province... :)

Oui , il est très rare d’interpréter à ce tempo , mais cette lenteur est tendue et parfaitement cohérente et Hunold en fait quelque chose de musicalement très intelligent .

"A la fenêtre" , il y a l'attente , pas l'agitation , la chaleur monte dans la poitrine , le cœur s'emballe moins que se tend l’anxiété . Cette angoisse retenue est fébrilité , celle du regard qui se perd , qui cherche , et seulement quand la présence se fait sentir , la chamade emporte les sens .

Et là si on écoute bien comment Hunold le fait "Mon cœur bat et se presse" , ce n'est pas un cheval en transition de galop dans un manège ! Le rythme voulu par Berlioz est celui du souffle et il doit être le plus proche du naturel , c'est à dire , proche de ce qui m'étouffe :
Dans "mon cœur bat" et la reprise "mon cœur bat et se presse" , il y a une articulation entre mon cœur et bat qui est divine et vécue de l'intérieur ; elle sait ce qui se passe , et ce qu'elle dit quand elle le chante !

Il faut qu'on l'écoute et le réécoute .

Et ça c'est sans prix .



Bon et puis c'est une prise de rôle , c'est capté je ne sais comment au milieu des rangées de spectateurs en catimini .

C'est d'une extraordinaire promesse et plus que ça quand on y était . Les petites raideurs ici ou là du stress , la tension du live nous donnait plus de sensation de bonheur de l'instant que de sens critique .

Bernard
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