Lehar - La Veuve joyeuse - Hrusa-Stieghorst/Lavelli - ONP - 09-10/2017

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PlacidoCarrerotti
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Re: Lehar - La Veuve joyeuse - Hrusa-Stieghorst/Lavelli - ONP - 09-10/2017

Message par PlacidoCarrerotti » 11 sept. 2017, 17:20

Le fait que l'opérette elle-même soit inspirée d'une pièce de boulevard française, L'Attaché d'ambassade (1861) de Meilhac, ne peut que contribuer à une incompréhension.
“Plus on ira, moins il y aura de centenaires qui auront connu Napoléon 1er.” Alphonse Allais.

paco
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Re: Lehar- La Veuve joyeuse-Hrusa / Stieghorst // Lavelli -ONP -09 et 10 /2017

Message par paco » 11 sept. 2017, 17:26

Loïs a écrit :
11 sept. 2017, 16:26
C'est marrant , pour moi cela a toujours sonné très proustien où l'élégance des attitudes et des mots permet de masquer certaines amours ou un mal de vivre et surtout dans un monde qui va disparaitre et le pressent
Oui c''est tout à fait ça, du moins dans la version allemande.

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Re: Lehar- La Veuve joyeuse-Hrusa / Stieghorst // Lavelli -ONP -09 et 10 /2017

Message par HELENE ADAM » 11 sept. 2017, 17:28

paco a écrit :
11 sept. 2017, 17:26
Loïs a écrit :
11 sept. 2017, 16:26
C'est marrant , pour moi cela a toujours sonné très proustien où l'élégance des attitudes et des mots permet de masquer certaines amours ou un mal de vivre et surtout dans un monde qui va disparaitre et le pressent
Oui c''est tout à fait ça, du moins dans la version allemande.
Très intéressant en tous cas (je vais réécouter les versions proposées par Paco) mais tu verras Lois, je trouve qu'en tous cas à Bastille avec cette distribution, ce n'est pas vraiment ça... voire pas du tout.
Lui : Que sous mes pieds se déchire la terre ! que sur mon front éclate le tonnerre,je t'aime, Élisabeth ! Le monde est oublié !
Elle : Eh bien ! donc, frappez votre père ! venez, de son meurtre souillé, traîner à l'autel votre mère

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Re: Lehar- La Veuve joyeuse-Hrusa / Stieghorst // Lavelli -ONP -09 et 10 /2017

Message par Loïs » 11 sept. 2017, 17:29

HELENE ADAM a écrit :
11 sept. 2017, 17:28
paco a écrit :
11 sept. 2017, 17:26
Loïs a écrit :
11 sept. 2017, 16:26
C'est marrant , pour moi cela a toujours sonné très proustien où l'élégance des attitudes et des mots permet de masquer certaines amours ou un mal de vivre et surtout dans un monde qui va disparaitre et le pressent
Oui c''est tout à fait ça, du moins dans la version allemande.
Très intéressant en tous cas (je vais réécouter les versions proposées par Paco) mais tu verras Lois, je trouve qu'en tous cas à Bastille avec cette distribution, ce n'est pas vraiment ça... voire pas du tout.
Oiseau de mauvais augure qui veut m'y faire aller à reculons :lol:

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PlacidoCarrerotti
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Re: Lehar - La Veuve joyeuse - Hrusa-Stieghorst/Lavelli - ONP - 09-10/2017

Message par PlacidoCarrerotti » 11 sept. 2017, 17:33

Pour frôler le HS, j'ai vu la production du Met en anglais (avec Domingo et von Stade), ça tournerait carrément à la comédie musicale (c'était d'ailleurs sonorisé si je me souviens bien). Cette douce tristesse (expression qui me fait penser à la musique d'Auber) de la version originale se perdrait-elle irrémédiablement dans ces diverses adaptations ?

Par ailleurs, et surtout à Bastille, qu'attend le public ?
Néanmoins, l'ONP est balancée dans sa présentation (mais qui la lit). : "Socle d’une tourbillonnante action tendue vers la danse, la partition de Franz Lehár, dans la plus pure tradition viennoise, fait montre d’un raffinement orchestral et mélodique rarement atteint dans une opérette. Valses, mazurkas, polkas offrent leur rythme à une mise en scène qui, inscrite dans les années 1920, célèbre les fastes du monde d’hier tout en levant le rideau sur sa fragilité".
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Re: Lehar - La Veuve joyeuse - Hrusa-Stieghorst/Lavelli - ONP - 09-10/2017

Message par paco » 11 sept. 2017, 20:11

PlacidoCarrerotti a écrit :
11 sept. 2017, 17:33
Pour frôler le HS, j'ai vu la production du Met en anglais (avec Domingo et von Stade), ça tournerait carrément à la comédie musicale (c'était d'ailleurs sonorisé si je me souviens bien). Cette douce tristesse (expression qui me fait penser à la musique d'Auber) de la version originale se perdrait-elle irrémédiablement dans ces diverses adaptations ?
Pour moi, oui, indiscutablement. Même si j'apprécie aussi ces versions d'un autre genre (par exemple j'avais adoré la version française 100% très Offenbachienne de Jérôme Savary à Genève - beaucoup moins celle qu'il reprit ensuite à l'OC, qui était devenue un peu n'importe quoi-).

N'oublions pas que Lehar est aussi l'auteur du Pays du sourire, qui ne prête pas franchement à sourire contrairement à ce que son titre indique (c'est une Madama Butterfly en plus soft), et surtout de Giuditta, qui flirte avec le grand lyrisme opératique, voire lorgne carrément du côté des Mascagni et Giordano.

Je ne sais pas comment, dans sa version française, Lehar était interprété en France avant la Seconde Guerre Mondiale : très opérette tsointsoin cancan, ou plutôt un esprit opéra-comique ?. Ce dont je suis à peu près certain, c'est que le Lehar que l'on représentait en Allemagne-Autriche à la fin des années 30 et également sous l'Occupation en France, - et notamment la Veuve Joyeuse- était volontairement réinterprété pour n'apparaître qu'un divertissement et rien d'autre, Hitler ne voulant pas entièrement se désavouer en faisant apparaître Lehar pour un "grand" compositeur. Le monologue de Danilo au II, notamment, était coupé, considéré trop dramatique et trop complexe dans le changement de climat qu'il provoque. Cette approche univoquement divertissante est-elle ensuite restée dans les habitudes des maisons d'opéra en France ? En un mot, la version à laquelle nous sommes habitués en France est-elle, dans son esprit uniquement divertissant, l'héritage des années 40, ou bien a-t-elle toujours été comme ça, depuis la création française de l'oeuvre ?

Je n'en sais rien. La seule chose dont je suis certain, c'est que les versions Von Dohnanyi (live à la Monnaie) et Karajan (studio) m'ont ouvert les yeux sur la réalité de cette partition, qui ne se limite vraiment pas à un divertissement Offenbachien !

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Re: Lehar- La Veuve joyeuse-Hrusa / Stieghorst // Lavelli -ONP -09 et 10 /2017

Message par Bernard C » 12 sept. 2017, 13:12

paco a écrit :
11 sept. 2017, 14:47
(...)des chefs comme Von Dohnanyi (à la Monnaie dans les années 80) ou Karajan (dans sa sublime intégrale avec René Kollo) ont montré à quel point cette partition, dans sa version allemande (avec toutes les couleurs spécifiques du texte que cela implique), se rapprochait de Strauss... Richard et non Johann ! On est plus dans la nostalgie que dans les tsoin-tsoin paillettes que des décennies de matinées d'opérettes dans la version française ont véhiculés.

(...) vision plus complexe et post-romantique de cette oeuvre que dans une vision cabaret-champagne qui pétille.
+1 (le +1 est à la mode et c'est facile pour dire : oui je suis pleinement d'accord avec toi , paco )

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"L'amour infini, sans autre aliment qu'un objet à peine entrevu dont mon âme était remplie , je le trouvais exprimé par ce long ruban d'eau qui ruisselle au soleil entre deux rives vertes, par ces lignes de peupliers qui parent de leurs dentelles mobiles ce val d'amour..."

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Re: Lehar - La Veuve joyeuse - Hrusa-Stieghorst/Lavelli - ONP - 09-10/2017

Message par PDdLB » 13 sept. 2017, 13:11

Bonjour à tous,

Quelques impressions et interrogations sur la représentation à laquelle j'ai assistée hier:

Premièrement, j'ai trouvé que ce que le tout était remarquablement bien joué, que chacun des solistes avait une justesse de ton qui donnait de vraies identités aux personnage, depuis le couple principal jusqu'aux petits rôles; et de là vient une de mes principales interrogations (et contrariété): pourquoi ne pas avoir donné une version française de l'oeuvre (ou a minima avoir traduits tous les dialogues parlés, qui sont nombreux, en français)? cela enlève à la réussite théâtrale de la pièce que d'avoir constamment à regarder le prompteur (et encore je parle un allemand suffisant pour comprendre la plupart des échanges, mais j'ai cru que ma femme allait attraper un torticolis).

Deuxième source d'étonnement: pourquoi avoir donné cette oeuvre à Bastille, qui clairement ne correspond pas du tout à l'atmosphère qui s'en dégage? (en cela je rejoins les commentaires qui ont déjà été faits à ce sujet). J'étais au premier rang, donc j'ai eu la chance de ne pas avoir à tendre l'oreille, et je pouvais me régaler à loisir des mimiques des comédiens, mais je me demande bien ce que tout cela devait rendre au fond du second balcon... D'autant que la salle n'est pas du tout remplie. Le seul aspect positif est que cela laisse un très vaste espace pour les danses, qui ma foi sont enthousiasmantes (valse du premier acte, danses populaires et surtout le cancan final très jouissif!)

Au niveau des solistes principaux, j'ai beaucoup aimé la performance de Véronique Gens qui interprétait une veuve à la fois très chic et assez espiègle, vocalement elle avait du mal à donner de la voix dans les passages qui en demandaient davantage mais ça ne m'a tellement derangé. Thomas Hampson était un vrai régal pour son talent d'acteur, il est très drôle et en même temps crédible dans les moments où transparait un personnage mélancolique voire désabusé. En revanche, qu'est-il arrivé à sa voix? en difficulté dans le médium et très tirée dans les aigus, elle est bien loin de ce j'avais en mémoire (lors de sa première apparition, je pensais qu'il donnait à sa voix une couleur de voix d'ivrogne qui sort de chez Maxim's sur ses dernières notes, mais le phénomène s'est reproduit tout au long de l'opéra même quand le personnage est supposé être sobre); j'espère que ce n'est que passager. Le deuxième couple, formé par Valentina Nafornita et Stephen Costello a lui aussi trouvé le bon ton (ils ont l'âge, la beauté et la fraicheur), mais là encore je ne sais pas ce que cela pouvait rendre au fond de la salle, Valencienne devait parfois sembler bien inaudible. Franck Leguérinel enfin faisait un très bon Zeta.

La direction de Marius Stieghorst était enlevée et avait heureusement la légèreté qui à mon avis convient pour ce genre de pièce, en tout cas il a du tremper sa chemise lors du cancan, tant lui même dansait sur son estrade...

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Snobinart
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Re: Lehar - La Veuve joyeuse - Hrusa-Stieghorst/Lavelli - ONP - 09-10/2017

Message par Snobinart » 13 sept. 2017, 13:50

Revu hier soir pour y emmener un ami, après avoir vu la première samedi. J'étais au rang 10 samedi, au fin fond du 2B de face hier soir. Résultat : j'ai mieux entendu chacun des solistes depuis le 2B, à tel point que la projection de VG n'était pas un problème. Effectivement TH accuse son âge, usure du timbre et des moyens, si bien que le dernier duo est complètement déséquilibré. Nafornita et Costello embrasent le deuxième acte.
L'orchestre a très bien été préparé par Hrusa. Stieghorst dirige un peu plus rapidement, et avec un peu moins de couleurs, mais c'est bien fait.

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Re: Lehar - La Veuve joyeuse - Hrusa-Stieghorst/Lavelli - ONP - 09-10/2017

Message par enrico75 » 13 sept. 2017, 15:00

Snobinart a écrit :
13 sept. 2017, 13:50
Revu hier soir pour y emmener un ami, après avoir vu la première samedi. J'étais au rang 10 samedi, au fin fond du 2B de face hier soir. Résultat : j'ai mieux entendu chacun des solistes depuis le 2B, à tel point que la projection de VG n'était pas un problème. Effectivement TH accuse son âge, usure du timbre et des moyens, si bien que le dernier duo est complètement déséquilibré. Nafornita et Costello embrasent le deuxième acte.
L'orchestre a très bien été préparé par Hrusa. Stieghorst dirige un peu plus rapidement, et avec un peu moins de couleurs, mais c'est bien fait.
alors,le fait d'entendre parfaitement les voix au 2eme balcon ne t'interpelle pas?

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