Bizet - Carmen - De Billy-Sagripanti-Elder/Bieito - ONP - 03-04-06/2017

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Re: Bizet - Carmen - De Billy-Sagripanti-Elder/Bieito - ONP - 03-04-06/2017

Message par muriel » 17 juil. 2017, 09:29

avec Margaine c'était très vulgaire

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HELENE ADAM
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Re: Bizet - Carmen - De Billy-Sagripanti-Elder/Bieito - ONP - 03-04-06/2017

Message par HELENE ADAM » 17 juil. 2017, 09:32

muriel a écrit :
17 juil. 2017, 09:29
avec Margaine c'était très vulgaire
Rétrospectivement, c'était de toute manière, la représentation la moins réussie (la Première). Et Margaine n'était pas top, c'est vrai. :mrgreen:
Pour le coup, les répétitions ne semblaient pas avoir servi à grand chose...


Quelques avis suite aux représentations de juin pour mémoire :

http://www.odb-opera.com/viewtopic.php? ... 50#p317597
Lui : Que sous mes pieds se déchire la terre ! que sur mon front éclate le tonnerre, je t'aime, Élisabeth ! Le monde est oublié !
Elle : Eh bien ! donc, frappez votre père ! venez, de son meurtre souillé, traîner à l'autel votre mère

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Re: Bizet - Carmen - De Billy-Sagripanti-Elder/Bieito - ONP - 03-04-06/2017

Message par PlacidoCarrerotti » 17 juil. 2017, 09:44

HELENE ADAM a écrit :
17 juil. 2017, 09:23
L'Espagne sans espagnolades pour touristes, l'Espagne la vraie, torride et brûlée par le soleil et les passions. :wink:
Sous Franco, jamais des militaires ne se seraient livrés aux actes qu'il nous étaient donnés de voir, jamais une cabine téléphonique n'auraient été dévalisée, jamais le drapeau n'aurait été souillé, les gens roulaient en Seat ou en Renault (productions nationales) et sûrement pas en Mercedes ...

Alors, pour "l'Espagne la vraie", on repassera : c'est une vision tout aussi fantasmée qu'une espagnolade zeffirelienne. :roll:
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Re: Bizet - Carmen - De Billy-Sagripanti-Elder/Bieito - ONP - 03-04-06/2017

Message par HELENE ADAM » 17 juil. 2017, 09:52

PlacidoCarrerotti a écrit :
17 juil. 2017, 09:44
HELENE ADAM a écrit :
17 juil. 2017, 09:23
L'Espagne sans espagnolades pour touristes, l'Espagne la vraie, torride et brûlée par le soleil et les passions. :wink:
Sous Franco, jamais des militaires ne se seraient livrés aux actes qu'il nous étaient donnés de voir, jamais une cabine téléphonique n'auraient été dévalisée, jamais le drapeau n'aurait été souillé, les gens roulaient en Seat ou en Renault (productions nationales) et sûrement pas en Mercedes ...

Alors, pour "l'Espagne la vraie", on repassera : c'est une vision tout aussi fantasmée qu'une espagnolade zeffirelienne. :roll:
C'est un kaléidoscope de l'Espagne à plusieurs époques (il y a même un selfie !). Avec des images fortes typiquement espagnoles (y compris, bien sûr, issues de la période franquiste mais pas seulement).
Lui : Que sous mes pieds se déchire la terre ! que sur mon front éclate le tonnerre, je t'aime, Élisabeth ! Le monde est oublié !
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Re: Bizet - Carmen - De Billy-Sagripanti-Elder/Bieito - ONP - 03-04-06/2017

Message par micaela » 17 juil. 2017, 09:57

La mise en scène ne date pas précisément l'action, mais j'aurais tendance à penser que se déroule essentiellement dans les années 80 ou au tout début des années 90, donc après Franco.
C'est du théâtre , pas un film néo-réaliste, donc il est normal que certaines scènes ne relèvent pas du pur réalisme, avec en effet un mélange de périodes dans les détails (j'avais oublié le selfie en plus de la cabine téléphonique).
Les uniformes sont ceux de la Légion espagnole, c'est une autre manière d'évoquer le franquisme, Franco étant issu de la légion espagnole.
Mais effectivement, la mise en scène a laissé de côté l'aspect "sombreros et mantilles" pour touristes, au profit d'une représentation des passions (un thème universel) et d'une évocation stylisée de l'Espagne.
S'il n'y a pas de solutions, c'est qu'il n'y a pas de problème Proverbe shadok

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Re: Bizet - Carmen - De Billy-Sagripanti-Elder/Bieito - ONP - 03-04-06/2017

Message par MariaStuarda » 17 juil. 2017, 09:57

Stefano P a écrit :
17 juil. 2017, 09:17
lionrougeetblanc a écrit :
17 juil. 2017, 08:55
Absolument ! J'avais un parti pris plutôt négatif avant de la voir et je la trouve très juste, non pas vulgaire mais puissamment érotique, ce qui convient bien à l'oeuvre. Le couple Alagna - Garanza est fabuleux, car totalement crédible et jouant à plein cette m-e-s, ce qui n'est pas facile pour les chanteurs, très exposés. Pour moi qui me suis presque toujours ennuyée en regardant Carmen, je suis entrée pleinement dans cet opéra, que j'ai redécouvert. Bravo !!! :D
Oui, c'est très curieux parce qu'hier, on n'était plus du tout dans la vulgarité, mais dans une sorte de tourbillon de sensualité carrément torride ; je me demande si c'était pareil en salle, mais à l'écran, ça passait de façon incroyable. C'est un opéra qu'on connaît tous par coeur et on avait vraiment l'impression de le redécouvrir tellement ils étaient tous galvanisés par une énergie fantastique.

La dernière scène était vraiment à couper le souffle ; il fallait voir la tête du chef à la fin, complètement incrédule ; on avait l'impression qu'il se demandait ce qui venait de se passer...
Il y a eu, hier soir, une espèce d'alchimie; la mise en scène porte cette énergie en elle, pour peu que les interprètes sachent la restituer. Et hier, tout le monde (de manière inégale certes, mais incontestablement en tous cas pour les deux rôles principaux) était au niveau d'excellence requis.
Pour avoir vu Margaine (que j'ai adoré par ailleurs) qui était souvent sur la réserve, je pense qu'elle avait parfois tendance à freiner la dynamique.
Garanca, hier, a, dés le début et l'air d'entrée pris la main sur le personnage. J'ai eu un peu peur car, à l'instar de ce qu'elle faisait à NY, certains gestes, pour le coup inutiles et vulgaires me paraissaient de trop au début (point n'est nécessaire, je pense, d'en rajouter aux limites qu'a déjà posé, très loin, Bieito). Elle s'est, heureusement, ensuite concentrée sur un personnage de femme forte, volontaire, violente souvent, sûre de sa féminité qui lui convient parfaitement. Le fait qu'elle ait accepté (je crois que c'était un souhait de Roberto) de rester blonde est, à mon sens, révélateur du fait qu'elle venait aussi pour lui et que les duos allaient atteindre des sommets grâce à une grande complicité.
la façon dont elle a interprété l'acte II,tout ce qui se déroule autour de la voiture, montrait qu'elle avait parfaitement intégré l'énergie fabuleuse que Bieito met dans cette scène. C'est pour ça, que je ne crois pas une seconde qu'elle soit arrivé au dernier moment et n'ait pas répété d'une façon ou d'une autre.
Le contre-exemple était la rencontre Don José - Escamillo à l'acte des contrebandiers et leur duel. Avec Tagliavini, les corps bondissaient sur les voitures. Avec Abradzakov, et malgré Alagna, ça avait du mal à bouger et la scène tombait à plat.
Enfin, quand je dis que tout le monde insufflait cette énergie, c’était le cas des choristes (survoltés et portés par l'énergie de Elder) et des seconds rôles extraordinaires, notamment Lis, Santoni et Dennefeld. Par moments, d'ailleurs, au second actes ou pour les cartes, Garanca n'avait qu'à se laisser porter par les mouvements des deux filles.
La toute fin est clairement le fait du Prince car les deux fois ou je l'ai vu chez Bieito, c'est clairement Alagna (qui adore je pense cette production) qui prend la main, impulse le rythme, sublime son Don José, le pare de mille couleurs (noires), et Carmen doit suivre le torrent. Comme en mars, je suis resté bouche bée et le frisson dans l'échine par la performance mais hier soir, c'était encore décuplé et on a basculé dans un de ces moments rares qui font les représentations d'exception.
Tout le monde, public compris était à bout de souffle à la fin et, comme ça a été dit la charge à la fois érotique et mortelle était d'une puissance rare.
L'ovation et la façon dont les gens ont jailli de leurs sièges pour acclamer les deux chanteurs ne pouvait être que la suite logique à ce qui venait de se passer sur scène.

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Re: Bizet - Carmen - De Billy-Sagripanti-Elder/Bieito - ONP - 03-04-06/2017

Message par Adalbéron » 17 juil. 2017, 10:01

micaela a écrit :
17 juil. 2017, 09:57
La mise en scène ne date pas précisément l'action, mais j'aurais tendance à penser que se déroule essentiellement dans les années 80 ou au tout début des années 90, donc après Franco.
C'est du théâtre , pas un film néo-réaliste, donc il est normal que certaines scènes ne relèvent pas du pur réalisme, mais d'une vision fantasmée, idéalisée, avec en effet un mélange de périodes dans les détails (j'avais oublié le selfie en plus de la cabine téléphonique).

L'important, c'est que la mise en scène ait éliminé le côté "sombreros et mantilles" très prisé des touristes, au profit d'une représentation des passions.
Oui ça se passe après la mort de Franco.
« Life’s but a walking shadow, a poor player / That struts and frets his hour upon the stage / And then is heard no more. It is a tale / Told by an idiot, full of sound and fury, / Signifying nothing. »
— Shakespeare, Macbeth

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Re: Bizet - Carmen - De Billy-Sagripanti-Elder/Bieito - ONP - 03-04-06/2017

Message par paco » 17 juil. 2017, 10:04

Voilà une belle illustration de la nécessité d'avoir une distribution multi-stars et surtout COMPLICE pour créer les soirées d'exception : Alagna seul ou Garança seule n'aurait pas produit le même effet, en revanche Alagna ET Garança, complices et heureux de se retrouver là tous les deux, ça galvanise toute une soirée et l'ensemble de la troupe.
Dont acte pour l'Otello du ROH avec JK mais sans son complice Tézier...

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Re: Bizet - Carmen - De Billy-Sagripanti-Elder/Bieito - ONP - 03-04-06/2017

Message par HELENE ADAM » 17 juil. 2017, 10:06

Adalbéron a écrit :
17 juil. 2017, 10:01
micaela a écrit :
17 juil. 2017, 09:57
La mise en scène ne date pas précisément l'action, mais j'aurais tendance à penser que se déroule essentiellement dans les années 80 ou au tout début des années 90, donc après Franco.
C'est du théâtre , pas un film néo-réaliste, donc il est normal que certaines scènes ne relèvent pas du pur réalisme, mais d'une vision fantasmée, idéalisée, avec en effet un mélange de périodes dans les détails (j'avais oublié le selfie en plus de la cabine téléphonique).

L'important, c'est que la mise en scène ait éliminé le côté "sombreros et mantilles" très prisé des touristes, au profit d'une représentation des passions.
Oui ça se passe après la mort de Franco.
Oui et non. Il y a des scènes typiquement franquistes (la mort par épuisement du soldat condamné à courir au début par exemple).
Et des scènes très actuelles (le selfie)
Un kaléidoscope vous dis-je, qui peut d'ailleurs évoluer sans problème par rajout de petits détails dont Bieito est friant. :wink:
Lui : Que sous mes pieds se déchire la terre ! que sur mon front éclate le tonnerre, je t'aime, Élisabeth ! Le monde est oublié !
Elle : Eh bien ! donc, frappez votre père ! venez, de son meurtre souillé, traîner à l'autel votre mère

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Re: Bizet - Carmen - De Billy-Sagripanti-Elder/Bieito - ONP - 03-04-06/2017

Message par PlacidoCarrerotti » 17 juil. 2017, 10:09

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17 juil. 2017, 09:52
PlacidoCarrerotti a écrit :
17 juil. 2017, 09:44
HELENE ADAM a écrit :
17 juil. 2017, 09:23
L'Espagne sans espagnolades pour touristes, l'Espagne la vraie, torride et brûlée par le soleil et les passions. :wink:
Sous Franco, jamais des militaires ne se seraient livrés aux actes qu'il nous étaient donnés de voir, jamais une cabine téléphonique n'auraient été dévalisée, jamais le drapeau n'aurait été souillé, les gens roulaient en Seat ou en Renault (productions nationales) et sûrement pas en Mercedes ...

Alors, pour "l'Espagne la vraie", on repassera : c'est une vision tout aussi fantasmée qu'une espagnolade zeffirelienne. :roll:
C'est un kaléidoscope de l'Espagne à plusieurs époques (il y a même un selfie !). Avec des images fortes typiquement espagnoles (y compris, bien sûr, issues de la période franquiste mais pas seulement).
Ça devient un débat d'expert ;-)
Le selfie n'est pas fait avec un téléphone mais avec un appareil photo ordinaire (on voit le flash !).
« L’essentiel est d’être bien avec soi-même et de regarder le public comme des chiens qui tantôt nous mordent et tantôt nous lèchent » Voltaire, lettre au duc de Richelieu.

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