Strauss - La Chauve-Souris- Pillement/Bénichou- Montpellier- Domaine d’O- 07/2017

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Strauss - La Chauve-Souris- Pillement/Bénichou- Montpellier- Domaine d’O- 07/2017

Message par jpb30 » 11 juil. 2017, 14:44

La chauve-souris
Opérette en trois actes de Johann Strauss fils
Livret de Carl Haffner et Richard Genée
d'après Le Réveillon d'Henri Meilhac et Ludovic Halévy
Créée à Vienne, au Theater an der Wien, le 5 avril 1874
Donnée en version française
Nouvelle production
Coproduction Folies lyriques, Opéra national Montpellier Occitanie
Jérôme Pillement : direction musicale
Collectif 1B2P/TragédieMonstre
Benoît Bénichou : mise en scène, costumes
Amélie Kiritze-Topor : scénographie
Thomas Costerg : lumières
Anne Lopez : mise en scène, mouvement

Armando Noguera : Gabriel von Eisenstein, rentier
Diana Axentii : Rosalinde, sa femme
Mélanie Boisvert : Adèle, sa femme de chambre
Nicolas Rivenq : Falke, notaire
Marc Larcher : Alfred, professeur de chant
Guilhem Terrail : Prince Orlofsky
Lionel Peintre : Frank, directeur de la prison
Charles Alves da Cruz : Blind, avocat
Véronique Parize : Ida, sœur d'Adèle
Sylvère Santin : Frosch, gardien de prison

Chœur Opéra national Montpellier Occitanie, Noëlle Gény, chef de chœur
Orchestre national Montpellier Occitanie


Depuis plusieurs années les Folies Lyriques au sein du magnifique Domaine Départemental d’O à Montpellier créent tantôt une opérette tantôt une comédie musicale pour un bon moment de gaité où contrairement à l’opéra personne ne meurt sur scène !
Cette année La Chauve-Souris est à l’honneur pour le plus grand bonheur du public, même si…. J’y reviendrai dans quelques lignes…
Cette opérette a été pensée par Benoit Benichou à la façon offenbachienne c’est-à-dire que le texte a été revisité pour coller à l’actualité plus ou moins récente, excellente idée qui permet de modifier le nom du prévenu Eisenstein en Strauss-Kahn ! Ou encore de faire dire à Rosalinde qu’elle fait la cuisine tout en étant attachée parlementaire ! En plus subtil Alfred le maitre de chant entonne quelques mesures du célèbre « Adieu notre petite table » ou s’approche de son ex-maitresse en lui chantant « Salut demeure chaste et pure », beaucoup de petites touches sympathiques qui pimentent le déroulement de l’action. Mais parmi les regrets il faut noter quelques gommages notables du livret tel que l’absence du repas au cours duquel Alfred l’amant prend possession de la robe de chambre du mari ce qui permet pour un public non averti de comprendre pourquoi le directeur de la police envoie sous les barreaux non pas le coupable mais l’amant de sa femme. De même l’avocat bégaie dans la version de base, cette omission ôte une partie du ridicule qui est la base du personnage. Par contre un excellent moment dans la scène mettant en présence Eisenstein et Frank le directeur de la prison dans les salons du prince Orlofsky : « Je te tutoie ou on se vouvoie » où pendant plusieurs minutes les jeux de mots et calembours sur le « tu » et le « vous » se succèdent avec éclat entre les deux personnages. Il est dommage que le troisième acte manque de clarté et de gaité : Frosch le gardien de prison dans un état éthylique avancé fait habituellement un numéro hilarant sous l’emprise de l’alcool, là il n’en est rien, le texte est sans finesse et c’est bien dommage ! D’autre part tous les principaux personnages se retrouvent normalement dans les locaux de la prison en étant annoncés, là ils arrivent on ne sait trop ni comment ni pourquoi dans le désordre laissé du décor de la scène précédente. C’est un peu trop pagailleux. C’est ce manque de lisibilité finale qui nuit le plus à cette mise en scène et c’est dommage car les deux premiers actes sont bien construits et bien menés.Image photo Marc Larcher
Les costumes ont de la classe, passant du vêtement de ville un peu farfelu au frac des soirées mondaines ; seul le prince s’autorise l’originalité d’un torse nu et tatoué à outrance. Les mouvements d’acteurs sont très bien menés et permettent en particulier entre le 1er et le 2ème acte de changer de décor sans que l’on s’en aperçoive, des effets de glaces agrandissent le plateau et transforment l’appartement du couple Eisenstein en salle de fête viennoise, c’est très bien réalisé et fait d’autant plus regretter le manque de décor spécifique au 3me.Image photo Christophe Cambon
La distribution est intéressante, tous les solistes sont sans exception d’excellents comédiens et vocalement de très bons chanteurs. On peut regretter que la prononciation de la mezzo moldave Diana Axentii soit difficile à comprendre ce qui n’enlève rien à sa très belle ligne de chant. Il en est de même pour la soprano Mélanie Boisvert. Les trois barytons Armando Noguera (Eisenstein), Lionel Peintre (Frank) et Nicolas Rivenq (Falke) partagent des voix équilibrées, une diction parfaite et un admirable jeu scénique. Bonne prestation de Charles Alvez da Cruz (l’avocat) ainsi que de Véronique Parize (Ida). Mais la grande surprise est le rôle du prince Orlofsky habituellement chanté par une alto remplacée par le contre-ténor Guilhem Terrail que peut-être certains connaissent et que j’ai découvert avec un immense plaisir : Une voix très riche, un timbre puissant, une limpidité vocale, des aigus jamais forcés, bref, un nom à ne pas oublier en espérant le revoir prochainement sur scène.
Sous la baguette vaillante de Jérôme Pillement l’orchestre et les chœurs s’en donnent à cœur joie et contribuent à donner du brillant à cette comédie où libertinage, joie festive, champagne et amusements constituent un bon fond de commerce pour cette opérette.
JPB 30

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Re: Strauss/La Chauve-Souris- Pillement/Bénichou- Montpellier- Domaine d’O- juillet 2017

Message par Renard » 11 juil. 2017, 21:17

C'est une bonne distribution.

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