Mozart - Krönungmesse Vesperae solennes de confessore - Equilbey (CD Erato, 2017)

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EdeB
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Mozart - Krönungmesse Vesperae solennes de confessore - Equilbey (CD Erato, 2017)

Message par EdeB » 08 mai 2017, 16:57

Mozart
Krönungmesse (Messe du Couronnement), KV 317
Vesperae solennes de confessore, KV. 339

Sandrine Piau – soprano
Renata Pokupic – alto
Marin Mitteruztner – ténor
Andreas Wolf – basse

Chœur Accentus
Insula orchestra

Laurence Equilbey – direction musicale

CD Erato (Warner Music), 2017


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Datée du 23 mars 1779 à Salzbourg et improprement surnommée « Messe du Couronnement », la messe KV. 317 est l’une des messes les plus aimées de Mozart. Sa popularité ne s’est jamais démentie depuis le XIXe siècle. Comme le note si bien la musicologue Florence Badol-Bertrand dans la notice du CD, elle obéit aux dictats de l’archevêque Colloredo qui avait décidé d’abréger les services religieux, « une réforme de simplification du culte concomitante de celle menée à Vienne par l’impératrice Marie-Thérèse puis Joseph II ». Ce dont Mozart se plaignit hautement, non sans détourner l’esprit de cette directive archiépiscopale avec le génie qui lui est propre.

On a longtemps cru que cette messe faisait partie de celles que la Hofkappelle avait jouées sous la direction de Salieri en 1790, pour le Couronnement de Leopold II à Prague, puis en 1792 pour celui de François II. Cependant, les travaux du musicologue David Black infirment cette hypothèse longtemps admise : alors, seul le manuscrit de la messe KV 337 avait été acquis à temps par la chapelle impériale pour pouvoir y être effectivement chantée bien que de nombreuses messes de Mozart entrent petit à petit dans ses fonds, entre la fin des années 1790 ou vers 1800. Les archives ont révélé qu’aucune messe de Mozart ne fut donnée en 1790. Quant à 1792, on sait qu’une œuvre sacrée de Mozart fut bien jouée à Francfort, probablement le motet Misericordias domini KV. 222… Peut-être Salieri y ajouta-t-il la messe KV 337. Toutefois, la Krönungsmesse fut l’une des messes de Mozart les plus populaires, comme en témoigne son exécution trois ou quatre fois par an entre 1822 et 1918 par la Hoffkapelle.

Quant aux Vêpres solennelles (c’est-à-dire les deuxièmes vêpres) jouées le 30 septembre en l’honneur du « confesseur » Jérôme, elles ont été composées en 1780 pour la fête de l’archevêque dont le prénom Hieronymus était celui de cet ermite qui a inspiré tant de peintres. D’une diffusion plus confidentielle du vivant de Mozart et après sa mort, ces vêpres firent toutefois partie des partitions autrefois possédées par la cathédrale Saint-Etienne de Vienne. En 1783, Mozart demanda à son père de lui envoyer les partitions de certaines pièces de sa musique sacrée : peut-être faisaient-elles partie du nombre…

Accentus et Insula orchestra plongent de plein pied dans la solennité d’un Kyrie suivi par un Gloria haletant où violons et hautbois dialoguent avec délicatesse sur un matériau dynamique. Les changements thématiques s’enchaînent avec fluidité et élégance, associant la force du propos à une grande séduction, ainsi cet admirable dialogue entre affirmation (« qui tollis peccata mundi ») et prière (« miserere nobis »). Suivent un vigoureux Credo à la surprenante évanescence, un Sanctus non moins puissant et étiré, et à la fin, un Agnus Dei préfigurant la tendresse de la Comtesse des Nozze di Figaro, qui développe ses volutes de miel.

En ce qui concerne les vêpres, la fusion du style contrapuntique et d’une sensibilité plus opératique est admirablement rendue par un chœur et des solistes qui donnent un mouvement irrésistible à cette montée de ferveur, martelée par des syncopes qui en soulignent la puissance. Pour culminer sur un admirable Laudate Dominum emporté par la suavité de Sandrine Piau qui exprime tout un monde d’émerveillement. Planant au-dessus de l’éther, sa voix laisse sa place à un chœur qui chuchote, pianissimo, les échos de cet éblouissement.

On ne sait qu’admirer en premier : un quatuor de solistes formidablement appariés, la cohérence d’une vision qui les fond avec les chœurs, en une personnification superbe de « l’Ecclesia » ou le dynamisme empreint de douceur de la vision mozartienne de Laurence Equilbey.

Un seul bémol : une notice de CD simplement glissée entre les rabats d’un boitier sans fermeture, ce qui multiplie les risques de la perdre…

Emmanuelle Pesqué
Une monstrueuse aberration fait croire aux hommes que le langage est né pour faciliter leurs relations mutuelles. - M. Leiris
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