L'ENO propose un jeu sur Tosca

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tuano
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Message par tuano » 14 mai 2012, 19:27

dge a écrit :Il y a un véritable problème de fond sur lequel les directeurs d'opéras vont devoir se pencher: c'est de faire autrement. La course aux dépenses de production artistique n'est plus d'actualité. Ceux qui le comprendront survivront, les autres auront des difficultés.
Un exemple -un peu extême certes- de dérive actuelle : faut-il pour représenter un Ring construire un dispositif scénique de 45 tonnes nécéssitant des travaux de renforcement du plateau? Le résultat est-il à la hauteur de toutes ces dépenses?
En l'occurence, le Met n'a pas de gros problèmes de trésorerie... et avec les diffusions HD, les DVD, le théâtre a de quoi rentabiliser ses investissements.
paco a écrit :politique tarifaire compliquée (des prix officiels exorbitants, mais quantité de possibilités de discounts par d'autres canaux de distribution, au final on s'y perd et on attend toujours le dernier moment avant d'acheter)
C'est une stratégie à très court terme !

Est-ce que le principal problème de l'ENO n'est pas la langue anglaise ?
Combien de spectateurs étangers ont-ils envie de voir Tosca, Juliette ou Idomeneo en anglais ? Il s'agit souvent de productions qu'on a pu voir en VO ailleurs.

De plus, le Coliseum est immense, sans doute très difficile à remplir. Je me demande s'il n'y a pas davantage de places qu'à Covent Garden.
Je suppose que dans les derniers balcons, ont se sent très très loin de la scène.

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Message par paco » 14 mai 2012, 22:04

tuano a écrit :
paco a écrit :politique tarifaire compliquée (des prix officiels exorbitants, mais quantité de possibilités de discounts par d'autres canaux de distribution, au final on s'y perd et on attend toujours le dernier moment avant d'acheter)
C'est une stratégie à très court terme !
oui !! d'ailleurs plus personne ne se précipite à l'ouverture des locations, on attend les ristournes et braderies diverses pour chaque spectacle
tuano a écrit :Est-ce que le principal problème de l'ENO n'est pas la langue anglaise ?
Combien de spectateurs étangers ont-ils envie de voir Tosca, Juliette ou Idomeneo en anglais ? Il s'agit souvent de productions qu'on a pu voir en VO ailleurs.
intuitivement je pense que ça n'arrange pas les choses, mais je ne dispose pas d'éléments pour le prouver. En tous cas chanter en anglais n'est plus un argument positif pour attirer du monde, les spectateurs sont habitués aux surtitres
tuano a écrit :De plus, le Coliseum est immense, sans doute très difficile à remplir. Je me demande s'il n'y a pas davantage de places qu'à Covent Garden.
Je suppose que dans les derniers balcons, ont se sent très très loin de la scène.
oui c'est immense, mais curieusement on ne se sent pas si éloigné que ça de la scène. La dernière fois j'étais au dernier rang du deuxième étage et je m'y suis senti moins éloigné du plateau que depuis le dernier rang du second balcon de Bastille. Je dirais que la perception d'éloignement est à peu près similaire à celle que l'on ressent depuis l'amphi du Châtelet

Indépendamment des problèmes cités ci-dessus, je me demande si l'ENO ne subit pas le même problème que les scènes parisiennes : on ne le mentionne pas, mais à Paris, tandis que l'ONP est la scène phare (entre autres par sa réputation mondiale d'attraction touristique, par le prestige de son corps de ballet etc.), qui remplit sans problèmes quasiment tous les soirs, on oublie que le TCE rame à remplir la plupart de ses productions d'opéra. L'OC est plein mais la salle est minuscule.
A Londres c'est un peu le même paysage, avec une scène phare au prestige mondial (le ROH/Royal Ballet) pleine tous les soirs ou presque, et une scène "secondaire" qui rame pour remplir (l'ENO). Qu'en est-il par exemple du Volksoper à Vienne ? (je ne sais pas)

Ces contrastes seraient le reflet d'un déclin amorcé de la fréquentation des scènes lyriques, imperceptible si on se limite aux grandes scènes prestigieuses (ONP, ROH, Met, Scala, Staatsoper divers, Mariinski...) mais bien visible si on compare le remplissage des scènes "secondaires" à ce qu'il était il y a 20 ans

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Message par PlacidoCarrerotti » 15 mai 2012, 07:36

La langue anglaise pose problème … aux gens comme moi ! Entendre « Pisse ! Pisse ! » dans la Force du Destin, c’est au-dessus de mes forces.
Pour les britanniques, il semble que ce soit plus compliqué. En fait, l’ENO a besoin de se démarquer du Royal Opera, comme le NYCO avait besoin de se différencier du Met. L’opéra étant de toute façon un « luxe », le public préfère payer un peu plus cher pour le meilleur (phénomène courant dans le luxe : le milieu de gamme souffre davantage que le haut de gamme).
C’est pourquoi les dirigeants de l’ENO se sont arque boutés sur la production d’ouvrages en anglais. Conséquence, ils ne se sont mis aux surtitres qu’en 2005 (il y en avait au moins en 1988 au Royal Opera) : il y avait en effet une incohérence entre l’usage de l’anglais sensé rendre l’ouvrage compréhensible par le public, et l’usage de surtitre qui démontre que ça ne marche pas !
L’autre différenciation portait sur la modernité des mises en scène (personnellement, la seule fois où j’y suis allé, c’était pour une Lady Macbeth de Mtsensk avec Josephine Barstow dont la production avait fait sensation à l’époque). Comme le ROH modernise lui aussi ses approches théâtrales, il ne reste plus grand-chose pour justifier l’ENO, pas même la découverte de jeunes chanteurs (pour ça, il y a des festivals comme Garsington ou la tournée de Glyndebourne avec les mêmes productions mais pas les mêmes chanteurs qu’en festival).
“Plus on ira, moins il y aura de centenaires qui auront connu Napoléon 1er.” Alphonse Allais.

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Message par paco » 15 mai 2012, 09:50

PlacidoCarrerotti a écrit :L’autre différenciation portait sur la modernité des mises en scène (personnellement, la seule fois où j’y suis allé, c’était pour une Lady Macbeth de Mtsensk avec Josephine Barstow dont la production avait fait sensation à l’époque). Comme le ROH modernise lui aussi ses approches théâtrales, il ne reste plus grand-chose pour justifier l’ENO, pas même la découverte de jeunes chanteurs (pour ça, il y a des festivals comme Garsington ou la tournée de Glyndebourne avec les mêmes productions mais pas les mêmes chanteurs qu’en festival).
oui c'est tout à fait ça. S'y ajoute le fait qu'une large partie de leur ancien public a boudé la surenchère de mises en scène trash, et n'a pas été remplacé par un nouveau public, ce qui n'a pas arrangé le remplissage

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Message par PlacidoCarrerotti » 15 mai 2012, 11:24

Pour répondre à notre ami Tuano, il y a à peine 100 places de plus au Coliseum qu'au ROH (pourtant moi ausi ça me semble beaucoup plus grand).

La salle est plus "écrasée" que celle du ROH qui forme un beau fer à cheval acoustiquement parfait* : l'acoustique y est donc moins bonne (à ce que j'en sais) mais on est plus proche des chanteurs.

(*On a le même phénomène acoustique avec Bastille ou Marseille d'ailleurs dont les proportions largeur/profondeur ne sont pas celles des théâtres aux meilleures acoustiques naturelles )
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