Indy- Fervaal - vc- Michael Schonwandt - Montpellier- 24/07/2019

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JdeB
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Indy- Fervaal - vc- Michael Schonwandt - Montpellier- 24/07/2019

Message par JdeB » 22 juil. 2019, 07:52

Fervaal
Opéra en 3 actes et un prologue op. 40 (1889/95)
Version de concert

Michael Spyres ténor, Fervaal
Gaëlle Arquez mezzo-soprano
Jean-Sébastien Bou baryton, Arfagard
Elisabeth Jansson mezzo-soprano, Kaito
Nicolas Legoux basse, Grympuig
Éric Huchet ténor, Lennsmor
Kaëlig Boché ténor, Edwig
Camille Tresmontant ténor 4ème Paysan, 1er Paysan sarrazin, Chennos
François Piolino ténor, Ilbert
Rémy Mathieu ténor, Ferkemnat, Moussah
Matthieu Lécroart baryton, Geywihr, 5ème Paysan
Eric Martin-Bonnet basse, Penwald, Buduann
Pierre Doyen baryton, le Messager, 3ème Paysan, 2ème Paysan sarrazin
Jérôme Boutillier baryton, 1er Paysan, Gwellkingubar
Anas Séguin basse, Berddret
Guilhem Worms baryton-basse, Helwrig
François Rougier ténor, 2ème Paysan, Le Berger, Le Barde

Chef de chant David Zobel
Chœur de la Radio Lettone
CHŒUR OPÉRA NATIONAL MONTPELLIER OCCITANIE
ORCHESTRE NATIONAL MONTPELLIER OCCITANIE

Direction Michael SCHØNWANDT

Montpellier, le Corum, le 24 juillet 2019


Fervaal, fils des Nuées et de l’Ennui

Pour compléter le très riche article de Pierre Cadars paru dans la dernière livraison d’Opéra Magazine, « Fervaal revient sur ses terres », signalons que l’étude du wagnérisme en France a beaucoup progressé ces dernières années avec la publication des livres de Cécile Leblanc (Wagnérisme et création en France, 1883-1889, Honoré Champion, 2005) et de Timothée Picard (Wagner, une question européenne : contribution à une étude du wagnérisme, 1860-2004, Presses universitaires de Rennes, 2006 ; Âge d’or – décadence – régénération, Un modèle fondateur pour l’imaginaire musical européen, Classiques Garnier, 2013). Les études sur Vincent d’Indy ont aussi pris un nouvel essor avec deux thèses encore inédites soutenues en Sorbonne en 2010 : La correspondance des arts chez Vincent d'Indy : étude de ses pratiques musicales, picturales et de ses écrits au regard de son environnement socio-culturel, philosophique et artistique de Thomas Leflot et Les écrits de Vincent d'Indy. D'une pensée à sa mise en actes de Gilles Saint-Arroman.

On peut aussi noter que le Vivarais du livret est le berceau ardéchois de la famille paternelle de Régine Crespin (qui chanta l’Etranger à l’Opéra en novembre et décembre 1951) et que d’Indy a été le premier dans Fervaal à utiliser la clarinette-contrebasse de Fontaine-Besson conçue en 1889, instrument rêvé par Saint-Saëns dont l’influence ici se conjugue à celle de Wagner bien sûr mais aussi à celle de Berlioz avec un zeste du jeune Strauss.

En ce qui concerne la carrière de l’ouvrage, on peut ajouter la version de concert (d’extraits ?) donnée à Paris le 14 avril 1995 sous l’égide l’association Ben Sédira et préciser que Montpellier a servi la cause du wagnérisme à la française avec brio en montant la création française du Roi Arthus le 25 avril 1997 et en donnant Sigurd en concert au festival le 6 août 1993 avec Chris Merritt dans le rôle-titre et en version scénique en mai 1994.

Le concert de ce soir, tant attendu, apporte la démonstration que l’ouvrage donné dans son intégralité est un pensum à cause d’un livret verbeux, pompeux et soporifique, où l’action ne cesse de stagner et s’engloutit dans un déluge de hautes abstractions (Quelle forêt de majuscules ! Les Nuées, la Joie, l'Amour, La Volupté, la Science, la Rose sauvage, la Douleur, le Chef, le Sauveur, l’Élu, la Race,... ). C'est une sorte de resucée de La Jérusalem délivrée et de séculaires légendes nordiques revues au prisme du wagnérisme triomphant.
La musique, elle, ne prend véritablement son envol qu’in fine pour la superbe vision du héros gravissant la montagne, le cadavre de sa fiancée dans les bras, environné d’éclairs que dissipent une lueur rosée et un chant mystique.

Tous les seconds rôles, si nombreux ici, sont tenus avec probité et un beau relief à l’exception de Rémy Mathieu qui, après une remarquable intervention en début de soirée, se retrouve privé de couleurs et en délicatesse avec la justesse.

L’ouvrage repose sur un trio de solistes de haut vol. Jean-Sébastien Bou, qui a connu un mauvais quart d’heure, ne possède pas les graves du rôle d’Arfagard mais brille par le mordant et la pureté de sa diction et la probité de son style, son engagement total et une autorité impériale idéale pour ce rôle de guide religieux.
Gaëlle Arquez ne cesse de s’imposer comme une artiste de premier plan, timbre capiteux et tenue de chant de haute école, mais Guilhen, nouvelle Armide, exige sans doute le format d’une Sophie Koch.
Michael Spyres, Nourrit revivens de retour en sa patrie, déploie des trésors de vaillance sans précédents et, dans un français toujours plus clair, assume, sinon tous les aigus qui hérissent le rôle, toute la dimension épique de ce nouveau Renaud. Il faut absolument que Montpellier l'engage dans son programme en hommage à Nourrit, né ici le 3 mars 1802 (On se souvient du récital de Rockwell Blake donné en sa mémoire en décembre 1987)

Michael Schonwandt fait preuve lui aussi d’une énergie tellurique et ordonne ce déluge de décibels à flot continu avec la maestria qu’on lui connaît.

Après la superbe exhumation de l’Étranger, il y a 9 ans presque jour pour jour avec un Ludovic Tézier impérial, celle de Fervaal laisse un goût de déception malgré une distribution de luxe.

Jérôme Pesqué.

PS Le concert a été précédé d'une cérémonie qui a vu un des héritiers de d'Indy, Vincent Berthier de Lioncourt, cofondateur du centre de musique baroque de Versailles qui a pris sa retraite à Montpellier, remettre à l'ambassadeur de Lettonie en France, SE Imants Liegis, un très beau document relatif à la visite de son ancêtre à Riga en novembre 1923. On y a appris que la Lettonie venait de se doter d'un nouveau ministre de la culture, chanteur d'opéra !
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Re: Indy- Fervaal - vc- Michael Schonwandt - Montpellier- 24/07/2019

Message par kirby » 22 juil. 2019, 14:59

J'y serai et attends cela avec impatience et curiosité !!

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Re: Indy- Fervaal - vc- Michael Schonwandt - Montpellier- 24/07/2019

Message par fomalhaut » 22 juil. 2019, 15:29

De larges extraits avaient été diffusés sous la direction de Pierre-Michel Leconte, me semble-t-il, par le prédécesseur de Radio France et avaient même ultérieurement fait l'objet de 2 microsillons : J'en garde le souvenir d'une oeuvre des plus confuses et des plus interminables.

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Re: Indy- Fervaal - vc- Michael Schonwandt - Montpellier- 24/07/2019

Message par Il prezzo » 22 juil. 2019, 17:41

Spyres, Arquez et Bou, ça va donner!
J'ai dû céder mes places because empêchement familial, et en suis mortifié😢

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Re: Indy- Fervaal - vc- Michael Schonwandt - Montpellier- 24/07/2019

Message par Tico » 24 juil. 2019, 18:59

Présentation avant concert très intéressante par Sabine Teulon Lardic.

Il faut s'attendre à une orchestration gigantesque : 4 instruments par pupitre de vents, y compris un quatuor de saxophones.

L'acte 2 est semble-t-il grandiose...

La scène est bien remplie, mais c'est moins le cas de la salle :?

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Re: Indy- Fervaal - vc- Michael Schonwandt - Montpellier- 24/07/2019

Message par Tico » 24 juil. 2019, 20:51

Réellement impressionné par la prestation de Gaëlle Arquez qui interprète le rôle de Guilhen avec un talent de grande tragédienne, et quelle prise de risque vocal !

Spyres est moins à son aise, mais d'Indy ne lui facilite pas la tâche avec un texte impossible à déclamer.

Bou magnifique de présence vocale et de diction. Et ce malgré une toux qui me fait craindre le pire pour la suite...

Orchestre très beau avec de magnifiques solos de violoncelle et alto.

Mais une oeuvre lestée par un livret que je trouve totalement absurde et indigeste....

À suivre...

Tico
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Re: Indy- Fervaal - vc- Michael Schonwandt - Montpellier- 24/07/2019

Message par Tico » 24 juil. 2019, 22:12

Deuxième acte franchement moins intéressant musicalement. La préparation du Conseil des Druides me fait penser à une copie brouillonne de la Scène de l'Assemblée des Maîtres Chanteurs.
Tout cela est très sonore : Michael SCHØNWANDT ne fait rien pour contenir son gigantesque orchestre qui finit par couvrir les chanteurs.

Jean-Sébastien Bou emplit la salle du Corum de sa voix puissante.

Spyres fait de son mieux, avec aplomb mais la reprise de l'air du barde l'amène au bout de ses moyens, encore une fois face à une écrire vocale qui je trouve relève de l'impossible....

Tico
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Re: Indy- Fervaal - vc- Michael Schonwandt - Montpellier- 24/07/2019

Message par Tico » 24 juil. 2019, 22:14

La salle s'est largement vidée à cet entracte...

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Re: Indy- Fervaal - vc- Michael Schonwandt - Montpellier- 24/07/2019

Message par PlacidoCarrerotti » 24 juil. 2019, 22:35

Tico a écrit :
24 juil. 2019, 22:12

Tout cela est très sonore : Michael SCHØNWANDT ne fait rien pour contenir son gigantesque orchestre qui finit par couvrir les chanteurs.
Ça fait près de trente ans qu’il dirige comme ça...
"Quand on se cogne la tête avec un livre et que ça sonne creux, cela ne veut pas dire que le livre est vide". (Otto Klemperer)

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Re: Indy- Fervaal - vc- Michael Schonwandt - Montpellier- 24/07/2019

Message par Tico » 24 juil. 2019, 23:36

Pour ceux qui penseraient que D'Indy s'est totalement lâché dans le duo final : non ! Il n'a pas écrit "Laisse-moi baiser ta vierge" comme l'a vaillamment crié Spyres, mais "Laisse-moi baiser ta lèvre". Le lapsus aurait pu être pire... :lol:
Mais avec en plus sa tenue assez ridicule de kilt et chaussettes hautes, et s'adressant à Guilhen mourante, on a frôlé le fou rire général.

Spyres s'est néanmoins ressaisi et nous a offert un très beau final.

Chaleureux applaudissements du public qui a enduré ces 4 heures de spectacle (contre 2h30 annoncés dans le programme). Mais pourquoi l'ovation n'est que pour Spyres alors que ce sont Gaëlle Arquez et Jean-Sébastien Bou qui nous ont offert le plus beau du chant français ce soir. Gaëlle Arquez fera sans doute de bien belles Cassandra et Didon un jour... Sachons être patients en espérant qu'elle le sera aussi !

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