Mozart- Don Giovanni- Jordan/Van Hove-ONP-06-07/2019

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Re: Mozart- Don Giovanni- Jordan/Van Hove-ONP-06-07/2019

Message par Snobinart » 13 juin 2019, 08:37

JdeB a écrit :
13 juin 2019, 07:28
j'ai entendu P. Jordan exécuter les Nozze il y a 7 ans et je me suis juré de ne plus jamais me déplacer pour un Mozart par ce chef quelque soit la distribution. Je m'y suis tenu
+1. J'attendrai une reprise sans lui (idem pour le Borodine l'an prochain)

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Re: Mozart- Don Giovanni- Jordan/Van Hove-ONP-06-07/2019

Message par David-Opera » 13 juin 2019, 08:47

Pour ma part, j'aime beaucoup ce que fait Philippe Jordan dans Mozart à Garnier, et ce que j'ai entendu à la répétition m'a plu (très beau son et souplesse dans la direction) .

Image
Jacquelyn Wagner et Philippe Jordan - Répétition générale de Don Giovanni - Palais Garnier, jeudi 06 juin 2019

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Re: Mozart- Don Giovanni- Jordan/Van Hove-ONP-06-07/2019

Message par dongio » 13 juin 2019, 09:13

C'est vrai que la direction d'orchestre des Noces avait été simplement abominable. J'ai longtemps hésité pour prendre des places pour ce DG que je vois fin du mois du fait de Jordan. Mais l'œuvre, Ivo van Howe dont j'avais adoré les Damnés...
Je frémis un peu quand même maintenant à la lecture des premiers compte rendus. A suivre...

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Re: Mozart- Don Giovanni- Jordan/Van Hove-ONP-06-07/2019

Message par Loïs » 13 juin 2019, 09:27

dongio a écrit :
13 juin 2019, 09:13
C'est vrai que la direction d'orchestre des Noces avait été simplement abominable. J'ai longtemps hésité pour prendre des places pour ce DG que je vois fin du mois du fait de Jordan. Mais l'œuvre, Ivo van Howe dont j'avais adoré les Damnés...
Je frémis un peu quand même maintenant à la lecture des premiers compte rendus. A suivre...
Fais comme moi , ne lis jamais les commentaires avant d'aller au spectacle.....ce qui nécessite une certaine acuité visuelle à sauter les posts qui concernent les CR et une grande capacité à résister à la tentation :devil2:

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Re: Mozart- Don Giovanni- Jordan/Van Hove-ONP-06-07/2019

Message par wababelooba » 13 juin 2019, 10:40

David-Opera a écrit :
13 juin 2019, 08:47
Pour ma part, j'aime beaucoup ce que fait Philippe Jordan dans Mozart à Garnier, et ce que j'ai entendu à la répétition m'a plu (très beau son et souplesse dans la direction) .

Eh bien , à la première , j'ai eu la sensation de quelqu'un qui veut atteindre au beau son , avec une direction lorgnant sur le baroqueux.
Seulement , dans la fosse , ce n'est pas ça, et l'ouverture était particulièrement calamiteuse , peu en place , écartelée entre ces deux buts.
Comme je l'ai dit , ça s'est beaucoup amélioré dans le 2e acte, et je pense que ça devrait s'améliorer au fil des représentations, mais j'ai quand même trouvé l'orchestre peu investi ( j'étais au 3e rang et face à un second violon qui dormait littéralement entre deux interventions, d'autres riaient ,en se racontant des blagounettes, je pensais au Prova d'Orchestra fellinien...)

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Re: Mozart- Don Giovanni- Jordan/Van Hove-ONP-06-07/2019

Message par David-Opera » 13 juin 2019, 11:42

Je ne critique pas la première à laquelle je n'ai pas assisté, mais j'ai remarqué que Jordan est régulièrement retenu aux premières (pas aux générales), donc j'irai le réentendre le 21 juin.

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Re: Mozart- Don Giovanni- Jordan/Van Hove-ONP-06-07/2019

Message par David-Opera » 13 juin 2019, 11:47

Et Jordan, depuis Cosi fan tutte à Garnier en 2017, ne dirige plus Mozart comme il l'a fait il y a 9 ans à Bastille pour Les Noces de Figaro (sorte de flux romantique sonore), donc je trouve étrange de comparer deux interprétations à 9 ans de distance et dans deux lieux différents, car, évidemment, chaque artiste évolue dans sa vision d'une œuvre, et heureusement.

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Re: Mozart- Don Giovanni- Jordan/Van Hove-ONP-06-07/2019

Message par Ernesto » 13 juin 2019, 19:05

Ce qui m'a frappé, mardi soir, c'est d'abord une bonne distribution globale. Tous les chanteurs assumaient très bien leurs rôles et étaient très audibles de l'amphi. Ce qui infirme l'idée que Jordan aurait couvert certains chanteurs. Seul Masetto était un rôle encore trop lourd pour le jeune M. Timoshenko. J'ai admiré Stanislas de Barbeyrac obligé de chanter son premier air, assis, avec les genoux repliés sur la poitrine.. Et Elsa Dreisig couchée avec un bras jeté sur le torse.. L'orchestre était vif et l'équilibre scène/plateau assuré. Sauf dans le trio des masques, moment si magique, où, ici, l'orchestre était trop fort. Par ailleurs, quel plaisir de retrouver Mozart à Garnier et non à Bastille, véritable aberration.
Le décor, très terne, était par contre très pratique pour tous les mouvements, caches, apparitions, disparitions. Dans la mise en scène, les moments où la nuit et l'ombre sont nécessaires aux quiproquos n'étaient pas respectés.Sauf à admettre qu'Anna a reconnu dès le début son agresseur.De même, Elvira, en pleine lumière de la rue, ne pouvait non plus être dupée.

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Re: Mozart- Don Giovanni- Jordan/Van Hove-ONP-06-07/2019

Message par faustin » 22 juin 2019, 10:37

Vu ce spectacle hier soir dans une salle de cinéma. Effectivement rien de bien enthousiasmant. Moi je serai le dernier à regretter Haneke. D'ailleurs je ne regrette personne, jamais je n'ai eu la chance de voir un Don Giovanni dans une mise es scène qui m'ait satisfait.

J'ai écouté l'émission de critique de France musique classic club. Ils ont été assez sévères . Ils ont dit que ce Don Giovanni était un petit mafieux, un petit caïd, personnage sans grandeur. C'est vrai qu'Etienne Dupuis avec son air de gentil garçon n'incarne pas particulièrement bien le personnage mais c'est le risque auquel on s'expose quand on fait une transposition à notre époque. Le Don Giovanni de Da Ponte Mozart est un grand seigneur libertin. Mais si on le représente à notre époque comme il n'y a plus de grand seigneur, on retombe sur un petit mafieux et ça casse tout. Il n'y a qu'un grand aristocrate qui puisse dire à Zerline non vous n'êtes pas faites pour être une paysanne.

En revanche j'ai bien aimé l'incarnation de Masetto par le jeune russe Mikhail Timoshenko, qui a fait ses classes dans l'Académie de l'Opéra de Paris.

C'est un peu la même chose qui est arrivé avec Olivier Py transposant Manon au XXIe siècle. Dans le livret écrit par Meilhac et Gille d'après l'abbé Prévôt Brétigny et Gillot de Mortefontaine sont de très grands personnages, les hommes les plus riches et les plus puissants du Royaume. Dans sa transposition totalement intempestive au XXIe siècle ils deviennent les proxénètes mafieux de bas étage d'un quartier réservé qui pourrait être Pigalle. Admettez que ce n'est pas rendre justice à l'oeuvre.

On ne dira jamais assez à quel point ces transpositions à notre époque sont des impasses.

Par ailleurs, dans les mises en scène que j'ai vues, les metteurs en scène refusent le plus souvent la damnation de Don Giovanni et le font revenir faisant ainsi un pied de nez à la leçon de morale de la dernière scène. Dans un cas il revenait mais un peu cramé mais rigolard. C'était au Théâtre des Champs Elysées, je ne me souviens plus qui était le metteur en scène ni la date du spectacle. Egalement au Théâtre des Champs Elysées Don Giovanni montait au ciel. C'est une doublure du chanteur qui était emporté vers les cintres par un ruban rouge. Dans une version new yorkaise vue en retransmission Simon Keenlyside revenait, rigolard avec une femme nue dans les bras. Mais pour Ivo Van Hove pas de rédemption finale pour le libertin.

Faustin

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Re: Mozart- Don Giovanni- Jordan/Van Hove-ONP-06-07/2019

Message par dongio » 23 juin 2019, 19:03

Je reviens avec un peu de retard sur la représentation du vendredi 21 juin dernier...vue en salle.
Rien de déshonorant dans ce spectacle, rien d'enthousiasmant non plus. J'avais été beaucoup plus emballé dans le dernier DG vu en live, celui d'Aix en Provence mis en scène par Sivadier qui était truffé de trouvailles, d'images et d'idées, et qui avait remporté mon adhésion totale malgré les réserves que j'avais exprimées ici suite à cette représentation et que d'autres avaient repris largement.
Ici déception de la part de Van Hove d'abord qui signe un spectacle propre mais sans grande envergure, classique sans coup de poing tel que celui qu' Haneke nous avait asséné et dont la mise en scène reste un des plus grands chocs dramatiques dans cette œuvre jamais vus. Que ne l'a-t-on gardée...Il faut attendre la scène du cimetière et la scène finale pour voir émerger une force dramatique particulière et vraie et qui remportera mon suffrage. Autrement tout cela est banal, déjà vu, gris et terne et reste en deçà du propos car sans grande force ni muscle. Don Giovanni est donc un opéra si difficile à mettre en scène, que peu l'ont réussi totalement? Chéreau même s'y était montré frileux...et je ne reprendrai l'amicale et passionnante polémique (pour moi) que j'avais eue avec Emmanuelle à l'époque qui encensait le travail de Peter Sellars (que je n'avais pas vu à Bobigny).
On ne trouvera pas non plus force et muscle dans la fosse et Jordan ne renouvelle pas la satisfaction que j'avais eue il y a quelques saisons lors de la reprise du spectacle d'Haneke à Bastille, où je l'avais trouvé meilleur, bien meilleur que dans ses calamiteuses Nozze dans ce même lieu. A Garnier et ce soir là, du beau son sans doute, mais de drame point chez un orchestre manquant de jarret, ne décollant pas et restant mou du genou. Rien d'infâmant, mais du banal aussi. Depuis samedi je ré-écoute en boucle Giulini au disque et le live de Karajan à Salzbourg en 1960 et ne peut qu'admirer la furia, l'allant, la course à l'abîme que ces deux chefs insufflaient à leurs musiciens en les fouettant au sang.
Le plateau vocal reste largement en deçà des splendeurs que les plus âgés d'entre nous auront connues dans la même œuvre. On espère toujours un miracle mais Mlles Car et Wagner ne font pas oublier respectivement Te Kanawa (entendue un peu partout du temps où mes activités professionnelles m'en laissaient le temps) ou Varady (à Salzbourg) dans Elvire, ou dans Anna Gruberova (Salzbourg), Janowitz (ROH) ou Margaret Price (Munich). L'Elvire de ce soir s'en tire bien vocalement apportant une douleur qui sied au personnage, mais reste grise de jeu sans la folie furieuse que d'illustres devancières mettaient à leur incarnation (faute à Van Hove sans doute) et qui sont le sel de cette figure qui me passionne le plus parmi les personnages féminins de l'œuvre. Jacqueline Wagner apporte quelques moments poignants et vocalement justes mais tout cela sent quand même l'extrême limite de moyens et souvent la ligne vocale est plus que tendue: en tension. Elsa Dreisig ne fait pas oublier avec une incarnation et un timbre quelconque la génialissime Maria Ewing entendue en ces murs dans l'horrible mise en scène de Louis Erlo, scéniquement parfaite et parfaite dominatrice de son Masetto d'époux à l'époque (et le personnage devient tellement plus intéressant quand chanté par un mezzo car il y a alors plus de pulpe dans le caractère) ou la bien entendu excellentissime Bartoli salzbourgeoise il y a des lustres. Chantée ainsi, Zerline reste sans grande densité, même si c'est joliment chanté...mais on se demande ce que l'artiste apportera à Elvira des Puritani à la rentrée.
Bon Masetto sonore et engagé de Timoshenko, mais déception relative au sujet de l'Ottavio de Stanislas de Barbeyrac qui m'avait enthousiasmé dans Tamino l'an dernier à Aix et que j'ai trouvé ici tendu de ligne et sans grandes couleurs. Méforme passagère? Ou le rôle lui convient il moins?
Très bon Commendatore d'Ain Anger à la présence rôdeuse au cimetière (vraie idée de mise en scène), et non moins bon Leporello scénique de Sly, sans grande projection vocale toutefois, mais assurant le rôle de bout en bout et que l'on ne peut qu'applaudir. Il m'avait plus impressionné et séduite dans son incarnation brûlante de DG à Aix avec Sivadier toutefois.
Le rôle titre chanté par Etienne Dupuis n'appelle que des louanges avec noirceur du timbre, homogénéité de la tessiture, vraie ligne, sans effets de manche alla Schrott et avec une honnêteté scrupuleuse face à la partition et à l'incarnation demandée. On l'a dit, la scène finale est magistrale de noirceur et de brutalité et un des moments les plus passionnants de la soirée. L'autre est purement vocal, et la sérénade de DG à la servante est de qualité vocale ahurissante avec la reprise pppp du deuxième couplet "tu ch'ai la bocca dolce" , l'orchestre se taisant quasiment à ce moment. Sensationnel moment musical.
D'autres Odbiens auront ils le même ressenti aux prochaines représentations? J'attends avec impatience les avis...

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