Menotti – The Telephone / Amelia Goes to the Ball – Hempel/Laligne – Toulon 04/2019

Représentations
Répondre
Torquemada
Soprano
Soprano
Messages : 73
Enregistré le : 09 avr. 2007, 23:00
Localisation : Toulon
Contact :

Menotti – The Telephone / Amelia Goes to the Ball – Hempel/Laligne – Toulon 04/2019

Message par Torquemada » 29 avr. 2019, 10:39

The Telephone / Amelia Goes to the Ball

Direction musicale Jurjen Hempel
Mise en scène Sylvie Laligne
Décors Jeanne Artous – Cassandra Bizzini, Benjamin Grange & Joana Henni sous la coordination de Tommy Laszlo
Costumes Giovanna Fiorentini
Lumières Patrick Méeüs

Lucy Micaëla Oeste
Ben Guillaume Andrieux

Amelia Micaëla Oeste
L’amie Marie Kalinine
Le mari Guillaume Andrieux
L’amant Christophe Poncet de Solages
Le commissaire Thomas Dear

Orchestre et Chœur de l’Opéra de Toulon

Production Opéra Théâtre de Metz Métropole

Représentation du 26/04/2019 (première)

Après deux belles réussites venues de Nice et de Liège (Turandot et L’Elisir d’amore) l’Opéra de Toulon a choisi d’importer la production messine d’un doublé Menotti, The Telephone et Amelia Goes to the Ball (en version anglaise donc). Le premier est une pochade d’une vingtaine de minutes soufflée à Menotti par l’observation des premiers ravages occasionnés par la modernisation des moyens de communication (en l’occurrence le téléphone auquel est pendue Lucy, qui empêche Ben de faire sa proposition matrimoniale) ; le second est un vaudeville un peu plus ambitieux musicalement et d’une intrigue fantasque (une femme mariée est prête à éliminer son mari et faire emprisonner son amant, pourvu qu’on la laisse partir au bal du soir pour lequel elle se prépare depuis longtemps). Diptyque assez drôle, dès lors que l’on accepte d’en oublier la misogynie sans complexe – les femmes y sont superficielles et bavardes, les hommes des victimes passionnées et malheureuses. Sylvie Laligne unifie les deux spectacles en faisant d’Amelia une Lucy plus âgée, un peu comme la piquante Rosine du Barbier de Séville revient avec quelques désillusions en guise de rides dans le Mariage de Figaro de Beaumarchais. Le temps de l’ouverture d’Amelia est utilisé pour projeter des coupures de presse relatant le mariage de Lucy et Ben et leurs premiers déboires conjugaux, qui aboutissent à la tension palpable entre les deux époux au début de ce second opus. L’articulation fonctionne bien et le décor qui relie (en s’étoffant) le loft encore modeste du Telephone à l’appartement cossu d’Amelia permet à l’intrigue de se dérouler dans une parfaite lisibilité, soutenue par d’amusants costumes et une direction d’acteur efficace.

Directeur musical de l’Opéra de Toulon, Jurjen Hempel dirige de manière enlevée deux œuvres qui font la part belle aux bois, sans faire peut-être assez étinceler la pétillante ouverture d’Amelia. Il m’a paru couvrir parfois un peu trop certains chanteurs, à commencer par Micaëla Oeste, ravissante dans son double rôle, d’une voix légère et piquante mais au volume modeste qui la montre ici et là mal à l’aise face à l’orchestre. Sa prière « While I waste these precious hours » en forme de pastiche de celle de Tosca reste un peu timide à mon goût – mais il faut reconnaître que j’avais Leontyne Price dans l’oreille. En amant berné, Christophe Poncet de Solages est également couvert dans les passages qui tiennent de l’échange dialogué, sa voix ne se déployant véritablement que dans les tenues plus lyriques dans le haut de la tessiture. Déjà entendu in loco en Pelléas, Guillaume Andrieux domine la distribution : acteur attachant et chanteur délié au timbre séducteur. Dans Amelia, la lecture de la lettre de son rival constitue sans doute le plus joli moment du spectacle, parenthèse sentimentale d’un vaudeville sinon peu porté sur l’émotion.
"Totor est de Torquemada le diminutif plein de charme!"

Répondre

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Google [Bot] et 36 invités