Wagner-Das Rheingold/Die Walküre. Fritzsch/Dorn-Genève 03/2019

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Wagner-Das Rheingold/Die Walküre. Fritzsch/Dorn-Genève 03/2019

Message par petitchoeur » 10 mars 2019, 06:39

Richard Wagner:Das Rheingold/Die Walküre


Direction musicale: Georg Fritzsch
Mise en scène: Dieter Dorn

Jürgen Rose: Décors et costumes
Hans-Joachim Ruckhäberle: Dramaturgie
Tobias Löffler: Lumières
Heinz Wanitschek: Expression corporelle
Jana Schatz: video
Orchestre de la Suisse Romande



Richard Wagner : Das Rheingold

Prologue en 4 scènes du festival scénique Der Ring des Nibelungen.
Livret du compositeur.
Crée à Munich le 22 septembre 1869 au Königliches Hof - und Nationaltheater.

Wotan: Tómas Tómasson
Donner: Stephan Genz
Froh: Christoph Strehl
Loge: Stephan Rügamer
Fasolt: Alexey Tikhomirov
Fafner: Taras Shtonda
Alberich: Tom Fox
Mime: Dan Karlström
Fricka: Ruxandra Donose
Freia: Agneta Eichenholz
Erda: Claudia Huckle
Woglinde: Polina Pastirchak
Wellgunde: Carine Séchaye
Flosshilde: Ahlima Mhamdi
 



Richard Wagner : Die Walküre
Première journée en 3 actes du festival scénique Der Ring des Nibelungen.
Livret du compositeur.
Crée à Munich le 26 juin 1870 au Königliches Hof - und Nationaltheater.

Siegmund: Will Hartmann
Wotan: Tómas Tómasson
Hunding: Alexey Tikhomirov
Sieglinde: Michaela Kaune
Brünnhilde: Petra Lang
Fricka: Ruxandra Donose
Gerhilde: Katja Levin
Ortlinde: Marion Ammann
Waltraute: Lucie Roche
Schwertleite: Ahlima Mhamdi
Helmwige: Karen Foster
Siegrune: Héloïse Mas
Grimgerde: Rena Harms
Rossweisse: Roswitha Christina Müller


 Au Grand Théâtre de Genève :
le 5 mars 2019 : Das Rheingold
le 6 mars 2019 : Die Walküre

Pour la réouverture du Grand Théâtre de Genève, après 3 années de travaux et 3 saisons transportées au Théâtre des Nations à proximité du Palais de la SDN, reprise de la production de la Tétralogie de 2013/2014 dans ma mise en scène de Dieter Dorn et les décors et costumes de Jürgen Rose. Gérard Ferrand en avait alors montré toute la pertinence, la cohérence et la fidélité au Ring, du prologue à la troisième journée, selon les souhaits de Wagner. Les lumières de Tobias Löffler soulignant tout le drame qui se noue dès la première scène de l'Or du Rhin. Cette conception du Ring, fidèle au théâtre et à l'illusion, rend limpides et le livret et la musique.
http://www.odb-opera.com/viewtopic.php? ... en%C3%A8ve
http://www.odb-opera.com/viewtopic.php? ... en%C3%A8ve

Je renvoie le lecteur à mon compte rendu sur ODB de Siegfried et de Götterdämmerung de cette production 2019,  déjà vus en février dernier:
http://www.odb-opera.com/viewtopic.php?f=6&t=21379

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De ce prologue et de cette première journée resteront en mémoire quelques belles lectures de l'oeuvre par Dorn/Rose/Löffler. La grosse pelote du fil du destin poussée difficilement par les trois Nornes dès la première scène du cycle et de plus en plus petite quand on se rapproche de la fin dramatique jusqu'à devenir si légère qu'elle peut être portée ! Les Filles du Rhin doublées par des clones en patins à roulettes évoluant avec grâce dans le fleuve. Les dieux sous une tente de fortune dans l'attente de l'achèvement de la construction du Walhalla.

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Les métamorphoses surprenantes et fort réussies d'Alberich en dragon et en crapaud. L'envol des dieux vers le Walhalla dans une montgolfière et sous un ciel multicolore. Dans la 2ème scène de l'acte II de la Walkyrie, Wotan enfermé petit à petit entre des miroirs le reflétant dans toute son impuissance et ses contradictions. La scène finale de la Walkyrie : cette fois Brünhilde n'est pas recouverte du vilain drap que soulèvera Siegfried  dans la dernière scène de la deuxième journée! Une mise en scène d'une grande précision qui fait la part belle au conte pour enfant comme au drame.

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Tómas Tómasson en Wotan domine la distribution de ce prologue et de cette première journée. Tour à tour autoritaire et faible face à Fricka, veule et hypocrite face à Alberich, sûr de lui et pressentant sa fin, paternel, furieux puis très ému dans ses adieux à Brünhilde. Sa voix est puissante, d'une belle projection, pleine de nuances. Et quelle présence scénique !

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Tom Fox en Alberich est tout aussi remarquable : ignoble avec ses esclaves forgerons comme avec son frère Mime, plein d'orgueil et de suffisance face à Wotan qui le dupe facilement. Il lance avec haine contre l'or sa malédiction qui pèsera sur le drame jusqu'à la fin. Dan Karlström est Mime à la voix claire et au timbre tranchant en prélude à son rôle impeccable dans Siegfried.


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Excellent Loge, rusé conseiller de Wotan, virevoltant et plein de fantaisie de Stephan Rügamer au timbre radieux. Stephan Genz est un Donner un peu empêtré de son marteau. Avec Christoph Strehl en Froh il forme un duo harmonieux. Le Fasolt de Alexey Tikhomirov est impressionnant de puissance, de projection et par la profondeur de son timbre. Tout grossier qu'il est, son regard sur Freia laisse transparaître une certaine émotion.


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Alexey Tikhomirov est aussi Hundig dans la Walkyrie. Toutes ses qualités vocales et scéniques en font un mari parfaitement brutal et jaloux. Taras Shtonda, Fafner, est avide de possession de Freia comme de l'or . Sa voix un peu sourde et ténébreuse fera merveille dans Siegfried. La voix lumineuse d'Agneta Eichenholz sied au personnage de Freia sans parler de sa souplesse à se cacher dans le moindre interstice du décor pour échapper aux géants! Ruxandra Donose est une splendide Fricka : timbre séduisant, voix souple dans tous les registres, aux magnifiques legato, aux beaux FFF inflexibles et aux câlineries irrésistibles face à Wotan. La scène de ménage entre Fricka et Wotan est l'un des meilleurs moments de ce Ring.


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Wiebke Lehmkuhl est remplacée ce soir par Claudia Huckle dans le rôle d'Erda. De son timbre chaud et coloré elle tente de convaincre en vain Wotan. Polina Pastirchak, Carine Séchaye et Ahlima Mhamdi, les trois Filles du Rhin sont un trio plein de joie, de grâce et d'humour moqueur pour Alberich et de...tristesse en fin de prologue. Le Siegmund de Will Hartmann est décevant : une voix au timbre acide, sans souplesse , en difficultés dans les aigus. La scène 3 de l'acte I de la Walkyrie est chantée sans l'émotion et sans l'exaltation à l'éveil du printemps et de l'amour. Siegmund malheureusement déteint sur la Sieglinde de Michaela Kaune qui se révèle d'une grande froideur dans toute cette scène. Elle est bien meilleure dans la scène 3 de l'acte II retrouvant toute sa tendresse pour son héros Siegmund et la haine pour son corps, flétri, souillé et déshonoré.Les Walkyries entrent en scène au début de l'acte III : tout y est réglé au millimètre. Pas un décalage malgré l'animation débordante des femmes et des chevaux. Un ensemble parfait avec des Walkyries aux voix puissantes et en belle harmonie : Katja Levin, Marion Ammann, Lucie Roche, Ahlima Mhamdi, Karen Foster, Héloïse Mas, Rena Harms, Roswitha Christina Müller.


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Petra Lang est Brünhilde. Des aigus resplendissants, des FF d'une belle ardeur, un medium et un grave un peu sourds mais une présence scénique qui donne une grande humanité à son personnage : elle est bouleversée par la nature absolue de l'amour des jumeaux et se laisse attendrir par Siegmund. C'est en femme qu'elle tient tête à Wotan. C'est en fille aimante qu'elle cède à son père et qu'elle le force à ne pas l'abandonner complètement. Une interprétation convaincante.
Georg Fritzsch conduit l'Orchestre de la Suisse Romande avec élégance : bois et cuivres impeccables, cordes soyeuses (excellent violoncelle solo). Il laisse les voix sur le plateau s'épanouir et modère avec beaucoup de soin ses instrumentistes tout en donnant tout son éclat aux intermèdes orchestraux.
Enorme succès de ces deux soirées comme pour Siegfried et Götterdämmerund il y a deux semaines ici même.
Pierre Tricou
PS : prochain cycle complet : les 12,13,15 et 17 mars
Crédit photos : GTG/Carole Parodi

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