Glass - Akhnaten - Kamensek/Mc Dermott - ENO - 2/2019

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NiklausVogel
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Glass - Akhnaten - Kamensek/Mc Dermott - ENO - 2/2019

Message par NiklausVogel » 12 févr. 2019, 01:32

Karen Kamensek : Direction musicale
Phelim McDermott : Mise en scène
Tom Pye : Décors
Kevin Pollard : Costumes
Bruno Poet : Eclairages
Sean Gandini : Choreographie

Anthony Roth Costanzo : Akhnaten
Katie Stevenson : Nefertiti
Rebecca Bottone : Tye
James Cleverton : Horemhab
Keel Watson : Aye
Colin Judson : Grand prêtre d'Amon
Zachary James : Le scribe
Charlotte Beament : Fille d'Akhnaten
Hazel McBain : Fille d'Akhnaten
Rosie Lomas : Fille d'Akhnaten
Martha Jones : Fille d'Akhnaten
Angharad Lyddon : Fille d'Akhnaten

C'est peut-être à peine croyable à Paris, mais à Londres, et à l'ENO ce soir, on applaudit le metteur en scène avec un enthousiasme à la limite de l'hystérie. Il faut dire que c'est mérité. Cette reprise de la production datant de 2016 nous plonge dans ce que l'on peut imaginer de plus proche du Gesamtkunstwerk du XXIème siècle. Phelim McDermott nous conduit, fascinés, de l'univers oppressant du clergé d'Amon (magnifiques funerailles d'Amenophis III, avec remplissage des vases canopes et pesée de l'âme) à l'ouverture métaphysique sur le dieu unique que symbolise le disque solaire, jusqu'à la chute d'Akhetaton et la disparition de l'oeuvre du pharaon dans le puits insondable du temps. Les décors sont magnifiques, de l'ombre à la lumière, les costumes somptueux et expressifs, et action et musique sont accompagnés, plus qu'accompagnés, matérialisés même par une époustouflante compagnie de jongleurs. Le plaisir visuel est permanent. Anthony Roth Costanzo est un Akhnaten engagé, physiquement et vocalement, à la limite de la consomption, de la fragilité initiale au sublime de l'hymne central à Aton, et au dolorisme infini de l'effondrement du rêve. La Nefertiti de Katie Stevenson lui oppose sa voix grave, comme Rodelinda répond à Bertarido, et la fluidité du cercle familial de la reine-mère et des princesses contraste avec l'apreté ryhmique de la tradition religieuse (Horemheb, Aye et le grand-prêtre d'Amon), mélée au sens du réel (fallait pas négliger l'administration de l'empire...), qui va s'opposer au fantasme d'unité mystique du pharaon. Karen Kamensek dirige tout en dentelle et tout en tendresse cette musique hypnotique et émouvante. Au bout de trois heures, le temps s'est enfui sans nous en apercevoir, comme il s'est enfui pour Akhenaton, devenu, entre mère et épouse, une icône figée dans la cire de l'Histoire, offert à la contemplation de l'archéologue, du touriste et du spectateur d'opéra.

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